Délai de carence mutuelle senior 2026 : interdit à l'hôpital

Guide 2026Mis à jour : novembre 2026·Lecture : 11 min

Un délai de carence de complémentaire santé peut durer de quelques jours à douze mois, et atteindre six à neuf mois sur le dentaire. Ces durées ne sortent pas d'un comparateur : elles figurent dans la fiche pratique « Assurance complémentaire santé : comparez les offres ! » publiée par la DGCCRF sur economie.gouv.fr, qui cite aussi neuf mois sur la chambre particulière. Pour un assuré de 75 ans qui paie 127 € par mois — le prix moyen d'un contrat individuel relevé par le rapport d'information n° 770 (2023-2024) du Sénat, adopté le 24 septembre 2024 (rapporteur Xavier Iacovelli) —, neuf mois de carence représentent 1 143 € de cotisations versées pendant que la garantie reste suspendue (calcul je-simule). Sauf qu'une large part de ces clauses est illégale, et depuis longtemps. La recommandation n° 2017-01 de la Commission des clauses abusives, adoptée le 23 novembre 2017, a jugé « illicites et abusives » les clauses qui laissent croire qu'un délai de carence peut s'appliquer aux frais d'hospitalisation d'un contrat « solidaire et responsable », au motif que le décret n° 2014-1374 du 18 novembre 2014 « interdit le report de la couverture ». Autrement dit : sur l'essentiel de ce que consomme un retraité — consultations, médicaments, hôpital, forfait journalier —, aucune attente n'est opposable. Reste à savoir où la carence demeure licite, combien elle coûte, et comment la faire tomber. Voici la ligne de partage, texte par texte.

Femme de 75 ans assise dans une salle d'attente lumineuse, regard tourné vers la fenêtre
✓ À retenir
  • La carence est interdite sur le socle du contrat responsable. La recommandation n° 2017-01 de la Commission des clauses abusives, adoptée le 23 novembre 2017, rappelle que le décret n° 2014-1374 du 18 novembre 2014 impose « la prise en charge, obligatoire, de l'intégralité des dépenses relatives au ticket modérateur pour les soins de ville » et les frais d'hospitalisation, et qu'il « interdit le report de la couverture (délai de carence) ». Sa recommandation 18° demande d'éliminer toute clause laissant croire le contraire. Elle fait partie des 38 clauses que la Commission a demandé de supprimer des contrats de complémentaire santé.
  • Les durées affichées restent longues là où elle est licite. Selon la fiche pratique « Assurance complémentaire santé : comparez les offres ! » de la DGCCRF sur economie.gouv.fr, un délai de carence va « de quelques jours à 12 mois » : 6 à 9 mois sur le dentaire, 9 mois sur l'obstétrique, le forfait maternité et la chambre particulière, 7 jours sur l'indemnisation d'un arrêt de travail. La même fiche précise qu'en cas d'accident, les prestations sont généralement dues dès la souscription.
  • Trois situations annulent toute attente. L'article 4 de la loi Évin (loi n° 89-1009 du 31 décembre 1989) permet à un ancien salarié de conserver la couverture collective sans carence ni questionnaire de santé s'il le demande dans les six mois suivant son départ. Les mutuelles relevant du code de la mutualité ne pratiquent pas de sélection médicale (article L. 112-1, alinéa 2). Et de nombreux assureurs renoncent à la carence sur présentation d'un certificat de radiation si l'interruption de couverture n'excède pas trois mois : c'est ce qu'indique la fiche pratique J 98 de l'Institut national de la consommation, mise à jour le 17 mai 2022.
  • Ce que la carence coûte se calcule avant de signer. À partir des cotisations moyennes du rapport d'information n° 770 (2023-2024) du Sénat — 93 € par mois à 60 ans, 127 € à 75 ans, 146 € à 85 ans en contrat individuel —, neuf mois d'attente représentent de 837 € à 1 314 € de cotisations versées sur une garantie qui ne joue pas encore (calculs je-simule). C'est le poste à chiffrer avant de comparer les taux de remboursement.

Ce que la DGCCRF a mesuré : de quelques jours à douze mois

Le délai de carence n'a pas de durée légale : il n'existe que par le contrat. La fiche pratique « Assurance complémentaire santé : comparez les offres ! » publiée par la DGCCRF sur economie.gouv.fr le définit comme la période, décomptée à partir de la souscription, pendant laquelle certaines prestations ne sont pas prises en charge, et elle en donne la fourchette réelle : « de quelques jours à 12 mois ». La fiche illustre son exemple le plus simple — une carence de trois mois commençant le 15 janvier produit une protection effective le 15 avril — puis détaille les postes où elle est la plus longue : neuf mois pour l'obstétrique, le forfait maternité ou la chambre particulière, six à neuf mois pour le dentaire, sept jours pour l'indemnisation d'un arrêt de travail.

Une précision de cette même fiche est rarement reprise, et elle compte beaucoup à 75 ans : « en cas d'accident, les prestations sont généralement dues dès la souscription ». Une chute dans l'escalier le lendemain de la signature ne relève donc pas de la carence, quelle que soit la durée inscrite au contrat. C'est la maladie et le soin programmé qui sont visés, pas l'imprévu.

Il faut aussi distinguer le délai de carence de deux clauses qui lui ressemblent. Le questionnaire de santé est une sélection à l'entrée : il peut faire refuser l'adhésion ou majorer le tarif, alors que la carence accepte l'adhérent et diffère seulement le remboursement. Nous avons détaillé le premier dans notre guide sur la mutuelle senior sans questionnaire médical. L'exclusion des maladies antérieures, elle, ne diffère rien : elle retire définitivement un risque de la garantie. Sur ce point, la recommandation 15° de la Commission des clauses abusives du 23 novembre 2017 demande d'éliminer les clauses qui excluent « la totalité des maladies, affections ou accidents antérieurs à la date d'adhésion [...] sans les définir précisément », car elles contreviennent aux articles 2 et 3 de la loi Évin.

Le délai de carence se lit avant de signer, pas après

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La ligne de partage : le socle responsable, où la carence est illicite

C'est le point que la plupart des pages sur le sujet omettent. Dans son considérant 18°, la recommandation n° 2017-01 de la Commission des clauses abusives, adoptée le 23 novembre 2017, constate que « certains contrats dits “solidaires et responsables” prévoient un “délai de carence” ou un “délai d'attente” entre un et trois mois pendant lequel les frais relatifs à l'hospitalisation ne seraient pas pris en charge ». Elle rappelle que le décret n° 2014-1374 du 18 novembre 2014 impose « la prise en charge, obligatoire, de l'intégralité des dépenses relatives au ticket modérateur pour les soins de ville » et pour les frais d'hospitalisation, et qu'il « interdit le report de la couverture (délai de carence) ». Sa conclusion est sans nuance : ces clauses sont illicites et abusives.

La recommandation 18° qui en découle demande d'éliminer la clause consistant « à laisser croire que, pour les contrats dits “solidaires et responsables”, des délais de carence ou d'attente peuvent s'appliquer sur les frais d'hospitalisation ». Elle est l'une des 38 adoptées le 23 novembre 2017 — quatre propres au code de la mutualité, trente-quatre communes aux trois codes. Elle n'a pas la force d'une loi : une recommandation de la Commission des clauses abusives n'annule pas une clause par elle-même, c'est au juge de le faire. Mais elle dit au consommateur, texte en main, sur quel fondement contester.

Encore faut-il savoir ce que contient ce socle. La fiche de la DGCCRF en donne la liste : 100 % de la base de remboursement de la Sécurité sociale sur les soins courants, 100 % du forfait journalier hospitalier sans limitation de durée, 100 % de la base sur le dentaire courant et sur l'optique. Elle ajoute que depuis le 1er janvier 2021, tout détenteur d'un contrat responsable accède au 100 % Santé : couronnes, bridges et dentiers « intégralement remboursés », aides auditives de catégorie I « entièrement remboursées » avec douze canaux de réglage et au moins trois options, et au minimum dix-sept modèles de montures adultes. Trois postes entièrement pris en charge, et donc trois postes sur lesquels un report de couverture vide le contrat de son obligation.

Poste de soinsDurée de carence relevée dans les contratsCouvert par le socle du contrat responsableUn délai de carence est-il opposable ?
Hospitalisation : ticket modérateur et forfait journalier1 à 3 mois constatésOui, forfait journalier à 100 % sans limitation de duréeNon — « illicite et abusive » (recommandation 18°)
Soins de ville : consultations, médicaments, analysesNon chiffréeOui, intégralité du ticket modérateurNon — le décret « interdit le report de la couverture »
100 % Santé dentaire : couronnes, bridges, dentiers6 à 9 mois sur le dentaireOui, intégralement remboursés depuis le 1er janvier 2021Non, par extension du même décret (lecture je-simule)
100 % Santé : aides auditives de classe I, optique de classe ANon chiffréeOui, entièrement remboursées depuis le 1er janvier 2021Non, par extension du même décret (lecture je-simule)
Dentaire au-delà du 100 % Santé : implants, dépassements6 à 9 moisNonOui
Chambre particulière, forfait maternité, obstétrique9 moisNonOui
Médecines douces, surcomplémentaire, forfaits de confortJusqu'à 12 moisNonOui
Accident, quel que soit le posteSans objetSelon le posteNon — prestations « généralement dues dès la souscription »

Sources : durées et contenu du socle responsable, fiche pratique « Assurance complémentaire santé : comparez les offres ! » de la DGCCRF (economie.gouv.fr), qui cite « de quelques jours à 12 mois », « 6 à 9 mois » sur le dentaire, « 9 mois » sur l'obstétrique, le forfait maternité et la chambre particulière, et le principe des prestations dues dès la souscription en cas d'accident ; qualification juridique et citations entre guillemets, recommandation n° 2017-01 de la Commission des clauses abusives adoptée le 23 novembre 2017 (considérant et recommandation 18°, et considérant 15° sur les maladies antérieures), prise au visa du décret n° 2014-1374 du 18 novembre 2014. Les deux lignes « par extension » signalent une lecture je-simule : la Commission n'a expressément visé que les frais d'hospitalisation, mais le panier 100 % Santé relève du même caractère obligatoire du contrat responsable. Forfait journalier et paniers 100 % Santé : même fiche DGCCRF, applicables depuis le 1er janvier 2021.

Le cas type : changer de mutuelle au 1er janvier avec une couronne en attente

Une assurée de 76 ans résilie sa mutuelle pour une offre moins chère au 1er janvier. Son devis dentaire porte sur deux couronnes céramo-métalliques sur dents visibles, dans le panier 100 % Santé, et sur un implant, qui n'y figure pas. Le nouveau contrat affiche neuf mois de carence sur le dentaire. Ce que la lecture des textes change concrètement : les deux couronnes relèvent du socle intégralement remboursé depuis le 1er janvier 2021 selon la fiche DGCCRF, et le report de couverture y est contestable sur le fondement de la recommandation 18° du 23 novembre 2017 ; l'implant, lui, est hors socle, et la carence de neuf mois y est parfaitement licite. Même refus de l'assureur, deux situations juridiques opposées. La bonne pratique : demander les conditions générales avant de signer, vérifier la mention « 100 % Santé » poste par poste, et joindre son certificat de radiation — selon la fiche de l'Institut national de la consommation mise à jour le 17 mai 2022, de nombreux assureurs lèvent alors la carence si l'interruption de couverture n'a pas dépassé trois mois. Les montants du poste sont dans notre guide mutuelle senior dentaire : couronne et implant.

Les trois voies qui font tomber le délai, dans l'ordre à essayer

Avant de chercher un contrat « sans carence », il faut vérifier si l'on relève déjà d'un dispositif qui l'exclut. Trois existent, et deux concernent directement les nouveaux retraités. Ils ne sont pas alternatifs : ils s'examinent dans cet ordre, du plus protecteur au plus courant.

  1. Le départ en retraite, dans les six mois. L'article 4 de la loi Évin (loi n° 89-1009 du 31 décembre 1989) permet à un ancien salarié de conserver la couverture collective de son entreprise sans délai de carence et sans questionnaire de santé, à condition d'en faire la demande dans les six mois suivant son départ. C'est la précision donnée par la fiche pratique J 98 de l'Institut national de la consommation, mise à jour le 17 mai 2022. Le tarif, lui, est encadré séparément : nous l'avons chiffré dans notre guide sur la mutuelle d'entreprise à la retraite. Six mois est un délai de forclusion : passé cette date, l'avantage est perdu, y compris le « sans carence ».
  2. L'organisme choisi, s'il relève du code de la mutualité. Toujours selon la même fiche de l'Institut national de la consommation, les mutuelles régies par ce code ne pratiquent pas de sélection médicale en vertu de l'article L. 112-1, alinéa 2, alors qu'une entreprise d'assurance doit soumettre un questionnaire au titre de la déclaration initiale du risque. Sélection médicale et carence sont deux choses distinctes, mais la seconde accompagne rarement un organisme qui a renoncé à la première : la question se pose à l'assureur, par écrit, avant la signature.
  3. Le certificat de radiation, si la couverture est continue. La même fiche indique que de nombreux assureurs renoncent à la carence lorsque l'adhérent justifie d'une couverture équivalente chez un autre organisme, avec une interruption qui n'excède pas trois mois. Le document à fournir est le certificat de radiation, qui mentionne les garanties, les personnes assurées et la date de radiation. Ce n'est pas un droit mais une pratique commerciale : elle se négocie avant l'adhésion, pas après le premier refus de remboursement.

Un quatrième cas existe, souvent ignoré parce qu'il ne s'achète pas : le contrat de sortie de la complémentaire santé solidaire. Proposé pendant un an aux personnes dont le droit à la C2S arrive à expiration, son tarif est plafonné par l'arrêté du 27 décembre 2019 à 60 € par mois à partir de 70 ans et 50 € entre 60 et 69 ans, selon le site officiel complementaire-sante-solidaire.gouv.fr — soit 21 € et 17,40 € dans les régimes locaux d'Alsace-Moselle. Le même site précise qu'il s'agit d'un contrat responsable couvrant le ticket modérateur, le 100 % Santé et le forfait journalier hospitalier sans limitation de durée : le socle protégé décrit plus haut s'y applique donc intégralement. Les conditions d'accès sont dans notre guide sur la C2S pour les seniors.

60 € plafonnés d'un côté, 127 € de moyenne de l'autre

Entre un tarif encadré par arrêté et la moyenne du marché individuel relevée par le Sénat, l'écart dépasse 800 € par an. Mettez les offres senior en concurrence sur le prix et sur la date d'effet des garanties.

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Ce que neuf mois d'attente coûtent, âge par âge

Une carence ne se juge pas en mois mais en euros versés pour rien. Le rapport d'information n° 770 (2023-2024) du Sénat, adopté le 24 septembre 2024 sur le rapport de Xavier Iacovelli, donne les cotisations moyennes d'un contrat individuel pour un assuré de référence : 93 € par mois à 60 ans (contre 87 € en 2019), 127 € à 75 ans (contre 115 €) et 146 € à 85 ans (contre 130 €). En croisant ces montants avec les durées relevées par la DGCCRF, on obtient le coût d'attente poste par poste.

Âge de l'assuréCotisation mensuelle moyenne, contrat individuel6 mois de carence9 mois de carence12 mois de carence
60 ans93 € / mois558 €837 €1 116 €
75 ans127 € / mois762 €1 143 €1 524 €
85 ans146 € / mois876 €1 314 €1 752 €

Cotisations mensuelles : rapport d'information n° 770 (2023-2024) du Sénat, « Hausse des tarifs des complémentaires santé : l'impact sur le pouvoir d'achat des Français », adopté le 24 septembre 2024, rapporteur Xavier Iacovelli — montants constatés en 2021 pour un assuré de référence en contrat individuel, tranche de revenu la plus basse. Durées de 6, 9 et 12 mois : fiche pratique « Assurance complémentaire santé : comparez les offres ! » de la DGCCRF, qui cite une fourchette « de quelques jours à 12 mois », 6 à 9 mois sur le dentaire et 9 mois sur la chambre particulière. Totaux : calculs je-simule (cotisation mensuelle multipliée par le nombre de mois). Ces montants représentent les cotisations versées pendant la période d'attente, et non un reste à charge de soins.

Deux lectures de ce tableau. La première : à 85 ans, douze mois de carence sur un poste de confort représentent 1 752 € de cotisations (calcul je-simule), soit davantage qu'une année entière de contrat de sortie à 60 € par mois. La seconde est moins visible. Le même rapport du Sénat relève que les contrats individuels reversent 74 % des cotisations en prestations, contre 87 % pour les contrats collectifs, et que les frais de gestion atteignaient environ 20 % des cotisations en 2022. Une carence agit exactement dans ce sens : elle encaisse la cotisation pleine sur une garantie qui ne produit encore rien.

Le piège pratique est ailleurs. Un assuré qui découvre la carence après un refus de remboursement n'a plus beaucoup de marge : la fiche de la DGCCRF rappelle qu'après un an d'engagement, la résiliation prend effet un mois après notification, avec remboursement de la prime non courue sous trente jours. Il faut donc, dans le pire des cas, attendre ce délai pour sortir — et repartir chez un autre organisme où la carence redémarre, sauf certificat de radiation. D'où l'ordre des opérations : comparer d'abord, demander les conditions générales ensuite, signer en dernier. Les règles de sortie sont réunies dans notre guide sur la hausse 2027 des mutuelles senior et la résiliation.

Mode d'emploi : contester une carence appliquée à l'hôpital

Un refus de prise en charge fondé sur une carence ne se discute pas au téléphone. Il se conteste par écrit, en citant le texte, et en quatre étapes. La démarche vaut pour l'hospitalisation, le ticket modérateur en ville et — en assumant la lecture exposée plus haut — le panier 100 % Santé.

  1. Vérifiez que votre contrat est bien « solidaire et responsable ». La mention figure sur l'avis d'échéance, le tableau de garanties ou les conditions générales. C'est la condition d'application de la recommandation 18° du 23 novembre 2017, qui ne vise que cette catégorie de contrats. En pratique, un contrat qui prend en charge le forfait journalier hospitalier sans limitation de durée et affiche le 100 % Santé en relève.
  2. Identifiez la nature de l'acte refusé. Ticket modérateur, forfait journalier, couronne du panier 100 % Santé : vous êtes dans le socle, et la carence est contestable. Chambre particulière, implant, dépassement d'honoraires, médecine douce : vous êtes hors socle, et elle est licite. Le décompte de l'Assurance Maladie et le devis du praticien suffisent à trancher, puisqu'ils indiquent la base de remboursement et l'appartenance au panier 100 % Santé.
  3. Écrivez au service réclamations, puis au médiateur. Dans le courrier, citez nommément la recommandation n° 2017-01 de la Commission des clauses abusives du 23 novembre 2017, son considérant et sa recommandation 18°, et le décret n° 2014-1374 du 18 novembre 2014 dont elle retient qu'il « interdit le report de la couverture ». Joignez le décompte, le devis et la clause litigieuse surlignée. En cas de refus maintenu, le médiateur de l'organisme est la voie suivante, avant le juge — seul compétent pour écarter une clause abusive.
  4. Gardez en réserve l'article 6 de la loi Évin. La fiche pratique J 98 de l'Institut national de la consommation, mise à jour le 17 mai 2022, rappelle qu'un assureur ne peut pas résilier votre contrat au motif d'une aggravation de votre état de santé, dès lors qu'aucune fausse déclaration n'a été faite et que les cotisations sont payées. Contester une carence ne vous expose donc pas à une résiliation de représailles sur ce fondement.

Un mot sur la portée de tout cela. Une recommandation de la Commission des clauses abusives n'est pas un texte contraignant : elle ne supprime pas une clause, elle indique au juge et au consommateur celles qui devraient disparaître. Elle n'en reste pas moins le document le plus précis dont dispose un assuré sur ce sujet, et le fait qu'elle date de 2017 sans que les durées relevées par la DGCCRF aient disparu des contrats dit assez bien où en est le marché. À l'échelle individuelle, la seule protection fiable consiste à lire la date d'effet des garanties avant de signer, poste par poste.

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Deux contrats à 300 % de la base de remboursement ne se valent pas si l'un couvre dès le premier jour et l'autre au neuvième mois. Mettez les offres senior en concurrence sur les deux critères à la fois.

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Questions fréquentes

Un délai de carence est-il légal sur une mutuelle senior ?

Oui pour certaines garanties, non pour d'autres, et la frontière est précise. Un délai de carence est une clause contractuelle : aucune loi ne le crée ni n'en fixe la durée. La fiche pratique « Assurance complémentaire santé : comparez les offres ! » publiée par la DGCCRF sur economie.gouv.fr indique qu'il va « de quelques jours à 12 mois », avec 6 à 9 mois sur le dentaire et 9 mois sur l'obstétrique, le forfait maternité ou la chambre particulière. Mais la recommandation n° 2017-01 de la Commission des clauses abusives, adoptée le 23 novembre 2017, juge « illicites et abusives » les clauses qui laissent croire qu'un délai de carence ou d'attente peut s'appliquer aux frais d'hospitalisation d'un contrat « solidaire et responsable » : le décret n° 2014-1374 du 18 novembre 2014 impose la prise en charge obligatoire de l'intégralité du ticket modérateur pour les soins de ville et les frais d'hospitalisation, et « interdit le report de la couverture ». En clair : licite sur la chambre particulière, un implant ou une médecine douce ; contestable sur l'hôpital, les consultations et le ticket modérateur. Une recommandation de cette commission n'annule pas une clause par elle-même — seul un juge peut l'écarter — mais elle fournit le fondement écrit pour la contester.

Combien coûtent neuf mois de carence à 75 ans ?

Environ 1 143 € de cotisations versées sur une garantie qui ne joue pas encore. Le calcul part de la cotisation mensuelle moyenne d'un contrat individuel relevée par le rapport d'information n° 770 (2023-2024) du Sénat, « Hausse des tarifs des complémentaires santé : l'impact sur le pouvoir d'achat des Français », adopté le 24 septembre 2024 sur le rapport de Xavier Iacovelli : 127 € par mois à 75 ans en 2021, contre 115 € en 2019. Multipliés par les neuf mois que la DGCCRF relève sur le dentaire, cela donne 1 143 € (calcul je-simule). Aux autres âges du même rapport : 93 € par mois à 60 ans, soit 837 € sur neuf mois, et 146 € à 85 ans, soit 1 314 €. Sur douze mois, la durée maximale citée par la DGCCRF, on atteint 1 524 € à 75 ans et 1 752 € à 85 ans. Ces montants sont des cotisations payées, et non un reste à charge de soins : ils s'ajoutent donc à ce que l'assuré décaisse chez le praticien pendant la période d'attente.

Comment faire supprimer le délai de carence quand on change de mutuelle ?

Par le certificat de radiation, et en respectant la continuité de couverture. La fiche pratique J 98 de l'Institut national de la consommation, mise à jour le 17 mai 2022, indique que de nombreux assureurs renoncent au délai de carence lorsque l'adhérent justifie d'une couverture équivalente chez un autre organisme, à condition que l'interruption n'excède pas trois mois. Le certificat de radiation est le document à produire : il mentionne les garanties, les personnes assurées et la date de radiation, et s'obtient auprès de l'organisme quitté. Ce n'est pas un droit opposable mais une pratique commerciale, donc à faire confirmer par écrit avant de signer, et non après un premier refus de remboursement. Deux autres voies existent, plus solides. L'article 4 de la loi Évin (loi n° 89-1009 du 31 décembre 1989) permet à un ancien salarié de conserver la couverture collective de son entreprise sans délai de carence ni questionnaire de santé s'il en fait la demande dans les six mois suivant son départ. Et les mutuelles régies par le code de la mutualité ne pratiquent pas de sélection médicale, en vertu de l'article L. 112-1, alinéa 2, du même code.

Le délai de carence s'applique-t-il en cas d'accident ou d'hospitalisation en urgence ?

Non dans les deux cas, pour deux raisons différentes. Pour l'accident, la fiche pratique de la DGCCRF sur economie.gouv.fr est explicite : « en cas d'accident, les prestations sont généralement dues dès la souscription ». Une chute, une fracture ou un accident de la route sont donc pris en charge sans attendre, quelle que soit la durée de carence inscrite au contrat. Pour l'hospitalisation, y compris programmée, le fondement est juridique : la recommandation n° 2017-01 de la Commission des clauses abusives du 23 novembre 2017 qualifie d'illicite et abusive la clause laissant croire qu'un délai de carence peut s'appliquer aux frais d'hospitalisation d'un contrat « solidaire et responsable », puisque le décret n° 2014-1374 du 18 novembre 2014 rend obligatoire la prise en charge intégrale du ticket modérateur hospitalier et interdit le report de couverture. La DGCCRF précise par ailleurs que le forfait journalier hospitalier est couvert à 100 % et sans limitation de durée dans un contrat responsable. En cas de refus, la démarche consiste à écrire au service réclamations en citant ces deux textes, puis à saisir le médiateur de l'organisme.

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