Remboursement cure thermale 2026 : 1 522 € restent à payer
Le 7 septembre 2026, LCP – Assemblée nationale rapportait que le député de Paris Sylvain Maillard (Ensemble pour la République) annonçait sur X vouloir voter un amendement supprimant le remboursement des cures thermales, dont il chiffre le coût à 260 millions d'euros par an. Le sujet revient donc pour la deuxième année consécutive, à quelques semaines de la présentation du budget 2027. Sauf que le débat public se concentre sur un chiffre — les 65 % du forfait thermal — qui ne représente qu'une petite part de ce que paie réellement un curiste. Sur une cure de rhumatologie de 18 jours à 2 162 €, l'Assurance Maladie en rembourse 639,73 €, soit 30 %. Les 1 522 € restants sont l'angle mort du débat : la loi n'oblige aucune complémentaire santé à en couvrir le moindre euro. C'est la seule ligne de dépense courante, avec l'homéopathie et les médicaments à faible service médical rendu, pour laquelle le contrat responsable ne protège pas l'assuré. Voici l'addition détaillée, et les cinq questions à poser à votre mutuelle avant de réserver.

- La Sécurité sociale couvre 30 % du coût réel d'une cure, pas 65 %. Les 65 % ne s'appliquent qu'au tarif forfaitaire de responsabilité du forfait thermal. Sur le budget complet d'une cure de rhumatologie de 18 jours à Dax — soins, consultations, hébergement, transport, repas — chiffré à 2 162,02 € par L'Officiel du Thermalisme (page mise à jour le 10 juin 2026), l'Assurance Maladie verse 639,73 € et laisse 1 522,29 € à la charge du curiste.
- Votre complémentaire n'a aucune obligation légale de payer. Le contrat responsable impose la prise en charge intégrale du ticket modérateur sur la quasi-totalité des soins — sauf trois exceptions. France Assos Santé les énumère dans sa fiche pratique C.2.1 Complémentaires santé : les contrats responsables et solidaires : les médicaments remboursés à 15 % ou 30 %, l'homéopathie et les cures thermales, « dont la prise en charge par la complémentaire santé reste facultative ».
- Le plafond qui ouvre droit au remboursement du transport et de l'hébergement n'a pas bougé depuis 2010. Ameli.fr le fixe à 14 664,38 € de ressources annuelles pour une personne seule — soit 1 222 € par mois — et précise qu'il est « en vigueur depuis 2010 ». Or la DREES mesure une pension moyenne de droit direct de 1 705 € bruts par mois fin 2024 (panorama Les retraités et les retraites, édition 2025). La majorité des retraités est donc au-dessus, et ne touche rien sur les deux postes les plus lourds.
- Le déremboursement a été écarté en décembre 2025, mais le dossier est rouvert. Le PLFSS 2026 a été adopté définitivement par l'Assemblée nationale le 16 décembre 2025 sans aucune baisse du taux, après une pétition de 116 000 signatures (L'Officiel du Thermalisme, 16 décembre 2025). La Haute Autorité de santé a été saisie pour évaluer le service médical rendu des cures : première analyse à l'automne 2026, avis complet attendu fin 2027, rappelle LCP le 7 septembre 2026.
- Ce que coûte vraiment une cure : 2 162 €, dont 1 522 € pour vous
- Septembre 2026 : ce que le débat parlementaire met réellement en jeu
- L'exception que personne ne vous signale : la cure n'est pas protégée
- Hébergement et transport : un plafond figé depuis 2010
- Le dossier se dépose maintenant : le mode d'emploi de l'automne
- Questions fréquentes
Ce que coûte vraiment une cure : 2 162 €, dont 1 522 € pour vous
Commençons par l'addition complète, parce que c'est elle qui manque au débat. L'Officiel du Thermalisme publie, sur sa page consacrée aux mutuelles mise à jour le 10 juin 2026, un cas chiffré poste par poste : une curiste de 62 ans, région parisienne, cure de rhumatologie de 18 jours à Dax, trajet en train, studio meublé sur place, repas majoritairement préparés.
| Poste de dépense | Coût | Reste à charge |
|---|---|---|
| Forfait thermal (soins) | 678,02 € | 304,59 € |
| Surveillance médicale | 84,00 € | 25,20 € |
| Hébergement (3 semaines) | 900,00 € | 802,50 € |
| Transport aller-retour | 200,00 € | 90,00 € |
| Repas et dépenses courantes | 300,00 € | 300,00 € |
| Total | 2 162,02 € | 1 522,29 € |
Source : L'Officiel du Thermalisme, page « Trouver une mutuelle pour mieux rembourser sa cure thermale », mise à jour le 10 juin 2026. Cas d'une cure de rhumatologie de 18 jours à Dax. Le remboursement du transport et de l'hébergement suppose des ressources inférieures au plafond de 14 664,38 € rappelé par ameli.fr.
L'Assurance Maladie verse donc 639,73 € sur 2 162,02 €, soit 29,6 % du coût réel. Le taux de 65 % dont tout le monde parle ne s'applique qu'à une seule ligne du tableau, et pas même à son montant total : il porte sur le tarif forfaitaire de responsabilité, que la Chaîne thermale du Soleil chiffre à 574,51 € en 2026 pour un forfait rhumatologie RH1, auquel s'ajoute un complément tarifaire de 103,51 € que la Sécurité sociale ne rembourse jamais. D'où 65 % × 574,51 € = 373,43 €, et non 65 % de 678,02 €.
Le même opérateur — premier groupe thermal français — publie l'exemple d'une assurée de 58 ans au régime général : prix total de la cure médicale 762,02 €, remboursement 432,23 €, reste à charge 329,79 € avant même le premier euro d'hébergement ou de trajet. Ce chiffre-là est le vrai enjeu du débat parlementaire. Les 1 192 € restants, personne n'en parle.
Septembre 2026 : ce que le débat parlementaire met réellement en jeu
Le calendrier explique le regain de tension. Les textes budgétaires — projet de loi de finances et projet de loi de financement de la Sécurité sociale — sont présentés à l'Assemblée nationale fin septembre 2026, et les députés ont jusqu'à la fin de l'année pour les voter. C'est dans ce contexte que Sylvain Maillard a écrit sur X, le 5 septembre 2026 : « Le remboursement des cures thermales coûte 260 millions d'euros par an à la sécurité sociale. Je voterai un amendement pour le supprimer. » LCP – Assemblée nationale a relayé cette prise de position le 7 septembre 2026, sous la signature d'Ivan Valerio.
L'épisode précédent donne la mesure de ce qui se joue. À l'automne 2025, le gouvernement avait envisagé de ramener le remboursement du forfait thermal de 65 % à 15 % et de supprimer la prise en charge intégrale pour certains patients en affection de longue durée, pour une économie espérée d'environ 200 millions d'euros, rappelle LCP. La mesure n'a pas été retenue : le PLFSS 2026 a été adopté définitivement par l'Assemblée nationale le 16 décembre 2025, après un vote serré le 9 décembre, un rejet du Sénat le 12, et le dernier mot revenant aux députés. « C'est un soulagement pour le thermalisme », réagissait alors Thierry Dubois, président du Conseil national des établissements thermaux, interrogé par L'Officiel du Thermalisme le jour même. Le secteur avait mobilisé une pétition de 116 000 signatures et recueilli 5 103 témoignages de curistes.
Voici ce que le scénario écarté aurait changé, en euros, sur la seule partie médicale de la cure de 762,02 € détaillée plus haut.
| Scénario | Part payée par la Sécu | Reste à charge médical |
|---|---|---|
| Règle actuelle (65 %) | 432,23 € | 329,79 € |
| Scénario abandonné (15 %) | 144,98 € | 617,04 € |
| Suppression totale | 0,00 € | 762,02 € |
Calcul je-simule à partir du forfait rhumatologie RH1 2026 publié par la Chaîne thermale du Soleil (TFR 574,51 € + complément tarifaire 103,51 €) et du forfait de surveillance médicale de 3 × 28 € remboursé à 70 % (ameli.fr, fiche mise à jour le 9 mars 2026). Hors hébergement, transport et dépenses courantes. Le scénario à 15 % correspond à celui envisagé lors du PLFSS 2026 puis abandonné, tel que décrit par LCP le 7 septembre 2026.
Passer de 65 % à 15 % aurait donc ajouté 287,25 € par cure et par personne, soit un reste à charge médical multiplié par 1,9. Pour un couple qui part ensemble chaque année, cela représente près de 575 € supplémentaires. On comprend que, selon L'Officiel du Thermalisme, la grande majorité des curistes ayant témoigné aient déclaré qu'ils auraient probablement renoncé à leur cure annuelle.
Pour 2027, rien n'est tranché. La Haute Autorité de santé a été saisie afin d'évaluer le service médical rendu par les cures thermales : une première analyse est attendue à l'automne 2026, un avis plus complet d'ici fin 2027. Adeline Guérard, qui dirige la Chaîne thermale du Soleil, estimait auprès de LCP que « leur remboursement ne sera pas remis en cause avant les conclusions de cette évaluation ». L'initiative d'un député ne préjuge pas des arbitrages du gouvernement — mais elle confirme que la ligne « cures thermales » figure désormais chaque année sur la liste des économies possibles.
Quel que soit le taux retenu pour 2027, la part non remboursée par la Sécurité sociale ne dépend que de votre contrat. Comparer les garanties « cure thermale » prend quelques minutes, c'est gratuit et sans engagement.
L'exception que personne ne vous signale : la cure n'est pas protégée
Voici le point de ce dossier qui change le plus de choses, et qui n'apparaît dans aucun argumentaire commercial. Depuis la réforme de 2004, la quasi-totalité des complémentaires santé françaises sont des « contrats responsables », qualification qui leur ouvre un taux de taxe de solidarité additionnelle réduit — 13,27 % au lieu de 20,27 %, rappelle France Assos Santé dans sa fiche pratique C.2.1. En contrepartie, ces contrats doivent respecter un socle de garanties, dont l'obligation de prendre en charge l'intégralité du ticket modérateur sur les consultations, actes médicaux, médicaments et honoraires de dispensation.
Cette obligation connaît exactement trois exceptions. La fiche de France Assos Santé les cite dans une seule phrase : « à l'exception des médicaments remboursés à hauteur de 15 % ou 30 % par l'Assurance Maladie […], de l'homéopathie et des cures thermales, dont la prise en charge par la complémentaire santé reste facultative ». Le tableau des planchers de la même fiche est encore plus net : pour les soins de ville, le plancher est de 100 % de la base de remboursement, « sauf cures thermales ». Les textes de référence en sont les articles L. 871-1, R. 871-1 et R. 871-2 du code de la sécurité sociale, complétés par l'instruction ministérielle n° DSS/SD2A/SD3C/SD5B/SD5D/2019/116 du 29 mai 2019.
Conséquence concrète : un contrat parfaitement responsable, conforme à la loi, remboursant intégralement vos consultations, votre hospitalisation et votre panier 100 % Santé, peut ne vous verser strictement rien sur une cure thermale. Ce n'est pas un défaut de garantie, c'est un choix contractuel que la réglementation autorise. L'Officiel du Thermalisme le formule sans détour dans sa foire aux questions : « Non, toutes les mutuelles ne remboursent pas les frais liés à une cure thermale. Votre complémentaire santé n'y est pas obligée, même si la Sécurité sociale vous a accordé une prise en charge. »
Quand une complémentaire choisit de couvrir la cure, elle le fait selon deux mécanismes distincts, qu'il faut savoir distinguer sur un devis. Le premier est la prise en charge du ticket modérateur : elle comble les 35 % du tarif forfaitaire de responsabilité et les 30 % du forfait de surveillance médicale, soit environ 230 € sur notre exemple. Le second est le forfait « cure thermale » annuel, une enveloppe fixe destinée aux frais non remboursables — hébergement, transport, soins complémentaires. L'Officiel du Thermalisme situe ces forfaits « généralement entre 100 et 350 € selon les contrats ». Même au plafond haut, un tel forfait couvre moins d'un quart des 1 522 € restants.
Deux contrats au même prix mensuel peuvent différer de plusieurs centaines d'euros sur une cure : l'un rembourse le ticket modérateur et verse un forfait annuel, l'autre ne prévoit rien. La différence ne se lit que ligne à ligne.
Hébergement et transport : un plafond figé depuis 2010
Reste le plus gros morceau de la facture : les 1 100 € d'hébergement et de trajet. L'Assurance Maladie y participe, mais sous une condition de ressources dont l'effet est rarement expliqué. Ameli.fr est précis : « pour une cure prescrite en 2026, vos ressources de 2025 ne doivent pas dépasser un plafond fixé à 14 664,38 € », majoré de 50 % — soit 7 332,19 € — pour le conjoint et chaque ayant droit à charge. La fiche ajoute une mention décisive entre parenthèses : ce plafond est « en vigueur depuis 2010 ».
Seize ans sans revalorisation, cela se traduit en arithmétique simple : 14 664,38 € par an, c'est 1 222 € par mois pour une personne seule. Or la DREES, dans son panorama Les retraités et les retraites, édition 2025, mesure une pension moyenne de droit direct de 1 705 € bruts par mois pour les pensionnés résidant en France fin 2024. Un retraité percevant la pension moyenne dépasse donc le plafond de près de 40 %, et reste au-dessus même après prélèvements sociaux. Et le calcul ne porte pas sur le seul revenu déclaré : ameli.fr précise que « même les ressources non soumises à l'impôt sur le revenu doivent être déclarées, ainsi que les ressources perçues par chaque personne vivant dans votre foyer », revenus mobiliers et immobiliers compris.
Autrement dit, pour la majorité des curistes de plus de 60 ans, la ligne « hébergement et transport » du tableau de l'Assurance Maladie est purement théorique. Le reste à charge réel n'est pas de 1 522,29 € mais de 1 729,79 € — le total de 2 162,02 € moins les seuls 432,23 € remboursés sur la partie médicale. C'est là, et pas dans les 65 % du forfait thermal, que se joue la soutenabilité financière d'une cure annuelle.
Deux situations échappent à cette condition de ressources, et elles valent d'être vérifiées : une cure prescrite au titre d'un accident du travail ou d'une maladie professionnelle ouvre droit à la prise en charge du transport et de l'hébergement « sans conditions de ressources », selon ameli.fr, avec un transport remboursé à 100 % et un forfait d'hébergement porté à 150,01 €. Il en va de même pour une cure avec hospitalisation. En affection de longue durée exonérante en revanche, la condition de ressources demeure : seul le taux passe à 100 %.
Le dossier se dépose maintenant : le mode d'emploi de l'automne
Une règle de calendrier peu connue rend l'automne particulièrement stratégique. Ameli.fr indique que l'accord de prise en charge « est valable pour l'année civile en cours, sauf lorsqu'il est donné durant le dernier trimestre de l'année, auquel cas il est valable pour le 1er trimestre civil de l'année suivante », et surtout : « dans les situations où l'accord de prise en charge est délivré au cours du mois de décembre, sa validité est admise durant toute l'année civile suivante ». Un dossier accepté en décembre 2026 couvre donc une cure prise n'importe quand en 2027. Voici la marche à suivre.
- Faites prescrire la cure par votre médecin traitant ou votre spécialiste. L'affection doit relever de l'une des 12 orientations thérapeutiques conventionnées listées par ameli.fr — rhumatologie, voies respiratoires, phlébologie, neurologie, dermatologie, gynécologie, entre autres. C'est le médecin qui choisit la station, en fonction de la pathologie. La cure doit durer 18 jours de traitements effectifs ; les cures libres de 5 à 18 jours ne donnent droit à aucun remboursement.
- Envoyez les deux documents à votre caisse. Le formulaire S3185 « Cure thermale – questionnaire de prise en charge », rempli par le médecin, et la déclaration de ressources que vous remplissez vous-même. Si vos ressources 2025 dépassent 14 664,38 €, ameli.fr vous demande d'inscrire simplement « sans objet » dans la partie déclarative — vous conservez le remboursement des soins, vous renoncez seulement à celui du transport et de l'hébergement.
- Attendez l'accord avant de payer quoi que ce soit. Sans accord de prise en charge, aucun remboursement n'est possible. Votre caisse vous renvoie le formulaire « Prise en charge administrative de cure thermale et facturation », en deux ou trois volets.
- Remettez le volet 2 à l'établissement dès le premier jour. C'est lui qui déclenche la dispense d'avance de frais. Ameli.fr et la Chaîne thermale du Soleil sont formels : sans ce volet, vous devrez avancer la totalité des frais, y compris si vous êtes couvert à 100 % au titre d'une ALD ou de la C2S.
- Demandez à l'établissement un devis nominatif à transmettre à votre mutuelle. C'est la seule façon d'obtenir une réponse écrite sur le montant qu'elle prendra effectivement en charge — ticket modérateur, complément tarifaire, forfait annuel — avant d'engager la dépense d'hébergement.
- Ne planifiez qu'une cure par année civile et par affection. La règle est stricte, avec deux exceptions étroites : les grands brûlés, et le cas où une seconde orientation thérapeutique ne peut être traitée dans la même station, sur appréciation du service médical.
Un dernier réflexe, celui qui coûte le plus cher quand on l'oublie : si vous changez de complémentaire pour mieux couvrir votre cure, vérifiez le délai d'attente avant de résilier. Aucun texte ne plafonne ces délais, qui relèvent entièrement des conditions générales et portent souvent sur les postes coûteux. Beaucoup d'organismes les suppriment sur présentation d'un certificat de radiation du contrat précédent : demandez-le par écrit. Nos analyses de la hausse des cotisations senior en 2026 et nos comparatifs sont regroupés sur nos pages mutuelle senior et mutuelle santé.
En 2024, 472 250 personnes ont suivi une cure thermale conventionnée en France, dont environ un quart de patients en affection de longue durée, selon les chiffres du Conseil national des établissements thermaux repris par LCP. Pour la plupart d'entre elles, la question posée cet automne n'est pas de savoir si le taux de 65 % survivra au budget 2027 — c'est de savoir si leur contrat, lui, prévoit quoi que ce soit. Les deux réponses ne dépendent pas des mêmes personnes.
Un forfait cure thermale de 300 € par an sur un contrat qui n'en prévoyait aucun, c'est l'équivalent de trois années de ticket modérateur récupérées. Encore faut-il savoir quels contrats le proposent.
Questions fréquentes
Quel est le vrai reste à charge d'une cure thermale en 2026 ?
Il faut distinguer deux montants, et le second est plus de quatre fois supérieur au premier. Sur la seule partie médicale — forfait thermal et consultations — la Chaîne thermale du Soleil publie pour 2026 un exemple détaillé : forfait rhumatologie RH1 de 678,02 €, dont 574,51 € de tarif forfaitaire de responsabilité et 103,51 € de complément tarifaire, plus 84 € de surveillance médicale. L'Assurance Maladie rembourse 65 % du TFR (373,43 €) et 70 % des consultations (58,80 €), soit 432,23 €, laissant 329,79 € à la charge de l'assuré. Mais une cure de 18 jours suppose aussi de se loger, de se déplacer et de se nourrir sur place. L'Officiel du Thermalisme chiffre le budget complet d'une cure de rhumatologie à Dax à 2 162,02 €, avec 639,73 € remboursés et 1 522,29 € de reste à charge — et encore, ce dernier chiffre suppose que vos ressources vous ouvrent droit au remboursement du transport et de l'hébergement. Au-dessus du plafond de 14 664,38 € fixé par ameli.fr, le reste à charge réel monte à 1 729,79 €. La fourchette généralement observée, selon la même source, va de 1 400 à 1 900 € pour une cure de 2 000 à 2 500 €.
Ma mutuelle est-elle obligée de rembourser ma cure thermale ?
Non, et c'est l'une des très rares dépenses de santé courante pour lesquelles la réponse est négative. Le contrat responsable — statut que possède la quasi-totalité des complémentaires santé françaises, parce qu'il ouvre droit à un taux de taxe réduit de 13,27 % au lieu de 20,27 % — impose la prise en charge intégrale du ticket modérateur sur les consultations, actes médicaux et médicaments. France Assos Santé, dans sa fiche pratique C.2.1 « Complémentaires santé : les contrats responsables et solidaires », énumère les trois seules exceptions à cette obligation : les médicaments remboursés à 15 % ou 30 %, l'homéopathie et les cures thermales, « dont la prise en charge par la complémentaire santé reste facultative ». Le tableau des planchers de la même fiche indique, pour les soins de ville, « 100 % de la BR, sauf cures thermales ». Les textes de référence sont les articles L. 871-1, R. 871-1 et R. 871-2 du code de la sécurité sociale. Concrètement, un contrat parfaitement conforme peut ne rien verser sur votre cure. Il faut donc lire les conditions particulières et demander un devis à l'établissement thermal, que vous transmettrez à votre organisme pour obtenir une réponse écrite avant de réserver.
Qui a droit au remboursement du transport et de l'hébergement de sa cure ?
Uniquement les assurés dont les ressources restent sous un plafond que l'Assurance Maladie n'a pas revalorisé depuis seize ans. Ameli.fr indique que, pour une cure prescrite en 2026, les ressources de 2025 ne doivent pas dépasser 14 664,38 € — soit 1 222 € par mois pour une personne seule — plafond majoré de 7 332,19 € par conjoint et par ayant droit à charge, et précise qu'il est « en vigueur depuis 2010 ». Or la DREES mesure une pension moyenne de droit direct de 1 705 € bruts par mois pour les pensionnés résidant en France fin 2024, dans son panorama « Les retraités et les retraites », édition 2025. La majorité des retraités est donc au-dessus du seuil. Sous le plafond, le transport est remboursé à 55 % sur la base d'un billet SNCF aller-retour en 2e classe, et l'hébergement à 65 % d'un forfait de 150,01 €, soit 97,50 € pour trois semaines. Deux situations échappent à la condition de ressources : la cure prescrite au titre d'un accident du travail ou d'une maladie professionnelle, et la cure avec hospitalisation. En affection de longue durée exonérante, la condition de ressources s'applique toujours, mais les taux passent à 100 %.
Les cures thermales vont-elles être déremboursées en 2027 ?
Rien n'est décidé à ce jour, mais le sujet est explicitement rouvert. LCP – Assemblée nationale rapportait le 7 septembre 2026 que le député de Paris Sylvain Maillard (Ensemble pour la République) annonçait sur X vouloir voter un amendement supprimant le remboursement des cures, dont il chiffre le coût à 260 millions d'euros par an. Les textes budgétaires sont présentés à l'Assemblée fin septembre 2026 et doivent être votés avant la fin de l'année. Un précédent existe : à l'automne 2025, le gouvernement avait envisagé de ramener le taux de 65 % à 15 % et de supprimer la prise en charge intégrale de certains patients en ALD, pour environ 200 millions d'euros d'économies. Cette mesure n'a pas été retenue et le PLFSS 2026 a été adopté définitivement le 16 décembre 2025 sans aucune baisse, après une pétition de 116 000 signatures relayée par L'Officiel du Thermalisme. Un élément peut peser sur la suite : la Haute Autorité de santé a été saisie pour évaluer le service médical rendu des cures, avec une première analyse attendue à l'automne 2026 et un avis complet d'ici fin 2027. Si le taux venait à passer à 15 %, le reste à charge médical d'une cure de rhumatologie passerait de 329,79 € à 617,04 €, soit 287 € de plus par personne et par an.
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