Arrêt de travail 2027 : CSG à 9,2 %, IJ ALD imposables à 50 %

Guide 2026Mis à jour : octobre 2026·Lecture : 6 min

Trois textes déposés entre le 9 et le 30 septembre 2026 modifient ce que vous touchez pendant un arrêt de travail, et aucun ne baisse le montant brut de l'indemnité : ils rognent le net. La CSG des indemnités journalières passerait de 6,2 % à 9,2 % au 1er janvier 2027, soit 1,29 € de moins par jour au plafond, et 38,70 € sur un mois complet d'arrêt. Les indemnités versées au titre d'une affection de longue durée, aujourd'hui exonérées d'impôt sur le revenu, deviendraient imposables pour moitié. Et dès le 1er novembre 2026, le plafond de calcul de l'indemnité d'accident du travail tombe à 1,8 SMIC.

Homme assis dans son salon pendant un arrêt de travail, documents administratifs posés sur la table basse
✓ À retenir
  • CSG : 6,2 % aujourd'hui, 9,2 % proposés au 1er janvier 2027. Au plafond de 42,97 € bruts par jour (ameli.fr, barème applicable au 1er juin 2026), l'indemnité nette passerait de 40,09 € à 38,80 €.
  • Impôt : l'article 2 du projet de loi de finances pour 2027, déposé le 30 septembre 2026, rendrait imposables 50 % des indemnités d'ALD (exonérées aujourd'hui) et 100 % de celles d'accident du travail (imposables à 50 % aujourd'hui).
  • Accident du travail : un projet de décret présenté le 9 septembre 2026 à la commission AT/MP ramène le plafond de calcul à 1,8 SMIC pour les sinistres survenus à compter du 1er novembre 2026.
  • Rien n'est voté : l'examen parlementaire du budget s'ouvre le 13 octobre 2026. Ce qui est déjà acquis, c'est que l'écart se reporte sur l'employeur et sur les contrats de prévoyance.

Trois textes, trois dates : ce qui se joue d'ici janvier

Aucune des trois mesures ne touche au calcul de l'indemnité journalière elle-même : elles agissent sur les prélèvements et sur le plafond. C'est ce qui les rend difficiles à repérer — un salarié arrêté en février 2027 verra le même brut sur son décompte qu'en 2026, et un net plus faible. Le gouvernement vise 2 milliards d'euros d'économies sur les arrêts de travail en 2027, dont environ la moitié par la négociation avec les partenaires sociaux et le reste par le rapprochement du traitement fiscal des indemnités avec celui des revenus d'activité, selon le dossier de presse du projet de loi de financement de la Sécurité sociale présenté le 1er octobre 2026.

MesureTexteEntrée en vigueur annoncéeStatut au 4 octobre 2026
Plafond de calcul des IJ accident du travail ramené à 1,8 SMICProjet de décret (voie réglementaire)1er novembre 2026, pour les sinistres survenus à compter de cette dateHors débat parlementaire
CSG des indemnités journalières alignée sur celle du complément employeur : 6,2 % vers 9,2 %PLFSS 20271er janvier 2027Déposé, non voté
IJ d'affection de longue durée imposables à 50 % ; IJ d'accident du travail imposables à 100 %Article 2 du PLF 2027 (article 80 quinquies du code général des impôts)1er janvier 2027Déposé, non voté

Sources : dossier de presse du PLFSS 2027 et projet de loi de finances pour 2027 déposé le 30 septembre 2026, synthétisés par LégiFiscal le 2 octobre 2026 ; projet de décret AT/MP présenté le 9 septembre 2026 à la commission des accidents du travail et maladies professionnelles.

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1er novembre 2026 : l'indemnité d'accident du travail plafonnée à 1,8 SMIC

C'est la seule des trois mesures qui ne passe pas par le Parlement, et c'est la plus proche : elle s'applique aux sinistres survenus à compter du 1er novembre 2026. Aujourd'hui, l'indemnité journalière d'accident du travail est plafonnée à 240,49 € bruts par jour pendant les 28 premiers jours, puis 320,66 € à partir du 29e, selon les montants de référence publiés par ameli.fr et applicables au 1er juin 2026. Le projet de décret présenté le 9 septembre 2026 à la commission AT/MP remplace cette référence par 1,8 SMIC : selon les projections gouvernementales relayées en septembre 2026 par France-Épargne, le maximum tomberait autour de 112 € par jour.

Ces plafonds ne concernent dans les faits que les hauts salaires, mais le mécanisme, lui, est général : ce que la Sécurité sociale cesse de verser ne disparaît pas, il change de payeur. Le maintien de salaire légal, prévu par les articles L. 1226-1 et D. 1226-1 du code du travail, reste dû par l'employeur — 90 % de la rémunération brute pendant 30 jours après un an d'ancienneté, puis deux tiers sur une durée équivalente. Au-delà, c'est le contrat de prévoyance qui prend le relais, le plus souvent par une clause rédigée « sous déduction des indemnités journalières de la Sécurité sociale » : quand celles-ci baissent, la part à la charge de l'assureur augmente mécaniquement.

Les salariés sans complément employeur sont ceux qui encaissent la baisse en entier. Intérimaires, saisonniers, salariés du particulier employeur et intermittents du spectacle ne bénéficient pas du maintien de salaire légal dans les mêmes conditions. Pour eux, un plafond qui passe de 240,49 € à environ 112 € par jour n'est compensé par personne : sur un arrêt de 30 jours, la différence théorique atteint près de 3 800 €. C'est exactement le trou qu'un contrat de prévoyance individuelle est censé fermer.

1er janvier 2027 : trois points de CSG, salaire par salaire

L'indemnité journalière supporte aujourd'hui 6,2 % de CSG et 0,5 % de CRDS, soit 6,7 % de prélèvements ; le PLFSS 2027 porterait la CSG à 9,2 %, le taux appliqué aux revenus d'activité, soit 9,7 % au total. La logique affichée est l'alignement sur le complément versé par l'employeur, déjà soumis à 9,2 %. Le résultat, pour le salarié, est une baisse de net de 3 % du montant brut de l'indemnité — tous les jours indemnisés, sans exception.

Salaire brut mensuelIJ brute par jourNet aujourd'hui (moins 6,7 %)Net avec la CSG à 9,2 % (moins 9,7 %)Écart sur 30 jours
1 867 € (SMIC)30,69 €28,63 €27,71 €−27,62 €
2 000 €32,88 €30,68 €29,69 €−29,59 €
2 300 €37,81 €35,28 €34,14 €−34,03 €
2 614 € et au-delà (plafond)42,97 €40,09 €38,80 €−38,70 €

Calculs Je Simule à partir du mode de calcul publié par ameli.fr : indemnité égale à 50 % du salaire journalier de base, salaire mensuel retenu dans la limite de 1,4 SMIC. SMIC à 1 867,02 € bruts par mois depuis le 1er juin 2026 (info.gouv.fr), soit un plafond de salaire retenu de 2 613,83 € et une indemnité maximale de 42,97 € bruts par jour. Taux de prélèvement actuels : CSG 6,2 % et CRDS 0,5 % sur 100 % du montant brut (Urssaf, revenus de remplacement).

Un point mérite d'être souligné parce qu'il est contre-intuitif : il n'existe ni exonération ni taux réduit de CSG sur les indemnités journalières maladie. Les pensions d'invalidité et les allocations chômage bénéficient, elles, d'un barème à quatre taux selon le revenu fiscal de référence, qui peut descendre à 3,8 % ou à zéro. Les indemnités journalières sont assujetties au taux plein sur 100 % de leur montant, rappelle la fiche de référence sur les revenus de remplacement applicable depuis le 1er janvier 2026. Un salarié au SMIC perdrait donc ses trois points de CSG au même titre qu'un cadre.

L'arrêt de longue durée perdrait son exonération d'impôt

Les indemnités journalières versées au titre d'une affection de longue durée sont aujourd'hui exonérées d'impôt sur le revenu ; l'article 2 du projet de loi de finances pour 2027 les rendrait imposables pour 50 % de leur montant. Le même article supprimerait l'exonération de moitié dont bénéficient les indemnités d'accident du travail et de maladie professionnelle, qui deviendraient imposables en totalité. Les deux modifications portent sur l'article 80 quinquies du code général des impôts et s'appliqueraient, selon le texte déposé le 30 septembre 2026, aux revenus de 2027.

  • Pour un assuré en ALD, l'effet se cumule avec la CSG : le montant brut est inchangé, le net baisse de 3 points, et une moitié de ce qui reste entre dans le revenu imposable l'année suivante.
  • L'exonération actuelle n'est pas une faveur mais la contrepartie d'un arrêt long, pendant lequel les frais de santé et les déplacements augmentent alors que le revenu a déjà chuté de moitié.
  • La durée d'indemnisation des arrêts liés à une ALD non exonérante a par ailleurs été ramenée de 1 095 à 360 jours par un décret entré en vigueur le 15 octobre 2026.
  • Aucune des deux mesures fiscales n'est votée : l'examen du budget s'ouvre le 13 octobre 2026 et les deux textes peuvent être amendés ou supprimés en séance.

Pour mesurer ce que ces dispositions déplacent, il faut partir de ce que couvre déjà la Sécurité sociale : notre page assurance prévoyance détaille les garanties incapacité, invalidité et décès, et notre guide sur la pension d'invalidité 2026 donne les montants qui prennent le relais quand l'arrêt se prolonge.

Qui absorbe l'écart : l'employeur, le contrat, ou vous

L'ordre est toujours le même : Sécurité sociale, puis maintien de salaire de l'employeur, puis prévoyance, puis vous. Chacune des trois mesures réduit le premier étage sans toucher aux suivants, ce qui revient à les solliciter davantage — ou, lorsqu'ils sont absents, à laisser le reste à charge au salarié. C'est la raison pour laquelle une actualité budgétaire se lit concrètement sur une fiche de paie et sur un contrat d'assurance.

Exemple chiffré. Salariée de 39 ans, 3 100 € bruts par mois, deux mois d'arrêt maladie en 2027, la mesure votée. Son salaire dépassant le plafond de 1,4 SMIC (2 613,83 € bruts), elle perçoit l'indemnité maximale. Après les trois jours de carence, 57 jours sont indemnisés : 2 449,29 € bruts. Avec les prélèvements actuels, elle encaisse 2 285 € ; avec la CSG à 9,2 %, 2 212 €, soit 73 € de moins. Rapporté à deux mois de salaire brut (6 200 €), la Sécurité sociale couvre environ 36 % de sa rémunération. Le maintien de salaire de son employeur et son contrat de prévoyance décident de ce qu'elle touche réellement sur les 64 % restants — l'écart entre un bon contrat et un contrat au rabais se compte ici en milliers d'euros.
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Les quatre lignes à relire dans votre contrat avant novembre

La question utile n'est pas « combien verse mon contrat ? » mais « sur quelle base le calcule-t-il ? ». Un contrat exprimé en pourcentage du salaire brut absorbe une baisse des indemnités de la Sécurité sociale ; un contrat exprimé « en complément des indemnités journalières » peut, selon sa rédaction, verser exactement la même somme qu'avant et vous laisser la différence. Ces quatre points se vérifient dans les conditions générales, pas sur une plaquette.

  1. La prestation est-elle calculée en pourcentage de votre revenu de référence, ou en complément d'indemnités journalières reconstituées ? Faites citer la clause par écrit.
  2. Le contrat prévoit-il une revalorisation automatique du revenu garanti ? Un capital ou une rente figés perdent leur valeur sur un arrêt long.
  3. Quelle franchise s'applique : 30, 60 ou 90 jours ? C'est le premier levier de prix, et celui qui vous expose le plus si votre employeur ne maintient pas votre salaire.
  4. Les garanties couvrent-elles l'accident du travail, ou seulement la maladie ? La question devient décisive au 1er novembre 2026, avec le nouveau plafond AT/MP.

Pour les frais de santé qui continuent de courir pendant un arrêt long — consultations, transports, dépassements —, la couverture se vérifie séparément sur notre page mutuelle santé : une prévoyance indemnise la perte de revenu, pas les soins.

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Questions fréquentes

La hausse de la CSG sur les indemnités journalières est-elle votée ?

Non. Elle figure dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027, présenté le 1er octobre 2026, dont l'examen parlementaire s'ouvre le 13 octobre 2026. Le taux passerait de 6,2 % à 9,2 % au 1er janvier 2027. Tant que le texte n'est pas adopté et promulgué, le taux applicable reste 6,2 %, auquel s'ajoute 0,5 % de CRDS.

Combien perd-on sur un mois d'arrêt si la CSG passe à 9,2 % ?

La perte est égale à 3 % du montant brut de l'indemnité. Au plafond de 42,97 € bruts par jour, cela représente 1,29 € par jour, soit 38,70 € sur 30 jours indemnisés. Au niveau du SMIC, l'indemnité brute est de 30,69 € par jour et la perte de 0,92 € par jour, soit 27,62 € sur un mois. Le montant brut versé par l'Assurance Maladie, lui, ne change pas.

Les indemnités journalières d'une affection de longue durée sont-elles imposables ?

Elles ne le sont pas aujourd'hui : l'article 80 quinquies du code général des impôts les exonère d'impôt sur le revenu. L'article 2 du projet de loi de finances pour 2027, déposé le 30 septembre 2026, prévoit de les rendre imposables à hauteur de 50 % de leur montant. Les indemnités d'accident du travail, imposables pour moitié aujourd'hui, le deviendraient en totalité. Ces deux dispositions ne sont pas encore votées.

Mon contrat de prévoyance compensera-t-il la baisse des indemnités ?

Cela dépend de sa rédaction. Un contrat qui garantit un pourcentage de votre revenu de référence verse davantage quand les indemnités de la Sécurité sociale baissent, puisqu'il comble l'écart. Un contrat formulé « sous déduction des indemnités journalières » suit la même logique, mais certaines clauses raisonnent sur des indemnités reconstituées ou théoriques, et ne compensent alors rien. La clause de calcul figure dans les conditions générales, pas sur la notice commerciale.

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