Assurance de prêt 2026 : invalidité, les seuils 33 % et 66 %

Guide 2026Mis à jour : septembre 2026·Lecture : 7 min

Depuis le 1er septembre 2026, une invalidité reconnue à 66 % déclenche la garantie IPT de votre assurance de prêt, et un taux compris entre 33 % et 66 % déclenche la garantie IPP : ces deux seuils deviennent la référence commune à tous les contrats, en application de l'avis du Comité consultatif du secteur financier (CCSF) adopté le 26 mai 2026 et publié par la Banque de France le 24 juin 2026. Jusque-là, chaque assureur écrivait ses propres définitions, au point que deux contrats étaient presque impossibles à mettre côte à côte. L'enjeu est loin d'être théorique : les garanties incapacité et invalidité ont représenté 2,285 milliards d'euros de cotisations sur les 6,830 milliards collectés en 2024 selon le CCSF, et l'écart de prix entre un contrat bancaire et une délégation atteint couramment 11 000 € sur un prêt de 250 000 € remboursé en 20 ans.

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✓ À retenir
  • Depuis le 1er septembre 2026, l'invalidité permanente totale (IPT) se déclenche à 66 % et l'invalidité permanente partielle (IPP) entre 33 % et 66 % chez les assureurs signataires de l'avis du CCSF du 26 mai 2026.
  • Ce taux n'est pas celui de la Sécurité sociale : il sort d'un barème croisé qui combine un taux fonctionnel et un taux professionnel, ce dernier pesant plus lourd dans le calcul.
  • Deuxième évolution, beaucoup moins commentée : l'incapacité s'apprécie désormais au regard du métier exercé au moment du sinistre, et non plus de « toute activité professionnelle ».
  • Les conditions générales doivent afficher le barème retenu et un exemple chiffré d'indemnisation : c'est la pièce à réclamer avant de signer comme avant de changer d'assureur.
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66 % et 33 % : les deux seuils qui déclenchent l'indemnisation

Un taux d'invalidité d'au moins 66 % ouvre droit à la garantie IPT, un taux compris entre 33 % et 66 % à la garantie IPP : ce sont les seuils de référence retenus par l'ensemble des assureurs signataires de l'avis du CCSF du 26 mai 2026, publié par la Banque de France le 24 juin 2026. Un organisme reste libre de proposer mieux, jamais moins. Avant cet engagement, les définitions, les seuils et les modes de calcul variaient d'un contrat à l'autre, ce que le CCSF identifie explicitement comme un obstacle à la comparaison au moment de changer d'assurance.

Encore faut-il savoir quelle garantie répond à quoi. Une assurance de prêt empile cinq sigles qui ne couvrent pas du tout les mêmes situations, et votre banque n'exige pas les mêmes selon que vous financez votre résidence principale ou un investissement locatif. Le détail de chaque garantie figure sur notre page assurance emprunteur.

GarantieCe qu'elle couvreSeuil ou condition
DC (décès)Remboursement du capital restant dû, dans la limite de la quotité assuréeToutes causes, accident ou maladie, hors exclusions légales et contractuelles
PTIAPerte totale et irréversible d'autonomie : remboursement du capital restant dûImpossibilité d'exercer toute activité et recours à une tierce personne pour les actes de la vie courante
IPTPrise en charge des échéances en cas d'invalidité permanente totaleTaux d'invalidité d'au moins 66 %
IPPPrise en charge partielle des échéances, souvent proportionnelle au taux retenuTaux d'invalidité compris entre 33 % et 66 % ; garantie fréquemment optionnelle
ITTPrise en charge des échéances pendant un arrêt de travail temporaireAprès une franchise, le plus souvent de 90 jours, parfois 180

Seuils IPT et IPP issus de l'avis du CCSF sur les contrats d'assurance emprunteur des crédits immobiliers, adopté le 26 mai 2026 et publié par la Banque de France le 24 juin 2026. Les franchises et durées d'indemnisation restent propres à chaque contrat : seules vos conditions générales font foi.

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Votre taux d'invalidité ne sort pas d'une seule mesure

Le taux qui décide de votre indemnisation est un taux composite : l'assureur croise un taux fonctionnel, qui mesure la gêne dans les gestes de la vie courante, et un taux professionnel, qui mesure l'atteinte à l'exercice de votre métier. C'est le « barème croisé », un tableau à double entrée que chaque compagnie publie dans ses conditions générales et dans lequel le taux professionnel pèse plus lourd que le taux fonctionnel. Conséquence directe : deux personnes porteuses de la même séquelle médicale n'obtiennent pas le même taux si elles n'exercent pas le même métier. La perte d'usage d'un doigt ne pénalise pas un comptable comme elle pénalise un pianiste ou un chirurgien.

La formule la plus répandue revient à prendre la racine cubique du produit du taux fonctionnel par le carré du taux professionnel. Les cinq lignes ci-dessous montrent à quel point l'ordre des deux taux change l'issue du dossier.

Taux fonctionnelTaux professionnelTaux retenuGarantie déclenchée
40 %30 %33 %IPP, au seuil
30 %40 %36 %IPP
50 %60 %57 %IPP
80 %55 %62 %IPP, pas IPT
60 %80 %73 %IPT

Calculs Je Simule à partir de la formule de barème croisé la plus couramment publiée par les assureurs, taux retenu = racine cubique de (taux fonctionnel x taux professionnel²), arrondi à l'entier. Chaque contrat publie son propre barème : seul celui de vos conditions générales s'applique à votre dossier. Seuils IPT et IPP : avis du CCSF du 26 mai 2026.

Les deux premières lignes sont le cœur du sujet. Avec 40 % de gêne fonctionnelle et 30 % d'atteinte professionnelle, le taux retenu tombe à 33 % : vous êtes à la limite exacte de la prise en charge. En inversant les deux chiffres, vous passez à 36 %. La quatrième ligne est plus rude encore : 80 % de gêne dans la vie quotidienne ne suffisent pas à atteindre l'IPT si votre métier reste exerçable à hauteur de 55 %. L'avis du CCSF impose précisément pour cette raison que les conditions générales détaillent désormais les règles de calcul du taux, le barème utilisé et un exemple concret d'indemnisation.

« Votre métier » remplace « toute activité professionnelle »

L'incapacité professionnelle est désormais appréciée au regard de l'activité que vous exerciez au moment du sinistre, et non plus par rapport à toute activité professionnelle : c'est le troisième engagement pris devant le CCSF, et probablement celui qui changera le plus de dossiers. La nuance paraît rédactionnelle ; elle décide de qui est indemnisé. Un couvreur qui ne peut plus monter sur un toit mais pourrait tenir un poste d'accueil restait indemnisable dans un contrat « profession exercée » et ne l'était pas dans un contrat « toute activité ».

Exemple chiffré : 647 € par mois restent à votre charge

Prenons un prêt de 250 000 € sur 20 ans au taux nominal de 3,30 %, soit une mensualité de crédit de 1 424 €, avec une quotité assurée de 100 %. Si le taux retenu atteint 73 %, l'IPT se déclenche et l'assureur prend l'échéance en charge en totalité, soit 1 424 € par mois. Si le même dossier ressort à 36 %, la deuxième ligne du tableau ci-dessus, vous basculez en IPP, dont l'indemnisation est le plus souvent proportionnelle au taux retenu : à raison de 36/66 de l'échéance, la prise en charge tombe à 777 € et il vous reste 647 € à payer chaque mois, sur un revenu déjà amputé. Trente-sept points de barème séparent ces deux situations, alors que la lésion médicale, elle, peut être très proche. C'est pour cela que la façon dont votre contrat calcule le taux compte autant que le taux lui-même.

Ce point rejoint un angle mort déjà connu des emprunteurs : les affections dorsales et psychiques, souvent exclues d'office et réintégrables moyennant surprime, alors qu'elles figurent parmi les premières causes d'arrêt de travail. Nous les détaillons dans notre guide sur les exclusions dos et psy de l'assurance de prêt. Le CCSF a par ailleurs estimé, dans le même avis, que les clauses excluant les états pathologiques antérieurs ne sont pas conformes à l'objectif poursuivi par la loi Lemoine : 93 contrats comportaient une telle clause, dont 24 l'appliquaient à des contrats souscrits sans questionnaire de santé.

Ce qui s'applique déjà, ce qui arrive d'ici juin 2027

Deux engagements sont entrés en application le 1er septembre 2026, les autres suivent un calendrier progressif jusqu'au 1er juin 2027. Ces mesures reposent sur des engagements volontaires des professionnels pris devant le CCSF, sous l'égide de la Banque de France, et non sur une loi nouvelle : elles engagent les signataires, pas l'intégralité du marché, et elles visent d'abord les contrats souscrits ou substitués après ces dates.

EngagementPremière applicationGénéralisation
Fin des ruptures d'indemnisation lors d'un changement d'assureur1er septembre 20261er janvier 2027
Seuils d'invalidité harmonisés à 66 % (IPT) et 33 % (IPP)1er septembre 20261er juin 2027
Barème et exemple chiffré d'indemnisation dans les conditions généralesCalendrier progressif1er juin 2027
Plafond de 200 000 € calculé sur les seuls crédits immobiliersCalendrier progressif1er juin 2027
Garantie décès couvrant expressément toutes les causesCalendrier progressif1er juin 2027

Calendrier issu de l'avis du CCSF sur les contrats d'assurance emprunteur des crédits immobiliers, adopté le 26 mai 2026 et publié par la Banque de France le 24 juin 2026. Un bilan de la mise en œuvre, portant notamment sur l'évolution des tarifs et de la sinistralité, est prévu à l'horizon 2028.

La première ligne mérite une lecture attentive : selon les données de l'ACPR reprises par le CCSF, 85 contrats sur 139 comportaient encore une clause mettant fin au versement des prestations dès la résiliation. Autrement dit, un sinistre en cours pouvait cesser d'être indemnisé au moment même où vous changiez d'assureur. Nous avons consacré un guide entier à cette fin du trou de garantie.

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Cinq lignes à vérifier avant de signer ou de changer

Tout se joue sur deux documents que l'assureur doit vous remettre : la fiche standardisée d'information et les conditions générales. Comptez une demi-heure de lecture, pour un enjeu qui se compte en milliers d'euros et, en cas de coup dur, en centaines d'euros par mois.

  1. Le seuil de déclenchement de l'IPT et de l'IPP. Vérifiez qu'il est bien fixé à 66 % et 33 %, ou mieux. Un contrat qui n'indemniserait l'IPP qu'à partir de 50 % vous laisse sans rien sur toute une zone de taux.
  2. Le barème croisé et son exemple chiffré. Les conditions générales doivent désormais les publier. S'ils n'y figurent pas, réclamez-les : sans barème, vous ne pouvez pas savoir ce que vaut votre garantie.
  3. La définition de l'incapacité. « Profession exercée au moment du sinistre » ou « toute activité professionnelle » : c'est la ligne qui décide si un artisan, un soignant ou un chauffeur reste couvert.
  4. La franchise en ITT. Le plus souvent 90 jours, parfois 180. Trois mois de plus sans indemnisation, c'est un trou de trésorerie que peu de budgets encaissent.
  5. Les exclusions et l'âge limite de couverture. Affections dorsales et psychiques, sports pratiqués, âge maximum en IPT : une garantie qui s'arrête à 65 ans sur un prêt remboursé à 68 ans ne vous couvre pas jusqu'au bout.

Reste le prix, et il n'est pas anecdotique. Sur un prêt de 250 000 € sur 20 ans, un contrat affichant un TAEA de 0,57 % coûte environ 17 000 € d'assurance, contre 6 000 € pour un TAEA de 0,20 % : 11 000 € d'écart pour un service qui doit rester équivalent (calculs Je Simule, taux nominal de 3,30 %). Notre guide du TAEA explique comment lire ce chiffre sans se tromper d'échelle. Et la dynamique est réelle : les banques ont enregistré 496 654 demandes de substitution en 2024, dont 93,91 % ont été acceptées, la part des assureurs alternatifs atteignant 17,48 % des contrats en portefeuille contre 16 % en 2021, selon le CCSF. Depuis la loi Lemoine du 28 février 2022, la substitution est possible à tout moment, sans frais ni pénalité, à condition de respecter l'équivalence de garanties exigée par la banque.

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Seuils IPT et IPP, définition de l'incapacité, franchises et exclusions sont mis en vis-à-vis offre par offre, pour que l'écart de prix soit un vrai écart de prix.

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Questions fréquentes

À partir de quel taux d'invalidité mon assurance de prêt indemnise-t-elle ?

À partir de 66 % pour la garantie invalidité permanente totale (IPT) et à partir de 33 % pour la garantie invalidité permanente partielle (IPP), depuis le 1er septembre 2026, chez les assureurs signataires de l'avis du CCSF du 26 mai 2026. En dessous de 33 %, aucune indemnisation n'est due au titre de l'invalidité. Un assureur peut proposer des seuils plus favorables, jamais plus stricts.

Le taux d'invalidité de la Sécurité sociale s'impose-t-il à l'assureur ?

Non. La Sécurité sociale classe les assurés en trois catégories d'invalidité, mais votre assureur applique son propre barème croisé, qui combine un taux fonctionnel et un taux professionnel. Certains contrats s'alignent volontairement sur la décision de la Sécurité sociale, ce qui est un vrai avantage à vérifier avant de signer. À défaut, c'est le médecin-conseil de l'assureur qui fixe le taux retenu, et vous pouvez contester son évaluation par une expertise contradictoire.

La garantie IPP est-elle obligatoire pour obtenir un prêt immobilier ?

Non, elle est le plus souvent optionnelle. Les banques exigent généralement les garanties décès et PTIA, auxquelles s'ajoutent l'ITT et l'IPT pour un achat de résidence principale. L'IPP vient en complément et couvre la zone de 33 % à 66 % de taux d'invalidité, celle qui reste sinon entièrement à votre charge. C'est la banque prêteuse qui fixe les garanties exigées, et le contrat que vous choisissez ailleurs doit s'y montrer équivalent.

Ces nouveaux seuils s'appliquent-ils à un contrat signé en 2021 ?

Pas automatiquement. Les engagements pris devant le CCSF visent les contrats souscrits ou substitués à partir du 1er septembre 2026, avec une généralisation aux nouveaux contrats au 1er juin 2027 ; un contrat ancien conserve sa rédaction d'origine. En revanche, la loi Lemoine du 28 février 2022 vous autorise à changer d'assurance à tout moment, sans frais : c'est la voie la plus simple pour bénéficier des nouvelles définitions.

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