Déremboursements 2027 : ce que la mutuelle ne paiera pas
Quatre décrets publiés au Journal officiel du 22 août 2026 — les textes n° 2026-809 à 2026-812 du 21 août — font basculer 1,4 à 1,5 milliard d'euros de dépenses de l'Assurance maladie vers les complémentaires santé, selon le chiffrage d'APMnews du 24 août 2026 ; la Mutualité Française retient 1,5 milliard, dont 510 millions sur le seul dentaire. L'essentiel s'applique au 1er janvier 2027. Mais parler de « transfert vers les mutuelles » est un raccourci trompeur, et c'est ce raccourci qui vous coûtera cher. Sur les soins dentaires, les dispositifs médicaux et les transports sanitaires, votre contrat responsable devra bien absorber la différence : vous ne paierez rien de plus chez le praticien, mais votre cotisation de janvier le portera. Sur les médicaments à service médical rendu faible ou modéré, aucune règle n'oblige votre contrat à compenser — l'article R. 871-2 du code de la Sécurité sociale les range parmi les exceptions. Et les franchises médicales, elles, resteront intégralement à votre charge quel que soit votre contrat : l'article L. 871-1 interdit à une complémentaire responsable de les rembourser. Trois postes, trois mécaniques différentes. Voici laquelle s'applique à quoi, acte par acte, et ce qu'il faut regarder sur votre tableau de garanties avant le 1er janvier.

- Les quatre décrets n° 2026-809 à 2026-812 du 21 août 2026 (JO du 22 août) ne fixent pas les nouveaux taux : ils modifient l'article R. 160-5 du code de la Sécurité sociale, c'est-à-dire les bornes à l'intérieur desquelles l'Union nationale des caisses d'assurance maladie (Uncam) arrêtera les remboursements. Le gouvernement vise 50 % sur le dentaire, mais le nouveau cadre autorise juridiquement l'Uncam à descendre jusqu'à 40 % sans aucun décret supplémentaire.
- Sur les soins dentaires, la prise en charge de l'Assurance maladie passerait de 60 % à 50 % du tarif conventionné au 1er janvier 2027. Sur une dévitalisation de molaire facturée 104 € (tarif ameli.fr, page mise à jour le 2 février 2026), cela représente 10,40 € qui basculent sur la mutuelle — et 20,80 € si l'Uncam retient la borne basse.
- Trois postes échappent à la protection du contrat responsable. Les médicaments à SMR faible ou modéré figurent parmi les exceptions de l'article R. 871-2 : leur remboursement passerait de 15 % à 5 % et de 30 % à 15 %, sans obligation de compensation. Les franchises médicales et participations forfaitaires, elles, sont expressément exclues par l'article L. 871-1 — un projet de décret du 24 août 2026 porterait leur plafond cumulé de 100 à 140 € par an.
- Les mesures s'appliquent au 1er janvier 2027, sauf deux exceptions déjà en vigueur : depuis le 1er octobre 2026, le décret n° 2026-812 resserre le champ des transports pris en charge au titre d'une ALD, et le décret n° 2026-285 du 16 avril 2026 fait passer 171 médicaments à SMR faible de 100 % à 15 % pour les patients en affection de longue durée (source : Egora, 17 avril 2026).
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- Ce qui change, et à quelle date exactement
- Chez le dentiste : dix points de moins, acte par acte
- Trois postes, trois règles : là où le contrat responsable ne vous protège pas
- Les franchises : 140 € que votre mutuelle n'a pas le droit de rembourser
- Votre cotisation de janvier, et les six lignes à regarder avant
- Questions fréquentes
Ce qui change, et à quelle date exactement
Réponse courte : presque tout bascule le 1er janvier 2027, et une seule mesure s'applique dès le 1er octobre 2026. Les quatre décrets signés le 21 août 2026 et publiés au Journal officiel du lendemain touchent quatre postes de soins : les honoraires des chirurgiens-dentistes (décret n° 2026-809), les dispositifs médicaux (n° 2026-810), les médicaments jugés les moins efficaces (n° 2026-811) et les transports sanitaires (n° 2026-812).
Un mot de vocabulaire, parce que tout le débat tient dedans. Le ticket modérateur est la part du tarif conventionné qui reste après le remboursement de l'Assurance maladie : si la Sécurité sociale prend en charge 60 % d'un détartrage, le ticket modérateur est de 40 %. Un contrat responsable — 95 % des contrats vendus en France, selon Le Moniteur des pharmacies du 24 août 2026 — est un contrat de complémentaire santé qui, en échange d'une fiscalité allégée, s'engage à couvrir ce ticket modérateur sur la plupart des soins et s'interdit d'en couvrir certains autres. Baisser le remboursement de la Sécurité sociale revient donc à gonfler le ticket modérateur, c'est-à-dire la facture des complémentaires.
| Poste de soins | Décret | Remboursement Assurance maladie aujourd'hui | Cible annoncée par le gouvernement | Date d'effet |
|---|---|---|---|---|
| Honoraires de chirurgien-dentiste et certains soins dentaires | n° 2026-809 | 60 % | 50 % | 1er janvier 2027 |
| Dispositifs médicaux, télésurveillance et dispositifs médicaux numériques | n° 2026-810 | 60 % | 50 % | 1er janvier 2027 |
| Médicaments à service médical rendu modéré | n° 2026-811 | 30 % | 15 % | 1er janvier 2027 |
| Médicaments à service médical rendu faible | n° 2026-811 | 15 % | 5 % | 1er janvier 2027 |
| Transports sanitaires (droit commun) | n° 2026-812 | 55 % | 50 % | 1er janvier 2027 |
| Transports liés à une ALD : resserrement du champ des situations prises en charge | n° 2026-812 | — | — | 1er octobre 2026 |
Sources : décrets n° 2026-809 à 2026-812 du 21 août 2026, publiés au Journal officiel du 22 août 2026 (Légifrance) ; taux cibles annoncés par le gouvernement fin juillet 2026, rapportés par APMnews le 24 août 2026 et par Le Moniteur des pharmacies le 24 août 2026. Les décrets modifient l'article R. 160-5 du code de la Sécurité sociale.
Attention à une subtilité que les annonces gomment. Ces décrets ne fixent aucun taux. Ils déplacent la fourchette réglementaire à l'intérieur de laquelle le conseil de l'Uncam arrête la participation de l'assuré. Pour le dentaire, cette fourchette de ticket modérateur passe de 35-45 % à 50-60 %, ce qui signifie que la part de l'Assurance maladie devra se situer entre 40 % et 50 %. Les 50 % annoncés par le gouvernement sont la borne la plus favorable à l'assuré, pas une obligation. Comme le résume Caducee.net le 9 septembre 2026, « les nouvelles bornes sont fixées, les taux restent à décider ».
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Chez le dentiste : dix points de moins, acte par acte
Réponse courte : dix points de remboursement en moins, soit exactement 10 % du tarif conventionné sur chaque acte. Le calcul est arithmétique et ne dépend d'aucune hypothèse : si l'Assurance maladie passe de 60 % à 50 % de la base de remboursement, la somme qui bascule sur votre complémentaire vaut un dixième du tarif de l'acte. Les tarifs ci-dessous sont ceux publiés par ameli.fr sur sa page « Consultations et soins dentaires : vos remboursements », mise à jour le 2 février 2026 et applicable depuis le 25 octobre 2024.
| Acte dentaire | Tarif conventionné | Remboursé par la Sécu en 2026 (60 %) | Remboursé si l'Uncam retient 50 % | Ce qui bascule sur la mutuelle |
|---|---|---|---|---|
| Consultation chez le chirurgien-dentiste | 23,00 € | 13,80 € | 11,50 € | 2,30 € |
| Détartrage complet | 28,92 € | 17,35 € | 14,46 € | 2,89 € |
| Traitement d'une carie deux faces | 52,00 € | 31,20 € | 26,00 € | 5,20 € |
| Traitement d'une carie trois faces ou plus | 68,12 € | 40,87 € | 34,06 € | 6,81 € |
| Extraction d'une dent permanente | 39,00 € | 23,40 € | 19,50 € | 3,90 € |
| Dévitalisation d'une prémolaire | 63,44 € | 38,06 € | 31,72 € | 6,34 € |
| Dévitalisation d'une molaire | 104,00 € | 62,40 € | 52,00 € | 10,40 € |
Tarifs conventionnés et remboursements 2026 : ameli.fr, « Consultations et soins dentaires : vos remboursements », page mise à jour le 2 février 2026 (tarifs applicables au 25 octobre 2024, hors soins sur dents permanentes des enfants de moins de 13 ans). Colonnes « 50 % » et « bascule » : calcul je-simule appliquant le taux cible annoncé par le gouvernement, qui n'est pas encore arrêté par l'Uncam.
Pris isolément, ces montants paraissent dérisoires. Rapportés à la population, ils ne le sont plus : la Mutualité Française chiffrait en août 2026 le seul volet dentaire à 510 millions d'euros par an, soit le tiers du transfert total, devant les dispositifs médicaux (490 millions), les médicaments (300 millions) et les transports (200 millions). Et ces estimations retiennent déjà l'hypothèse la plus douce.
Une précision qui évite bien des inquiétudes : le panier 100 % Santé n'est pas concerné. Les couronnes, bridges et dentiers qui en relèvent restent sans reste à charge, tout comme les soins liés à une affection de longue durée exonérante et les rendez-vous de prévention « M'T dents ». Le détail poste par poste figure dans notre guide 100 % Santé 2026 : lunettes, dents et audio à 0 €, vraiment ?.
Trois postes, trois règles : là où le contrat responsable ne vous protège pas
Réponse courte : sur le dentaire, les dispositifs médicaux et les transports, votre contrat responsable doit compenser ; sur les médicaments à SMR faible ou modéré, il n'y est pas tenu ; sur les franchises, il lui est interdit de le faire. C'est la distinction la plus importante de tout le dossier, et celle qui disparaît dès qu'on résume la réforme à « un transfert vers les mutuelles ». Elle repose sur deux articles du code de la Sécurité sociale : l'article R. 871-2, qui liste les garanties qu'un contrat responsable doit obligatoirement offrir et les exceptions, et l'article L. 871-1, qui lui interdit certaines prises en charge.
| Ce qui baisse | Votre contrat responsable doit-il compenser ? | Conséquence concrète pour vous |
|---|---|---|
| Soins dentaires, dispositifs médicaux, transports sanitaires | Oui, dans les limites réglementaires (article R. 871-2) | Aucun reste à charge supplémentaire au guichet, mais la charge remonte dans votre cotisation de janvier |
| Médicaments à service médical rendu faible ou modéré | Non : ils font partie des exceptions de l'article R. 871-2 | Reste à charge direct possible, variable selon les garanties souscrites — à vérifier ligne par ligne |
| Franchises médicales et participations forfaitaires | Non, et c'est même interdit (article L. 871-1) | Reste à charge intégral, quel que soit le contrat et quel que soit son prix |
Sources : code de la Sécurité sociale, articles R. 871-2 et L. 871-1 (Légifrance, versions en vigueur en 2026) ; analyse Caducee.net du 9 septembre 2026.
Le volet médicament est donc le plus exposé. Les spécialités à service médical rendu modéré — Le Moniteur des pharmacies du 24 août 2026 cite Imodium et Acupan — passeraient de 30 % à 15 % de remboursement. Celles à service médical rendu faible — le même article cite Bétadine, Gaviscon, Stilnox et ses génériques, certains bains de bouche, Spasfon — tomberaient de 15 % à 5 %. Sur une boîte à 6 €, la différence se compte en centimes ; sur une ordonnance chronique renouvelée tous les mois, elle devient une ligne de budget. À l'inverse, le même décret maintient le niveau de remboursement de près de 4 000 médicaments considérés comme les plus efficaces, aujourd'hui pris en charge à 65 % ou 100 %.
Deux populations sont explicitement préservées sur l'ensemble des quatre textes : les personnes en affection de longue durée exonérante et les 8 millions de bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire. Restent également pris en charge à 100 % le grand appareillage, les prothèses et orthèses sur mesure et les véhicules pour personnes en situation de handicap. Si vous n'êtes pas certain de vos droits à la C2S, les plafonds de ressources 2026 sont détaillés dans notre guide Mutuelle senior à 30 €/mois : la C2S en 2026, qui y a droit.
Une exception à l'exception, en revanche, a déjà pris effet. Le décret n° 2026-285 du 16 avril 2026 supprime, depuis le 1er octobre 2026, l'exonération de ticket modérateur dont bénéficiaient les médicaments à SMR faible prescrits dans le cadre d'une ALD : selon Egora (17 avril 2026), 171 médicaments passent ainsi de 100 % à 15 % de remboursement pour ces patients. Ils subiront donc une seconde marche au 1er janvier 2027.
C'est la ligne que les tableaux de garanties nomment « pharmacie 15 % » ou « pharmacie à service médical rendu faible ». Comparez les contrats qui la couvrent réellement.
Les franchises : 140 € que votre mutuelle n'a pas le droit de rembourser
Réponse courte : le plafond cumulé passerait de 100 à 140 € par an, et aucune complémentaire responsable ne peut légalement vous les rembourser. Le 23 juillet 2026, la ministre de la Santé Stéphanie Rist annonçait vouloir doubler les plafonds annuels des franchises médicales et des participations forfaitaires, de 100 à 200 € cumulés. Le 20 août, elle reculait dans un entretien au Figaro, reconnaissant que « le doublement annoncé n'a pas été compris et a pu apparaître brutal ». Quatre jours plus tard, un projet de décret révélé par l'AFP et Le Monde le 24 août 2026 fixait un nouveau chiffre : deux plafonds de 70 € au lieu de 50 €, soit 140 € cumulés, une hausse de 40 %.
Le contexte financier explique l'insistance. La Caisse nationale de l'Assurance maladie anticipe un déficit de 13,8 milliards d'euros en 2026 et a présenté, dans son rapport « Charges et produits » du 2 juillet 2026, des propositions représentant 3,9 milliards d'euros d'économies pour 2027. Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027, attendu à l'automne, pourra reprendre ces pistes et en ajouter d'autres.
Votre cotisation de janvier, et les six lignes à regarder avant
Réponse courte : les organismes fixent leurs tarifs 2027 en ce moment, au moment précis où ils découvrent leur charge nouvelle. Les contrats santé revoient leurs cotisations au 1er janvier, date à laquelle presque toutes les mesures entrent en vigueur. Le précédent ne rassure pas : selon la Mutualité Française, les cotisations ont augmenté en moyenne de 4,3 % sur les contrats individuels et 4,7 % sur les contrats collectifs en 2026, après 6 % en 2025 et 8,1 % en 2024. L'UFC-Que Choisir, qui réclame l'application stricte du gel prévu par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, chiffre la dérive à +25 % en trois ans.
Le secteur ne demande pas le retrait des décrets mais une contrepartie fiscale. Sa cible : la taxe de solidarité additionnelle, prélevée sur les cotisations santé et fixée à 13,27 % pour les contrats responsables (Urssaf). Éric Chenut, président de la Mutualité Française, dénonçait le 21 août 2026, veille de la publication des textes, « des transferts purs et durs, sans aucune logique ni cohérence ». Le conseil de la CNAM avait rendu le 28 juillet 2026 un avis défavorable à l'unanimité sur les quatre projets, rejoint par celui de l'Unocam, dont la formule résume l'objection : une dépense transférée « ne disparaît pas ». Rien n'indique à ce stade que le gouvernement accepte la baisse de taxe demandée.
D'où l'intérêt de reprendre son contrat maintenant, avant l'envoi des avis d'échéance d'automne. Les postes touchés par les décrets sont précisément ceux où les garanties varient le plus d'un organisme à l'autre. Voici les six lignes à vérifier, dans cet ordre.
- Le contrat est-il bien « responsable » ? C'est écrit dans les conditions générales. Sans cette qualification, rien ne garantit la prise en charge automatique du ticket modérateur dentaire et des dispositifs médicaux qui va augmenter en janvier — et la taxe grimpe à 20,27 % au lieu de 13,27 %.
- La ligne « pharmacie 15 % » ou « médicaments à service médical rendu faible ». C'est la seule qui vous dira si votre contrat compense la baisse de 15 % à 5 %. Beaucoup de contrats d'entrée de gamme s'arrêtent à la « pharmacie 65 % ». Si la ligne est absente, le reste à charge sera pour vous.
- Le dentaire hors 100 % Santé. Les soins courants suivront automatiquement, mais les dépassements d'honoraires sur les prothèses du panier libre dépendent d'un plafond exprimé en euros ou d'un pourcentage du tarif de base. C'est là que se joue le vrai écart entre deux contrats.
- Le poste « dispositifs médicaux » ou « appareillage et petit matériel ». Il couvre l'orthopédie, les pansements techniques, les orthèses, et désormais la télésurveillance médicale et les dispositifs médicaux numériques, explicitement visés par le décret n° 2026-810.
- Les transports sanitaires. Rarement lus, ils passent de 55 % à 50 % de prise en charge obligatoire au 1er janvier, et le champ des transports liés à une ALD s'est déjà resserré le 1er octobre 2026.
- Le délai de résiliation. Après un an d'ancienneté, la résiliation infra-annuelle est ouverte sans motif ni frais, à tout moment : vous n'êtes pas prisonnier de l'échéance du 31 décembre. Le mode d'emploi complet est dans notre guide Résilier sa mutuelle santé en 2026.
Un dernier repère pour situer l'enjeu. Selon les comptes de la santé de la DREES, édition 2025 publiée le 30 septembre 2025 et portant sur l'année 2024, chaque habitant consomme en moyenne 3 723 € de soins et de biens médicaux par an, financés à hauteur de 2 930 € par la Sécurité sociale, 475 € par les complémentaires, 26 € par l'État — et 292 € directement par le ménage. Les décrets d'août 2026 déplacent la frontière entre la deuxième et la troisième de ces colonnes ; reste à savoir de combien la quatrième bougera aussi. Pour comparer à garanties équivalentes, nos offres sont regroupées sur mutuelle santé, et sur mutuelle senior après 60 ans — la tranche d'âge la plus exposée aux postes visés par les décrets.
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Questions fréquentes
Vais-je payer plus cher chez le dentiste en 2027 ?
Si vous avez une complémentaire santé responsable — c'est le cas de 95 % des contrats vendus selon Le Moniteur des pharmacies du 24 août 2026 — non, pas au guichet. L'article R. 871-2 du code de la Sécurité sociale oblige ces contrats à prendre en charge le ticket modérateur des soins dentaires dans les limites réglementaires : la baisse du remboursement de l'Assurance maladie de 60 % à 50 % sera donc absorbée par votre mutuelle, et votre feuille de soins restera équilibrée. Le coût vous reviendra par l'autre bout : la cotisation. Les organismes fixent leurs tarifs 2027 à l'automne 2026, au moment où ils découvrent cette charge nouvelle, que la Mutualité Française chiffre à 510 millions d'euros pour le seul dentaire. En revanche, si vous n'avez pas de complémentaire — environ 3 % des personnes de 16 ans et plus en France, selon les Dossiers de la DREES n° 137 d'avril 2026 — ou si votre contrat n'est pas responsable, la différence sera bien pour vous, dès le premier euro. Le panier 100 % Santé, les soins liés à une ALD exonérante et les rendez-vous « M'T dents » restent, eux, sans reste à charge.
Quels médicaments seront moins bien remboursés, et à partir de quand ?
Deux catégories, définies par leur service médical rendu, cette note officielle qui mesure l'utilité d'un traitement. Les médicaments à SMR modéré, aujourd'hui remboursés à 30 %, tomberaient à 15 % : Le Moniteur des pharmacies du 24 août 2026 cite Imodium et Acupan. Ceux à SMR faible, remboursés à 15 %, tomberaient à 5 % : le même article cite Bétadine, Gaviscon, Stilnox et ses génériques, certains bains de bouche et Spasfon. Ces taux cibles s'appliqueraient au 1er janvier 2027, mais le décret n° 2026-811 du 21 août 2026 autorise juridiquement l'Uncam à descendre plus bas encore : entre 5 % et 15 % pour le SMR modéré, entre 3 % et 7 % pour le SMR faible. Point crucial : ces médicaments font partie des exceptions de l'article R. 871-2, ce qui signifie qu'un contrat responsable n'a aucune obligation de couvrir leur ticket modérateur. Votre exposition dépendra donc entièrement de votre tableau de garanties. Une première baisse est déjà intervenue le 1er octobre 2026 pour les patients en ALD : le décret n° 2026-285 du 16 avril 2026 fait passer 171 médicaments à SMR faible de 100 % à 15 % dans ce cadre, selon Egora.
Une mutuelle peut-elle rembourser les franchises médicales ?
Non, et ce n'est pas une question de niveau de gamme : c'est une interdiction légale. L'article L. 871-1 du code de la Sécurité sociale exclut expressément les franchises médicales et les participations forfaitaires du champ de ce qu'un contrat responsable peut prendre en charge. Comme 95 % des contrats vendus sont responsables, la réponse est non dans la quasi-totalité des cas, quel que soit le prix payé. Concrètement, vous supportez 1 € par boîte de médicament et par acte paramédical, 4 € par transport sanitaire, et 2 € par consultation, acte de radiologie ou analyse de biologie médicale. Chacun de ces deux mécanismes est aujourd'hui plafonné à 50 € par an, soit 100 € cumulés. Un projet de décret révélé par l'AFP et Le Monde le 24 août 2026 porterait chacun de ces plafonds à 70 €, soit 140 € cumulés — une hausse de 40 %, après l'abandon du doublement à 200 € annoncé puis retiré par la ministre Stéphanie Rist le 20 août. Au 10 septembre 2026, ce texte n'était pas publié au Journal officiel : les plafonds applicables restent de 100 € cumulés.
Faut-il changer de mutuelle avant le 1er janvier 2027 ?
Il n'y a aucune date couperet, contrairement à une idée reçue tenace. Depuis le 1er décembre 2020, la résiliation infra-annuelle permet de résilier un contrat de complémentaire santé à tout moment après un an d'ancienneté, sans motif, sans frais et sans préavis : le nouvel organisme se charge lui-même des formalités et la couverture n'est jamais interrompue. Vous n'êtes donc pas obligé de décider avant le 31 décembre. En revanche, l'automne 2026 est un bon moment pour comparer, pour une raison de fond : les postes touchés par les décrets — dentaire hors 100 % Santé, dispositifs médicaux, médicaments à SMR faible, transports — sont précisément ceux où les garanties varient le plus d'un organisme à l'autre, et ces écarts vont mécaniquement se creuser en 2027. Comparez à garanties équivalentes plutôt que sur la seule cotisation affichée, en regardant les plafonds exprimés en euros plutôt que les pourcentages du tarif de base, et demandez par écrit la liste des délais d'attente avant de signer.
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