Arrêt maladie fonctionnaire 2026 : 90 %, puis demi-traitement

Guide 2026Mis à jour : septembre 2026·Lecture : 7 min

Un fonctionnaire placé en congé de maladie ordinaire perçoit 90 % de son traitement indiciaire pendant trois mois, puis 50 % pendant les neuf mois suivants — le premier jour d'arrêt n'étant, lui, pas payé du tout. Ces taux sont publiés par service-public.gouv.fr et découlent du décret n° 2025-197 du 27 février 2025, qui a ramené de 100 % à 90 % la rémunération des trois premiers mois. Sur un traitement indiciaire de 2 300 € bruts, le basculement au 91e jour retire environ 1 150 € par mois : c'est exactement ce trou que la prévoyance « maintien de salaire », cofinancée par l'employeur public depuis 2025, est faite pour combler.

Arrêt maladie fonctionnaire 2026 : 90 %, puis demi-traitement
✓ À retenir
  • Un jour de carence non rémunéré à chaque nouvel arrêt, sauf prolongation d'un arrêt en cours (service-public.gouv.fr, fiche F13861).
  • 90 % du traitement indiciaire les trois premiers mois depuis le décret n° 2025-197 du 27 février 2025, contre 100 % avant le 1er mars 2025.
  • 50 % du 91e jour jusqu'au 12e mois : environ 10 400 € de perte cumulée pour un traitement de 2 300 €.
  • Votre employeur cofinance votre prévoyance depuis le 1er janvier 2025, à hauteur de 7 € minimum par mois et par agent.
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Jour 1 : un jour de carence, jamais indemnisé

Le premier jour de chaque arrêt maladie d'un agent public n'est pas rémunéré : la rémunération ne reprend qu'au deuxième jour. Cette règle, rappelée par service-public.gouv.fr dans sa fiche F13861, s'applique aux trois versants de la fonction publique — État, territoriale, hospitalière — et aux contractuels comme aux titulaires. Un seul jour, donc, contre trois jours de carence dans le secteur privé, mais un jour retenu à chaque nouvel arrêt, et non une fois par an.

L'exception mérite d'être connue, car elle évite de perdre une journée pour rien : aucun nouveau jour de carence n'est appliqué si l'agent n'a pas repris son travail plus de 48 heures entre deux arrêts accordés pour la même affection, à condition que le médecin ait coché la case « prolongation ». Le jour de carence ne s'applique pas non plus au congé pour accident de service, à la maladie professionnelle, au congé de longue maladie renouvelé, ni au congé de maternité. Concrètement, sur un traitement mensuel de 2 300 €, une journée de carence coûte environ 77 € ; trois arrêts courts dans l'année en coûtent 230.

Jours 2 à 90 : 90 % du traitement, et non plus 100 %

Du deuxième au quatre-vingt-dixième jour, le fonctionnaire en congé de maladie ordinaire conserve 90 % de son traitement indiciaire — et non plus l'intégralité comme c'était le cas jusqu'en 2025. Ce changement vient du décret n° 2025-197 du 27 février 2025, publié au Journal officiel du 28 février 2025 en application de la loi de finances pour 2025, et il s'applique aux congés de maladie ordinaire accordés à compter du 1er mars 2025. Le décret n° 2025-198 du même jour traite du cas des agents publics relevant de régimes particuliers.

Deux précisions changent le calcul réel. D'abord, le taux de 90 % porte sur le traitement indiciaire : les primes et indemnités (RIFSEEP, IFSE, complément indemnitaire annuel) obéissent à leurs propres textes, et leur maintien dépend de la délibération de la collectivité ou de l'arrêté ministériel applicable — un agent fortement primé perd donc, en proportion, davantage que ne le laisse croire le pourcentage affiché. Ensuite, ces douze mois s'apprécient sur une période de référence glissante de douze mois consécutifs, et non par année civile : plusieurs arrêts successifs se cumulent pour faire avancer le compteur vers le demi-traitement.

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Jour 91 : le demi-traitement, la vraie marche

À partir du 91e jour d'arrêt, la rémunération tombe à 50 % du traitement indiciaire, et elle y reste jusqu'au douzième mois. C'est la seule marche brutale du dispositif : on ne passe pas de 90 à 80 puis à 70 %, on passe directement de 90 à 50. À titre de repère, le salaire net moyen en équivalent temps plein s'élevait en 2024 à 2 317 € par mois dans la fonction publique territoriale et à 3 018 € dans la fonction publique d'État, selon les études Insee Première n° 2101 et n° 2100 publiées en 2026.

Période d'arrêtPart du traitement verséeSur 2 300 € de traitementPerte sur la période
Jour 1 (carence)0 %0 €≈ 77 €
Jours 2 à 90 (3 mois)90 %2 070 €/mois≈ 690 €
Mois 4 à 12 (9 mois)50 %1 150 €/mois≈ 10 350 €
Total sur 12 mois d'arrêt≈ 11 117 €

Simulation Je Simule sur un traitement indiciaire de 2 300 € bruts par mois, à partir des taux publiés par service-public.gouv.fr (fiches F490 et F13861) et du décret n° 2025-197 du 27 février 2025. Hors primes et indemnités, qui relèvent de textes distincts.

Exemple chiffré. Rédactrice territoriale, 2 300 € de traitement indiciaire, 1 050 € de mensualité de crédit immobilier. Une opération du dos l'immobilise dix mois. Les trois premiers mois, elle touche 2 070 € : le budget tient, à 230 € près. Au 91e jour, sa paie passe à 1 150 € — soit 100 € de moins que sa seule mensualité de prêt. Sur les sept mois restants, le manque à gagner atteint 8 050 €. Une garantie de maintien de salaire portant l'indemnisation à 90 % du traitement lui aurait versé environ 920 € par mois sur cette période, soit 6 440 €.

C'est ce décrochage que couvre une garantie « incapacité temporaire de travail », que les assureurs vendent aux agents publics sous le nom de maintien de salaire. Notre page assurance prévoyance détaille les trois points qui font la différence entre deux contrats : la franchise, la base d'indemnisation (traitement seul ou traitement plus primes) et la durée maximale de versement.

Au-delà de douze mois : CLM, CLD ou disponibilité d'office

Passé douze mois de congé de maladie ordinaire, l'agent ne peut plus rester dans ce cadre : il bascule vers un congé de longue maladie, un congé de longue durée, une reprise à temps partiel thérapeutique, un reclassement, la retraite pour invalidité ou la disponibilité d'office pour raison de santé. Ces régimes, décrits par service-public.gouv.fr, ont chacun leur propre barème et supposent l'avis du conseil médical.

  • Congé de longue maladie : trois ans au maximum, un an à plein traitement puis deux ans à demi-traitement.
  • Congé de longue durée : cinq ans au maximum pour certaines pathologies, trois ans à plein traitement puis deux ans à demi-traitement.
  • Disponibilité d'office pour raison de santé : c'est le scénario le plus dur, l'agent n'étant plus rémunéré par son employeur.
  • Retraite pour invalidité : possible sans condition d'âge lorsque l'inaptitude est définitive et que le reclassement est impossible.

Ces situations expliquent pourquoi les contrats de prévoyance des agents publics comportent presque toujours un second étage, la garantie invalidité, distincte du maintien de salaire : c'est elle qui prend le relais quand le congé de maladie ordinaire arrive à son terme et que le conseil médical se prononce.

Ce que votre employeur paie en 2026 : 7 € en prévoyance, 15 € en santé

Depuis le 1er janvier 2025, tout employeur territorial doit financer au minimum 7 € par mois et par agent la cotisation de prévoyance, et depuis le 1er janvier 2026, 15 € par mois pour la complémentaire santé. Ces montants planchers sont fixés par le décret n° 2022-581 du 20 avril 2022 et rappelés sur le portail collectivites-locales.gouv.fr. Dans la fonction publique d'État, l'employeur participe également à hauteur de 7 € par mois en prévoyance, sur des contrats collectifs à adhésion facultative.

Le calendrier a bougé en 2026, et il vaut la peine d'être suivi. Selon une actualité publiée le 17 février 2026 par le portail de la fonction publique (DGAFP), près d'un quart des agents de l'État avaient accès à un contrat collectif de prévoyance au 1er janvier 2026, et l'ensemble d'entre eux pourront y adhérer d'ici la fin de l'année 2026. Côté santé, l'adhésion est obligatoire dans la fonction publique d'État, avec 50 % de la cotisation payés par l'employeur : 30 % des agents environ étaient couverts début 2026, plus de 80 % le seront au 1er mai 2026.

VersantPrévoyance (incapacité, invalidité, décès)Complémentaire santé
Fonction publique d'ÉtatAdhésion facultative, 7 €/mois payés par l'employeurAdhésion obligatoire, 50 % de la cotisation payés par l'employeur
Fonction publique territorialeParticipation employeur obligatoire depuis le 1er janvier 2025, 7 €/mois minimumParticipation employeur obligatoire depuis le 1er janvier 2026, 15 €/mois minimum ; adhésion facultative
Territoriale, à partir de 2029Contrats collectifs obligatoires et participation employeur portée à 50 % (loi n° 2025-1251 du 22 décembre 2025)Adhésion facultative maintenue
Fonction publique hospitalièreNégociations en coursNégociations en cours

Sources : portail de la fonction publique (DGAFP), actualité « Le point sur la protection sociale complémentaire des agents publics » du 17 février 2026 ; portail collectivites-locales.gouv.fr et décret n° 2022-581 du 20 avril 2022 ; loi n° 2025-1251 du 22 décembre 2025.

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Choisir sa garantie maintien de salaire : cinq points à vérifier

Le prix d'une garantie de maintien de salaire s'exprime en pourcentage du traitement brut, et deux contrats affichés au même tarif peuvent indemniser du simple au double. Avant de signer, cinq vérifications suffisent à écarter les mauvaises surprises.

  1. La base d'indemnisation : traitement indiciaire seul, ou traitement plus régime indemnitaire ? L'écart peut représenter un quart de votre paie réelle.
  2. Le taux garanti : certains contrats ramènent la rémunération à 90 % du net, d'autres se contentent de compléter le demi-traitement à 75 %.
  3. La franchise : le contrat prend-il le relais dès le 91e jour, ou après un délai supplémentaire de 30 ou 60 jours à demi-traitement ?
  4. Le traitement des affections dorsales et psychiques, première cause d'arrêt long : sont-elles exclues, soumises à hospitalisation préalable, ou couvertes sans condition ?
  5. L'étage invalidité et la garantie décès : le contrat s'arrête-t-il à la fin du congé de maladie ordinaire, ou prend-il le relais au-delà de douze mois ?

Dernier réflexe, souvent oublié : un arrêt long fait aussi grimper les dépenses de santé, au moment précis où le revenu baisse. Vérifiez dans la foulée le niveau de votre mutuelle santé, et si vous remboursez un crédit, relisez les conditions d'assurance emprunteur de votre prêt : la garantie incapacité y couvre l'échéance du prêt, jamais le reste du budget familial. La prévoyance, elle, couvre le revenu.

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Questions fréquentes

Combien touche un fonctionnaire en arrêt maladie en 2026 ?

Le premier jour d'arrêt n'est pas rémunéré. Du deuxième au quatre-vingt-dixième jour, l'agent perçoit 90 % de son traitement indiciaire, taux fixé par le décret n° 2025-197 du 27 février 2025 pour les congés accordés depuis le 1er mars 2025. Du quatre-vingt-onzième jour au douzième mois, il perçoit 50 % de ce traitement. Les primes et indemnités suivent des règles distinctes, fixées par la délibération de la collectivité ou l'arrêté ministériel applicable.

Le jour de carence s'applique-t-il à chaque arrêt ?

Oui, un jour de carence est retenu à chaque nouvel arrêt maladie, et non une seule fois par an. Il n'est toutefois pas appliqué lorsque l'agent n'a pas repris son travail plus de 48 heures entre deux arrêts accordés pour la même affection et que le médecin a coché la case « prolongation ». Le congé de maternité, l'accident de service et la maladie professionnelle en sont exclus.

Mon employeur public paie-t-il ma prévoyance ?

Il en paie une partie. Dans la fonction publique territoriale, la participation de l'employeur est obligatoire depuis le 1er janvier 2025, à hauteur d'au moins 7 € par mois et par agent, en application du décret n° 2022-581 du 20 avril 2022. Dans la fonction publique d'État, l'employeur verse également 7 € par mois sur des contrats collectifs à adhésion facultative. À partir du 1er janvier 2029, la loi n° 2025-1251 du 22 décembre 2025 rendra les contrats collectifs de prévoyance obligatoires dans les collectivités, avec une participation employeur portée à 50 % de la cotisation.

Que se passe-t-il après douze mois d'arrêt maladie ?

Le congé de maladie ordinaire ne peut pas dépasser douze mois sur une période de référence de douze mois consécutifs. Au-delà, l'agent bascule, après avis du conseil médical, vers un congé de longue maladie (trois ans maximum), un congé de longue durée (cinq ans maximum pour certaines pathologies), un temps partiel thérapeutique, un reclassement, une retraite pour invalidité ou une disponibilité d'office pour raison de santé, cette dernière n'étant pas rémunérée par l'employeur.

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