Ambulance et VSL 2026 : ce que la Sécu ne rembourse pas

Guide 2026Mis à jour : septembre 2026·Lecture : 12 min

Le 22 août 2026, au Journal officiel n° 0195, un décret de quatre lignes a déplacé une frontière que presque personne ne surveille : celle du transport sanitaire. Le décret n° 2026-812 du 21 août 2026, « relatif à la soutenabilité de notre système de santé et à la prise en charge des transports sanitaires », annonce dans sa notice qu’il entend « modifier la répartition de la prise en charge des transports sanitaires en renforçant la contribution des organismes complémentaires ». Traduit en langage de facture : sur un trajet en ambulance, en véhicule sanitaire léger ou en taxi conventionné, l’Assurance Maladie va payer moins, et votre complémentaire davantage. Le texte inscrit deux dates, le 1er octobre 2026 et le 1er janvier 2027. Voici ce qu’elles changent, poste par poste — et pourquoi c’est un sujet de retraité avant d’être un sujet d’assuré.

Ambulance et VSL 2026 : ce que la Sécu ne rembourse pas
✓ À retenir
  • Le remboursement des transports a déjà chuté de 10 points, en silence. « En mai 2023, le taux de remboursement légal de la Sécurité sociale a baissé de 10 points, passant de 65 % à 55 % », écrit la DREES dans la fiche 13 « Les transports sanitaires » de son édition 2025 des Dépenses de santé en 2024. Depuis, 45 % de chaque facture de VSL, de taxi conventionné ou d’ambulance relèvent du ticket modérateur — c’est-à-dire de votre complémentaire, ou de vous.
  • Le décret du 21 août 2026 déplace le curseur une seconde fois, au 1er janvier 2027. Son article 1er remplace, au 9° de l’article R. 160-5 du code de la sécurité sociale, la fourchette « de 45 à 55 % » par « de 50 à 60 % ». La participation de l’assuré, aujourd’hui fixée au plancher de 45 %, ne pourra plus descendre en dessous de 50 %.
  • Dès le 1er octobre 2026, toutes les ALD ne donnent plus les mêmes droits. Le même décret réserve l’exonération sur les transports aux affections de longue durée relevant des 3° et 4° de l’article L. 160-14 — celles inscrites sur la liste, et les formes graves hors liste. Les autres reviennent au droit commun.
  • Deux lignes échappent à toute mutuelle. La franchise médicale de 4 € par trajet (8 € pour un aller-retour, plafond de 8 € par jour et de 50 € par an) n’est remboursable par aucun contrat responsable, indique ameli.fr dans sa fiche du 30 avril 2026. Et un taxi non conventionné n’est pas remboursé du tout : « le coût de votre déplacement ne sera pas remboursé et restera intégralement à votre charge ».

Un décret de quatre lignes, deux dates, une facture qui se déplace

Commençons par la définition, parce qu’elle commande tout le reste. Un transport sanitaire est un déplacement vers un lieu de soins, prescrit par un médecin, et réalisé soit par un professionnel — ambulance, véhicule sanitaire léger (VSL) ou taxi conventionné —, soit par vos propres moyens. Ameli.fr en fixe la liste limitative dans sa fiche « Frais de transport : prise en charge et remboursements », mise à jour le 30 avril 2026 : entrée ou sortie d’hospitalisation, soins liés à une affection de longue durée assortis d’une incapacité au déplacement, état nécessitant d’être allongé ou surveillé, trajet de plus de 150 km aller, série d’au moins quatre trajets de plus de 50 km sur deux mois. Hors de ces cas, ou sans prescription préalable, rien n’est pris en charge.

Le poste est massif, et il est structurellement gériatrique. Dans la fiche 13 « Les transports sanitaires » de son édition 2025 des Dépenses de santé en 2024, la DREES chiffre la consommation de transports sanitaires de ville à 6,863 milliards d’euros en 2024, répartis entre les taxis conventionnés (49 % des dépenses), les ambulances (31 %) et les VSL (16 %). La même fiche explique la dynamique en une phrase : la croissance en volume est « notamment portée par le vieillissement de la population, qui accroît le besoin de transports sanitaires ».

C’est sur ce poste qu’est intervenu le décret n° 2026-812 du 21 août 2026, publié au Journal officiel n° 0195 du 22 août 2026. Son article 1er tient en deux alinéas, et chacun a sa propre date d’entrée en vigueur — le texte le précise noir sur blanc : « le texte entre en vigueur le 1er janvier 2027 pour les dispositions du 1° et le 1er octobre 2026 pour les dispositions du 2° ».

DateCe qui changeSource
Mai 2023Le taux de remboursement légal des transports passe de 65 % à 55 %DREES, Les dépenses de santé en 2024, édition 2025, fiche 13
Mars 2024La franchise médicale par trajet double, de 2 € à 4 €, à plafond annuel inchangé (50 €)DREES, fiche 13 ; ameli.fr, 30 avril 2026
Mars 2025Refuser un transport partagé sans contre-indication médicale fait perdre le tiers payantDREES, fiche 13 ; ameli.fr, 30 avril 2026
1er octobre 2026L’exonération sur les transports est réservée aux ALD relevant des 3° et 4° de l’article L. 160-14Décret n° 2026-812 du 21 août 2026, art. 1er, 2°
1er janvier 2027La fourchette de participation de l’assuré passe de « 45 à 55 % » à « 50 à 60 % »Décret n° 2026-812 du 21 août 2026, art. 1er, 1°

Sources : Légifrance (décret n° 2026-812 du 21 août 2026, JORF n° 0195 du 22 août 2026) ; ameli.fr, fiche « Frais de transport : prise en charge et remboursements », 30 avril 2026 ; DREES, Les dépenses de santé en 2024, édition 2025, fiche 13.

Une précision change la lecture du texte, et elle est rarement faite. Le décret ne fixe pas lui-même un taux : le 9° de l’article R. 160-5 du code de la sécurité sociale encadre une fourchette à l’intérieur de laquelle l’Union nationale des caisses d’assurance maladie (UNCAM) arrête la participation de l’assuré. Cette fourchette se lisait « de 45 à 55 % pour les frais de transport » ; elle devient « de 50 à 60 % ». L’UNCAM applique aujourd’hui le plancher — la DREES parle bien d’un « taux théorique » de 45 % du ticket modérateur. Au 1er janvier 2027, ce plancher devient 50 %. Un remboursement de 55 % est donc mécaniquement hors d’atteinte l’an prochain.

Ce transfert n’est pas une hypothèse : c’est la deuxième occurrence en trois ans. La DREES observe, dans la fiche 13 de son édition 2025, que la part des dépenses de transport financée par les organismes complémentaires est passée de 2,8 % à 3,5 % en 2024, « en hausse de 0,7 point par rapport à 2023 en raison de l’augmentation du taux de ticket modérateur légal en mai 2023 ». Les complémentaires ont absorbé la première marche. Elles répercuteront la seconde, comme toujours, sur les cotisations — et d’abord sur celles des contrats senior, dont les assurés sont les premiers usagers du poste.

Qui paie quoi, aujourd’hui et après

Le transfert se lit mieux sur une facture. Prenons 100 € de transport conventionné, l’ordre de grandeur d’un aller en VSL de la périphérie vers l’hôpital. Le ticket modérateur est la part du tarif conventionnel que l’Assurance Maladie ne rembourse pas : c’est exactement la zone que couvre — ou non — votre complémentaire santé. Voici la répartition dans les cinq situations qui couvrent l’essentiel des cas.

SituationRemboursé par l’Assurance MaladieÀ la charge de votre mutuelle, ou de vous
Trajet courant, jusqu’au 31 décembre 202655 €45 € de ticket modérateur, plus 4 € de franchise
Trajet courant, à partir du 1er janvier 202750 € au plus50 € au moins de ticket modérateur, plus 4 € de franchise
ALD des 3° et 4° de l’art. L. 160-14, avec incapacité au référentiel100 €4 € de franchise seulement
Bénéficiaire de la Complémentaire santé solidaire100 €0 €
Taxi non conventionné0 €La totalité de la course

Répartition calculée sur une base de 100 € de tarif conventionnel. Sources : ameli.fr, fiches « Frais de transport : prise en charge et remboursements » (30 avril 2026) et « Le remboursement des frais de transport » (9 octobre 2025) ; décret n° 2026-812 du 21 août 2026. La franchise médicale est plafonnée à 8 € par jour et par transporteur, et à 50 € par an toutes franchises confondues.

Deux lignes de ce tableau méritent qu’on s’y arrête. La quatrième d’abord : les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire sont exonérés de tout, franchise comprise, et la notice du décret du 21 août 2026 confirme qu’il « n’entraînera aucun reste à charge supplémentaire […] pour les 8 millions de Français couverts par la complémentaire santé solidaire ». Si vos revenus sont proches des plafonds, ce point mérite dix minutes de vérification : nous les avons détaillés dans notre guide sur la C2S en 2026.

La cinquième ensuite, qui est le piège le plus coûteux du sujet. Un taxi ordinaire, même s’il vous dépose à l’entrée de l’hôpital avec une prescription en poche, ne donne droit à rien. Ameli.fr est catégorique : « si vous utilisez un taxi non conventionné, le coût de votre déplacement ne sera pas remboursé par l’Assurance Maladie et restera intégralement à votre charge ». Le repère matériel est un logo bleu « Taxi conventionné — Organismes d’assurance maladie » apposé sur la vitre arrière droite du véhicule.

La franchise de 4 € n’est remboursable par aucun contrat, et elle se cumule vite. Elle s’applique aux trajets en taxi conventionné, en VSL et en ambulance — mais ni au véhicule personnel, ni aux transports en commun, ni aux transports d’urgence déclenchés par le 15. Un aller-retour coûte donc 8 €, dans la limite de 8 € par jour et par transporteur, et de 50 € par an toutes franchises confondues. Douze allers-retours dans l’année suffisent à saturer le plafond. Le mécanisme est le même que pour les médicaments : nous l’avons détaillé dans notre guide sur les franchises médicales.
Votre contrat couvre-t-il vraiment la ligne « transport » ?

Beaucoup de contrats senior mentionnent le transport sans préciser à quelle hauteur, et l’écart entre deux formules se voit surtout le jour où l’on en a besoin. La comparaison est gratuite et sans engagement.

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Ce que coûte réellement un trajet : la grille tarifaire 2026

Les pourcentages ne disent rien tant qu’on ne les applique pas à un vrai tarif. Les tarifs des transporteurs sanitaires sont conventionnels, c’est-à-dire fixés par accord entre l’Assurance Maladie et la profession, et publiés sur ameli.fr. Voici la tarification socle en vigueur, telle qu’elle figure sur les fiches « VSL : les tarifs conventionnels » et « Ambulances : les tarifs conventionnels », mises à jour le 30 septembre 2025.

Élément de tarifVSLAmbulance
Forfait départemental10,73 € à 12,47 € selon la zone (A à D)45,60 €
Forfait agglomération50,92 €
Prise en charge13,55 €56,99 €
Tarif kilométrique0,93 € / km2,44 € / km
Majoration trajet court0,91 € à 8,54 € selon la distance2,71 € à 7,57 € selon la distance

Source : ameli.fr, fiches « VSL : les tarifs conventionnels » et « Ambulances : les tarifs conventionnels », mises à jour le 30 septembre 2025 (tarifs applicables depuis le 1er janvier 2025). Pour le VSL, le forfait départemental inclut les trois premiers kilomètres. Des majorations de nuit, de dimanche et de jours fériés, ainsi que des abattements pour transport partagé ou aller-retour, peuvent modifier la facture finale.

Appliquons. Un aller de 25 kilomètres en VSL en zone C se facture 11,34 € de forfait départemental, trois premiers kilomètres inclus, plus 22 kilomètres à 0,93 €, soit 31,80 €. L’Assurance Maladie en rembourse 55 %, soit 17,49 €, dont elle retranche la franchise de 4 € : 13,49 € vous sont effectivement versés. Les 14,31 € de ticket modérateur relèvent de votre complémentaire. Sans complémentaire, ce trajet vous coûte 18,31 €.

Le même trajet en ambulance, au forfait départemental, se facture 45,60 € plus 25 kilomètres à 2,44 €, soit 106,60 €. L’Assurance Maladie en rembourse 58,63 €, moins 4 € de franchise. Le ticket modérateur atteint 47,97 € — pour un seul trajet, et avant toute majoration de nuit ou de dimanche. C’est la ligne qu’un contrat mal calibré laisse passer.

Et au 1er janvier 2027 ? Avec une participation portée au nouveau plancher de 50 %, le ticket modérateur du trajet en VSL passe de 14,31 € à 15,90 €, et celui du trajet en ambulance de 47,97 € à 53,30 €. L’écart paraît modeste à l’unité. Rapporté à un aller-retour hebdomadaire en VSL pendant six mois — cinquante-deux trajets, le rythme d’une dialyse ou d’une radiothérapie —, il représente 82,68 € de plus à la charge de la complémentaire, donc à terme de la cotisation.

82 € par an sur un seul poste, c’est le prix d’un mois de cotisation

Sur un contrat senior, l’écart entre deux formules dépasse souvent largement ce montant — à garanties équivalentes. Quelques minutes suffisent pour le vérifier, gratuitement et sans engagement.

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1er octobre 2026 : toutes les ALD ne donnent plus les mêmes droits

C’est la disposition la plus proche, et la moins commentée. Le 2° de l’article 1er du décret insère, au b du 1° de l’article R. 322-10 du code de la sécurité sociale, après les mots « de longue durée », les mots « relevant des 3° et 4° de l’article L. 160-14 ». Douze mots qui opèrent un tri.

L’article L. 160-14 énumère les cas dans lesquels la participation de l’assuré peut être supprimée. Son vise l’assuré « reconnu atteint d’une des affections, comportant un traitement prolongé et une thérapeutique particulièrement coûteuse, inscrites sur une liste établie par décret » — la fameuse liste des ALD. Son vise deux situations cumulatives : une affection grave caractérisée ne figurant pas sur cette liste, ou plusieurs affections entraînant un état pathologique invalidant, dès lors qu’elles nécessitent un traitement prolongé et coûteux. Ce sont, dans le langage courant, les ALD exonérantes.

Jusqu’au 30 septembre 2026, la prise en charge des transports pouvait bénéficier à un assuré « reconnu atteint d’une affection longue durée exonérante ou non », selon les termes mêmes d’ameli.fr au 30 avril 2026. À compter du 1er octobre, la mention des 3° et 4° ferme cette porte : les affections de longue durée non exonérantes basculent dans le droit commun, à 55 % puis 50 %. La notice du décret l’assume et la présente comme une « harmonisation des conditions de prise en charge des transports sanitaires pour tous les assurés n’étant pas atteints d’une affection de longue durée au sens des 3° et 4° de l’article L. 160-14 […], afin de concentrer les ressources sur les situations les plus médicalement justifiées ».

Être « en ALD » ne suffit pas, et n’a d’ailleurs jamais suffi pour les transports. Même avec une ALD des 3° ou 4°, ameli.fr rappelle que l’exonération suppose en outre que le transport soit en lien avec l’affection et que vous présentiez une incapacité ou une déficience définies par le référentiel de prescription des transports, fixé par l’arrêté du 23 décembre 2006. Un patient en ALD qui se déplace normalement n’ouvre pas droit à la prise en charge du transport. C’est le même malentendu que sur le reste de la couverture : nous l’avons disséqué dans notre guide ALD et mutuelle senior, faut-il la garder en 2026.

Un mot sur le calibrage du texte, par honnêteté : la notice affirme qu’il « n’entraînera aucun reste à charge supplémentaire pour les personnes en ALD ». C’est exact pour les ALD des 3° et 4°, qui conservent leur exonération. Ce l’est moins pour les autres, et ce n’est vrai pour personne à l’échelle de la cotisation : ce que la Sécurité sociale cesse de payer, ce sont les complémentaires qui le paient, et ce sont les assurés qui financent les complémentaires. Le décret ne dit pas autre chose lorsqu’il annonce « renforcer la contribution des organismes complémentaires ».

Transport partagé : le tiers payant est devenu une contrepartie

Parallèlement au taux, l’Assurance Maladie a changé l’organisation. Depuis mars 2025, indique la DREES dans sa fiche 13, « les patients refusant un transport partagé sans contre-indication médicale n’auront plus accès au tiers payant ». Ameli.fr le formule dans les mêmes termes au 30 avril 2026 : les patients « en état de recourir au transport partagé et qui le refusent ne peuvent plus bénéficier du tiers payant » et doivent avancer la totalité de la course.

Concrètement, dès lors qu’un transport assis professionnalisé — VSL ou taxi conventionné — est prescrit et qu’aucune contre-indication ne figure sur l’ordonnance, le transport partagé est proposé par défaut, avec trois passagers au maximum. La mesure vise les soins répétitifs programmés : traitements médicamenteux systémiques du cancer, radiothérapie, dialyse, soins médicaux de réadaptation, et toute séance en hospitalisation de jour.

Le partage est encadré, et ces bornes sont opposables. Ameli.fr précise que le détour occasionné « ne peut dépasser 10 kilomètres par patient transporté à partir du deuxième, dans la limite de 30 kilomètres », et que l’attente sur le lieu de soins, avant et après la prise en charge, « ne doit pas dépasser 45 minutes au total ». Si votre transporteur sort de ces limites, le refus devient légitime.

Deux exceptions à connaître. Les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire et de l’aide médicale de l’État ne sont pas concernés par la perte du tiers payant. Et si votre état de santé justifie une surveillance, un apport en oxygène, des conditions d’hygiène particulières, ou si vous êtes contagieux, c’est au médecin de le mentionner sur la prescription : le transport partagé ne vous sera alors pas proposé, et le tiers payant reste acquis. Faites-le inscrire au moment de la prescription, pas après.

Les six vérifications à faire sur votre contrat avant janvier

La bonne nouvelle est qu’il reste un trimestre pour agir, et que l’essentiel se joue sur des lignes précises du tableau de garanties. Voici la marche à suivre, conditions générales en main.

  1. Cherchez la ligne « transport » et son taux. Elle s’exprime en pourcentage de la base de remboursement de la Sécurité sociale. Un contrat affichant « 100 % BR » ne couvre que le ticket modérateur, ce qui est exactement le besoin ici — mais un contrat qui ne mentionne pas le transport ne le rembourse pas.
  2. Vérifiez qu’il n’y a pas de plafond annuel sur ce poste. C’est l’écueil des contrats d’entrée de gamme : un plafond de quelques dizaines d’euros par an est vite atteint par une série de trajets, et il ne se voit qu’en note de bas de page.
  3. Confirmez que l’ambulance est couverte au même niveau que le VSL. Le ticket modérateur d’un trajet en ambulance est trois à quatre fois celui d’un VSL. Certains contrats distinguent les deux sans le dire clairement.
  4. Ne payez pas pour la franchise. Aucun contrat responsable ne peut rembourser les 4 € par trajet. Si un argumentaire commercial le laisse entendre, c’est une raison de relire le reste du document.
  5. Si vous êtes en ALD, vérifiez laquelle. Votre notification de la caisse indique l’affection reconnue. Une ALD non exonérante perd, au 1er octobre 2026, la prise en charge intégrale des transports : la garantie transport de votre complémentaire devient alors votre seule protection sur ce poste.
  6. Vérifiez le délai d’attente avant de changer de contrat. Aucun texte ne l’encadre : il relève des conditions générales. De nombreux organismes le suppriment sur présentation du certificat de radiation du contrat précédent — demandez-le par écrit avant de signer.

Un dernier repère, pour situer l’enjeu. Le reste à charge des ménages sur les transports sanitaires reste faible en apparence — 195 millions d’euros en 2024, soit 2,8 % des dépenses selon la DREES —, mais il a progressé de 1,7 % à 2,8 % en dix ans. Cette moyenne écrase des situations très inégales : elle est de zéro pour un patient en ALD exonérante, et de plusieurs centaines d’euros par an pour un assuré mal couvert qui enchaîne les trajets. La moyenne n’est jamais votre facture.

Nos autres analyses chiffrées pour les 55 ans et plus sont regroupées sur notre page mutuelle senior, et pour les autres âges sur notre comparatif mutuelle santé. Sur le poste voisin qui produit, lui aussi, des factures à trois chiffres sans prévenir, voir notre guide sur l’hospitalisation après 65 ans — le trajet du retour en fait souvent partie.

Un quart d’heure maintenant, plutôt qu’une facture en janvier

Le taux baisse au 1er janvier 2027 : c’est le bon moment pour vérifier que la ligne « transport » de votre contrat existe, et à quelle hauteur. Comparer est gratuit, sans engagement, et ne demande aucune information médicale.

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Questions fréquentes

Combien l’Assurance Maladie rembourse-t-elle un transport en ambulance, en VSL ou en taxi conventionné en 2026 ?

55 % du tarif conventionnel dans le cas général, et 100 % dans douze situations limitativement énumérées par ameli.fr dans sa fiche « Frais de transport : prise en charge et remboursements » du 30 avril 2026. Ce taux de 55 % est récent : la DREES rappelle, dans la fiche 13 « Les transports sanitaires » de son édition 2025 des Dépenses de santé en 2024, qu’« en mai 2023, le taux de remboursement légal de la Sécurité sociale a baissé de 10 points, passant de 65 % à 55 % ». Les 45 % restants constituent le ticket modérateur, pris en charge par votre complémentaire santé si votre contrat prévoit une garantie transport. S’y ajoute une franchise médicale de 4 € par trajet, déduite du remboursement, plafonnée à 8 € par jour et par transporteur et à 50 € par an toutes franchises confondues : aucun contrat responsable ne la rembourse. Attention enfin au taxi : seul un taxi conventionné, reconnaissable au logo bleu apposé sur sa vitre arrière droite, ouvre droit à un remboursement. Un taxi ordinaire reste intégralement à votre charge, prescription ou pas.

Qu’est-ce qui change au 1er octobre 2026 et au 1er janvier 2027 ?

Deux choses distinctes, issues du même texte : le décret n° 2026-812 du 21 août 2026, publié au Journal officiel n° 0195 du 22 août 2026. Au 1er octobre 2026, l’exonération du ticket modérateur sur les transports liés à une affection de longue durée est réservée aux ALD relevant des 3° et 4° de l’article L. 160-14 du code de la sécurité sociale, c’est-à-dire les affections inscrites sur la liste et les formes graves hors liste ou polypathologies invalidantes. Les affections de longue durée non exonérantes, qui ouvraient jusqu’ici droit à une prise en charge intégrale des transports, reviennent au droit commun. Au 1er janvier 2027, la fourchette de participation de l’assuré fixée au 9° de l’article R. 160-5 passe de « 45 à 55 % » à « 50 à 60 % ». Le décret ne fixe pas lui-même le taux — c’est l’UNCAM qui l’arrête à l’intérieur de cette fourchette — mais il en relève le plancher : la participation ne pourra plus être inférieure à 50 %, contre 45 % aujourd’hui. La notice du décret annonce explicitement l’objectif : « renforcer la contribution des organismes complémentaires ».

Peut-on refuser un transport partagé sans perdre de remboursement ?

Le remboursement lui-même n’est pas perdu, mais le tiers payant l’est. Depuis mars 2025, un patient dont l’état de santé permet le transport partagé et qui le refuse doit avancer la totalité du prix de la course et se faire rembourser ensuite, précise ameli.fr dans sa fiche du 30 avril 2026. La mesure concerne les transports liés à des soins répétitifs programmés : chimiothérapie, radiothérapie, dialyse, soins médicaux de réadaptation, hospitalisation de jour. Deux garde-fous existent. D’une part, les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire et de l’aide médicale de l’État ne sont pas concernés. D’autre part, le transport partagé est encadré : il n’est proposé que si le détour ne dépasse pas 10 kilomètres par patient transporté à partir du deuxième, dans la limite de 30 kilomètres, et si l’attente sur le lieu de soins n’excède pas 45 minutes au total. Si votre état justifie une surveillance, un apport en oxygène, des conditions d’hygiène particulières, ou si vous êtes contagieux, le médecin doit porter la contre-indication sur la prescription médicale de transport : le partage n’est alors pas proposé et le tiers payant est conservé. Cette mention doit être obtenue au moment de la prescription.

Quelle garantie transport faut-il chercher dans un contrat de mutuelle senior ?

Une garantie exprimée en pourcentage de la base de remboursement de la Sécurité sociale, d’au moins 100 % BR, et surtout sans plafond annuel. Le besoin réel est circonscrit : il s’agit de couvrir le ticket modérateur, soit 45 % du tarif conventionnel aujourd’hui et au moins 50 % à partir du 1er janvier 2027. L’ordre de grandeur compte plus que le taux affiché. Sur un aller de 25 kilomètres, le ticket modérateur s’élève à environ 14 € en VSL — 11,34 € de forfait départemental en zone C plus 22 kilomètres à 0,93 €, selon la grille publiée par ameli.fr le 30 septembre 2025 — mais à près de 48 € en ambulance, dont le forfait départemental est de 45,60 € et le tarif kilométrique de 2,44 €. Vérifiez donc trois points : que l’ambulance est couverte au même niveau que le transport assis, qu’aucun plafond annuel ne vient tronquer une série de trajets, et qu’aucun délai d’attente ne s’applique si vous changez de contrat — beaucoup d’organismes le suppriment sur présentation du certificat de radiation du contrat précédent. Inutile en revanche de payer pour la franchise de 4 € par trajet : elle n’est remboursable par aucun contrat responsable.

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