Mutuelle d'entreprise à la retraite 2026 : +50 % maximum
Le jour de votre départ à la retraite, votre cotisation santé peut doubler sans que le contrat change d'une ligne. La raison est mécanique : dans une entreprise, « la participation financière de l'employeur doit être au moins égale à 50 % de la cotisation », rappelle service-public.fr dans sa fiche vérifiée le 20 janvier 2026. Le jour où vous partez, cette moitié disparaît — et vous payez seul un contrat dont vous ne payiez qu'une part. Le maintien loi Évin est le dispositif qui amortit ce choc : il s'agit du droit, ouvert par l'article 4 de la loi n° 89-1009 du 31 décembre 1989, de conserver à titre individuel et à vie la garantie « frais de santé » de votre ancienne entreprise, à un tarif encadré par décret pendant trois ans. Encadré, mais pas gratuit : +0 % la première année, +25 % la deuxième, +50 % la troisième, puis plus aucun plafond. Et un délai de 6 mois passé lequel le droit s'éteint définitivement.

- Le maintien loi Évin est un droit à vie mais payant : l'organisme assureur doit vous adresser une proposition de maintien des garanties à titre individuel au plus tard 2 mois après la fin de votre contrat de travail, et vous devez la demander au plus tard 6 mois après cette même date (service-public.fr, fiche F20744 vérifiée le 26 novembre 2025).
- Les tarifs sont plafonnés sur trois ans seulement : la 1re année ils ne peuvent pas dépasser les tarifs globaux des salariés actifs, la 2e année ils sont plafonnés à +25 %, la 3e année à +50 % (décret n° 2017-372 du 21 mars 2017, Légifrance). À partir de la 4e année, service-public.fr précise que « le montant de la cotisation est librement fixé ».
- Le plafond porte sur le tarif global — part patronale incluse. Comme l'employeur finance au moins 50 % de la cotisation d'un salarié actif (service-public.fr, fiche F33754 vérifiée le 20 janvier 2026), un retraité qui reste au même tarif « global » voit malgré tout sa dépense personnelle au moins doubler dès la première année.
- Comparer reste le seul vrai levier : sur les 254 contrats analysés par le comparateur indépendant de l'UFC-Que Choisir, un retraité de 75 ans habitant Paris passe de 141 € à 70 € par mois en couverture de base responsable, soit 852 € d'économie annuelle.
Ce qui se passe vraiment le jour de votre départ à la retraite
Tant que vous êtes salarié, votre complémentaire santé est un contrat collectif obligatoire dont l'employeur finance au minimum la moitié. Service-public.fr est explicite sur ce point dans sa fiche destinée aux entreprises, vérifiée le 20 janvier 2026 : la couverture collective obligatoire doit remplir trois conditions, dont « la participation financière de l'employeur doit être au moins égale à 50 % de la cotisation ». Le jour où le contrat de travail prend fin, cette participation cesse. Le contrat, lui, peut continuer — mais entièrement à votre charge.
Attention à ne pas confondre deux mécanismes que tout le monde mélange. La portabilité est gratuite, dure 12 mois maximum et suppose que vous soyez indemnisé par l'assurance chômage : elle ne concerne donc pas un départ direct en retraite. Le maintien loi Évin, lui, est payant, sans limite de durée, et couvre uniquement les frais de santé — pas la prévoyance. C'est ce second dispositif qui s'applique quand vous partez à la retraite.
| Portabilité | Maintien loi Évin | |
|---|---|---|
| Coût | Gratuit (financé par l'ancien contrat collectif) | Payant, à votre charge intégrale |
| Durée | 12 mois maximum | Illimitée (viagère) |
| Condition | Être indemnisé par l'assurance chômage | Partir en retraite, ou percevoir une rente d'incapacité ou d'invalidité |
| Risques couverts | Frais de santé + prévoyance si l'entreprise en a une | Frais de santé uniquement |
| Garanties | À l'identique du contrat d'entreprise | À l'identique du contrat d'entreprise |
| Démarche | Justifier de la prise en charge par France Travail | Demander le maintien dans les 6 mois |
Source : service-public.fr, « Un salarié peut-il garder la complémentaire santé (mutuelle) employeur à la fin de son contrat ? », fiche F20744 vérifiée le 26 novembre 2025. Un salarié qui part en retraite sans passer par le chômage bascule directement sur le dispositif loi Évin.
Un point rassure : dans les deux cas, vous conservez « le maintien à l'identique de la garantie collective et obligatoire frais de santé dont vous bénéficiez au moment de quitter l'entreprise », écrit service-public.fr. Aucune baisse de niveau de couverture, aucun questionnaire de santé, aucun délai de carence. C'est précisément la valeur du dispositif — et parfois aussi son piège, si vos garanties d'actif ne correspondent plus à vos besoins de retraité.
Avant d'accepter la proposition de votre ancien assureur, mesurez l'écart avec les offres du marché senior à garanties comparables.
Loi Évin : +0 %, +25 %, +50 %, puis plus aucun plafond
C'est le cœur du sujet, et la règle est fixée par un texte précis : le décret n° 2017-372 du 21 mars 2017, publié au Journal officiel du 23 mars 2017 et consultable sur Légifrance. Il a remplacé l'ancienne majoration unique de 50 % par un plafonnement progressif étalé sur trois ans. Sa notice l'écrit noir sur blanc : la première année, « les tarifs restent identiques aux tarifs globaux applicables aux salariés actifs » ; la deuxième année, ils « ne peuvent être supérieurs de plus de 25 % » ; la troisième année, « de plus de 50 % ». Ces dispositions s'appliquent aux contrats souscrits ou aux adhésions intervenues à compter du 1er juillet 2017.
Le mot qui compte est global. Le plafond ne se calcule pas sur la part que vous payiez en tant que salarié, mais sur le total part patronale + part salariale. D'où l'illusion d'optique : votre cotisation « n'augmente pas » la première année, alors que votre dépense réelle, elle, au moins double. Voici ce que cela donne sur un contrat d'entreprise facturé 60 € par mois au total, financé à parts égales.
| Période | Plafond réglementaire | Cotisation mensuelle max. | Ce que vous payez sur l'année |
|---|---|---|---|
| Salarié en activité | — | 30 € (part salariale) | 360 € |
| 1re année de retraite | Tarif des actifs | 60 € | 720 € |
| 2e année | + 25 % maximum | 75 € | 900 € |
| 3e année | + 50 % maximum | 90 € | 1 080 € |
| 4e année et suivantes | Aucun plafond | Fixée librement par l'assureur | Non encadré |
Exemple chiffré à partir d'un tarif global de 60 €/mois réparti 30 € employeur / 30 € salarié. Plafonds issus du décret n° 2017-372 du 21 mars 2017 (Légifrance) et de service-public.fr, fiche F20744. À partir de la 4e année, service-public.fr indique que « le montant de la cotisation est librement fixé ». Les montants dépendent du tarif réel de votre contrat collectif.
Ne subissez pas la 4e année : faites chiffrer une alternative individuelle avant la fin de l'encadrement tarifaire.
Les 6 mois qui décident de tout
Le droit au maintien n'est pas automatique : il se demande, et il se périme. Service-public.fr fixe deux délais dans sa fiche F20744, vérifiée le 26 novembre 2025. Voici la chronologie à respecter.
- Fin du contrat de travail. C'est le point de départ du compte à rebours pour un départ direct en retraite. Si vous passez d'abord par une période de chômage indemnisé, le compte à rebours démarre à la fin de la portabilité.
- Dans les 2 mois : l'assureur doit vous écrire. « L'organisme assureur vous adresse une proposition de maintien des garanties à titre individuel au plus tard 2 mois après la fin de votre contrat », précise service-public.fr. Si rien n'arrive, relancez-le : c'est une obligation qui pèse sur lui, pas sur votre ancien employeur.
- Dans les 6 mois : vous devez demander. « Vous devez demander à bénéficier de cette proposition au plus tard 6 mois après la fin de votre contrat de travail. » Passé ce délai, le droit est perdu et vous ne pourrez plus y revenir.
- Vérifiez le périmètre familial. L'assureur n'est pas tenu de maintenir la garantie pour vos ayants droit — conjoint, enfants — même s'ils étaient couverts par le contrat famille. Posez la question par écrit avant de vous engager.
- Comparez pendant que le délai court. Rien ne vous oblige à accepter la proposition. Ces six mois sont exactement la fenêtre pour faire chiffrer une mutuelle senior individuelle et arbitrer en connaissance de cause.
Loi Évin ou contrat individuel senior : comment trancher
Le maintien loi Évin n'est pas toujours la bonne affaire, et il n'est pas toujours la mauvaise. Deux arguments objectifs plaident pour lui : l'absence de questionnaire de santé et de délai de carence, décisive si vous avez une pathologie en cours ; et le fait que les contrats collectifs redistribuent davantage. L'UFC-Que Choisir relève qu'en 2022, 87 % des cotisations collectées sur les contrats collectifs sont revenues aux assurés sous forme de prestations, contre seulement 74 % sur les contrats individuels — les frais de gestion atteignant 21 % des cotisations sur ces derniers.
Trois arguments plaident contre : le contrat reproduit des garanties calibrées pour des actifs, souvent surdimensionnées en maternité ou en optique enfant et sous-dimensionnées en audioprothèse, dentaire et hospitalisation ; le plafond tombe au bout de trois ans ; et les écarts de marché sont considérables. Sur les 254 contrats passés au crible par le comparateur indépendant de l'UFC-Que Choisir, un retraité de 75 ans habitant Paris paie 141 € par mois pour l'offre de base la plus chère et 70 € pour la moins chère, à couverture responsable équivalente : 852 € d'écart par an. Sur les couvertures dites « premium », les mensualités relevées montent jusqu'à 581 € pour ce même profil.
- Vous avez une pathologie chronique ou des soins lourds en cours : le maintien Évin sécurise, puisqu'il interdit tout questionnaire de santé et toute carence. Prenez-le, quitte à comparer plus tard.
- Vous êtes en bonne santé et votre contrat d'entreprise était haut de gamme : vous payez probablement pour des garanties devenues sans objet. Un contrat individuel calibré sur vos besoins réels sera souvent moins cher.
- Vous approchez de la 3e année de maintien : c'est le moment de comparer, avant que la liberté tarifaire de l'assureur ne s'applique.
- Votre conjoint n'est pas maintenu : additionnez les deux cotisations avant de conclure. Un contrat couple sur le marché de la mutuelle santé individuelle peut revenir moins cher que Évin pour l'un et un contrat individuel pour l'autre.
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Complémentaire santé solidaire : la piste que les retraités oublient
Avant d'arbitrer entre Évin et contrat individuel, une vérification de trente secondes s'impose. La Complémentaire santé solidaire (C2S) est une couverture santé attribuée sous conditions de ressources qui remplace intégralement une mutuelle : elle est gratuite ou coûte moins d'un euro par jour, et elle donne accès au tiers payant intégral. Or les plafonds sont plus proches d'une pension de retraite modeste qu'on ne le croit. Ceux publiés par ameli.fr et applicables au 1er avril 2026 sont les suivants.
| Foyer | C2S gratuite — plafond annuel | C2S payante — plafond annuel | Équivalent mensuel (C2S payante) |
|---|---|---|---|
| 1 personne | 10 421 € | 14 069 € | 1 172 € |
| 2 personnes | 15 632 € | 21 103 € | 1 759 € |
| 3 personnes | 18 758 € | 25 324 € | 2 110 € |
| Par personne supplémentaire | + 4 169 € | + 5 628 € | + 469 € |
Sources : ameli.fr, « Qui peut bénéficier de la Complémentaire santé solidaire ? », mise à jour du 31 mars 2026, et Direction de la sécurité sociale, barème des plafonds d'attribution au 1er avril 2026. Plafonds applicables en France métropolitaine ; ils sont plus élevés dans les départements d'outre-mer. Les ressources retenues sont celles des 12 mois civils précédant le mois qui précède la demande.
Si vos ressources se situent entre les deux plafonds, la C2S est accordée contre une participation forfaitaire qui dépend uniquement de l'âge, et non de l'état de santé. Le barème arrêté par la Direction de la sécurité sociale au 1er avril 2026 fixe cette participation à 21 € par mois entre 50 et 59 ans, 25 € entre 60 et 69 ans et 30 € à partir de 70 ans. Ameli.fr donne l'exemple d'un foyer de deux personnes, l'une de 67 ans et l'autre de 72 ans : 55 € par mois au total. À comparer aux 141 € mensuels relevés par l'UFC-Que Choisir pour un seul retraité de 75 ans sur l'offre de base la plus chère de son comparateur.
Si vous êtes au-dessus des plafonds — ce qui est le cas de la majorité des retraités —, la seule variable qui reste vraiment sous votre contrôle est le prix payé à garanties équivalentes. Depuis la résiliation infra-annuelle, un contrat de complémentaire santé peut être résilié à tout moment après un an d'ancienneté, et le nouvel organisme peut se charger de la démarche à votre place. C'est vrai pour la mutuelle senior comme pour n'importe quelle mutuelle santé individuelle.
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Questions fréquentes
Peut-on garder la mutuelle de son entreprise quand on part à la retraite ?
Oui, à titre individuel et payant, sans limite de durée. C'est le dispositif dit « loi Évin », prévu par l'article 4 de la loi n° 89-1009 du 31 décembre 1989. Selon service-public.fr, dans sa fiche F20744 vérifiée le 26 novembre 2025, l'organisme assureur doit vous adresser une proposition de maintien des garanties à titre individuel au plus tard 2 mois après la fin de votre contrat de travail, et vous devez demander à en bénéficier au plus tard 6 mois après cette même date. Vous conservez alors « le maintien à l'identique de la garantie collective et obligatoire frais de santé » dont vous bénéficiiez en quittant l'entreprise : ni questionnaire de santé, ni délai de carence, ni baisse de niveau de couverture. Deux limites toutefois : le contrat ne couvre que les frais de santé, jamais la prévoyance (décès, incapacité, invalidité), et l'assureur n'est pas obligé de maintenir la garantie pour vos ayants droit.
De combien peut augmenter la cotisation avec la loi Évin en 2026 ?
Le décret n° 2017-372 du 21 mars 2017, consultable sur Légifrance, plafonne les tarifs sur trois ans : la première année, ils ne peuvent pas dépasser les tarifs globaux applicables aux salariés actifs ; la deuxième année, ils ne peuvent pas leur être supérieurs de plus de 25 % ; la troisième année, de plus de 50 %. Service-public.fr ajoute qu'« à partir de la 4e année, le montant de la cotisation est librement fixé ». Attention à la lecture de ces plafonds : ils portent sur le tarif global, part patronale et part salariale confondues. Or l'employeur finance au moins 50 % de la cotisation d'un salarié actif, rappelle service-public.fr dans sa fiche F33754 vérifiée le 20 janvier 2026. Concrètement, sur un contrat d'entreprise à 60 € par mois financé à parts égales, un salarié payait 30 € par mois ; à la retraite il paiera jusqu'à 60 € la première année, 75 € la deuxième et 90 € la troisième. Sa dépense personnelle triple en trois ans alors même que le plafond réglementaire est respecté.
Que se passe-t-il si je laisse passer le délai de 6 mois ?
Le droit au maintien loi Évin est définitivement perdu. Service-public.fr est catégorique : la demande doit être faite au plus tard 6 mois après la fin du contrat de travail — ou, si vous avez d'abord été indemnisé par l'assurance chômage, au plus tard 6 mois après la fin de la portabilité. Il n'existe pas de procédure de rattrapage. Vous devrez alors souscrire un contrat individuel sur le marché, avec les conséquences que cela implique : les contrats responsables ne peuvent pas vous soumettre à un questionnaire de santé ni vous tarifer selon votre état de santé, mais des délais de carence peuvent s'appliquer, notamment sur les postes dentaire et optique. Deux réflexes utiles : si la proposition de votre assureur n'est pas arrivée dans les 2 mois, relancez-le par écrit, car cette obligation lui incombe ; et n'attendez pas le dernier moment, ces six mois sont précisément la fenêtre pendant laquelle comparer les offres du marché senior sans prendre le moindre risque.
Un retraité peut-il payer moins cher qu'avec le maintien loi Évin ?
Souvent, oui — et parfois beaucoup moins. Deux pistes existent. La première est la Complémentaire santé solidaire : selon ameli.fr, mis à jour le 31 mars 2026, une personne seule y a droit gratuitement si ses ressources annuelles ne dépassent pas 10 421 €, et moyennant une participation forfaitaire jusqu'à 14 069 € par an, soit environ 1 172 € par mois. Cette participation dépend uniquement de l'âge : 25 € par mois entre 60 et 69 ans, 30 € à partir de 70 ans, jamais plus d'un euro par jour. La seconde piste est la mise en concurrence pure et simple. Le comparateur indépendant de l'UFC-Que Choisir, qui a analysé 254 contrats, relève pour un retraité de 75 ans habitant Paris un écart de 141 € à 70 € par mois entre l'offre de base la plus chère et la moins chère, à couverture responsable équivalente — soit 852 € d'économie annuelle. Depuis la résiliation infra-annuelle, un contrat peut être résilié à tout moment après un an d'ancienneté.
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