Pas de fibre dans l'immeuble en 2026 : comment l'exiger
Si votre immeuble n'est pas raccordé à la fibre, vous pouvez l'exiger, et la loi fixe des délais précis : 3 mois de réponse pour un bailleur, inscription de droit à l'ordre du jour de la prochaine assemblée générale pour un syndic, 6 mois de travaux aux frais de l'opérateur. Aucune de ces étapes ne coûte un euro à l'occupant ni à la copropriété. L'enjeu est chiffré : 2 145 communes perdent définitivement l'ADSL le 31 janvier 2027, et une box fibre démarre à 22,99 €/mois en octobre 2026 quand le prix moyen du marché est de 34,08 €.

- 2,1 millions de locaux n'étaient toujours pas raccordables à la fibre fin juin 2026, selon l'Arcep — et plus d'un tiers de ces cas tiennent à un refus d'intervention, pas à un obstacle technique.
- Locataire : 3 mois pour que le bailleur réponde, 6 mois s'il annonce un raccordement collectif. Sans réponse motivée, le raccordement peut être engagé.
- Copropriétaire : la proposition d'un opérateur est inscrite de droit à l'ordre du jour de la prochaine AG (article 24-2 de la loi du 10 juillet 1965) et votée à la majorité des voix exprimées.
- Zéro euro pour l'immeuble : l'article L. 33-6 du code des postes met les travaux aux frais de l'opérateur — sauf si la copropriété a déjà refusé deux offres en deux ans.
- Pourquoi 2,1 millions de logements n'ont toujours pas la fibre
- Les trois délais légaux à connaître avant d'écrire
- Locataire : la lettre au bailleur, et ce qu'il peut refuser
- Copropriétaire : faire inscrire la fibre à l'ordre du jour
- Qui paie : zéro euro pour la copropriété, sauf un cas
- Ce que vous gagnez à ne plus attendre : débit et facture
- Si le syndic ou le bailleur ne bouge pas : les recours
- Questions fréquentes
Pourquoi 2,1 millions de logements n'ont toujours pas la fibre
Dans la plupart des logements encore privés de fibre, le blocage n'est plus technique : il est administratif. L'observatoire du marché des services fixes de l'Arcep, arrêté au 30 juin 2026, recense 43,1 millions de locaux raccordables, soit 95,3 % des 45,2 millions de locaux français. Restent 2,1 millions de locaux hors réseau, et le régulateur précise que plus d'un tiers d'entre eux s'expliquent par des « interventions refusées par des tiers » ou par des constructions en cours. Autrement dit : la fibre court dans la rue et s'arrête au pied du bâtiment, faute d'accord du syndic ou du propriétaire.
Attendre que le déploiement vous rattrape n'est pas une stratégie : seuls 275 000 locaux supplémentaires sont devenus éligibles au deuxième trimestre 2026, toujours selon l'Arcep. Si votre adresse fait partie des retardataires, la demande doit venir de vous — et c'est exactement ce que la loi prévoit. Le droit à la fibre est le droit, pour l'occupant d'un logement, d'obtenir son raccordement au réseau en fibre optique aux frais de l'opérateur, sauf motif sérieux et légitime de refus. Il découle de la loi n° 66-457 du 2 juillet 1966, étendue à la fibre par le décret du 15 janvier 2009, et de l'article L. 33-6 du code des postes pour la partie immeuble. Avant d'écrire à qui que ce soit, vérifiez ce qui est disponible à votre adresse sur notre page box internet : il arrive que la fibre dorme déjà dans le local technique.
Le comparateur affiche les technologies disponibles à votre adresse, offre par offre, avec le prix de la première et de la deuxième année.
Les trois délais légaux à connaître avant d'écrire
Tout se joue sur trois compteurs : 3 mois pour la réponse d'un bailleur, 6 mois s'il invoque un projet collectif, 6 mois encore pour les travaux de l'opérateur après mise à disposition des gaines de l'immeuble. Ces durées transforment une demande polie en obligation datée.
| Situation | Qui doit agir | Délai légal | Référence |
|---|---|---|---|
| Locataire qui demande le raccordement de son logement | Le bailleur | 3 mois pour répondre | Loi du 2 juillet 1966 |
| Bailleur qui annonce un raccordement collectif | Le bailleur | 6 mois pour le réaliser | Loi du 2 juillet 1966 |
| Opérateur qui propose d'équiper l'immeuble | Le syndic | Inscription de droit à la prochaine AG | Art. 24-2, loi du 10 juillet 1965 |
| Convention signée avec l'opérateur | L'opérateur | 6 mois de travaux après mise à disposition des infrastructures | Art. L. 33-6 du CPCE |
Délais issus de la loi n° 66-457 du 2 juillet 1966 et de son décret d'application du 15 janvier 2009 pour la partie locative, de l'article L. 33-6 du code des postes et des communications électroniques et de l'article 24-2 de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 pour la copropriété. Textes consultés le 6 octobre 2026.
Un détail compte autant que les délais : le vote en assemblée générale se prend à la majorité prévue au premier alinéa du I de l'article 24 de la loi de 1965, soit la majorité des voix exprimées des présents ou représentés. Ce n'est pas la majorité absolue de tous les copropriétaires : absents et abstentions ne comptent pas contre la résolution, ce qui rend ce vote bien plus facile à emporter qu'un ravalement.
Locataire : la lettre au bailleur, et ce qu'il peut refuser
Un bailleur ne peut refuser le raccordement que pour deux motifs : le logement est déjà desservi par une fibre suffisante, ou il s'engage à équiper tout l'immeuble dans les six mois. Un refus de principe — « je ne veux pas de travaux » — n'est pas un motif sérieux et légitime au sens de la loi du 2 juillet 1966. La procédure tient en quatre gestes.
- Vérifiez l'éligibilité avant d'écrire. Si l'immeuble est déjà fibré, aucune autorisation n'est nécessaire : un raccordement terminal suffit et vous souscrivez directement.
- Envoyez une lettre recommandée avec avis de réception décrivant les travaux, l'opérateur retenu et le fait que l'installation est à sa charge. Une demande verbale ne déclenche aucun délai : c'est la réception du courrier qui fait partir les trois mois.
- Joignez le descriptif technique de l'opérateur. En cas de litige, c'est la précision du dossier — passage des câbles, emplacement de la prise, devis — qui compte devant un juge, pas l'ancienneté de la demande.
- Comptez trois mois à partir de l'avis de réception. Sans réponse motivée à l'échéance, le refus n'est plus opposable. Conservez l'avis : il date le point de départ.
Le piège : faire poser la fibre sans avoir écrit
Si la prise optique existe, il n'y a rien à demander à personne : il reste à choisir l'offre la moins chère sur deux ans.
Copropriétaire : faire inscrire la fibre à l'ordre du jour
Vous n'avez pas à convaincre le syndic : toute proposition d'un opérateur d'installer la fibre à ses frais est inscrite de droit à l'ordre du jour de la prochaine assemblée générale (article 24-2 de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965). Le syndic n'a aucun pouvoir d'appréciation sur cette inscription. Votre travail consiste donc à obtenir cette proposition, pas à plaider votre cause.
- Contactez un ou deux opérateurs d'immeuble (Orange, XpFibre, Altitude Infra selon la zone) via leur formulaire « copropriété », avec l'adresse exacte et le nombre de logements : ce sont eux qui adressent la proposition au syndic.
- Demandez par écrit au syndic l'inscription à l'ordre du jour en citant l'article 24-2, dès que la proposition est partie.
- Récupérez des pouvoirs avant l'AG. La majorité se calcule sur les voix exprimées : trois ou quatre pouvoirs pèsent plus lourd qu'un long argumentaire en séance.
- Faites acter la signature de la convention au procès-verbal, avec un délai. C'est elle qui ouvre les six mois de travaux de l'article L. 33-6 ; sans convention, le vote reste théorique.
Qui paie : zéro euro pour la copropriété, sauf un cas
L'installation, l'entretien et le remplacement des lignes en fibre optique dans l'immeuble se font aux frais de l'opérateur : c'est l'article L. 33-6 du code des postes et des communications électroniques. Aucun appel de fonds, aucune quote-part, aucune ligne de budget prévisionnel à voter. Le même article laisse à l'opérateur six mois pour réaliser les travaux à compter de la mise à disposition des infrastructures d'accueil de l'immeuble.
L'exception qui coûte cher : deux refus en deux ans
Ce que vous gagnez à ne plus attendre : débit et facture
À prix quasi identique, l'écart de débit se compte en centaines de mégabits : environ 11 Mb/s descendants et 1 Mb/s montants en ADSL, contre 1 à 8 Gb/s annoncés en fibre. C'est l'argument qui emporte une assemblée générale mieux qu'un discours sur la modernité : personne ne défend l'idée de payer le prix d'octobre 2026 pour le débit de 2010.
| Offre | Prix affiché | Débit descendant | Engagement |
|---|---|---|---|
| RED by SFR Box Fibre | 22,99 €/mois | 1 Gb/s | Sans engagement |
| Free Freebox Pop S | 24,99 €/mois | 5 Gb/s | Sans engagement |
| Bouygues B&YOU Pure Fibre | 24,99 €/mois | 2 Gb/s | Sans engagement |
| Sosh La Boîte Fibre | 24,99 €/mois | 2 Gb/s | Sans engagement |
| Bouygues B&YOU Pure Fibre Plus | 27,99 €/mois | 8 Gb/s | Sans engagement |
| Ligne ADSL encore active | 20 à 30 €/mois | 11 Mb/s en moyenne | Variable |
Tarifs et débits relevés sur le comparatif Ariase d'octobre 2026 ; prix moyen du marché fibre de 34,08 €/mois selon les données Selectra mises à jour le 26 juin 2026 ; débits ADSL moyens relevés par ladsl.com en 2026. Les prix affichés sont des tarifs promotionnels de première année : vérifiez toujours le prix de la deuxième année.
Le prix moyen d'un abonnement fibre s'établit à 34,08 €/mois en 2026 selon Selectra, quand les offres les moins chères démarrent à 22,99 € : 11 € d'écart par mois, soit 133 € sur un an, pour une connexion souvent plus rapide. Et la bascule devient obligatoire pour une partie du pays : 2 145 communes perdent l'ADSL le 31 janvier 2027, dans un calendrier piloté par Orange sous le contrôle de l'Arcep — détaillé dans notre guide sur les communes coupées le 31 janvier 2027.
Le comparateur calcule le coût réel sur 24 mois, promotion et deuxième année comprises, pour les offres éligibles à votre adresse.
Si le syndic ou le bailleur ne bouge pas : les recours
Le premier recours utile est une mise en demeure écrite visant la clause précise qui n'est pas respectée : l'article 24-2 pour une inscription refusée, la convention signée pour des travaux non réalisés, la loi du 2 juillet 1966 pour un bailleur silencieux au-delà de trois mois. Une lettre qui cite un texte obtient des réponses qu'un rappel général n'obtient jamais.
- Mise en demeure recommandée, avec un délai de réponse explicite de quinze jours et la mention du texte applicable.
- Conciliation gratuite devant un conciliateur de justice ou une ADIL : rapide, sans avocat, souvent suffisante face à un syndic qui a laissé filer le dossier.
- Saisine du tribunal judiciaire, au fond ou en référé si l'urgence est caractérisée — une fermeture du cuivre annoncée dans la commune, par exemple.
- Demande d'astreinte : une condamnation à payer par jour de retard débloque en général plus vite que la décision elle-même.
Un principe à garder en tête : la charge de la preuve pèse sur celui qui demande. Un dossier avec plans, devis d'opérateur et chronologie des courriers l'emporte ; une suite d'affirmations sur l'inertie du syndic ne suffit pas. Gardez tout, datez tout. Et pendant que la procédure avance, comparez : les offres éligibles changent d'un trimestre à l'autre, et notre page box internet suit les tarifs de la deuxième année, là où se joue l'essentiel de la dépense.
Un raccordement neuf est le meilleur moment pour changer d'offre : comparez les box fibre disponibles à votre adresse.
Questions fréquentes
Mon propriétaire peut-il refuser l'installation de la fibre ?
Seulement pour un motif sérieux et légitime, et la loi du 2 juillet 1966 n'en reconnaît que deux : le logement est déjà desservi par une fibre suffisante, ou le bailleur s'engage à équiper l'immeuble entier dans les six mois. Un refus de principe ou la crainte des travaux ne sont pas des motifs valables. Le bailleur doit répondre dans les trois mois suivant la réception de votre lettre recommandée ; passé ce délai sans réponse motivée, le raccordement peut être engagé.
Combien coûte le raccordement de l'immeuble à la copropriété ?
Rien. L'article L. 33-6 du code des postes et des communications électroniques met l'installation, l'entretien et le remplacement des lignes aux frais de l'opérateur, qui dispose de six mois pour réaliser les travaux après mise à disposition des infrastructures d'accueil. Une exception : si la copropriété a refusé deux offres de raccordement successives en deux ans, l'opérateur n'est plus tenu de financer l'opération et la facture peut revenir à l'immeuble.
Quelle majorité faut-il en assemblée générale pour voter la fibre ?
La majorité des voix exprimées des copropriétaires présents ou représentés, c'est-à-dire la majorité prévue au premier alinéa du I de l'article 24 de la loi du 10 juillet 1965. C'est une majorité allégée par rapport aux travaux classiques : absents et abstentions ne comptent pas contre la résolution. L'article 24-2 oblige par ailleurs le syndic à inscrire de droit à l'ordre du jour toute proposition d'opérateur visant à équiper l'immeuble à ses frais.
Que se passe-t-il si l'ADSL ferme avant que mon immeuble soit fibré ?
La ligne cuivre cesse de fonctionner à la date arrêtée pour la commune : 2 145 communes sont concernées au 31 janvier 2027, dans le calendrier piloté par Orange sous le contrôle de l'Arcep. Si aucune fibre n'est disponible, il reste des solutions de repli — box 4G ou 5G fixe, satellite — et une aide publique au raccordement existe pour les locaux non éligibles. C'est pour éviter cette impasse qu'il faut lancer la demande plusieurs mois avant l'échéance : les travaux de colonne montante peuvent prendre jusqu'à six mois.
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