Arrêt de travail 2026 : combien vous perdez vraiment
Un salarié payé 4 000 € bruts par mois ne touche que 1 289 € de la Sécurité sociale pendant un arrêt maladie long, soit une perte de 2 711 € par mois. Le décret du 12 juin 2026 limite en plus la durée des arrêts prescrits à 31 jours à compter du 1er septembre 2026. La prévoyance est le seul contrat qui comble ce trou : encore faut-il le chiffrer avant de comparer.

- L'indemnité journalière maladie est plafonnée à 42,97 € bruts par jour en 2026 pour les arrêts prescrits depuis le 1er juillet (ameli.fr), soit environ 1 289 € par mois.
- Au-delà de 2 613,83 € bruts par mois (1,4 SMIC), chaque euro supplémentaire de salaire n'est plus couvert par la Sécurité sociale.
- Le maintien de salaire de l'employeur démarre au 8e jour, exige 1 an d'ancienneté et s'arrête après 30 à 90 jours par palier (service-public.fr).
- Le décret n° 2026-498 du 12 juin 2026 plafonne à 31 jours la durée d'un premier arrêt et à 62 jours ses prolongations, à partir du 1er septembre 2026.
- 42,97 € par jour maximum : ce que verse la Sécu en 2026
- Au 1er septembre 2026, les arrêts plafonnés à 31 jours
- Maintien de salaire : 90 % du brut, mais 30 jours seulement
- Invalidité et décès : 2 002 € par mois et 4 009 € au maximum
- Chiffrer votre besoin et comparer, dans le bon ordre
- Questions fréquentes
Au 1er septembre 2026, les arrêts plafonnés à 31 jours
À compter du 1er septembre 2026, un médecin ne pourra plus prescrire un premier arrêt de travail de plus de 31 jours, et chaque prolongation sera limitée à 62 jours. Cette règle résulte du décret n° 2026-498 du 12 juin 2026, publié au Journal officiel le 13 juin 2026 en application de l'article 81 de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026. Les praticiens gardent la possibilité de dépasser ces seuils lorsque l'état de santé du patient le justifie, à condition de le motiver par écrit sur l'avis d'arrêt.
Le plafonnement ne réduit pas le montant versé chaque jour : il agit sur le rythme des renouvellements et sur l'intensité du contrôle médical. C'est le troisième étage d'une même réforme. Depuis le 1er avril 2025, la base de calcul des indemnités journalières est passée de 1,8 à 1,4 fois le SMIC. Au 1er janvier 2027, la durée d'indemnisation des arrêts liés aux accidents du travail et aux maladies professionnelles sera à son tour encadrée. L'objectif affiché est de freiner une dépense d'environ 11 milliards d'euros par an.
Pour un actif, la lecture est simple : le régime obligatoire se resserre pendant que la charge glisse vers l'employeur et vers les contrats complémentaires. France Assureurs chiffre à 29,2 milliards d'euros les cotisations de prévoyance collectées par les entreprises d'assurance en 2024, en hausse de 4,7 %, portées précisément par les garanties incapacité et invalidité.
Maintien de salaire : 90 % du brut, mais 30 jours seulement
Le maintien de salaire légal garantit 90 % de la rémunération brute pendant 30 jours, puis 66,66 % pendant 30 jours supplémentaires, et il ne démarre qu'au 8e jour d'arrêt. Ces règles figurent sur service-public.fr. Trois conditions cumulatives s'appliquent : justifier d'au moins 1 an d'ancienneté dans l'entreprise au premier jour de l'absence, avoir transmis le certificat médical sous 48 heures, et percevoir les indemnités journalières de la Sécurité sociale.
- Les durées augmentent avec l'ancienneté : 10 jours de plus par tranche de 5 ans, dans la limite de 90 jours à 90 % puis 90 jours à 66,66 %.
- Le compteur est glissant : les périodes déjà indemnisées au cours des 12 mois précédents sont déduites de vos droits.
- L'employeur déduit de son complément les IJ de la Sécurité sociale et les prestations d'un éventuel contrat de prévoyance collectif.
- Beaucoup de conventions collectives font mieux que le minimum légal : maintien à 100 % du net, carence supprimée, ancienneté abaissée. Votre convention est le premier document à vérifier.
- Aucun maintien de salaire n'existe pour un travailleur indépendant : le sujet est traité dans notre guide sur la prévoyance TNS.
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Invalidité et décès : 2 002 € par mois et 4 009 € au maximum
Une pension d'invalidité de 2e catégorie est plafonnée à 2 002,50 € par mois en 2026, et le capital décès de la Sécurité sociale est un forfait de 4 009 € depuis le 1er avril 2026. Ces deux montants sont publiés par ameli.fr. Ils marquent la limite absolue du régime obligatoire lorsqu'un arrêt de travail se transforme en situation durable.
| Situation | Ce que verse la Sécurité sociale en 2026 | Ce qui reste à votre charge |
|---|---|---|
| Invalidité 1re catégorie (activité possible) | 30 % du salaire annuel moyen, de 338,31 € à 1 201,50 €/mois | 70 % du revenu antérieur, plus si vous étiez au-dessus du plafond |
| Invalidité 2e catégorie (activité impossible) | 50 % du salaire annuel moyen, de 338,31 € à 2 002,50 €/mois | Au moins la moitié du revenu antérieur |
| Invalidité 3e catégorie (assistance d'un tiers) | Pension de 2e catégorie + 1 298,44 €/mois de majoration | Reste à charge important malgré la majoration |
| Décès | Capital forfaitaire de 4 009 €, identique quel que soit le salaire | L'intégralité du revenu du foyer disparaît |
Source : ameli.fr, montants au 1er janvier 2026 pour les pensions d'invalidité des salariés du régime général et au 1er avril 2026 pour le capital décès. La pension est calculée sur le salaire annuel moyen des 10 meilleures années, retenu dans la limite du plafond annuel de la Sécurité sociale (48 060 € en 2026 selon l'Urssaf).
Chiffrer votre besoin et comparer, dans le bon ordre
Le bon montant d'indemnité journalière complémentaire est la différence entre votre revenu net habituel et ce que verseront réellement la Sécurité sociale et votre employeur au 3e mois d'arrêt. Pour un salarié à 4 000 € bruts, cet écart s'établit autour de 2 700 € par mois. Commencez par ce chiffre, jamais par les tarifs affichés : deux devis au même prix couvrent des réalités très différentes.
- Calculez votre IJ Sécurité sociale : 50 % de vos 3 derniers salaires bruts divisés par 91,25, dans la limite de 42,97 € par jour.
- Lisez votre convention collective : durée du maintien de salaire, taux appliqué, carence, condition d'ancienneté. C'est là que se jouent les 2 à 3 premiers mois.
- Vérifiez votre contrat collectif d'entreprise : de nombreux salariés paient une seconde fois une garantie déjà financée par leur employeur.
- Fixez la franchise selon votre trésorerie réelle : passer de 30 à 90 jours de franchise réduit fortement la prime, mais vous laisse deux mois sans complément.
- Comparez à garanties strictement équivalentes : même montant d'IJ, même franchise, même définition de l'invalidité, mêmes exclusions (les affections dorsales et psychiques figurent parmi les plus fréquentes).
Le réflexe est le même que pour une mutuelle santé reconduite sans examen depuis cinq ans : le prélèvement continue, la couverture ne correspond plus. Une prévoyance calibrée sur un salaire de 2 500 € ne protège plus à 4 500 €. Sur le marché français, une couverture individuelle associant indemnités journalières, rente d'invalidité et capital décès pour un actif de 35 ans en bonne santé se situe le plus souvent dans une fourchette de 30 à 80 € par mois, selon l'étendue des garanties et l'assureur retenu. Notre page assurance prévoyance récapitule les garanties à exiger selon que vous êtes salarié, cadre ou indépendant.
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Questions fréquentes
Quel est le montant maximum des indemnités journalières en 2026 ?
L'indemnité journalière maladie de la Sécurité sociale est plafonnée à 42,97 € bruts par jour pour les arrêts prescrits à compter du 1er juillet 2026, selon ameli.fr, soit environ 1 289 € pour un mois complet. Elle correspond à 50 % du salaire journalier de base, calculé sur la moyenne des trois derniers salaires bruts divisée par 91,25, ce salaire de référence étant retenu dans la limite de 1,4 fois le SMIC (2 613,83 € bruts par mois). Trois jours de carence s'appliquent et la durée d'indemnisation est limitée à 360 jours sur 3 ans hors affection de longue durée.
Que change le décret du 1er septembre 2026 sur les arrêts de travail ?
Le décret n° 2026-498 du 12 juin 2026 limite à 31 jours la durée d'un premier arrêt de travail prescrit et à 62 jours celle de chaque prolongation, à compter du 1er septembre 2026. Il ne modifie pas le montant journalier versé, mais impose des renouvellements plus fréquents et renforce le contrôle médical. Un médecin peut dépasser ces seuils si l'état de santé du patient le justifie, à condition de le motiver par écrit sur l'avis d'arrêt. La mesure s'appuie sur l'article 81 de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026.
Combien de temps l'employeur maintient-il le salaire en arrêt maladie ?
Le minimum légal prévoit 90 % de la rémunération brute pendant 30 jours, puis 66,66 % pendant 30 jours, à partir du 8e jour d'arrêt et sous condition d'un an d'ancienneté, indique service-public.fr. Ces durées progressent de 10 jours par tranche de 5 ans d'ancienneté, dans la limite de 90 jours par taux. Les périodes déjà indemnisées au cours des 12 mois précédents sont déduites. De nombreuses conventions collectives sont plus favorables : maintien à 100 % du net, suppression de la carence ou ancienneté abaissée.
Faut-il une prévoyance quand on est déjà salarié avec une mutuelle ?
Oui dans la plupart des cas, car mutuelle et prévoyance ne couvrent pas le même risque. La mutuelle santé rembourse des frais de soins (consultations, hospitalisation, optique, dentaire), tandis que la prévoyance remplace un revenu qui s'interrompt : indemnités journalières en cas d'arrêt, rente d'invalidité, capital décès. Un salarié payé au-dessus de 2 613 € bruts par mois voit une part croissante de son revenu échapper à la Sécurité sociale dès le 3e mois d'arrêt. Vérifiez d'abord le contrat collectif de votre entreprise, puis complétez uniquement l'écart restant.
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