Auto-entrepreneur en arrêt maladie 2026 : 0 à 65,84 €/jour

Guide 2026Mis à jour : août 2026·Lecture : 8 min

Un auto-entrepreneur en arrêt maladie touche entre 0 € et 65,84 € bruts par jour en 2026, selon ameli.fr. Le piège n'est pas le plafond, c'est la base de calcul : la Sécurité sociale ne retient pas votre chiffre d'affaires mais votre CA diminué de l'abattement forfaitaire, soit 29 % seulement pour une activité de vente. Un commerçant à 90 000 € de CA perçoit ainsi 35,75 € par jour, et rien pendant les trois premiers jours.

Artisane indépendante travaillant dans son atelier, illustration de la protection sociale des auto-entrepreneurs en 2026
✓ À retenir
  • L'indemnité journalière vaut 1/730e du revenu d'activité annuel moyen des 3 dernières années civiles, plafonnée à 65,84 € bruts par jour au 1er janvier 2026 (ameli.fr, page mise à jour le 1er juin 2026).
  • Pour un micro-entrepreneur, le revenu retenu est le CA diminué de l'abattement forfaitaire : 71 % en vente, 50 % en prestations BIC, 34 % en BNC (impots.gouv.fr).
  • En dessous de 4 582 € de revenu annuel moyen, l'indemnité journalière est de 0 € pour un arrêt commençant en 2026, et 12 mois d'affiliation continue sont exigés.
  • Un micro-entrepreneur en prestations de services BIC ne peut jamais atteindre le plafond : au maximum du CA autorisé, son indemnité plafonne à 57,26 € par jour.
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Entre 0 € et 65,84 € par jour : la réponse chiffrée

En 2026, l'indemnité journalière maladie d'un auto-entrepreneur est égale à 1/730e de son revenu d'activité annuel moyen (Raam), sans jamais dépasser 65,84 € bruts par jour. Ce maximum a été fixé au 1er janvier 2026 par l'Assurance Maladie et figure sur la page d'ameli.fr consacrée aux artisans et commerçants, mise à jour le 1er juin 2026. Il vaut aussi pour les micro-entrepreneurs et les professions libérales non réglementées, rattachées à ce régime depuis 2018 et 2019.

Le Raam correspond à la moyenne de vos revenus cotisés sur les trois années civiles précédant l'arrêt, retenus dans la limite du plafond annuel de la Sécurité sociale. Ce plafond s'établit à 48 060 € pour 2026, montant fixé par l'arrêté du 22 décembre 2025 publié au Journal officiel et repris par l'Urssaf. La division par 730 correspond à deux ans de jours calendaires : elle produit mécaniquement une indemnité proche de la moitié d'un revenu journalier.

Le maximum de 65,84 € par jour représente 1 975 € pour un mois complet d'arrêt, avant prélèvements sociaux. Encore faut-il déclarer 48 060 € de revenu trois années de suite : on va voir que c'est hors de portée pour une bonne partie des micro-entreprises.

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Calculer votre indemnité en 4 étapes

Le calcul tient en quatre opérations et se fait à partir de votre chiffre d'affaires déclaré, jamais à partir de votre revenu réel. C'est la particularité de la micro-entreprise : l'administration applique un abattement forfaitaire uniforme, que vos charges soient plus lourdes ou plus légères que ce forfait.

  1. Prenez votre chiffre d'affaires encaissé sur chacune des trois dernières années civiles. Pour un arrêt débutant en 2026, ce sont les CA 2023, 2024 et 2025.
  2. Appliquez l'abattement forfaitaire correspondant à votre activité : 71 % pour la vente de marchandises et la fourniture de logement, 50 % pour les prestations de services relevant des BIC, 34 % pour les BNC et les professions libérales, taux publiés par impots.gouv.fr.
  3. Faites la moyenne des trois revenus obtenus, en plafonnant chaque année au PASS : vous obtenez votre revenu d'activité annuel moyen (Raam).
  4. Divisez ce Raam par 730. Le résultat est votre indemnité journalière brute, écrêtée à 65,84 € si le calcul donne davantage.
ActivitéCA/anRevenu retenuIJ/jour30 jours
Vente (71 %)90 000 €26 100 €35,75 €1 072 €
Services BIC (50 %)36 000 €18 000 €24,66 €740 €
Libéral BNC (34 %)50 000 €33 000 €45,21 €1 356 €
Au plafond du PASS48 060 €65,84 €1 975 €

Calculs Je Simule appliqués à la formule officielle d'ameli.fr (1/730e du revenu d'activité annuel moyen, plafond 65,84 €/jour au 1er janvier 2026) et aux abattements forfaitaires micro-fiscaux publiés par impots.gouv.fr. Le mois d'arrêt est compté hors délai de carence de 3 jours et avant prélèvements sociaux.

L'écart avec un salarié est frappant. À revenu disponible comparable, l'artisan-commerçant bénéficie d'un plafond journalier plus élevé que les 42,97 € du régime général, mais il n'a aucun employeur pour verser un maintien de salaire pendant les premières semaines. Le socle obligatoire est donc son seul filet, sauf contrat individuel. Notre page assurance prévoyance détaille les garanties qui prennent le relais.

Les deux seuils qui peuvent tout annuler

Deux conditions font tomber l'indemnisation à zéro : moins de 12 mois d'affiliation continue, ou un revenu d'activité annuel moyen inférieur à 4 582 € pour un arrêt commençant en 2026. Ces deux règles figurent explicitement sur la page d'ameli.fr dédiée aux artisans et commerçants. Le seuil de 4 582 € correspond à 10 % de la moyenne des plafonds de Sécurité sociale des trois années considérées.

Pour une activité de vente, l'abattement de 71 % ne laisse que 29 % du CA : il faut donc encaisser environ 15 800 € par an pour franchir le seuil de 4 582 € et ouvrir un droit à indemnisation. En prestations de services BIC, le seuil est atteint dès 9 164 € de CA ; en BNC, dès 6 942 €. Un auto-entrepreneur en vente avec 14 000 € de CA annuel cotise, déclare, paie ses contributions — et percevrait pourtant 0 € par jour en cas d'arrêt maladie. Un recours existe : si vos droits sont insuffisants, une réétude de dossier au titre de votre activité antérieure peut être demandée via le téléservice de demarches-simplifiees.fr, précise l'Assurance Maladie.

Le plafond joue à l'autre extrémité, et il réserve une surprise. Le régime micro limite le chiffre d'affaires à 203 100 € en vente et 83 600 € en prestations de services ou activités libérales pour 2026, seuils relevés cette année et publiés par l'Urssaf. Or 83 600 € de CA en prestations BIC, une fois l'abattement de 50 % appliqué, ne représentent que 41 800 € de revenu retenu.

Conséquence : un micro-entrepreneur en prestations de services BIC ne peut jamais atteindre l'indemnité maximale. Même au plafond absolu de son régime, son indemnité journalière culmine à 57,26 € par jour, soit 8,58 € de moins que le maximum légal. Un BNC, lui, atteint le plafond à partir de 72 818 € de CA environ ; un vendeur, à partir de 165 724 €.

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Carence de 3 jours et fiscalité : ce qui reste vraiment

Aucune indemnité n'est versée pendant les trois premiers jours d'arrêt, et celles qui suivent supportent 6,7 % de prélèvements sociaux puis l'impôt sur le revenu. Le délai de carence s'applique au début de chaque arrêt, indique ameli.fr : les indemnités sont dues à compter du 4e jour. Trois exceptions le suppriment : prolongation après moins de 48 heures de reprise, affection de longue durée, interruption spontanée de grossesse.

Sur le montant versé s'appliquent 6,2 % de CSG et 0,5 % de CRDS. Nos calculs à partir de ces taux ramènent une indemnité de 24,66 € bruts à 23,01 € nets, et le maximum de 65,84 € à 61,42 €. L'impôt sur le revenu s'y ajoute par prélèvement à la source, sauf pour les arrêts liés à une affection de longue durée exonérante.

ÉtapeCe qui se passeEffet sur votre trésorerie
Jours 1 à 3Délai de carence0 € versé
À partir du 4e jourOuverture du droitIJ calculée sur le Raam
VersementTous les 14 jours en moyenneDécalage de trésorerie de 2 à 4 semaines
Sur le montant verséCSG 6,2 % et CRDS 0,5 %−6,7 % sur chaque indemnité
À la déclarationImposition au barèmeSauf ALD exonérante
Envoi de l'arrêt48 heures pour transmettre à la CPAMRetard = risque de réduction

Synthèse établie à partir des règles publiées sur ameli.fr (délai de carence, versement tous les 14 jours en moyenne, prélèvements sociaux et imposition des indemnités journalières), consultées le 23 août 2026.

Libéral réglementé : 90 jours, puis le vide

Si vous relevez d'une caisse libérale réglementée (CARMF, CIPAV, CARPV et autres sections de la CNAVPL), la CPAM n'indemnise votre arrêt que jusqu'au 90e jour. Cette indemnisation, créée par la réforme entrée en vigueur le 1er juillet 2021, s'accompagne du même délai de carence de 3 jours. Au-delà du 90e jour, le relais dépend entièrement du régime invalidité-décès de votre caisse, et il n'est pas systématique : les affiliés de la CIPAV et de la CARPV ne perçoivent plus rien de la CPAM à partir du 91e jour.

La distinction est essentielle : une profession libérale non réglementée exercée en micro-entreprise relève du régime des artisans-commerçants, avec ses 360 jours d'indemnisation possibles sur trois ans. Vérifiez votre section d'affiliation avant de dimensionner une couverture.

Combler le trou : ce que change un contrat de prévoyance

Une prévoyance individuelle verse une indemnité journalière que vous fixez au contrat, indépendante de l'abattement forfaitaire et cumulable avec celle de la Sécurité sociale, dans la limite de votre revenu. C'est précisément ce que le régime obligatoire ne sait pas faire pour une micro-entreprise : indemniser sur le revenu réel plutôt que sur un forfait fiscal. Le contrat permet aussi de choisir la franchise — 15, 30, 60 ou 90 jours — et donc de neutraliser en partie la carence.

Le taux d'équipement reste faible : 44 % des travailleurs non salariés déclarent disposer d'un contrat de prévoyance en 2026, niveau stable selon le baromètre relayé par L'Argus de l'assurance en 2026, alors que 62 % estiment ne pas pouvoir tenir plus d'un mois sans revenu d'activité. Le prix est le premier frein cité par 60 % des non-couverts — ce qui rend la mise en concurrence d'autant plus rentable.

  • Chiffrez d'abord votre besoin : charges fixes mensuelles (loyer professionnel, crédits, cotisations) moins l'indemnité journalière calculée plus haut, multiplié par 30.
  • Comparez à garanties identiques : une franchise de 90 jours au lieu de 30 fait chuter la prime, mais vous laisse deux mois de plus sans complément.
  • Regardez la définition de l'incapacité retenue : incapacité à exercer votre métier, ou toute profession ? L'écart d'indemnisation est considérable.
  • Vérifiez la déductibilité Madelin si vous n'êtes pas au régime micro-fiscal : elle atteint 3,75 % du revenu professionnel plus 7 % du PASS, soit 11 534,40 € maximum en 2026 (article 154 bis du CGI).
  • Souscrivez tôt : le questionnaire médical durcit les conditions avec l'âge. Notre comparateur mutuelle santé traite le volet frais de soins, distinct de la prévoyance.
Le calcul qui décide de tout. Un prestataire de services BIC à 36 000 € de CA perçoit 740 € pour un mois d'arrêt, soit 23,01 € nets par jour après CSG-CRDS. Si ses charges fixes — loyer d'atelier, crédit de matériel, cotisations — atteignent 1 200 € par mois, le déficit est d'environ 460 € par mois d'arrêt, avant même de se verser la moindre rémunération. Sur trois mois, près de 1 400 € à sortir de la trésorerie. Une indemnité journalière complémentaire de 40 € au contrat, avec une franchise de 30 jours, couvre cet écart et le reste à vivre.
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Les tarifs varient fortement selon l'âge, l'activité et la franchise choisie. Un comparatif à garanties équivalentes révèle l'écart réel sur votre profil.

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Questions fréquentes

Un auto-entrepreneur a-t-il droit aux indemnités journalières ?

Oui, à condition de justifier de 12 mois d'affiliation continue à son activité et d'un revenu d'activité annuel moyen d'au moins 4 582 € pour un arrêt commençant en 2026. L'indemnité vaut 1/730e de ce revenu moyen calculé sur les trois dernières années civiles, avec un maximum de 65,84 € bruts par jour au 1er janvier 2026 selon ameli.fr. En dessous du seuil de revenu, l'indemnité est nulle.

Sur quel montant sont calculées les indemnités d'un micro-entrepreneur ?

Sur le chiffre d'affaires diminué de l'abattement forfaitaire, et non sur le chiffre d'affaires brut ni sur le bénéfice réel. L'abattement est de 71 % pour la vente de marchandises, 50 % pour les prestations de services BIC et 34 % pour les BNC, taux publiés par impots.gouv.fr. Un CA de 90 000 € en vente ne représente donc que 26 100 € de revenu retenu, soit 35,75 € d'indemnité journalière.

Combien de jours de carence pour un arrêt maladie en micro-entreprise ?

Trois jours. Les indemnités journalières sont dues à compter du 4e jour d'arrêt, et le délai s'applique au début de chaque nouvel arrêt. Trois exceptions le suppriment : une prolongation après moins de 48 heures de reprise d'activité, un arrêt lié à une affection de longue durée après le premier arrêt sur trois ans, et un arrêt faisant suite à une interruption spontanée de grossesse.

Une prévoyance est-elle utile quand on est auto-entrepreneur ?

Elle l'est d'autant plus que l'abattement forfaitaire réduit mécaniquement la base de calcul des indemnités de la Sécurité sociale et qu'aucun employeur ne verse de maintien de revenu. Le contrat de prévoyance fixe une indemnité journalière contractuelle, cumulable avec celle de l'Assurance Maladie dans la limite du revenu, et permet de choisir une franchise plus courte. Comparer plusieurs devis à garanties équivalentes reste le seul moyen de mesurer l'écart de prix sur son propre profil.

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