Prévoyance TNS 2026 : prix, garanties et reste à charge

Guide 2026Mis à jour : juillet 2026·Lecture : 8 min

En cas d'arrêt de travail, la Sécurité sociale verse au maximum 42,97 € par jour à un salarié et 65,84 € par jour à un travailleur indépendant en 2026, selon ameli.fr. Pour un indépendant qui gagne 3 750 € par mois, cela représente environ 1 900 € de revenu perdu chaque mois d'arrêt, après trois jours de carence non indemnisés. La prévoyance est le contrat d'assurance qui comble précisément cet écart : c'est le seul poste où quelques dizaines d'euros par mois protègent plusieurs milliers d'euros de revenu.

Artisan indépendant dans son atelier, illustration de la prévoyance des travailleurs non salariés en 2026
✓ À retenir
  • Plafonds 2026 (ameli.fr) : 42,97 €/jour d'indemnités journalières maladie pour un salarié, 65,84 €/jour pour un indépendant, capital décès forfaitaire de 4 009 €.
  • Pension d'invalidité : 30 % du salaire annuel moyen en catégorie 1, 50 % en catégorie 2, dans la limite du PASS fixé à 48 060 €/an en 2026 (Urssaf), soit environ 2 002 €/mois au maximum.
  • Prix d'une prévoyance individuelle : le plus souvent 1 % à 3 % du revenu annuel, soit environ 40 à 125 €/mois selon l'âge, le métier et les garanties.
  • Fiscalité Madelin : déduction de 3,75 % du revenu professionnel plus 7 % du PASS, plafonnée à 11 534,40 € en 2026 (article 154 bis du CGI).

Ce que verse vraiment la Sécu en 2026 : les 4 plafonds à connaître

La Sécurité sociale plafonne toutes ses prestations : 42,97 € par jour d'indemnités journalières maladie pour un salarié, 65,84 € pour un indépendant, 4 009 € de capital décès et 50 % du salaire annuel moyen en invalidité de catégorie 2. Ces quatre montants, publiés par ameli.fr, dessinent le socle obligatoire, et rien au-delà. La prévoyance désigne l'ensemble des garanties qui prennent le relais quand un accident, une maladie, une invalidité ou un décès interrompt vos revenus.

Le plafond journalier d'un indépendant est plus élevé, mais il s'applique à une base plus stricte : 1/730e du revenu d'activité annuel moyen des trois dernières années, retenu dans la limite du plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS), fixé à 48 060 € pour 2026 par l'Urssaf. Surtout, l'indépendant n'a aucun employeur pour verser un complément de salaire.

PrestationSalarié (régime général)Travailleur indépendant
Indemnité journalière maladie (maximum)42,97 €/jour65,84 €/jour
Base de calcul50 % du salaire journalier de base1/730e du revenu annuel moyen sur 3 ans, plafonné au PASS
Délai de carence3 jours3 jours
Durée maximale d'indemnisation360 jours sur 3 ans (maladie non ALD)360 jours sur 3 ans
Capital décès4 009 € forfaitaires4 009 € forfaitaires
Pension d'invalidité30 % (cat. 1) ou 50 % (cat. 2) du salaire annuel moyen des 10 meilleures annéesRégime spécifique, également plafonné au PASS
Complément employeurPrévu par la convention collectiveAucun

Source : ameli.fr, montants de référence 2026 (indemnités journalières et capital décès) ; Urssaf pour le plafond annuel de la Sécurité sociale 2026 (48 060 € par an, 4 005 € par mois). Le capital décès forfaitaire est fixé à 4 009 € depuis le 1er avril 2026.

Concrètement, une pension d'invalidité de catégorie 2 ne peut pas dépasser 50 % du plafond mensuel de la Sécurité sociale, soit environ 2 002 € par mois avec un PASS mensuel de 4 005 € en 2026. C'est un maximum absolu, quel que soit votre revenu antérieur.

Reste à charge : 1 700 à 1 900 € par mois d'arrêt, en pratique

Un salarié payé 3 000 € bruts par mois perd environ 1 700 € par mois d'arrêt maladie avant complément employeur ; un indépendant à 3 750 € de revenu mensuel en perd environ 1 900 €. Ce calcul découle mécaniquement des plafonds ci-dessus. Il explique aussi la dynamique du marché : France Assureurs relève une hausse de 7,5 % des couvertures incapacité, invalidité, dépendance et décès accidentel, contre 2,1 % pour les assurances décès toutes causes, sur un total de 29,2 milliards d'euros de cotisations prévoyance en 2024.

Exemple chiffré, indépendant à 45 000 € de revenu annuel (3 750 €/mois). Son indemnité journalière vaut 45 000 ÷ 730 = 61,64 € par jour, soit environ 1 849 € pour un mois complet d'arrêt, et seulement à partir du 4e jour. Le manque à gagner atteint donc près de 1 900 € dès le premier mois, puis se répète tant que dure l'arrêt, pendant que les charges fixes de l'activité continuent de courir.
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Prix 2026 : de 1 % à 3 % du revenu annuel, soit 40 à 125 €/mois

Une prévoyance individuelle se situe le plus souvent entre 1 % et 3 % du revenu annuel assuré, soit environ 40 à 125 € par mois pour un revenu de 45 000 €. Aucun tarif officiel n'existe : contrairement à l'assurance auto ou habitation, la prime est entièrement construite sur votre profil de risque. Cinq variables font l'essentiel de l'écart entre deux devis.

Critère de tarificationEffet sur la primeCe qu'il faut en retenir
Âge à la souscriptionFacteur le plus lourd : la prime peut doubler entre 30 et 50 ansSouscrire tôt fige un tarif durablement plus bas
Profession et catégorie de risqueUn métier manuel ou avec déplacements coûte nettement plus cher qu'un métier sédentaireVérifiez la classe de risque appliquée à votre code activité
Franchise en incapacitéDe 15 à 90 jours ; passer de 30 à 90 jours réduit fortement la primeNe descendez pas sous votre trésorerie de sécurité réelle
Niveau des garantiesMontant de l'IJ, de la rente d'invalidité et du capital décèsC'est ici que se joue la vraie couverture, pas sur le prix affiché
État de santéQuestionnaire médical : surprimes ou exclusions possiblesUne déclaration inexacte peut annuler la garantie

Fourchettes de marché indicatives observées sur les contrats de prévoyance individuelle distribués en France en 2026. Elles ne remplacent pas un devis personnalisé : seul le tarif remis après questionnaire de santé engage l'assureur.

Deux contrats affichés au même prix couvrent donc des réalités très différentes. Un devis 30 % moins cher assorti d'une franchise de 90 jours au lieu de 30 économise quelques centaines d'euros par an, mais vous laisse sans revenu complémentaire deux mois de plus en cas d'arrêt long. Notre page assurance prévoyance détaille les niveaux de garanties à viser selon le statut.

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Les 5 clauses qui décident de la valeur réelle du contrat

Cinq clauses, invisibles dans le prix affiché, déterminent si votre contrat vous versera réellement quelque chose le jour venu. Elles figurent dans les conditions générales et le tableau des garanties, les seuls documents qui engagent l'assureur. Lisez-les avant de comparer les tarifs, pas après.

  • La franchise en incapacité : nombre de jours d'arrêt avant le premier versement, généralement de 15 à 90 jours. C'est le paramètre qui pèse le plus sur la prime. Alignez-le sur votre trésorerie réelle, pas sur le devis le moins cher.
  • La définition de l'invalidité : elle s'apprécie selon les contrats au regard de votre profession exercée, d'une profession quelconque, ou d'un barème croisé fonctionnel et professionnel. Une définition « profession quelconque » protège bien moins un artisan ou un praticien libéral.
  • Le mode d'indemnisation, forfaitaire ou indemnitaire : le premier verse le montant souscrit sans tenir compte des autres prestations, le second déduit ce que verse déjà la Sécurité sociale. L'écart peut atteindre plusieurs centaines d'euros par mois.
  • Les exclusions : affections dorsales et psychiques figurent parmi les plus fréquentes, alors qu'elles pèsent lourd dans les arrêts longs. Certains contrats les couvrent, d'autres exigent une hospitalisation préalable, d'autres les excluent.
  • L'âge limite et le maintien des garanties : vérifiez jusqu'à quel âge la garantie incapacité reste acquise et ce qu'il advient du capital décès au-delà.
Le capital décès de la Sécurité sociale est forfaitaire : 4 009 € depuis le 1er avril 2026, quel que soit votre revenu (ameli.fr). Le même montant est versé aux ayants droit d'un salarié payé au SMIC et à ceux d'un dirigeant à 120 000 € par an. Pour une famille avec un crédit immobilier en cours, l'ordre de grandeur utile se compte en années de revenu, pas en milliers d'euros : c'est exactement l'objet de la garantie décès d'un contrat de prévoyance, à ne pas confondre avec l'assurance emprunteur, qui ne couvre que le remboursement du prêt.

Madelin 2026 : jusqu'à 11 534,40 € déductibles, et une réforme à intégrer

Un travailleur non salarié imposé au réel déduit ses cotisations de prévoyance à hauteur de 3,75 % de son revenu professionnel majorés de 7 % du PASS, dans une limite globale de 11 534,40 € en 2026, soit 3 % de huit fois le plafond annuel de la Sécurité sociale. Ce cadre, défini par l'article 154 bis du Code général des impôts, s'applique aux contrats dits « Madelin » et couvre conjointement la complémentaire santé et la prévoyance. Il abaisse le coût net réel d'un contrat de 30 à 45 % selon votre tranche marginale d'imposition.

Deuxième nouveauté : la réforme de l'assiette sociale des travailleurs indépendants, appliquée en 2026, remplace le système à deux assiettes par un revenu brut social unique assorti d'un abattement forfaitaire de 26 %. Elle rééquilibre les prélèvements vers les cotisations contributives, ce qui relève mécaniquement les droits aux indemnités journalières et aux rentes du régime de base. Votre socle obligatoire s'améliore : certaines garanties souscrites il y a plusieurs années peuvent désormais faire double emploi. 2026 est une année d'audit, pas de reconduction automatique.

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Comment comparer une prévoyance en 2026, dans le bon ordre

Commencez par chiffrer votre besoin en euros par mois, jamais par regarder les tarifs. Le bon montant d'indemnité journalière est la différence entre votre revenu net mensuel et ce que verse déjà votre régime obligatoire — soit environ 1 900 € par mois pour un indépendant à 45 000 € de revenu annuel. Cinq étapes, dans cet ordre, suffisent à trancher.

  1. Calculez votre indemnité journalière du régime de base : revenu annuel moyen divisé par 730 si vous êtes indépendant, 50 % du salaire journalier de base plafonné à 42,97 € si vous êtes salarié.
  2. Ajoutez ce que prévoient déjà votre convention collective ou votre contrat collectif d'entreprise : beaucoup de salariés paient une seconde fois pour une garantie qu'ils ont déjà.
  3. Fixez la franchise selon votre trésorerie réelle : combien de mois pouvez-vous tenir sans revenu ? La réponse détermine une grande partie du prix.
  4. Comparez à garanties strictement équivalentes : même montant d'IJ, même franchise, même définition de l'invalidité, mêmes exclusions.
  5. Réexaminez le contrat chaque année ou à chaque changement de revenu : une prévoyance calibrée sur 30 000 € ne protège plus à 60 000 €, et l'inverse coûte cher pour rien.

Le raisonnement est le même que pour une mutuelle santé reconduite sans examen depuis cinq ans : le prélèvement continue, la couverture ne correspond plus. Notre page assurance prévoyance récapitule les garanties à exiger selon que vous êtes salarié, TNS ou dirigeant assimilé salarié.

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Questions fréquentes

Quel est le montant maximum des indemnités journalières en 2026 ?

En 2026, l'indemnité journalière maladie de la Sécurité sociale est plafonnée à 42,97 € brut par jour pour un salarié et à 65,84 € brut par jour pour un travailleur indépendant, selon ameli.fr. Dans les deux cas, un délai de carence de 3 jours s'applique et l'indemnisation est limitée à 360 jours sur une période de 3 ans pour une maladie hors affection de longue durée. Ces plafonds expliquent qu'un revenu supérieur à environ 2 600 € bruts par mois ne soit jamais couvert intégralement par le régime obligatoire.

La prévoyance est-elle obligatoire pour un travailleur indépendant ?

Non, la prévoyance individuelle reste facultative pour les travailleurs non salariés : aucun texte n'impose de souscrire un contrat complémentaire. Une couverture collective existe en revanche pour les salariés cadres : l'accord national interprofessionnel du 17 novembre 2017 impose à l'employeur une cotisation de 1,50 % de la tranche A des salaires, dont au moins 0,76 % affecté à la garantie décès. Un indépendant sans contrat s'en remet donc au seul régime de base, soit 65,84 € par jour au maximum et 4 009 € de capital décès forfaitaire.

Combien coûte une prévoyance TNS par mois en 2026 ?

Une prévoyance individuelle représente le plus souvent entre 1 % et 3 % du revenu annuel assuré, soit environ 40 à 125 € par mois pour un revenu de 45 000 €. Le tarif dépend avant tout de l'âge, de la catégorie de risque du métier, de la franchise choisie et du niveau des garanties. Ces cotisations sont déductibles du revenu imposable dans le cadre Madelin, jusqu'à 11 534,40 € en 2026, ce qui réduit le coût net réel de 30 à 45 % selon la tranche d'imposition.

Quelle différence entre prévoyance, mutuelle santé et assurance emprunteur ?

La mutuelle santé rembourse des frais de soins : consultations, hospitalisation, optique, dentaire. La prévoyance remplace un revenu qui s'interrompt : indemnités journalières en cas d'arrêt de travail, rente d'invalidité, capital ou rente en cas de décès. L'assurance emprunteur, enfin, ne couvre qu'un seul engagement, le remboursement d'un crédit immobilier en cas de décès, d'invalidité ou d'incapacité. Les trois contrats sont complémentaires et ne se substituent jamais l'un à l'autre.

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