Accident du travail 2026 : de 321 € à 87 € par jour
Le décret n° 2026-909 du 30 septembre 2026, publié au Journal officiel du 1er octobre, divise par près de quatre le salaire retenu pour calculer l'indemnité journalière d'un accident du travail : 400,82 € par jour aujourd'hui, 108,62 € pour tout sinistre survenu à compter du 1er novembre 2026. Concrètement, l'indemnité maximale versée à partir du 29e jour d'arrêt tombe de 320,66 € à 86,90 € bruts par jour. Le plafond commence à mordre dès 3 304 € bruts par mois — pas un salaire de cadre supérieur. Un chef de chantier à 4 200 € bruts arrêté cinq mois perd 3 369 € par rapport aux règles d'octobre.

- Le plafond du salaire journalier servant de base au calcul passe de 0,834 % à 0,226 % du plafond annuel de la Sécurité sociale (48 060 € en 2026), soit de 400,82 € à 108,62 € par jour (décret n° 2026-909 du 30 septembre 2026).
- Indemnité maximale : 240,49 € puis 320,66 € bruts par jour aujourd'hui (barème ameli.fr au 1er janvier 2026) ; 65,17 € puis 86,90 € pour les sinistres survenus à compter du 1er novembre 2026.
- C'est la date de l'accident qui compte, pas celle du versement : un arrêt en cours pour un accident d'octobre garde l'ancien plafond jusqu'à son terme.
- Deuxième échéance : le décret n° 2026-501 du 12 juin 2026 plafonne à quatre ans la durée de versement des indemnités d'accident du travail, pour les sinistres survenus à compter du 1er janvier 2027.
- Ce que change exactement le décret du 30 septembre 2026
- Le plafond mord dès 3 304 € bruts par mois
- Deux mois d'employeur, puis votre contrat ou rien
- 1er janvier 2027 : les indemnités s'arrêtent au bout de quatre ans
- Au 1er novembre, la rente d'incapacité change aussi de calcul
- Indépendants : assurés AT/MP, et pourtant zéro indemnité journalière
- Questions fréquentes
Ce que change exactement le décret du 30 septembre 2026
Le décret ne touche ni aux taux d'indemnisation, ni à la durée, ni au délai de carence : il abaisse le plafond du salaire sur lequel l'indemnité est calculée, de 0,834 % à 0,226 % du plafond annuel de la Sécurité sociale. Le plafond annuel de la Sécurité sociale s'élève à 48 060 € pour 2026 (arrêté du 22 décembre 2025 portant fixation du plafond de la Sécurité sociale pour 2026). Le salaire journalier retenu ne pourra donc plus dépasser 108,62 €, contre 400,82 € jusqu'au 31 octobre. La mesure a été publiée au Journal officiel du 1er octobre 2026 sous le numéro 2026-909 et s'applique, selon son texte, aux sinistres survenus à compter du 1er novembre 2026, d'après l'analyse publiée par LégiSocial le 2 octobre 2026.
Le mécanisme de calcul, lui, reste celui que décrit ameli.fr : le salaire journalier de base égale le salaire brut du mois précédant l'arrêt divisé par 30,42, et l'indemnité vaut 60 % de ce montant pendant les 28 premiers jours, puis 80 % à partir du 29e. Ce sont ces deux pourcentages appliqués au nouveau plafond qui donnent les montants maximaux ci-dessous.
| Paramètre | Jusqu'au 31 octobre 2026 | Dès le 1er novembre 2026 | Écart |
|---|---|---|---|
| Plafond du salaire journalier de base | 400,82 € (0,834 % du plafond annuel) | 108,62 € (0,226 % du plafond annuel) | −73 % environ |
| Indemnité maximale, jours 1 à 28 (60 %) | 240,49 € | 65,17 € | −175,32 € par jour |
| Indemnité maximale, à partir du 29e jour (80 %) | 320,66 € | 86,90 € | −233,76 € par jour |
| Salaire mensuel brut où le plafond s'applique | 12 193 € | 3 304 € | −8 889 € |
| Perte maximale sur 30 jours, au-delà du 28e | — | — | jusqu'à 7 012,80 € |
Plafonds exprimés en pourcentage du plafond annuel de la Sécurité sociale (48 060 € en 2026) par le décret n° 2026-909 du 30 septembre 2026. Montants d'indemnité actuels publiés par ameli.fr (barème applicable au 1er janvier 2026) ; montants futurs calculés par Je Simule en appliquant les taux de 60 % et 80 % au nouveau plafond.
L'ampleur n'est pas anecdotique : selon MoneyVox, qui citait le 1er octobre 2026 les projections du ministère du Travail, la mesure concerne environ 14 % des arrêts pour accident du travail ou maladie professionnelle, lesquels représentent 28 % de la dépense, pour une économie attendue d'environ 270 millions d'euros en 2027.
Le plafond mord dès 3 304 € bruts par mois
Le nouveau plafond s'applique dès que le salaire brut du mois précédant l'arrêt dépasse 3 304 € — résultat direct du calcul 108,62 € × 30,42. En dessous, rien ne change. Au-dessus, l'indemnité est gelée à 86,90 € bruts par jour à partir du 29e jour, quel que soit le salaire. Un salarié à 10 000 € bruts et un salarié à 3 400 € bruts toucheront exactement la même indemnité.
| Salaire brut mensuel | Sinistre d'octobre 2026 | Sinistre de novembre 2026 | Écart / 30 j |
|---|---|---|---|
| 2 500 € | 65,74 € | 65,74 € | 0 € |
| 3 304 € (seuil) | 86,89 € | 86,89 € | 0 € |
| 4 000 € | 105,19 € | 86,90 € | −549 € |
| 5 000 € | 131,49 € | 86,90 € | −1 338 € |
| 6 500 € | 170,94 € | 86,90 € | −2 521 € |
| 10 000 € | 262,98 € | 86,90 € | −5 282 € |
Calculs Je Simule à partir du mode de calcul publié par ameli.fr : salaire journalier de base = salaire brut du mois précédent ÷ 30,42, indemnité = 80 % de ce montant à partir du 29e jour d'arrêt, dans la limite du plafond réglementaire. Montants bruts, avant CSG et CRDS. L'indemnité ne peut jamais dépasser le salaire journalier net.
Le plafond de la Sécurité sociale baisse, le maintien de salaire de l'employeur s'arrête à 60 jours après un an d'ancienneté. Comparez ce que verseraient les contrats pour votre salaire et votre âge.
Deux mois d'employeur, puis votre contrat ou rien
Le maintien de salaire légal couvre 60 jours après un an d'ancienneté, et 180 jours au maximum après 31 ans : au-delà, seul un contrat de prévoyance prend le relais. Selon la fiche publiée par service-public.gouv.fr, l'employeur verse 90 % de la rémunération brute pendant la première moitié de la période, puis 66,66 % pendant la seconde, sous déduction des indemnités de la Sécurité sociale. La durée progresse par tranches : 60 jours de 1 à 5 ans d'ancienneté, 80 jours de 6 à 10 ans, 100 jours de 11 à 15 ans, et ainsi de suite jusqu'à 180 jours à partir de 31 ans.
Deux particularités jouent en faveur de la victime d'un accident du travail. D'une part, l'article L. 1226-1 du code du travail écarte le délai de carence de sept jours du maintien légal lorsque l'arrêt résulte d'un accident du travail ou d'une maladie professionnelle — l'accident de trajet, lui, reste soumis aux sept jours. D'autre part, la Sécurité sociale n'applique aucun jour de carence : l'indemnisation démarre dès le lendemain de l'accident, la journée de l'accident étant payée intégralement par l'employeur. Mais ces avantages portent sur les premiers jours, pas sur les mois suivants — et c'est là que la baisse du plafond fait le plus mal.
Mécanisme à comprendre avant de signer quoi que ce soit : la plupart des contrats collectifs garantissent un pourcentage du salaire sous déduction des prestations de la Sécurité sociale. Quand celles-ci baissent, la part de l'assureur augmente automatiquement — à condition que la clause raisonne sur les indemnités réellement versées, et non sur des indemnités reconstituées. Notre page assurance prévoyance détaille les trois garanties qui se succèdent dans ce cas : incapacité temporaire, invalidité, puis décès.
- Repérez la base de calcul : un pourcentage de votre rémunération de référence, ou un complément « sous déduction des indemnités journalières » ? Les deux formulations ne donnent pas le même résultat après le 1er novembre.
- Vérifiez que l'accident du travail n'est pas exclu ou traité à part. Certains contrats individuels distinguent maladie et accident, avec des franchises différentes.
- Comparez la franchise : 30, 60 ou 90 jours. Avec un maintien de salaire légal limité à 60 jours, une franchise de 90 jours laisse un mois entièrement à découvert.
- Contrôlez la durée maximale d'indemnisation du contrat — 1 095 jours chez la plupart des assureurs — et son articulation avec le nouveau plafond de quatre ans décrit plus bas.
1er janvier 2027 : les indemnités s'arrêtent au bout de quatre ans
Pour les sinistres survenus à compter du 1er janvier 2027, les indemnités journalières d'accident du travail seront versées pendant quatre ans au maximum ; au-delà, l'incapacité sera réputée permanente. La règle vient du décret n° 2026-501 du 12 juin 2026, publié au Journal officiel du 13 juin 2026 en application de l'article 81 de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, comme l'a détaillé Carcept Prev. Jusqu'ici, l'indemnité était versée sans durée maximale explicite, jusqu'à la guérison, la consolidation ou le décès.
- Une nouvelle période de quatre ans peut s'ouvrir, mais seulement après une reprise d'activité d'au moins un an.
- Les arrêts de plus de trois ans représentent 2,8 % des sinistres mais 9,8 % du total des indemnités journalières versées, selon l'étude d'impact reprise par Apicil en 2026.
- Le plafonnement ne s'applique pas aux salariés en temps partiel thérapeutique.
- Au terme des quatre ans, l'indemnité journalière est remplacée par une indemnité en capital ou par une rente d'incapacité permanente — dont le montant est généralement très inférieur.
Ce dernier point est le plus coûteux et le moins compris. L'indemnité journalière remplaçait 80 % d'un salaire ; la rente, elle, se calcule sur un taux utile qui divise par deux le taux d'incapacité jusqu'à 50 %. ameli.fr donne l'exemple d'un salaire annuel de 22 000 € : un taux d'incapacité de 30 % donne un taux utile de 15 %, soit 3 300 € par an. Il faut atteindre 75 % d'incapacité pour obtenir 13 750 € par an sur ce même salaire. C'est précisément l'écart que la garantie invalidité d'un contrat de prévoyance est conçue pour combler.
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Au 1er novembre, la rente d'incapacité change aussi de calcul
À la même date, le taux unique d'incapacité permanente est remplacé par deux taux : un taux professionnel, qui indemnise la perte de gains, et un taux fonctionnel, qui indemnise l'atteinte à la vie quotidienne. Cette réforme dite de l'indemnisation duale découle de l'article 90 de la loi n° 2025-199 du 28 février 2025 de financement de la Sécurité sociale ; ses deux décrets et ses deux arrêtés d'application ont été publiés au Journal officiel du 10 mai 2026, comme l'a récapitulé Klesia. Elle vise les victimes dont l'état consolidé est constaté après le 1er novembre 2026.
| Situation | Règle applicable | Montant ou seuil |
|---|---|---|
| Taux professionnel inférieur à 10 % | Indemnité en capital, versée en une fois | De 483,38 € (1 %) à 4 833,18 € (9 %) |
| Taux professionnel de 10 % ou plus | Rente viagère | Salaire annuel × taux utile |
| Taux utile jusqu'à 50 % d'incapacité | Taux divisé par deux | 30 % d'incapacité → taux utile de 15 % |
| Taux utile au-delà de 50 % | 25 + (taux − 50) × 1,5 | 75 % d'incapacité → taux utile de 62,5 % |
| Part fonctionnelle de la rente | Nombre de points × 50 % × valeur du point selon l'âge | Convertible partiellement en capital si le taux fonctionnel atteint 50 % |
| Salaire annuel minimum servant de base | Plancher réglementaire | 21 498,47 € depuis le 1er avril 2026 |
Sources : ameli.fr pour l'indemnité en capital et le calcul du taux utile (barème applicable depuis le 1er avril 2026) ; synthèse Klesia de mai 2026 des décrets et arrêtés publiés au Journal officiel du 10 mai 2026 pour la réforme de l'indemnisation duale.
Deux détails pratiques méritent d'être notés. La demande de conversion partielle de la part fonctionnelle en capital doit être faite dans les six mois, passé lesquels elle est perdue. Et les rentes notifiées à compter du 1er novembre 2026 sont payées mensuellement, alors que les rentes antérieures restent trimestrielles jusqu'au 31 décembre 2027 avant de basculer au mensuel le 1er janvier 2028. Les rentes et indemnités en capital d'incapacité permanente restent, elles, exonérées de CSG, de CRDS et d'impôt sur le revenu, précise ameli.fr.
Indépendants : assurés AT/MP, et pourtant zéro indemnité journalière
L'assurance volontaire individuelle accident du travail proposée aux travailleurs indépendants ne verse aucune indemnité journalière : elle couvre les frais de santé, une indemnité en capital ou une rente en cas d'incapacité permanente, et des frais funéraires, rien de plus. C'est ameli.fr qui l'écrit noir sur blanc dans sa fiche consacrée à ce dispositif. Un artisan, un commerçant ou un professionnel libéral qui a souscrit cette assurance et se blesse sur un chantier voit ses soins remboursés à 100 % du tarif de convention — 150 % pour les prothèses dentaires — mais ne perçoit pas un euro au titre des jours non travaillés à ce titre.
La question du maintien de revenu se pose donc dans des termes différents selon le statut : voir notre guide sur la prévoyance TNS 2026 pour les montants et les franchises pratiqués, et notre page assurance prévoyance pour l'articulation entre incapacité, invalidité et décès. Les frais de santé qui continuent de courir pendant un arrêt long relèvent, eux, d'un autre contrat : notre page mutuelle santé en détaille les postes.
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Questions fréquentes
À combien tombe l'indemnité journalière d'accident du travail au 1er novembre 2026 ?
L'indemnité maximale passe de 240,49 € à 65,17 € bruts par jour pour les 28 premiers jours, et de 320,66 € à 86,90 € à partir du 29e jour. Le décret n° 2026-909 du 30 septembre 2026 ramène en effet le plafond du salaire journalier retenu de 400,82 € à 108,62 €, soit de 0,834 % à 0,226 % du plafond annuel de la Sécurité sociale (48 060 € en 2026). Les taux d'indemnisation, eux, restent de 60 % puis 80 % du salaire journalier de base.
Mon arrêt en cours est-il concerné par la baisse du plafond ?
Non. La nouvelle limite s'applique aux sinistres survenus à compter du 1er novembre 2026, c'est-à-dire aux accidents dont la date est postérieure au 31 octobre 2026, ou aux maladies professionnelles dont la première constatation médicale intervient après cette date. Un arrêt en cours pour un accident antérieur conserve l'ancien plafond jusqu'à son terme, y compris si l'indemnisation se poursuit en 2027.
À partir de quel salaire perd-on de l'argent avec ce nouveau plafond ?
À partir d'environ 3 304 € bruts par mois. Le salaire journalier de base égale le salaire brut du mois précédant l'arrêt divisé par 30,42 ; le plafond de 108,62 € est donc atteint à 3 304 € bruts mensuels. En dessous de ce niveau, l'indemnité est inchangée. À 4 000 € bruts, la perte est d'environ 549 € sur 30 jours indemnisés au-delà du 28e jour ; à 5 000 € bruts, d'environ 1 338 €.
Mon employeur doit-il compenser la baisse des indemnités ?
En partie, et pour une durée limitée. Après un an d'ancienneté, le maintien de salaire légal garantit 90 % de la rémunération brute pendant 30 jours, puis 66,66 % pendant 30 jours, sous déduction des indemnités de la Sécurité sociale : comme celles-ci baissent, le complément employeur augmente mécaniquement. Mais cette obligation s'arrête à 60 jours entre 1 et 5 ans d'ancienneté, et à 180 jours au maximum après 31 ans. Au-delà, seules une convention collective plus favorable ou un contrat de prévoyance comblent l'écart.
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