Mi-temps thérapeutique 2026 : 461 € de perte par mois
Un salarié payé 3 500 € brut qui reprend à mi-temps thérapeutique en 2026 encaisse 3 039 € : 1 750 € de salaire et 1 289 € d'indemnités journalières. Il lui manque 461 € par mois, parce que la Sécurité sociale calcule ses indemnités sur un salaire plafonné à 2 613,83 €. Le mi-temps thérapeutique est une reprise du travail à horaire réduit prescrite par un médecin, pendant laquelle la caisse maintient tout ou partie des indemnités : c'est un dispositif de retour à l'emploi, pas de maintien du revenu.

- L'indemnité journalière est plafonnée à 42,97 € bruts par jour depuis le 1er juillet 2026, contre 41,95 € de février à juin (Éditions Tissot, 26 janvier 2026).
- Salaire réduit et indemnités ne peuvent dépasser le salaire à temps plein : au-dessus de 2 613,83 € bruts par mois, l'écart se creuse avec la rémunération.
- Un artisan ou un commerçant en reprise partielle touche la moitié de son indemnité pleine, soit 32,92 € par jour au maximum en 2026 (ameli.fr).
- La reprise à temps partiel relève de l'incapacité temporaire partielle : beaucoup de contrats de prévoyance ne la couvrent pas et cessent de verser.
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Ce que vous touchez pendant un mi-temps thérapeutique
Vous percevez le salaire correspondant aux heures réellement travaillées, auquel la caisse primaire ajoute tout ou partie de vos indemnités journalières. Le principe figure à l'article L. 323-3 du Code de la Sécurité sociale, qui autorise la caisse à maintenir l'indemnité « en tout ou partie ». Ce « tout ou partie » décide de votre mois, et il n'est pas décoratif.
Le calcul, lui, est figé. Selon service-public.gouv.fr (fiche F3053), l'indemnité journalière vaut 50 % du salaire journalier de base, obtenu en additionnant les trois derniers salaires bruts et en divisant par 91,25. Mais ce salaire n'est retenu que dans la limite de 1,4 SMIC depuis un décret applicable aux arrêts ouverts à compter du 1er avril 2025, contre 1,8 SMIC auparavant. Les Éditions Tissot, le 26 janvier 2026, chiffrent ce plafond à 2 552,24 € par mois pour les arrêts prescrits entre février et juin 2026, soit 41,95 € par jour au maximum. La revalorisation du SMIC au 1er juin 2026 l'a porté à 2 613,83 €, soit 42,97 € bruts par jour depuis le 1er juillet 2026.
| Salaire brut mensuel | Total perçu à mi-temps | Manque à gagner |
|---|---|---|
| 2 200 € | 2 184,80 € (1 100 € + 1 084,80 €) | 15,20 € |
| 3 500 € | 3 039,10 € (1 750 € + 1 289,10 €) | 460,90 € |
| 5 000 € | 3 789,10 € (2 500 € + 1 289,10 €) | 1 210,90 € |
Simulation Je Simule, septembre 2026, pour une reprise à 50 % et des indemnités maintenues au taux plein (36,16 €/jour à 2 200 € de salaire, 42,97 €/jour au-delà du plafond). Calcul à partir de la formule publiée par service-public.gouv.fr (fiche F3053) et du plafond de 1,4 SMIC, soit 2 613,83 € bruts par mois pour les arrêts prescrits depuis le 1er juillet 2026. Montants bruts, hors maintien de salaire par l'employeur.
La lecture du tableau tient en une phrase : en dessous de 2 613,83 € bruts par mois, le mi-temps thérapeutique est presque neutre pour le budget ; au-dessus, chaque euro de salaire supplémentaire est un euro perdu, puisque l'indemnité, elle, ne bouge plus. C'est l'effet direct du passage de 1,8 à 1,4 SMIC : invisible tant que l'on travaille, entier le mois où l'on reprend.
Le « tout ou partie » qui peut diviser vos indemnités
Le tableau ci-dessus décrit le scénario favorable, celui où la caisse maintient l'indemnité à son montant plein. Rien ne le garantit : l'article L. 323-3 laisse au service médical la faculté de n'en maintenir qu'une fraction, et une règle vient écrêter le résultat — le cumul du salaire réduit et des indemnités ne peut dépasser la rémunération d'un temps plein. Sur 3 500 €, cet écrêtement ne joue pas. Sur 2 400 €, il joue immédiatement.
D'où une procédure tatillonne côté employeur. La fiche employeur d'ameli.fr, mise à jour le 6 mars 2026, impose une attestation de salaire à chaque mois échu, précisant « le salaire brut perdu par rapport à ce qu'il aurait perçu à temps plein sur cette période ». C'est cette ligne, transmise via net-entreprises.fr, qui sert de base au calcul : un employeur en retard décale d'autant le versement.
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Indépendant : l'indemnité est divisée par deux
Un artisan ou un commerçant qui reprend à temps partiel thérapeutique perçoit la moitié de l'indemnité prévue pour un arrêt complet, soit 32,92 € par jour au maximum en 2026. L'indemnité pleine correspond au revenu d'activité annuel moyen des trois dernières années divisé par 730, retenu dans la limite du plafond annuel de la Sécurité sociale — 48 060 € au 1er janvier 2026 selon l'URSSAF — et ameli.fr la plafonne à 65,84 € bruts par jour. La division par deux est automatique : elle ne dépend pas de la quotité reprise.
| Statut | Maximum en arrêt complet | En reprise à temps partiel |
|---|---|---|
| Salarié du privé | 42,97 €/jour | Maintien en tout ou partie, cumul plafonné au salaire à temps plein |
| Artisan, commerçant | 65,84 €/jour | 32,92 €/jour, la moitié de l'indemnité pleine |
| Profession libérale | Variable selon la caisse | Toutes les caisses ne l'indemnisent pas |
Sources : ameli.fr et service-public.gouv.fr (montants 2026), URSSAF pour le plafond annuel de la Sécurité sociale fixé à 48 060 € au 1er janvier 2026. Base de calcul : 50 % du salaire journalier de base pour un salarié, salaire retenu dans la limite de 1,4 SMIC ; revenu annuel moyen sur trois ans divisé par 730 pour un artisan ou un commerçant.
Un artisan qui déclare 42 000 € de revenu annuel moyen, soit 3 500 € par mois — le même niveau que notre salarié — perçoit 57,53 € par jour en arrêt complet, ramenés à 28,77 € en reprise partielle, soit 863 € sur trente jours. En reprenant à 50 %, il encaisse 1 750 € de revenu d'activité et 863 € d'indemnités : 2 613 € au total, contre 3 500 € habituellement. Le manque à gagner atteint 887 € par mois, presque le double de celui du salarié au même niveau de revenu.
Pourquoi votre prévoyance peut s'arrêter le jour de la reprise
Un contrat de prévoyance indemnise l'incapacité temporaire totale de travail. La reprise à temps partiel relève d'une autre notion, l'incapacité temporaire partielle, qui constitue une garantie distincte — présente dans certains contrats, absente d'autres. Conséquence concrète : si le médecin-conseil conclut qu'une reprise à mi-temps est possible et que le contrat ne prévoit rien, le complément s'interrompt au moment précis où l'activité redémarre.
Le sujet n'est pas marginal. L'étude Absentéisme de Malakoff Humanis, publiée le 9 juin 2026, établit que les arrêts de 60 jours et plus ne représentent que 9,4 % des arrêts mais concentrent 63,8 % des jours d'absence, et que 13 % des salariés en arrêt moyen ou long sont passés par un temps partiel thérapeutique. Chez les indépendants, le baromètre Prévoyance TNS de CSA pour MetLife France, juin 2026, mesure un taux d'équipement de 44 %, stable sur un an.
- La garantie existe-t-elle ? Cherchez « temps partiel thérapeutique » ou « incapacité temporaire partielle » dans les conditions générales, jamais dans la plaquette commerciale.
- Exige-t-elle une incapacité totale préalable ? La rédaction la plus répandue impose 90 jours d'arrêt complet continu : un arrêt de 70 jours suivi d'une reprise ne déclenche alors rien.
- À quel taux indemnise-t-elle ? Un forfait de 50 % et une fraction proportionnelle au taux de reprise donnent des résultats très différents pour une reprise à 80 %.
- Comment traite-t-elle la rechute ? Si chaque nouvel arrêt rouvre une franchise, une convalescence entrecoupée devient une succession de périodes non indemnisées.
Mettez votre contrat actuel en regard du marché à garanties équivalentes : deux contrats au même tarif n'indemnisent pas la même reprise.
Les démarches, dans l'ordre
Le mi-temps thérapeutique se prescrit par un médecin et se valide par le service médical de la caisse : ni l'employeur ni le salarié ne le décident seuls. Il n'est pas nécessairement précédé d'un arrêt à temps complet pour un salarié du régime général, alors qu'un arrêt préalable est demandé aux artisans et commerçants, sauf affection de longue durée. Durée et horaires ne sont pas fixés par la loi : ils se négocient avec l'employeur, selon les prescriptions du médecin du travail.
- Faites établir la prescription de temps partiel pour motif thérapeutique par votre médecin traitant, quotité envisagée comprise.
- Obtenez de votre employeur une attestation indiquant son accord de principe, la nature de l'emploi à temps partiel et la rémunération correspondante, puis transmettez-la avec la prescription à votre caisse primaire.
- Vérifiez que l'employeur organise la visite de reprise lorsqu'elle est requise et qu'il établit une attestation de salaire à chaque mois échu : c'est elle qui déclenche le paiement.
- Demandez par écrit à votre assureur comment il traitera cette reprise, en citant le numéro de contrat et l'article concerné. Une réponse orale n'engage personne.
Un dernier réflexe, souvent oublié : la fenêtre pour corriger sa couverture se situe avant l'événement de santé, toute modification de garantie s'accompagnant d'une nouvelle sélection médicale. Notre page assurance prévoyance détaille les trois paramètres qui font l'écart entre deux contrats : franchise, base d'indemnisation et durée maximale de versement. Et comme un arrêt long fait grimper les dépenses de soins au moment où le revenu baisse, un coup d'œil à votre mutuelle santé vaut la peine dans la foulée.
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Questions fréquentes
Combien touche-t-on en mi-temps thérapeutique en 2026 ?
Vous percevez le salaire correspondant aux heures travaillées, plus tout ou partie de vos indemnités journalières. L'indemnité vaut 50 % du salaire journalier de base, calculé sur un salaire retenu dans la limite de 1,4 SMIC, soit 2 613,83 € bruts par mois pour les arrêts prescrits depuis le 1er juillet 2026, et plafonnée à 42,97 € bruts par jour. Pour un salarié à 3 500 € bruts qui reprend à 50 %, le total atteint 3 039 € par mois si l'indemnité est maintenue au taux plein.
Le salaire et les indemnités peuvent-ils dépasser le salaire à temps plein ?
Non. Le cumul du salaire réduit et des indemnités journalières maintenues ne peut pas dépasser la rémunération que vous auriez perçue en travaillant à temps plein ; au-delà, la caisse écrête les indemnités. Cette règle explique pourquoi un salarié rémunéré 2 200 € ne perd presque rien en reprenant à mi-temps, alors qu'un salarié à 5 000 € perd plus de 1 200 € par mois : au-dessus du plafond de 1,4 SMIC, l'indemnité ne suit plus le salaire.
Faut-il un arrêt de travail complet avant un mi-temps thérapeutique ?
Pas nécessairement pour un salarié du régime général : le dispositif peut être prescrit dès l'apparition du problème de santé, sans arrêt à temps complet préalable. Pour les artisans et les commerçants, un arrêt indemnisé à temps complet est en revanche demandé dans le cas général, l'affection de longue durée faisant exception. Votre contrat de prévoyance peut par ailleurs imposer sa propre condition, souvent 90 jours d'incapacité totale continue.
Mon contrat de prévoyance indemnise-t-il automatiquement la reprise à mi-temps ?
Non. Le socle des contrats couvre l'incapacité temporaire totale de travail. La reprise à temps partiel relève de l'incapacité temporaire partielle, une garantie distincte que tous les contrats ne contiennent pas. Sans clause dédiée, l'assureur cesse ses versements dès que l'expertise médicale conclut qu'une reprise partielle est possible. Seule la rédaction des conditions générales fait foi : demandez une confirmation écrite en citant l'article concerné.
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