Bonus-malus 2026 : ce qu'un accident coûte vraiment

Guide 2026Mis à jour : août 2026·Lecture : 7 min

Un seul accident responsable majore votre cotisation d'assurance auto de 25 %, soit 150 € de plus par an sur une prime de 600 €. Deux sinistres dans la même année portent la majoration à 56 %. La bonne nouvelle : le barème est identique chez tous les assureurs et le malus s'efface intégralement après deux années sans sinistre responsable — la seule variable qui reste négociable, c'est le prix de base auquel ce coefficient s'applique.

Berline grise garée au bord d'une route de campagne française en fin de journée
✓ À retenir
  • Le coefficient de réduction-majoration (CRM) baisse de 5 % par année sans sinistre responsable (× 0,95) et augmente de 25 % par sinistre responsable (× 1,25), 12,5 % si la responsabilité est partagée. Barème fixé par l'annexe à l'article A121-1 du Code des assurances.
  • Le coefficient est encadré entre 0,50 (plancher, atteint après 13 années sans sinistre) et 3,50 (plafond).
  • Règle de la « descente rapide » : deux années consécutives sans accident responsable ramènent le coefficient à 1,00, quel que soit le malus accumulé.
  • Le malus vous suit chez tous les assureurs via le relevé d'information — mais pas la prime de base, qui varie fortement d'une compagnie à l'autre. C'est précisément là que la comparaison rapporte.

Bonus-malus : −5 % par an, +25 % par accident responsable

Chaque année sans accident responsable réduit votre coefficient de 5 %, chaque accident responsable le majore de 25 %. Le mécanisme s'appelle officiellement coefficient de réduction-majoration (CRM) et il est fixé par l'annexe à l'article A121-1 du Code des assurances. Vous démarrez à 1,00 au premier contrat, vous multipliez par 0,95 chaque année propre, par 1,25 après un sinistre dont vous êtes entièrement responsable, et par 1,125 si la responsabilité est partagée. Le résultat est arrondi à deux décimales, et il ne peut jamais descendre sous 0,50 ni dépasser 3,50.

Le point le plus souvent ignoré : ce barème est identique chez toutes les compagnies opérant en France. France Assureurs rappelle que le système s'impose à l'ensemble des assureurs depuis 1976 — aucune ne peut appliquer un malus plus doux ou un bonus plus généreux. Votre coefficient vous suit lorsque vous changez de contrat, transmis par le relevé d'information que votre assureur doit vous délivrer gratuitement sous 15 jours sur simple demande. Autrement dit : changer d'assureur n'efface pas un malus, mais ne l'aggrave pas non plus.

Ancienneté sans sinistre responsableCoefficient (CRM)Cotisation sur une base de 600 €
Souscription du 1er contrat1,00600 €
1 an0,95570 €
5 ans0,76456 €
9 ans0,60360 €
13 ans et plus (plancher)0,50300 €

Barème de l'annexe à l'article A121-1 du Code des assurances (coefficient × 0,95 par année sans sinistre, arrondi à deux décimales). La base de 600 € est une valeur pédagogique destinée à illustrer le calcul, pas un tarif de marché : votre cotisation réelle dépend du véhicule, de la formule, de la zone géographique et de l'assureur.

Votre bonus a progressé ? Votre tarif n'a peut-être pas suivi

Le coefficient est le même partout, mais la prime de base sur laquelle il s'applique peut varier de plusieurs centaines d'euros à garanties identiques.

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Un accident responsable coûte 258 € sur deux ans, franchise en plus

Sur une prime de 600 €, un accident responsable coûte 150 € de majoration la première année, puis 108 € la deuxième, soit 258 € au total avant retour à la normale. À cela s'ajoute la franchise que vous réglez au moment du sinistre — souvent entre 150 € et 500 € selon les contrats. Le vrai coût d'un accrochage se situe donc rarement sous les 400 €, même quand les dégâts paraissent mineurs. C'est ce calcul qui justifie de réfléchir avant de déclarer un petit sinistre matériel dont la réparation resterait proche du montant de la franchise.

Situation sur l'année écouléeNouveau coefficientCotisation (base 600 €)Écart
Aucun sinistre0,95570 €− 30 €
1 sinistre à responsabilité partagée1,12672 €+ 72 €
1 sinistre entièrement responsable1,25750 €+ 150 €
2 sinistres entièrement responsables1,56936 €+ 336 €
3 sinistres entièrement responsables1,951 170 €+ 570 €

Calculs effectués selon le barème de l'annexe à l'article A121-1 du Code des assurances, sur une prime de référence de 600 € choisie pour la clarté de la démonstration. Les coefficients sont arrondis à deux décimales, comme le prévoit le texte.

Ce surcoût individuel s'inscrit dans une dynamique de marché défavorable. France Assureurs indique que le coût moyen d'un sinistre matériel automobile a encore progressé de 5,3 % en 2025, après + 6,7 % en 2024, soit une hausse cumulée de près de 39 % depuis 2020 — une progression que l'organisation attribue au prix des pièces détachées, au coût de la main-d'œuvre et de la peinture, et au surcoût d'indemnisation des véhicules électriques. Concrètement : un malus s'applique aujourd'hui à une prime de base déjà orientée à la hausse, ce qui amplifie mécaniquement l'addition.

L'exception du « bonus à vie », méconnue et très rentable. Un conducteur qui affiche un coefficient de 0,50 depuis au moins trois années consécutives conserve ce 0,50 malgré son premier sinistre responsable : le Code des assurances neutralise la majoration. Sur une prime de 600 €, cette clause évite 150 € la première année et 108 € la seconde. Elle ne joue qu'une seule fois — un second sinistre dans la foulée réactive le barème classique. Si vous êtes dans ce cas, vérifiez sur votre avis d'échéance que votre assureur l'a bien appliquée : c'est une erreur de traitement fréquente, et elle se réclame.

Le malus disparaît en 2 ans grâce à la « descente rapide »

Deux années consécutives sans aucun accident responsable ramènent votre coefficient à 1,00, quel que soit le malus accumulé. Cette disposition, appelée règle de la descente rapide, figure elle aussi dans l'annexe à l'article A121-1 du Code des assurances. Elle s'applique chez tous les assureurs et pour tous les contrats, sans démarche de votre part. Un conducteur remonté à 1,56 après deux accidents ne met donc pas dix ans à revenir à la normale : il lui faut 24 mois propres, pas un de plus.

  1. Année du sinistre : le coefficient est recalculé à la date d'échéance annuelle qui suit, pas au jour de l'accident. Un sinistre déclaré juste après l'échéance ne se répercute donc que l'année suivante.
  2. Première année sans sinistre responsable : application de la baisse classique de 5 % (× 0,95). Sur un coefficient de 1,25, vous passez à 1,18.
  3. Deuxième année sans sinistre responsable : la descente rapide s'applique et le coefficient revient directement à 1,00, sans étape intermédiaire.
  4. À partir de la troisième année : reprise du cycle normal, − 5 % par an, jusqu'au plancher de 0,50 après treize années irréprochables.

Attention à une confusion fréquente : la descente rapide efface le malus, pas la trace du sinistre. Votre relevé d'information conserve l'historique des cinq dernières années, et un assureur qui y lit deux accidents responsables récents peut appliquer une surprime commerciale — parfaitement légale et totalement distincte du CRM — voire refuser de vous couvrir. C'est cette surprime, et non le coefficient, qui explique la plupart des écarts de tarif entre compagnies pour un même profil malussé.

Malus en cours ? Toutes les compagnies ne le tarifent pas pareil

La surprime appliquée aux profils malussés est laissée à la libre appréciation de chaque assureur. Renseignez votre situation une fois et visualisez les écarts.

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Après un sinistre, l'assureur peut résilier avec un préavis d'un mois

Si votre contrat le prévoit, l'assureur peut le résilier après un sinistre, mais la résiliation ne prend effet qu'à l'expiration d'un délai d'un mois à compter de la notification. La règle est posée par l'article R113-10 du Code des assurances. Elle est assortie de deux garde-fous que peu d'assurés connaissent : l'assureur qui, plus d'un mois après avoir eu connaissance du sinistre, a encaissé une cotisation portant sur une période postérieure, ne peut plus se prévaloir de ce sinistre pour résilier ; et vous obtenez de votre côté le droit de résilier vos autres contrats chez le même assureur dans le mois qui suit la notification.

  • La résiliation par l'assureur ouvre droit au remboursement de la portion de cotisation correspondant à la période non couverte (article R113-10 du Code des assurances).
  • Vous devez impérativement être réassuré avant la date d'effet : rouler sans assurance est un délit, et la période de non-assurance vous fera perdre votre antériorité.
  • Demandez immédiatement votre relevé d'information : l'assureur doit le fournir gratuitement, et son absence bloque toute nouvelle souscription.
  • Une résiliation pour sinistre peut être enregistrée dans le fichier des résiliations automobile géré par l'AGIRA, consulté par les assureurs adhérents lors d'une nouvelle souscription.
Résilié ne veut pas dire non assurable. Si plusieurs compagnies refusent de vous couvrir, vous pouvez saisir le Bureau central de tarification (BCT), qui fixe alors le tarif auquel un assureur désigné doit vous garantir au minimum en responsabilité civile. La démarche est gratuite et l'assurance auto reste une obligation légale pour tout véhicule terrestre à moteur. Dans les faits, la saisine du BCT reste un dernier recours : plusieurs assureurs se sont spécialisés sur les profils malussés ou résiliés, et l'écart de tarif entre eux est souvent le plus élevé de tout le marché.

Malussé : cinq leviers pour faire baisser la facture dès maintenant

Le levier le plus rentable est la mise en concurrence, parce que le coefficient est identique partout mais la prime de base ne l'est pas. Un conducteur à 1,25 chez un assureur généraliste peut trouver, à garanties comparables, un tarif nettement inférieur chez une compagnie qui accepte plus volontiers les antécédents. Voici les quatre autres arbitrages à passer en revue avant votre prochaine échéance.

  • Réévaluez la formule. En tous risques, l'indemnisation est plafonnée à la valeur du véhicule au jour du sinistre : sur une voiture ancienne, le passage au tiers étendu (vol, incendie, bris de glace) supprime une part importante de la cotisation sans dégrader la protection utile.
  • Ajustez la franchise, mais uniquement à un montant que vous pouvez sortir sans difficulté. Une franchise relevée réduit la prime immédiatement ; elle se paie le jour du sinistre.
  • Déclarez votre kilométrage réel. Les formules au kilomètre ou à conduite connectée sont souvent les plus accessibles aux profils malussés, parce qu'elles réintroduisent un critère objectif face à un historique défavorable.
  • Ne coupez jamais la garantie du conducteur. C'est la seule qui vous indemnise personnellement quand vous êtes responsable — exactement la situation qui vient de générer votre malus.
  • Après un an de contrat, utilisez la loi Hamon : vous résiliez à tout moment, sans frais ni justificatif, avec effet un mois après la demande, et c'est le nouvel assureur qui se charge des démarches auprès de l'ancien.

Un dernier réflexe, purement mécanique : refaites systématiquement une comparaison l'année où votre coefficient change. C'est le moment où l'écart entre votre tarif reconduit et le marché est le plus large, dans les deux sens — après un malus parce que votre assureur y ajoute sa propre surprime, après une descente rapide parce que la baisse n'est pas toujours répercutée spontanément sur l'avis d'échéance. Notre page assurance auto permet de confronter votre situation exacte, coefficient compris, aux offres disponibles ; si vous roulez aussi à deux-roues, la page assurance moto applique la même logique, le bonus-malus y étant régi par le même texte.

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Questions fréquentes

Combien de temps dure un malus en assurance auto ?

Deux ans au maximum. La règle de la descente rapide, prévue par l'annexe à l'article A121-1 du Code des assurances, ramène automatiquement le coefficient à 1,00 après deux années consécutives sans accident responsable, quel que soit le niveau de malus atteint. En revanche, le sinistre lui-même reste inscrit cinq ans sur votre relevé d'information, ce qui peut justifier une surprime commerciale chez certains assureurs.

Un accident non responsable fait-il augmenter mon assurance ?

Non, votre coefficient de réduction-majoration reste inchangé si votre responsabilité n'est pas engagée : vous continuez même à bénéficier de la baisse annuelle de 5 %. Si la responsabilité est partagée, la majoration est de 12,5 % au lieu de 25 %. Attention toutefois : un assureur peut tenir compte de la fréquence des déclarations, même non responsables, dans sa tarification commerciale.

Le malus me suit-il si je change d'assureur ?

Oui. Le coefficient est transmis au nouvel assureur par le relevé d'information, que votre compagnie actuelle doit vous remettre gratuitement sous 15 jours sur simple demande. Changer d'assureur ne permet donc jamais d'effacer un malus. En revanche, cela reste souvent rentable : le coefficient est identique partout, mais la prime de base et la surprime appliquée aux profils malussés varient fortement d'une compagnie à l'autre.

Faut-il déclarer un petit accrochage dont je suis responsable ?

Faites le calcul avant de déclarer. Un sinistre responsable coûte environ 258 € de majoration sur deux ans pour une prime de 600 €, franchise en sus. Si la réparation est proche du montant de la franchise, la prise en charge n'a guère d'intérêt financier. Attention cependant : dès qu'un tiers est impliqué, la déclaration est obligatoire, et l'omission constitue une fausse déclaration lourdement sanctionnée par le Code des assurances.

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