Résidence secondaire 2026 : 191 € assurée, le vol suspendu
Un logement non occupé est assuré 191 € par an en moyenne, contre 351 € pour une résidence principale, selon les chiffres clés publiés par France Assureurs en septembre 2026. Cette cotisation deux fois plus légère a une contrepartie que presque personne ne lit : au-delà d’un seuil d’absence fixé entre 30 et 90 jours selon les contrats, la garantie vol peut être suspendue. Et depuis le vote de l’Assemblée nationale du 11 avril 2026, la surprime catastrophes naturelles de 20 % pourrait cesser d’être la même pour tous les logements.

- Prime moyenne de 191 € par an pour un logement non occupé contre 351 € pour un logement occupé (France Assureurs, chiffres clés de l’assurance habitation 2025, publiés en septembre 2026).
- La clause d’inhabitation suspend le plus souvent la garantie vol au-delà de 30, 60 ou 90 jours consécutifs d’absence : une maison fermée de la Toussaint à Pâques dépasse les trois seuils.
- Le gel des canalisations n’est indemnisé que si le chauffage a été laissé en position hors gel ou le circuit vidangé : c’est une condition de garantie, pas un conseil.
- Catastrophe naturelle : 30 jours pour déclarer après la parution de l’arrêté au Journal officiel, franchise de 380 € (1 520 € pour la sécheresse), selon service-public.gouv.fr.
Avril 2026 : la surprime de 20 % cesse d’être intouchable
Les 20 % de surprime catastrophes naturelles que paie aujourd’hui chaque contrat habitation, à l’identique de Lille à Antibes, pourraient bientôt être modulés pour les résidences secondaires situées en zone à risque élevé. C’est l’une des mesures de la proposition de loi portée par le député Fabrice Barusseau, adoptée en première lecture à l’Assemblée nationale le 11 avril 2026, telle que détaillée par MoneyVox : les assureurs pourraient moduler le taux de la surprime pour certaines catégories de biens, les résidences secondaires et les biens professionnels de très grande valeur étant explicitement visés. Le texte poursuit sa navette parlementaire et rien n’est applicable à ce stade — mais la direction est posée.
Pour mesurer l’enjeu, il faut rappeler d’où vient ce taux. La surprime cat-nat est passée de 12 % à 20 % de la prime dommages aux biens au 1er janvier 2025, en application de l’arrêté du 22 décembre 2023. Sur une cotisation de 300 €, ce sont 50 € de prélèvement réglementaire en plus de ce qui se pratiquait avant 2025, et cette part-là ne se négocie pas. Le reste, si. France Assureurs attribue d’ailleurs une partie de la progression de 8,4 % des cotisations habitation en 2025 précisément à cette revalorisation.
Deuxième disposition du même texte, moins commentée et plus lourde pour une maison de famille : un assuré qui refuse les travaux de résilience recommandés s’expose à une franchise majorée pour l’indemnisation cat-nat du sinistre concerné et des suivants, y compris s’il change d’assureur. Le dossier suivrait donc le bien, pas le contrat.
Mettez côte à côte les contrats résidence secondaire du marché : clause d’inoccupation, franchise vol et garantie gel comparées sur votre logement réel.
30, 60 ou 90 jours : le seuil qui décide de tout
La clause d’inhabitation est une limite de durée d’absence inscrite dans les conditions générales : passé ce seuil, le plus souvent 30, 60 ou 90 jours consécutifs, la garantie vol est suspendue ou l’indemnité réduite. Une résidence secondaire fermée fin octobre et rouverte à Pâques totalise environ 145 jours de vacance : elle dépasse les trois seuils du marché. Le cambriolage découvert au retour n’est alors plus couvert, alors que la cotisation a bien été prélevée toute l’année.
Deux nuances comptent. D’abord, c’est à l’assureur de prouver que le logement était inoccupé au moment du sinistre, pas à vous de prouver l’inverse. Ensuite, la clause ne s’applique pas uniformément à toutes les garanties : l’incendie, la tempête et la responsabilité civile restent habituellement acquis même volets fermés. C’est le vol, puis parfois le dégât des eaux, qui sont visés. Et certains assureurs ont fait de l’absence de clause un argument commercial : la Matmut indique noir sur blanc que son contrat résidence secondaire « ne comporte aucune clause d’inoccupation », avec des tarifs affichés en 2026 à partir de 11,99 € par mois pour une maison de 4 pièces en propriétaire.
| Ce que dit votre contrat | Effet au-delà du seuil | Ce qui lève la restriction |
|---|---|---|
| Inoccupation de plus de 30 jours consécutifs | Vol et vandalisme suspendus, c’est le seuil le plus strict | Déclaration préalable des dates de fermeture |
| Inoccupation de plus de 60 jours consécutifs | Vol suspendu, dégâts des eaux parfois limités | Avenant « inoccupation prolongée » tarifé |
| Inoccupation de plus de 90 jours, ou 90 jours cumulés par an | Seuil le plus souple, dépassé dès une fermeture hivernale complète | Contrat résidence secondaire dédié |
| Aucune clause d’inoccupation | Vol garanti sans condition de durée | Exigences de sécurité renforcées, franchise vol plus élevée |
| Résidence principale déclarée alors que le bien est secondaire | Réduction d’indemnité proportionnelle (article L. 113-9 du Code des assurances) | Rien : seule une déclaration exacte protège |
Synthèse Je Simule au 7 octobre 2026, établie à partir des conditions générales publiques de contrats multirisque habitation et de l’analyse de la clause d’inhabitation publiée par Luko. Les seuils et les garanties concernées varient d’un assureur à l’autre : seules vos conditions particulières font foi.
Fermer la maison : six gestes à documenter cette semaine
La mise hors gel et la vidange ne sont pas des précautions de bon sens : dans la plupart des contrats, ce sont des conditions de garantie, et leur absence suffit à faire tomber l’indemnisation d’un dégât des eaux par gel. Le dégât des eaux reste de loin le sinistre habitation le plus fréquent — 39 % des sinistres indemnisés et 35,6 déclarations pour 1 000 contrats en 2025 selon France Assureurs — et une rupture de canalisation dans une maison vide a tout l’hiver pour faire des dégâts avant d’être découverte.
- Prévenez votre assureur des dates de fermeture, par écrit, avant de partir. C’est la seule pièce qui vous protégera si la clause d’inhabitation est invoquée.
- Coupez l’arrivée d’eau générale, puis vidangez le circuit ou laissez le chauffage en position hors gel. Photographiez la vanne fermée et le thermostat : la date du cliché fait preuve.
- Relisez la rubrique « mesures de prévention » de vos conditions particulières : volets clos, serrure trois points, alarme activée. Un contrat résidence secondaire impose souvent ces équipements, et leur absence est opposable.
- Retirez ou photographiez les biens de valeur. Le coût moyen d’un vol indemnisé s’établit à 2 093 € en 2025 d’après France Assureurs : sans facture ni photo, la discussion avec l’expert tourne vite au forfait.
- Organisez des passages datés par un voisin ou un proche, et faites suivre le courrier. Une boîte aux lettres qui déborde est l’indice d’absence le plus utilisé par les assureurs comme par les cambrioleurs.
- Vérifiez le montant de votre franchise vol et celui de la franchise cat-nat. La première est contractuelle et négociable, la seconde est fixée par la loi à 380 €.
Décrivez votre logement une fois et voyez quels contrats couvrent le gel sans condition de vidange et le vol sans limite de durée d’absence.
Tempête, cat-nat, incendie : ce qui joue malgré l’absence
Volets fermés ou pas, trois garanties continuent de jouer dans la quasi-totalité des contrats : l’incendie, la tempête et le régime des catastrophes naturelles. Les délais, eux, ne vous attendent pas. En catastrophe naturelle, service-public.gouv.fr rappelle que vous disposez de 30 jours après la parution de l’arrêté au Journal officiel pour déclarer, que la franchise légale est de 380 € pour un bien d’habitation — 1 520 € si les dommages viennent d’un mouvement de terrain lié à la sécheresse — et que l’assureur verse une provision dans les deux mois suivant l’état estimatif, puis solde l’indemnisation dans les trois mois. Si personne n’ouvre la maison avant le printemps, ces 30 jours peuvent passer sans que vous le sachiez.
| Sinistre | Coût moyen indemnisé en 2025 | Délai de déclaration | Franchise à votre charge |
|---|---|---|---|
| Incendie | Plus de 14 000 € | 5 jours ouvrés | Franchise contractuelle |
| Catastrophe naturelle | 6 130 € | 30 jours après l’arrêté au Journal officiel | 380 €, ou 1 520 € pour la sécheresse |
| Tempête, grêle, neige | 3 343 € | 5 jours ouvrés | Franchise contractuelle |
| Vol | 2 093 € | 2 jours ouvrés | Franchise vol, souvent majorée en résidence secondaire |
| Dégât des eaux | Sinistre le plus fréquent : 39 % des cas | 5 jours ouvrés | Franchise contractuelle, gel exclu sans mise hors gel |
Coûts moyens : France Assureurs, chiffres clés de l’assurance habitation 2025, publiés en septembre 2026. Délais et franchises cat-nat : service-public.gouv.fr, fiche « Indemnisation des catastrophes naturelles ». Les franchises contractuelles dépendent de vos conditions particulières.
Un chiffre remet ces montants en perspective : sur 4,2 millions de sinistres indemnisés en 2025 pour 7,9 milliards d’euros, l’incendie ne représente que quelques pourcents des dossiers mais 28,7 % de la charge totale, toujours selon France Assureurs. Autrement dit, le risque qui coûte cher dans une maison vide n’est pas celui qu’on surveille le plus. Notre guide sur le dégât des eaux détaille la procédure, et la page assurance habitation compare les garanties contrat par contrat.
Étendre la MRH ou souscrire à part : le calcul à faire
L’écart est net : 191 € par an en moyenne pour un logement non occupé contre 351 € pour un logement occupé, soit 46 % de moins, selon les chiffres clés de France Assureurs publiés en septembre 2026 — qui précisent aussi que les cotisations des logements non occupés ont progressé de 8,1 % en un an, un peu plus vite que celles des résidences principales (+7,9 %). La prime moyenne du marché toutes catégories confondues s’établit à 323 € hors taxes, sur 46,3 millions de contrats à fin 2025.
Trois montages existent, et le moins cher n’est pas toujours celui qu’on croit. L’extension de votre contrat principal à une seconde habitation est administrativement simple mais applique généralement la clause d’inhabitation de la résidence principale, soit le seuil le plus strict. Le contrat résidence secondaire dédié coûte un peu plus cher mais allonge ou supprime le délai d’inoccupation, en échange d’exigences de sécurité et d’une franchise vol plus élevée. Enfin, pour un bien mis en location saisonnière, c’est une assurance propriétaire non occupant qu’il faut regarder, un terrain que détaille notre guide assurance habitation propriétaire.
Le vrai arbitrage se fait sur trois lignes, et sur elles seules : le nombre de jours d’absence tolérés, le traitement du gel et le montant de la franchise vol. Un contrat à 160 € qui suspend le vol après 30 jours coûte, dans les faits, plus cher qu’un contrat à 230 € sans clause d’inoccupation dès lors que la maison reste fermée tout l’hiver. Avec 3 737 000 résidences secondaires et logements occasionnels recensés en France au 1er janvier 2025 par l’INSEE, soit 9,7 % du parc de 38,4 millions de logements, l’offre existe : encore faut-il la comparer sur ces trois lignes plutôt que sur le prix d’appel.
Deux minutes pour confronter les contrats résidence secondaire du marché, seuil d’inoccupation et franchises affichés côte à côte.
Questions fréquentes
Combien coûte l’assurance d’une résidence secondaire en 2026 ?
La prime moyenne d’un logement non occupé s’élève à 191 € par an, contre 351 € pour un logement occupé, selon les chiffres clés de l’assurance habitation 2025 publiés par France Assureurs en septembre 2026. Ces cotisations ont augmenté de 8,1 % en un an. Les premiers tarifs du marché démarrent autour de 12 € par mois pour une maison de quatre pièces en propriétaire, mais le prix seul ne dit rien de la couverture réelle : le seuil d’inoccupation et la franchise vol pèsent davantage sur l’indemnisation finale.
Est-il obligatoire d’assurer une résidence secondaire ?
Pour un propriétaire occupant d’une maison individuelle, non : aucune assurance n’est légalement imposée. En copropriété, en revanche, l’article 9-1 de la loi du 10 juillet 1965 oblige chaque copropriétaire à souscrire au minimum une garantie de responsabilité civile, résidence secondaire comprise. Dans les faits, se passer d’assurance expose au coût intégral d’un incendie, indemnisé en moyenne plus de 14 000 € en 2025 selon France Assureurs, et aux dommages causés aux voisins.
Que se passe-t-il si ma maison est cambriolée pendant l’hiver ?
Tout dépend de la clause d’inhabitation de votre contrat. Si l’absence a dépassé le seuil prévu, souvent 30, 60 ou 90 jours consécutifs, l’assureur peut suspendre la garantie vol ou réduire l’indemnité. C’est à lui de prouver que le logement était inoccupé au moment du sinistre. Déclarer par écrit les dates de fermeture avant de partir, respecter les mesures de prévention du contrat et conserver les factures des biens de valeur sont les trois réflexes qui sécurisent le dossier.
Le gel des canalisations est-il couvert dans une maison vide ?
Oui, mais sous condition. La plupart des contrats n’indemnisent les dommages de gel que si le chauffage a été maintenu en position hors gel ou si le circuit d’eau a été vidangé et l’arrivée générale coupée. À défaut, l’assureur applique une exclusion et le dégât des eaux reste intégralement à votre charge, alors que ce type de sinistre représente 39 % des sinistres habitation indemnisés en 2025 selon France Assureurs. Photographier la vanne fermée et le thermostat avant de partir constitue une preuve simple et datée.
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