Frais bancaires de succession 2026 : jusqu'à 857 € par banque

Guide 2026Mis à jour : septembre 2026·Lecture : 6 min

Depuis le 1er janvier 2026, une banque ne peut plus facturer plus de 857 € pour traiter la succession d'un client décédé, dans la limite de 1 % de ses avoirs (Banque de France, 2 février 2026). Mais depuis la décision du Conseil constitutionnel du 19 juin 2026, les trois cas de gratuité automatique prévus par la loi n'existent plus. Ce que paieront vos héritiers dépend donc à nouveau, presque entièrement, de la banque que vous choisissez aujourd'hui : de 0 € chez Revolut à 300 € forfaitaires chez Fortuneo.

Carte bancaire posée sur des papiers administratifs à côté d'un smartphone
✓ À retenir
  • Plafond légal : 1 % des avoirs du défunt, maximum 857 € par banque depuis le 1er janvier 2026, contre 850 € entre le 13 novembre et le 31 décembre 2025 (Banque de France, 2 février 2026).
  • La gratuité automatique — enfant mineur, petite succession, dossier simple — a été censurée par le Conseil constitutionnel le 19 juin 2026, avec application immédiate.
  • Le plafond se compte banque par banque : trois établissements, c'est jusqu'à 2 571 € de frais cumulés sur une seule succession.
  • Les écarts entre enseignes restent énormes : 0 € chez Revolut, 0 € sous 25 000 € chez BoursoBank, 300 € forfaitaires chez Fortuneo (relevés MoneyVox du 5 juin 2025).
🏦 Les meilleures offres banques en ligne du moment

Comparées, notées et mises à jour — repérez la meilleure offre en 2 minutes.

Voir le Top 4

857 € maximum : la seule règle qui protège encore vos héritiers

Aucune banque française ne peut facturer plus de 857 € de frais de succession, ni plus de 1 % des avoirs du défunt, depuis le 1er janvier 2026. Ce montant était de 850 € entre le 13 novembre et le 31 décembre 2025 ; il est revalorisé chaque année sur l'inflation calculée par l'Insee, comme l'indique la Banque de France dans son actualité du 2 février 2026.

Les frais bancaires de succession, à ne pas confondre avec les droits de succession versés au fisc, rémunèrent le traitement administratif du dossier par la banque : réception de l'acte de décès, arrêté des comptes, inventaire des avoirs, annulation des moyens de paiement, transfert des fonds aux héritiers. Ils sont prélevés directement sur les comptes du défunt, avant que les héritiers ne touchent quoi que ce soit.

Le calcul est en deux temps : on applique 1 % au total des soldes de comptes et à la valorisation des produits d'épargne détenus dans l'établissement, puis on écrête à 857 €. Concrètement, 20 000 € d'avoirs plafonnent les frais à 200 € ; au-delà de 85 700 € d'avoirs, le plafond absolu de 857 € prend le relais et les frais cessent d'augmenter.

Le plafond s'applique par banque, pas par succession. Un défunt qui avait un compte courant dans sa banque historique, un livret dans une caisse régionale et un compte-titres ailleurs peut générer trois factures de 857 €, soit 2 571 € — chacune parfaitement légale. C'est l'argument le plus concret en faveur du regroupement de ses comptes de son vivant : chaque établissement fermé aujourd'hui, c'est un plafond de moins demain.
Combien coûte vraiment votre banque, tarif par tarif ?

Frais de tenue de compte, carte, incidents, succession : comparez les brochures en vigueur et voyez l'écart annuel réel avec les banques en ligne.

Comparer les offres

Le 19 juin 2026, la gratuité a été rayée de la loi

Les trois cas de gratuité obligatoire créés par la loi du 13 mai 2025 ont cessé de s'appliquer le 19 juin 2026. Dans sa décision n° 2026-1207 QPC du 19 juin 2026, publiée au Journal officiel du 20 juin, le Conseil constitutionnel a jugé ces dispositions contraires à la Constitution. La Banque de France, dans son actualité mise en ligne le 24 juin 2026, précise que la décision est d'application immédiate et que seul le plafonnement subsiste.

Voici ce qui a disparu du droit ce jour-là :

  • La gratuité lorsque le défunt était mineur au moment du décès.
  • La gratuité pour les petites successions, dont le seuil d'avoirs venait pourtant d'être porté à 5 965 € au 1er janvier 2026, contre 5 910 € auparavant (Banque de France, 2 février 2026).
  • La gratuité lorsque la succession ne présentait aucune difficulté particulière.
  • Restent en vigueur : le plafond de 1 % des avoirs et le maximum de 857 € par établissement.

La saisine ne vient pas des banques dans leur ensemble mais d'un seul établissement : la Caisse d'épargne Grand Est Europe, comme le rapporte Que Choisir Ensemble dans son article du 10 juillet 2026. Les Sages ont retenu deux principes : la liberté d'entreprendre et la liberté contractuelle. Contactée par la même rédaction, la Fédération bancaire française a rappelé que la décision « ne remet pas en cause les engagements individuels pris par les banques », en particulier sur les successions d'enfants mineurs.

Plusieurs groupes ont choisi de maintenir volontairement cette gratuité après la censure : le Crédit mutuel, le CIC, le Crédit agricole et la Caisse d'épargne, selon Que Choisir Ensemble (10 juillet 2026). L'enjeu est modeste — entre 3 500 et 4 000 mineurs décèdent chaque année en France, pour un prélèvement moyen d'environ 150 €. Mais ce n'est plus une obligation légale : c'est une politique commerciale, révisable à tout moment, et elle ne figure pas dans toutes les brochures.

De 0 € à 300 € : ce que facturent les banques en ligne

Sur un dossier de 15 000 € traité en moins de deux mois, les frais relevés vont de 50 € à 450 € selon l'établissement, d'après les relevés de prix effectués par MoneyVox le 5 juin 2025. Une seule enseigne ne facture rien à personne : Revolut. Les autres appliquent des grilles très différentes, souvent construites autour d'un seuil d'exonération.

ÉtablissementFrais de successionSeuil d'exonération
Revolut0 €Tous les clients
BoursoBank250 € forfaitaires au-delà du seuil25 000 € d'avoirs
Monabanq100 € de dossier + 1 % (min. 120 €, max. 500 €)10 000 € d'avoirs
Fortuneo300 € forfaitaires, quel que soit le montantAucun
Hello bank!90 € de 200 à 3 000 €, puis + 1 % (max. 750 €)200 € d'avoirs
BforBank1 % des avoirs (min. 150 €, max. 1 500 € → écrêté à 857 €)Aucun

Grilles relevées par MoneyVox le 5 juin 2025, avant l'entrée en vigueur du plafonnement légal le 13 novembre 2025. Depuis, aucun de ces montants ne peut dépasser 1 % des avoirs ni 857 € : les lignes les plus chères sont écrêtées d'office. Vérifiez la brochure en vigueur de votre établissement.

Deux enseignements pratiques. D'abord, les maxima affichés supérieurs à 857 €, comme les 1 500 € de BforBank, ne sont plus applicables : le plafond légal prime. Ensuite, le seuil d'exonération pèse plus lourd que le tarif affiché — avec 66 % des héritages inférieurs à 30 000 € selon l'enquête Insee Histoire de vie et Patrimoine citée par l'UFC-Que Choisir, le seuil de 25 000 € de BoursoBank couvre la majorité des successions réelles, là où un forfait de 300 € s'applique dès le premier euro.

Un tarif que vos héritiers paieront à votre place

Les frais de succession figurent dans la même brochure que vos frais de carte et de tenue de compte. Comparez l'ensemble et voyez ce que vous économiseriez en changeant.

Voir combien j'économise

233 € en France, 80 € en Espagne : pourquoi cette loi a existé

Avant tout encadrement, les frais de succession atteignaient 233 € en moyenne en France pour un héritage type de 20 000 €, contre 112 € en Italie, 107 € en Belgique et 80 € en Espagne. Ces chiffres viennent de l'étude publiée par l'UFC-Que Choisir le 29 octobre 2021, à partir des brochures de 21 établissements représentatifs. L'association chiffrait le marché à au moins 150 millions d'euros par an et relevait une hausse de 28 % depuis 2012, soit trois fois l'inflation de la période.

Les écarts entre banques françaises n'avaient aucune logique économique : la même étude relevait 120 € au Crédit mutuel Centre Est Europe contre 527 € au LCL, pour un dossier identique. Un quart des établissements facturaient en plus le virement des fonds à un héritier non client de la maison, 145 € en moyenne, alors que le même virement est gratuit entre vivants.

Le déclencheur politique tient en une ligne de relevé. En 2021, les parents de Léo, décédé à 8 ans d'une leucémie, découvrent que 138,20 € ont été prélevés sur le livret A de leur fils, qui contenait 7 200 € — un cas raconté par Que Choisir Ensemble le 10 juillet 2026 et repris par les parlementaires. C'est cette affaire qui a porté la proposition de loi jusqu'à son adoption en mai 2025.

Vos comptes sont-ils dispersés dans trois banques ?

Chaque établissement supplémentaire, c'est un plafond de frais de succession en plus. Comparez les comptes en ligne et regroupez ce qui peut l'être.

Comparer les banques en ligne

Vérifier le calcul, et contester s'il est faux

Le contrôle prend cinq minutes et porte sur trois chiffres : le total des avoirs au jour du décès, 1 % de ce total, et le plafond de 857 €. Le montant facturé doit être inférieur ou égal au plus petit des deux derniers. Voici la marche à suivre, avant comme après le décès.

  1. De votre vivant, ouvrez la brochure tarifaire de votre banque et cherchez la ligne « frais de traitement de dossier de succession ». C'est elle qui s'appliquera, pas la page d'accueil du site.
  2. Regroupez ce qui peut l'être : chaque établissement fermé supprime un plafond de 857 € potentiel pour vos héritiers.
  3. Au décès, demandez le détail écrit du calcul : assiette retenue, taux appliqué, montant final. L'assiette additionne comptes et épargne du seul établissement concerné.
  4. Recalculez 1 % de l'assiette et comparez à 857 €. Si le prélèvement dépasse le plus faible des deux, la facturation est illégale depuis le 13 novembre 2025.
  5. En cas de refus de rectification, saisissez le médiateur bancaire de l'établissement : la démarche est gratuite et ses coordonnées figurent sur vos relevés de compte.

Une remarque honnête pour finir : ces frais restent inévitables dans la grande majorité des banques, et aucun comparatif ne les fera disparaître. Ce qui se compare, en revanche, c'est le seuil d'exonération et le mode de calcul, au même titre que la cotisation carte ou les frais d'inactivité d'une carte dite gratuite. Notre page banque en ligne remet ces lignes de brochure côte à côte, avec le coût annuel réel de chaque offre.

Questions fréquentes

Quel est le plafond des frais bancaires de succession en 2026 ?

Le plafond est de 1 % du total des soldes de comptes et de la valorisation des produits d'épargne du défunt, dans la limite de 857 € par banque depuis le 1er janvier 2026. Ce maximum était de 850 € entre le 13 novembre et le 31 décembre 2025 ; il est revalorisé chaque année sur l'inflation Insee, selon la Banque de France. Le plafond s'applique établissement par établissement, pas à la succession dans son ensemble.

Les frais de succession sont-ils encore gratuits pour un enfant mineur décédé ?

Plus au titre de la loi. Le Conseil constitutionnel a censuré cette gratuité obligatoire dans sa décision du 19 juin 2026, avec effet immédiat. Plusieurs groupes — Crédit mutuel, CIC, Crédit agricole, Caisse d'épargne — ont toutefois annoncé la maintenir volontairement, et BoursoBank, Fortuneo et Monabanq l'appliquaient déjà avant la loi. Il s'agit désormais d'un engagement commercial, à vérifier dans la brochure tarifaire de l'établissement.

Une banque peut-elle facturer des frais de succession sur un petit héritage ?

Oui, depuis le 19 juin 2026. Le seuil d'exonération légal, porté à 5 965 € d'avoirs au 1er janvier 2026, a été supprimé par le Conseil constitutionnel. Seuls subsistent les seuils commerciaux propres à chaque banque : 25 000 € chez BoursoBank, 10 000 € chez Monabanq, 200 € chez Hello bank! d'après les relevés MoneyVox du 5 juin 2025. Revolut ne facture aucun frais de succession, quel que soit le montant.

Comment contester des frais de succession jugés excessifs ?

Demandez d'abord à la banque le détail écrit du calcul, puis vérifiez que le montant ne dépasse ni 1 % des avoirs détenus dans cet établissement, ni 857 €. Si c'est le cas, la facturation est illégale et vous pouvez en exiger le remboursement par courrier recommandé. Sans réponse satisfaisante sous deux mois, saisissez gratuitement le médiateur bancaire de l'établissement, dont les coordonnées figurent sur les relevés de compte.

Comparer banque près de chez vous

Comparez banque et économisez, département par département :

Et pour vous ?

Comparez vos contrats et abonnements en quelques minutes — gratuit et sans engagement.

Comparer maintenant

À lire aussi

Carte bancaire tenue à la main devant un smartphone affichant une application bancaire
Banque en ligne 2026 : quelle carte sans condition de revenusLecture : 6 min
Deux personnes attablées dans un café consultent leur smartphone, une carte bancaire posée sur la table en bois
Virement instantané 2026 : gratuit, mais plafonné par banqueLecture : 6 min
Carte bancaire posée sur une table en bois à côté d'un smartphone éteint
Carte gratuite 2026 : 36 à 200 € si vous ne l'utilisez pasLecture : 6 min