ALD et mutuelle senior : faut-il la garder en 2026 ?
Prenons deux personnes de 68 ans. La première est reconnue en affection de longue durée : ses soins sont « pris en charge à 100 % ». La seconde ne l'est pas. Selon le graphique 4 de l'étude « Des restes à charge après assurance maladie obligatoire comparables entre patients âgés avec et sans affection de longue durée » publiée par la DREES en janvier 2021 (Études et Résultats n° 1180, données 2017), la première a payé de sa poche 790 euros dans l'année après remboursement de l'Assurance Maladie, et la seconde 760 euros. Trente euros d'écart — et c'est celle qui est « à 100 % » qui paie le plus. L'explication tient en un chiffre de la même étude : sur ces 790 euros, 630 n'ont aucun rapport avec l'affection reconnue. L'ALD est un dispositif puissant, mais il ne couvre qu'un périmètre, et ce périmètre s'arrête là où commencent la plupart des dépenses d'un retraité.

- L'exonération porte sur le ticket modérateur, pas sur la facture. Être en ALD exonérante signifie que les soins en lien avec l'affection sont remboursés à 100 % de la base de la Sécurité sociale, rappelle la fiche « À quoi sert la prise en charge en Affection Longue Durée (ALD) exonérante ? » d'ameli.fr, mise à jour le 5 juin 2026. Tout ce qui dépasse ce tarif — dépassements d'honoraires, prix libre d'un dispositif médical — reste dû.
- Six lignes survivent à l'exonération, et deux ne sont remboursables par aucune mutuelle. La participation forfaitaire de 2 € et la franchise médicale (1 € par boîte de médicaments, 1 € par acte paramédical, 4 € par transport sanitaire) sont plafonnées à 50 € par an chacune, soit jusqu'à 100 € annuels qu'aucun contrat responsable ne prend en charge, selon les fiches ameli.fr des 5 juin 2026 et 19 décembre 2025.
- Près de 80 % du reste à charge d'un patient en ALD provient de soins sans rapport avec son ALD. Ces soins ne pèsent que 30 % de sa dépense totale mais concentrent l'essentiel de ce qu'il paie, écrit la DREES dans Études et Résultats n° 1180 (janvier 2021). Dentaire, optique et aides auditives à eux seuls représentent 11 % de ces dépenses hors ALD, mais près de 40 % du reste à charge correspondant.
- Renoncer à sa complémentaire parce qu'on est en ALD est une erreur documentée. La même étude de la DREES relève que 8 % des personnes sans complémentaire santé justifient ce choix par le fait que l'essentiel de leurs besoins serait couvert par le dispositif ALD. Ameli.fr écrit exactement l'inverse : les frais sans rapport avec l'affection étant remboursés aux taux habituels, il est « fortement conseillé de conserver ou souscrire à une mutuelle ».
- La réponse, avant les explications
- « 100 % » signifie 100 % du tarif Sécu, pas 100 % de la facture
- Les six lignes qui survivent à l'exonération
- Le vrai poste de dépense : tout ce qui n'a rien à voir avec votre ALD
- Calibrer son contrat quand on est en ALD : la méthode
- Le 1 % dont personne ne parle
- Questions fréquentes
La réponse, avant les explications
Oui, il faut la garder — et la question mérite mieux qu'un rappel de prudence, parce qu'elle se règle par l'arithmétique. Une affection de longue durée (ALD) exonérante est une maladie inscrite sur une liste de trente pathologies fixée par décret, ou une forme grave hors liste, qui ouvre droit à la suppression du ticket modérateur sur les soins liés à cette maladie. Le dispositif est massif : selon le Points de repère n° 54 de la Caisse nationale de l'Assurance Maladie, publié en juillet 2024, 13,8 millions de personnes en bénéficiaient en 2022 au titre de 17,6 millions d'affections reconnues, soit 20,1 % de la population et 66,1 % de la dépense totale remboursée par l'assurance maladie.
Il est aussi très efficace là où il s'applique. La DREES mesure, dans Études et Résultats n° 1180 (janvier 2021), que l'assurance maladie obligatoire couvre 91 % de la dépense remboursable des assurés en ALD, contre 67 % pour les autres. Le problème n'est donc pas la qualité de la couverture : c'est son périmètre. Et ce périmètre est délimité par une feuille de papier que beaucoup de patients n'ont jamais vraiment regardée — l'ordonnance bizone.
La question se pose parce que l'expression « prise en charge à 100 % » est comprise, à tort, comme « je n'ai plus rien à payer ». La DREES a chiffré l'ampleur du malentendu : 8 % des personnes dépourvues de complémentaire santé expliquent cette absence par le fait que l'essentiel de leurs besoins de soins serait couvert par le dispositif ALD. Ameli.fr a d'ailleurs jugé utile d'ajouter un avertissement explicite à sa fiche du 5 juin 2026 : les frais sans rapport avec l'affection de longue durée étant remboursés aux taux habituels, il est « fortement conseillé de conserver ou souscrire à une mutuelle, et ce même si vous êtes en ALD ».
« 100 % » signifie 100 % du tarif Sécu, pas 100 % de la facture
Pour que la prise en charge s'applique, le médecin utilise une ordonnance particulière, dite bizone, coupée en deux. Ameli.fr en donne le détail dans sa fiche du 5 juin 2026. La zone 1, en haut, regroupe les consultations, actes, médicaments, soins infirmiers, examens de biologie et dispositifs médicaux en rapport avec l'ALD : ils sont remboursés à 100 % de la base de la Sécurité sociale. La zone 2, en bas, regroupe tout le reste — et rien n'y change : consultations et actes médicaux à 70 %, médicaments à 65, 30 ou 15 % selon leur classement, soins infirmiers, kinésithérapie, biologie et dispositifs médicaux à 60 %.
Le mot important dans « 100 % » n'est donc pas « 100 » : c'est ce qui suit. Cent pour cent de la base de remboursement, c'est-à-dire du tarif conventionnel, et non du prix payé. L'exemple chiffré publié par ameli.fr sur la même page le montre mieux qu'une explication : un examen d'imagerie dont la base de remboursement est de 50,24 €, selon que le médecin pratique ou non un dépassement, et selon que le patient est ou non en ALD.
| Situation (examen d'imagerie) | Remboursé par l'Assurance Maladie | Reste à charge remboursable par la mutuelle | Non remboursable |
|---|---|---|---|
| En ALD, tarif facturé 50,24 € (sans dépassement) | 49,54 € | 0 € | 2 € |
| En ALD, tarif facturé 60 € (avec dépassement) | 49,54 € | 9,46 € | 2 € |
| Hors ALD, tarif facturé 50,24 € (sans dépassement) | 34,38 € | 15,16 € | 2 € |
| Hors ALD, tarif facturé 60 € (avec dépassement) | 34,38 € | 25,16 € | 2 € |
Source : ameli.fr, fiche « À quoi sert la prise en charge en Affection Longue Durée (ALD) exonérante ? », mise à jour le 5 juin 2026, tableau « Exemple de remboursement pour la prescription d'un examen d'imagerie ». Base de remboursement de l'Assurance Maladie : 50,24 €. La colonne « non remboursable » correspond à la participation forfaitaire de 2 €, plafonnée à 50 € par an et par personne.
Deux enseignements. Le premier est rassurant : sur la ligne 1, la mutuelle n'a rien à rembourser, l'ALD a fait tout le travail. Le second l'est moins : dès qu'un dépassement d'honoraires apparaît (ligne 2), le patient en ALD se retrouve avec 9,46 € à la charge de sa complémentaire — exactement comme un patient ordinaire, parce que l'exonération du ticket modérateur ne dit rien des honoraires libres. Or les spécialistes que consulte un patient en ALD — cardiologue, ophtalmologue, chirurgien — sont précisément ceux chez qui le secteur 2 est le plus répandu.
Les six lignes qui survivent à l'exonération
Voici, poste par poste et aux montants en vigueur en 2026, ce qu'une reconnaissance en ALD ne fait pas disparaître. La troisième colonne est celle qui intéresse directement le choix d'un contrat : deux de ces six lignes échappent à toute complémentaire, et il est inutile de payer pour espérer les couvrir.
| Ce qui reste dû malgré l'ALD | Montant 2026 | Une mutuelle peut-elle le rembourser ? |
|---|---|---|
| Participation forfaitaire (consultations, actes médicaux, imagerie, biologie) | 2 € par acte, plafond 50 €/an | Non, jamais |
| Franchise médicale (médicaments, actes paramédicaux, transports) | 1 € / 1 € / 4 €, plafond 50 €/an | Non, dans la quasi-totalité des cas |
| Forfait hospitalier (chaque jour, jour de sortie compris) | 23 €/jour, 17 € en psychiatrie | Oui, si le contrat le prévoit |
| Dépassements d'honoraires | Libres | Oui, dans les limites du contrat responsable |
| Prix libre en optique, dentaire prothétique, aides auditives | Libre hors paniers 100 % Santé | Oui, selon le niveau de garantie |
| Soins de la zone 2, sans lien avec l'ALD | Ticket modérateur habituel (30 à 40 %) | Oui, c'est son rôle principal |
Sources : ameli.fr, fiches « À quoi sert la prise en charge en Affection Longue Durée (ALD) exonérante ? » (5 juin 2026), « La franchise médicale » (19 décembre 2025) et « Le forfait hospitalier » (2 mars 2026). Le montant du forfait hospitalier est fixé par arrêté ministériel.
Les deux premières lignes forment un socle incompressible. La participation forfaitaire est de 2 € par consultation, acte médical, examen d'imagerie ou analyse de biologie, dans la limite de 50 € par an et par personne. La franchise médicale, détaillée par ameli.fr dans sa fiche du 19 décembre 2025, s'élève à 1 € par boîte de médicaments, 1 € par acte paramédical et 4 € par transport sanitaire, avec des plafonds journaliers de 4 € pour les actes paramédicaux et 8 € pour les transports, et un plafond annuel lui aussi de 50 €. Ameli.fr précise que « dans la quasi-totalité des cas, les complémentaires ne prévoient pas la prise en charge des franchises ». Un patient en ALD qui prend un traitement quotidien et voit son spécialiste tous les trimestres atteint les deux plafonds sans effort : 100 € par an, que ni la Sécurité sociale ni la mutuelle ne rembourseront.
Le vrai poste de dépense : tout ce qui n'a rien à voir avec votre ALD
C'est ici que se joue la décision, et c'est le résultat le plus contre-intuitif de l'étude de la DREES. Les prestations sans lien avec l'affection reconnue ne représentent qu'environ 30 % de la dépense de santé totale d'un patient en ALD — mais elles constituent près de 80 % de son reste à charge après assurance maladie obligatoire (Études et Résultats n° 1180, janvier 2021). Autrement dit : plus le dispositif ALD absorbe efficacement les dépenses liées à la maladie, plus ce qui reste visible sur le relevé bancaire vient d'ailleurs.
D'où vient cet « ailleurs » ? De trois postes toujours les mêmes. La DREES établit que le dentaire, l'optique et les aides auditives pèsent seulement 11 % des dépenses sans lien avec une ALD, mais près de 40 % du reste à charge correspondant. La raison est mécanique : sur ces trois postes, la liberté tarifaire — la part du prix que l'assurance maladie obligatoire ne rembourse jamais, quel qu'en soit le montant — représente environ 90 % du reste à charge total, que le patient soit en ALD ou non. Une couronne, une paire de verres progressifs ou un appareil auditif coûte exactement le même prix à un patient diabétique qu'à un patient bien portant.
Une réserve honnête sur ces chiffres : ils portent sur l'année 2017 et précèdent donc la réforme du 100 % Santé, déployée à partir de 2019. Celle-ci a réellement changé la donne pour les équipements du panier sans reste à charge, et elle joue à plein sur les postes où les seniors dépensent le plus. Mais elle n'a rien changé hors panier, là où se concentrent les implants, les verres à géométrie complexe et les aides auditives haut de gamme. Nous avons chiffré cet écart acte par acte dans nos guides sur la couronne et l'implant dentaire et sur l'appareil auditif.
Un contrat de complémentaire santé individuelle ne peut ni recueillir d'information médicale, ni moduler sa cotisation selon votre état de santé. Votre ALD ne vous pénalise donc pas — mais elle ne vous fait pas non plus économiser si votre contrat est mal calibré. La comparaison est gratuite et n'engage à rien.
Calibrer son contrat quand on est en ALD : la méthode
Être en ALD ne justifie pas de résilier sa complémentaire. Cela justifie en revanche de la redéployer : cesser de payer pour des garanties que l'exonération rend inutiles, et renforcer celles que l'exonération ne couvre pas. Voici la marche à suivre, relevés de remboursement en main.
- Sortez vos relevés de remboursement des douze derniers mois, sur votre compte ameli ou par courrier. Ils indiquent, pour chaque acte, le montant remboursé et le montant retenu au titre de la participation forfaitaire et de la franchise. C'est le seul document qui vous dira ce que vous payez réellement, par opposition à ce que vous croyez payer.
- Séparez la zone 1 de la zone 2. Tout ce qui relève de votre affection est déjà couvert à 100 % du tarif Sécu : sur ces lignes, une garantie « 200 % » ne vous apportera rien tant qu'il n'y a pas de dépassement d'honoraires. Un contrat qui vous vend un remboursement renforcé sur des postes déjà exonérés vous facture une garantie sans objet.
- Repérez vos spécialistes en secteur 2. C'est le seul endroit où une garantie honoraires élevée sert vraiment à un patient en ALD. Vérifiez sur l'annuaire santé d'ameli.fr si vos praticiens adhèrent à l'OPTAM : la prise en charge des dépassements par un contrat responsable y est plus favorable, et l'écart est significatif sur un suivi trimestriel.
- Mettez l'hospitalisation en haut de la liste. Forfait journalier de 23 €, chambre particulière, honoraires du chirurgien : c'est le poste le plus coûteux et le moins prévisible après 65 ans, et l'ALD n'en couvre qu'une partie.
- Calibrez dentaire, optique et audio sur votre usage réel, pas sur la brochure. Ce sont les trois postes qui font 40 % de votre reste à charge hors ALD. Si vous savez qu'un implant ou un appareil auditif arrive dans les deux ans, la garantie correspondante se rentabilise ; sinon, ne payez pas pour un plafond que vous n'atteindrez jamais.
- Vérifiez le délai d'attente avant de changer. Aucun texte ne l'encadre : il relève des conditions générales et porte souvent sur les prothèses dentaires, les aides auditives et l'hospitalisation programmée. Beaucoup d'organismes le suppriment sur présentation du certificat de radiation du contrat précédent — demandez-le par écrit.
Beaucoup de contrats senior surpondèrent des garanties de ville déjà neutralisées par l'ALD et sous-dotent l'hospitalisation. Rééquilibrer les deux se fait souvent à cotisation constante, parfois en dessous.
Le 1 % dont personne ne parle
Reste une minorité pour qui la question n'est plus théorique. La DREES a isolé, dans Études et Résultats n° 1180 (janvier 2021), le centième des assurés en ALD dont le reste à charge après assurance maladie obligatoire est le plus élevé : il dépasse 4 905 € par an et atteint 7 100 € en moyenne. Près de la moitié de cette somme correspond à des dépassements d'honoraires, et près de 70 % à des dépenses sans lien avec l'affection reconnue. Cette population est âgée : trois quarts de ces personnes ont plus de 61 ans, et la moitié plus de 74 ans.
Ce n'est pas un cas d'école : c'est le profil exact du lecteur de cette page. Une hospitalisation prolongée, un implant, un appareil auditif et deux spécialistes en secteur 2 dans la même année suffisent à y entrer. Et c'est précisément ce que couvre — ou ne couvre pas — un contrat de complémentaire santé, puisque l'ALD, elle, a déjà donné tout ce qu'elle pouvait donner.
La conclusion tient en une phrase : l'ALD supprime le ticket modérateur, pas la facture. Elle vous protège remarquablement bien contre le coût de votre maladie, et pas du tout contre le coût de tout le reste — qui est, statistiquement, l'essentiel de ce que vous paierez. Nos autres analyses chiffrées sont regroupées sur notre page mutuelle senior, et pour les moins de 55 ans sur notre comparatif mutuelle santé. Sur un poste voisin souvent mal compris, voir aussi notre guide sur le remboursement d'une cure thermale, y compris lorsqu'elle est prescrite au titre d'une ALD.
Votre état de santé ne peut légalement entrer dans le calcul de votre cotisation. Seuls comptent votre âge, votre département et les garanties retenues. Comparer prend quelques minutes, c'est gratuit et sans engagement.
Questions fréquentes
Faut-il garder sa mutuelle quand on est reconnu en ALD ?
Oui, et c'est la recommandation explicite de l'Assurance Maladie. Dans sa fiche « À quoi sert la prise en charge en Affection Longue Durée (ALD) exonérante ? » mise à jour le 5 juin 2026, ameli.fr indique que les frais de santé sans rapport avec l'affection de longue durée sont remboursés aux taux habituels et qu'il est donc « fortement conseillé de conserver ou souscrire à une mutuelle, et ce même si vous êtes en ALD ». Les chiffres vont dans le même sens : selon la DREES (Études et Résultats n° 1180, janvier 2021, données 2017), le reste à charge annuel moyen après assurance maladie obligatoire d'un patient en ALD de 66 à 70 ans s'élève à 790 €, contre 760 € pour un patient du même âge sans ALD — dont 630 € correspondent à des soins sans lien avec l'affection reconnue. La même étude relève que 8 % des personnes dépourvues de complémentaire santé justifient ce choix par leur ALD. C'est une erreur de lecture du dispositif : l'ALD supprime le ticket modérateur sur un périmètre précis, elle ne supprime ni les dépassements d'honoraires, ni le forfait hospitalier, ni le coût du dentaire, de l'optique et des aides auditives.
Qu'est-ce que l'ordonnance bizone et pourquoi change-t-elle le remboursement ?
L'ordonnance bizone est le formulaire que votre médecin utilise dès lors que vous êtes reconnu en ALD exonérante. Elle est coupée en deux parties, décrites par ameli.fr dans sa fiche du 5 juin 2026. La zone 1, en haut, est réservée aux soins en rapport avec l'affection : consultations et actes médicaux, médicaments, soins infirmiers et de kinésithérapie, examens biologiques et dispositifs médicaux y sont remboursés à 100 % de la base de la Sécurité sociale. La zone 2, en bas, regroupe tout ce qui n'a pas de rapport avec l'affection : les taux habituels s'y appliquent, soit 70 % pour les consultations et actes médicaux, 65, 30 ou 15 % pour les médicaments selon leur classement, et 60 % pour les soins infirmiers, la kinésithérapie, la biologie et les dispositifs médicaux. Cette séparation est la clé du sujet : c'est elle qui délimite ce que l'exonération couvre. Un patient en ALD pour un diabète voit ses antidiabétiques en zone 1, mais ses lunettes, ses soins dentaires et son appareil auditif restent en zone 2, remboursés comme pour n'importe quel assuré. L'ordonnance bizone ne concerne que les ALD exonérantes ; pour une ALD non exonérante, le médecin utilise une ordonnance classique.
Quels frais restent à payer en 2026 malgré une prise en charge à 100 % ?
Six catégories. D'abord la participation forfaitaire de 2 €, prélevée sur chaque consultation, acte médical, examen d'imagerie ou analyse de biologie, plafonnée à 50 € par an et par personne. Ensuite la franchise médicale, qui s'élève selon la fiche ameli.fr du 19 décembre 2025 à 1 € par boîte de médicaments, 1 € par acte paramédical et 4 € par transport sanitaire, avec des plafonds journaliers de 4 € et 8 € respectivement et un plafond annuel de 50 €. Ces deux prélèvements ne sont remboursables par aucun contrat responsable — ameli.fr précise que « dans la quasi-totalité des cas, les complémentaires ne prévoient pas la prise en charge des franchises » — ce qui représente jusqu'à 100 € par an définitivement à votre charge. Viennent ensuite le forfait hospitalier, porté à 23 € par jour en hôpital ou clinique et 17 € en service psychiatrique depuis le 1er mars 2026, dû pour chaque journée y compris le jour de sortie et non plafonné ; les dépassements d'honoraires ; l'écart entre le tarif remboursé d'un dispositif médical et son prix de vente réel, décisif en optique, en dentaire prothétique et pour les aides auditives ; enfin l'ensemble des soins de la zone 2, remboursés aux taux habituels. Seules les quatre dernières catégories peuvent être prises en charge par une complémentaire santé, et uniquement si le contrat le prévoit.
Peut-on réduire ses garanties de mutuelle après une reconnaissance en ALD ?
Oui, mais pas n'importe lesquelles, et l'arbitrage se fait poste par poste. Les garanties portant sur des soins de ville liés à votre affection perdent une grande partie de leur utilité : ces actes sont déjà remboursés à 100 % de la base de la Sécurité sociale au titre de la zone 1 de l'ordonnance bizone, et une garantie renforcée n'y sert que s'il existe un dépassement d'honoraires. En revanche, trois postes doivent être maintenus ou renforcés. L'hospitalisation d'abord, parce que le forfait journalier de 23 € par jour n'est ni exonéré au titre de l'ALD ni plafonné, et que la chambre particulière et les honoraires de chirurgien s'y ajoutent. Les dépassements d'honoraires ensuite, très présents chez les spécialistes que consulte régulièrement un patient chronique. Le dentaire, l'optique et les aides auditives enfin : la DREES établit dans Études et Résultats n° 1180 (janvier 2021) que ces trois postes ne pèsent que 11 % des dépenses sans lien avec une ALD mais près de 40 % du reste à charge correspondant, la liberté tarifaire y représentant environ 90 % du reste à charge total. Avant de changer de contrat, vérifiez enfin le délai d'attente inscrit aux conditions générales : aucun texte ne l'encadre, mais de nombreux organismes le suppriment sur présentation du certificat de radiation du contrat précédent.
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