Mutuelle senior à prix plafonné : la piste du budget 2027

Guide 2026Mis à jour : novembre 2026·Lecture : 12 min

Un assuré de 75 ans paie en moyenne 127 € par mois pour une complémentaire santé individuelle. Le chiffre est tiré du rapport d'information n° 770 (2023-2024) du Sénat, « Complémentaires santé, mutuelles : l'impact sur le pouvoir d'achat des Français », déposé le 24 septembre 2024 par le rapporteur Xavier Iacovelli — contre 115 € deux ans plus tôt. Dans l'annexe 9 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027, déposé à l'Assemblée nationale le 1er octobre 2026 sous le n° 3211, le gouvernement décrit une tout autre arithmétique : un contrat individuel qui bénéficierait d'un avantage fiscal à condition que son prix reste sous un plafond fixé par arrêté, tranche d'âge par tranche d'âge. L'annexe ne fixe aucun montant. Elle cite un seul repère chiffré, celui du contrat de sortie de la complémentaire santé solidaire, où les 70 ans et plus paient 60 € par mois au maximum (arrêté du 27 décembre 2019, Journal officiel du 31 décembre 2019). Entre ce repère et la moyenne relevée par le Sénat, l'écart atteint 67 € par mois, soit 804 € sur une année (calcul je-simule). Trois précisions changent toutefois la portée de l'annonce : le texte est rédigé au conditionnel, le gouvernement écrit lui-même que cette offre ne pouvait pas être déployée dès 2027, et le projet de loi qui la porte a été rejeté par les députés le 23 octobre 2026. Voici ce que contient réellement cette piste, ce qui est déjà décidé pour janvier, et les deux plafonds qui existent dès aujourd'hui.

Mutuelle senior à prix plafonné : la piste du budget 2027
✓ À retenir
  • Une piste fiscale, pas un tarif. L'annexe 9 du projet de loi n° 3211 n'invente pas une mutuelle d'État : elle évoque une incitation fiscale réservée aux contrats individuels dont le prix resterait sous un plafond défini par arrêté selon l'âge. Les contrats concernés devraient être « solidaires et responsables », sans questionnaire de santé et sans garantie supplémentaire. Le barème de la taxe de solidarité additionnelle « pourrait être travaillé » : c'est la formulation du texte, au conditionnel.
  • Le seul chiffre du dossier vient d'un dispositif qui tourne depuis 2020. L'arrêté du 27 décembre 2019, pris sur le fondement de l'article L. 861-12 du code de la sécurité sociale et publié au Journal officiel n° 0303 du 31 décembre 2019, plafonne le contrat proposé aux personnes sortant de la complémentaire santé solidaire : 16 € par mois jusqu'à 29 ans, 28 € de 30 à 49 ans, 42 € de 50 à 59 ans, 50 € de 60 à 69 ans, 60 € à partir de 70 ans. L'annexe le présente comme un repère, sans valeur pour le futur contrat.
  • Rien de tout cela ne s'appliquera en janvier. Le gouvernement indique que cette offre « ne pouvait pas être déployée dès 2027 » et renvoie les travaux à l'après-prolongation de la contribution exceptionnelle. L'article 12 du projet de loi, lui, se contente de prolonger d'un an la contribution de 2,05 % due par les organismes complémentaires, pour 1 117 millions d'euros de recettes attendues en 2027.
  • Ce qui est déjà chiffré, en revanche, ce sont les transferts. Devant le conseil de la CNAM, le 8 octobre 2026, la ministre de la Santé Stéphanie Rist a chiffré à 700 millions d'euros les dépenses passant de l'assurance maladie aux complémentaires : 500 millions sur l'hôpital, 200 millions sur les cures thermales. La Mutuelle Familiale, dans son communiqué du 27 octobre 2026, porte le total à 2,2 milliards d'euros en y ajoutant 1,5 milliard d'économies issues des décrets de l'été 2026.

Ce que dit l'annexe 9, et ce qu'elle ne dit pas

Le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027 a été déposé à l'Assemblée nationale le 1er octobre 2026 sous le numéro 3211, avec 48 articles. La piste du contrat à prix plafonné ne figure dans aucun de ces articles : elle apparaît dans l'annexe 9, le volume des fiches d'évaluation préalable, à propos de l'article 12 — celui qui prolonge la contribution exceptionnelle des organismes complémentaires. Autrement dit, le gouvernement a saisi l'occasion d'un article purement fiscal pour exposer ce qu'il ferait, plus tard, de cette fiscalité.

Le mécanisme décrit tient en une phrase : un avantage fiscal pour les contrats individuels dont le tarif reste sous un plafond fixé par arrêté selon l'âge de l'assuré. Trois conditions l'accompagnent. Le contrat devrait être « solidaire et responsable », donc respecter les planchers et plafonds de remboursement du code de la sécurité sociale. Il devrait être proposé sans questionnaire de santé — une règle qui vaut déjà pour l'essentiel du marché, comme nous l'expliquons dans notre guide mutuelle senior sans questionnaire médical. Et il ne comporterait aucune garantie supplémentaire : pas de surcomplémentaire, pas de forfait médecines douces, pas de chambre particulière améliorée.

Le point que la plupart des reprises omettent est le mode conditionnel. L'annexe indique que le barème de la taxe de solidarité additionnelle « pourrait être travaillé » : il n'y a ni taux, ni plafond, ni date. Et le gouvernement ajoute que « cette nouvelle offre ne pouvait pas être déployée dès 2027 », en renvoyant les négociations à l'issue de la prolongation de la contribution exceptionnelle. Entre une fiche d'évaluation et un arrêté tarifaire, il y a au minimum une disposition législative, une négociation et un décret d'application.

Reste à comprendre qui ce contrat viserait. L'annexe ne désigne pas les retraités : elle cite les personnes dépourvues de complémentaire, ni éligibles à la complémentaire santé solidaire, ni couvertes par un contrat d'entreprise. Selon les données de la DREES qu'elle reprend, 3,4 % de la population n'a pas de complémentaire santé, et 7 % parmi les 20 % les plus modestes. France Assos Santé, dans son communiqué du 25 septembre 2026, cite les mêmes 7 % et y ajoute 11 % chez les chômeurs. Les retraités modestes non éligibles à la C2S appartiennent de fait à cette population : c'est là que la piste les concerne.

Deux plafonds existent déjà : ce qu'ils valent face aux prix du marché

Avant d'attendre un plafond hypothétique, il faut savoir que l'État en applique déjà deux. Le premier est la participation financière de la complémentaire santé solidaire, dont la grille est publiée par la direction de la sécurité sociale dans son document de référence « Plafonds d'attribution » au 1er avril 2026. Le second est le contrat de sortie, plafonné par l'arrêté du 27 décembre 2019. Les deux sont tarifés par tranche d'âge, exactement selon la logique que l'annexe 9 voudrait généraliser. Le tableau ci-dessous les confronte aux prix réellement constatés.

Âge de l'assuréContrat individuel, prix moyen constatéC2S avec participation financièreContrat de sortie de la C2SÉcart annuel entre le marché et le contrat de sortie
20 ans33 € / mois8 € / mois16 € / mois204 €
60 ans93 € / mois25 € / mois50 € / mois516 €
75 ans127 € / mois30 € / mois60 € / mois804 €
85 ans146 € / mois30 € / mois60 € / mois1 032 €

Sources : prix moyens constatés pour un assuré de référence sans ayant droit, contrats individuels, données 2021 citées par le rapport d'information n° 770 (2023-2024) du Sénat, déposé le 24 septembre 2024 (rapporteur Xavier Iacovelli, présidente de la mission Marie-Claire Carrère-Gée) ; participation financière de la complémentaire santé solidaire, grille de la direction de la sécurité sociale au 1er avril 2026 publiée sur complementaire-sante-solidaire.gouv.fr, prise sur le fondement de l'article L. 861-11 du code de la sécurité sociale ; contrat de sortie, arrêté du 27 décembre 2019 pris sur le fondement de l'article L. 861-12 du même code, Journal officiel n° 0303 du 31 décembre 2019. Les montants C2S et contrat de sortie sont des plafonds, hors régimes locaux d'Alsace-Moselle. Écarts annuels : calculs je-simule.

Deux lectures de ce tableau. La première est l'ampleur de l'écart : à 85 ans, le contrat de sortie coûte 2,4 fois moins que le prix moyen du marché relevé par le Sénat (calcul je-simule). La seconde est la pente. Toujours selon le même rapport, la cotisation moyenne est passée de 115 € à 127 € par mois entre 2019 et 2021 pour un assuré de 75 ans, et de 130 € à 146 € pour un assuré de 85 ans — soit +10,4 % et +12,3 % en deux ans (calculs je-simule). Les montants plafonnés par arrêté, eux, n'ont pas bougé depuis le 1er janvier 2020. Un plafond protège d'autant plus qu'il n'est pas revalorisé ; c'est aussi ce qui le rend difficile à tenir pour l'organisme qui le subit.

Le Sénat avait d'ailleurs proposé sa propre version du plafonnement, dans ce même rapport de septembre 2024. Sa recommandation n° 2 créait une « C2S seniors » pour les retraités dont les ressources se situent entre le minimum vieillesse et un plafond spécifique, avec une participation d'environ deux euros par jour — soit une soixantaine d'euros par mois (calcul je-simule), c'est-à-dire le niveau exact du contrat de sortie pour les 70 ans et plus. Sa recommandation n° 1 demandait, elle, de revoir les sorties de contrat collectif prévues par la loi Évin, en s'inspirant du plafonnement des cotisations après un certain âge pratiqué dans le secteur public.

Les plafonds sont à l'étude, les cotisations de janvier ne le sont pas

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Un prix plafonné signifie un panier plafonné

C'est la phrase de l'annexe 9 qu'il faut lire deux fois : le contrat ne comporterait « aucune garantie supplémentaire ». Un contrat solidaire et responsable sans garantie supplémentaire, cela a une définition précise. Il couvre le ticket modérateur, le forfait journalier hospitalier, et les paniers 100 % Santé en optique, dentaire et audiologie, dans les planchers et plafonds fixés par le code de la sécurité sociale. Tout ce qui dépasse ces planchers n'y est pas.

  • En optique : la classe A est prise en charge intégralement, les verres de classe B ne le sont qu'à hauteur de ce que prévoit le contrat. Pour un porteur de progressifs, l'écart n'est pas théorique : nous avons chiffré la facture moyenne dans notre guide verres progressifs 2026.
  • En audiologie : la classe I est à zéro euro de reste à charge, la classe II reste soumise aux plafonds du contrat. Le détail du calcul figure dans notre guide appareil auditif 2026.
  • En dentaire : les actes du panier 100 % Santé sont couverts, mais l'implantologie n'y entre pas — elle n'est même pas remboursée par l'assurance maladie. Voir notre guide mutuelle senior dentaire 2026.
  • À l'hôpital : le forfait journalier est couvert, le supplément de chambre particulière ne l'est que si le contrat le prévoit. C'est précisément une « garantie supplémentaire ».
Un contrat moins cher parce qu'il est plafonné n'est pas un contrat moins cher à garanties égales. La différence entre 60 € et 127 € par mois ne vient pas seulement d'un effort imposé à l'assureur : elle vient aussi du périmètre. Si vous portez des verres progressifs, si vous avez des couronnes à refaire ou si vous êtes hospitalisé en chambre particulière, le reste à charge se reporte sur vous. La bonne question n'est donc pas « quel est le contrat le moins cher », mais « quel est le contrat le moins cher qui couvre les deux ou trois postes que j'utilise vraiment ». C'est aussi pour cela que l'arbitrage, avant d'être fiscal, est documentaire : il se joue sur le tableau de garanties.

Le texte a été rejeté le 23 octobre : pourquoi cela ne l'enterre pas

Il existe une tentation naturelle, en lisant qu'un budget de la sécurité sociale a été rejeté, de considérer que le sujet est clos. Le calendrier dit l'inverse. Voici les dates, telles qu'elles figurent au dossier législatif de l'Assemblée nationale.

  1. 1er octobre 2026 : dépôt du projet de loi n° 3211, 48 articles, renvoi à la commission des affaires sociales et, pour avis, à la commission des finances.
  2. 14 octobre 2026 : avis de la commission des finances (n° 3339).
  3. 16 octobre 2026 : la commission des affaires sociales rejette le texte.
  4. 20 au 23 octobre 2026 : discussion en séance publique, qui n'ira pas au-delà de la partie recettes.
  5. 23 octobre 2026 : la partie recettes est rejetée par 115 voix contre 1, avec 22 abstentions. Le rejet de cette partie entraîne celui de l'ensemble du texte, sans que la partie dépenses ait été examinée. Le texte rejeté porte le numéro T.A. n° 358.
  6. 9 novembre 2026 : le Sénat ouvre son examen — non pas sur une version amendée, mais sur le texte initial du gouvernement, celui qui porte l'article 12 et son annexe 9.
  7. Fin novembre 2026 : l'article 47-1 de la Constitution laisse cinquante jours au Parlement pour se prononcer. Le décompte, dont le point de départ a été fixé au 8 octobre 2026, place l'échéance au 26 novembre 2026 à minuit. Passé ce délai, le gouvernement peut mettre en œuvre les dispositions du projet par ordonnance.
La conséquence pratique est contre-intuitive : le rejet par les députés a renvoyé au Sénat le texte le plus favorable au gouvernement, celui d'origine. Les amendements qui auraient pu corriger l'article 12 n'ont jamais été votés, puisque le vote a porté sur l'ensemble de la partie recettes. Et si le Parlement ne tranche pas avant le 26 novembre, l'article 47-1 ouvre la voie à une mise en œuvre par ordonnance. Pour un assuré, cela signifie qu'il ne faut pas lire « rejeté » comme « annulé » : la prolongation de la contribution de 2,05 % et les transferts chiffrés ci-dessous sont toujours sur la table, à cinq semaines du 1er janvier.
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Les 700 millions qui, eux, sont déjà chiffrés

Pendant que le plafond tarifaire reste au stade de la fiche d'évaluation, le changement de payeur, lui, est documenté à l'euro près. Devant le conseil de la Caisse nationale de l'assurance maladie, le 8 octobre 2026, la ministre de la Santé Stéphanie Rist a chiffré à 700 millions d'euros les dépenses qui passent de l'assurance maladie aux organismes complémentaires dans ce budget. Le tableau ci-dessous reprend les montants publiés, et ce qu'ils impliquent pour un assuré.

MesureMontantSource et dateCe que cela change pour vous
Prolongation d'un an de la contribution exceptionnelle de 2,05 % (article 12)1 117 M€ attendus en 2027Annexe 9 du PJL n° 3211, 1er octobre 2026Une taxe assise sur les cotisations, que les organismes répercutent sur les tarifs
Transfert d'une part des soins hospitaliers500 M€Stéphanie Rist, conseil de la CNAM, 8 octobre 2026Ce que l'assurance maladie ne paie plus relève de la garantie hospitalisation de votre contrat
Baisse du taux de prise en charge des cures thermales200 M€Stéphanie Rist, conseil de la CNAM, 8 octobre 2026Les contrats responsables ne sont pas tenus de couvrir le ticket modérateur thermal
Économies des décrets de l'été 2026, déjà en vigueur1 500 M€La Mutuelle Familiale, communiqué du 27 octobre 2026Déjà intégrées dans les tarifs notifiés pour 2027
Total des transferts dénoncés par les organismes2 200 M€La Mutuelle Familiale, communiqué du 27 octobre 2026L'argument central des hausses annoncées pour janvier

Sources : déclaration de la ministre de la Santé Stéphanie Rist devant le conseil de la CNAM le 8 octobre 2026 pour les 700 millions d'euros et leur répartition ; annexe 9 du projet de loi n° 3211 (fiche d'évaluation de l'article 12) pour la contribution exceptionnelle de 2,05 % et les 1 117 millions d'euros attendus en 2027 ; communiqué de La Mutuelle Familiale du 27 octobre 2026, signé de sa présidente Sylvie Ben Jaber, pour le total de 2,2 milliards d'euros, les 1,5 milliard issus des décrets de l'été 2026 et le taux de fiscalité de 14,07 % majoré de 2,05 % ; article 47-1 de la Constitution pour la procédure. Totaux et conversions : calculs je-simule.

La ligne thermale mérite un mot, parce qu'elle illustre la mécanique à l'œuvre. Une baisse du taux de prise en charge de l'assurance maladie ne crée aucune obligation pour votre complémentaire : le ticket modérateur des soins thermaux ne fait pas partie du socle imposé aux contrats responsables. Si l'assurance maladie rembourse moins, la différence ne remonte donc pas automatiquement sur la mutuelle — elle peut tout simplement rester sur le curiste. Nous avions chiffré le reste à charge réel d'une cure dans notre guide remboursement cure thermale 2026 : c'est exactement la ligne que ces 200 millions d'euros viennent alourdir.

À côté du budget, un rapport remis au gouvernement le 23 septembre 2026 propose d'aller nettement plus loin. Intitulé « Refonder l'articulation entre l'assurance maladie obligatoire et l'assurance maladie complémentaire » (référence 2025-111R1), il formule 22 recommandations. France Assos Santé, dans son communiqué du 25 septembre 2026, en retient quatre qui touchent directement les assurés âgés : le transfert aux complémentaires de la part aujourd'hui financée par l'assurance maladie en optique et en audiologie ; le transfert d'une part significative des transports sanitaires, dont nous détaillons les règles dans notre guide ambulance et VSL 2026 ; le remplacement du contrat responsable par un « contrat essentiel » centré sur un panier de soins jugés pertinents, les autres prestations perdant leurs avantages fiscaux et sociaux ; et la possibilité, pour les complémentaires, de proposer des franchises en échange de cotisations moins élevées. L'UNSA, le 23 septembre 2026, a rejeté les trois transferts et juge que seule la piste du contrat essentiel mérite d'être examinée, à condition d'être construite avec les associations de patients.

Optique, audiologie, transport, hôpital : quatre lignes, quatre arbitrages

Ce sont les quatre postes qui concentrent les transferts. Vérifiez ce que votre contrat couvre réellement sur chacun, et ce que proposent les autres au même tarif.

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Ce qui est accessible maintenant, sans attendre un arrêté

Il serait dommage d'attendre un plafond annoncé au conditionnel alors que trois dispositifs de plafonnement sont ouverts aujourd'hui. Dans l'ordre d'efficacité, et pour un retraité qui reçoit en ce moment son avis d'échéance.

  1. Vérifiez votre éligibilité à la complémentaire santé solidaire, même si vous pensez être au-dessus des plafonds. Selon la grille de la direction de la sécurité sociale au 1er avril 2026, une personne seule en métropole y a droit sans participation jusqu'à 10 421 € de ressources annuelles (868 € par mois), et avec participation financière jusqu'à 14 069 € (1 172 € par mois). Dans ce second cas, la participation est de 30 € par mois après 70 ans, soit 360 € par an, et de 25 € entre 60 et 69 ans. Le détail du calcul des ressources figure dans notre guide C2S 2026 : qui y a droit.
  2. Si votre droit à la C2S arrive à expiration, demandez le contrat de sortie. Prévu par l'article L. 861-12 du code de la sécurité sociale, il est proposé par l'organisme qui gérait votre C2S et son prix est plafonné par l'arrêté du 27 décembre 2019 : 60 € par mois au maximum à partir de 70 ans, 50 € de 60 à 69 ans. Les montants sont nettement plus bas dans les régimes locaux d'Alsace-Moselle : 21 € et 17,40 € respectivement, selon le même arrêté. C'est le seul plafond tarifaire réellement opposable aujourd'hui à un assureur.
  3. Si vous venez de partir à la retraite avec une mutuelle d'entreprise, invoquez la loi Évin. Elle plafonne l'augmentation de votre cotisation par rapport à celle des actifs, dans une limite que nous détaillons dans notre guide mutuelle d'entreprise à la retraite. Le rapport sénatorial de septembre 2024 recommande d'aller plus loin sur ce point ; en attendant, le dispositif existant s'applique déjà.
  4. À défaut, comparez à garanties égales plutôt qu'à prix égal. Le levier le plus immédiat reste la mise en concurrence, d'autant que la résiliation est possible à tout moment après un an de contrat. Les modalités et le calendrier sont dans notre guide mutuelle senior 2027 : comment résilier.

Un dernier point de méthode, pour lire les chiffres de cet article sans se tromper. Les prix moyens du Sénat portent sur l'année 2021 et sur un assuré de référence sans ayant droit, situé dans la tranche de revenus la plus basse : ils sont désormais anciens de cinq ans, et la cotisation réelle d'un retraité de 75 ans en 2026 est supérieure à 127 € par mois. Les plafonds C2S et contrat de sortie, eux, sont des maximums réglementaires en vigueur, pas des moyennes. Comparer les deux colonnes donne un ordre de grandeur de ce qu'un plafonnement généralisé changerait ; cela ne donne pas le prix de votre contrat. Pour cela, nos pages mutuelle senior et mutuelle santé confrontent les contrats poste par poste, pour votre âge et votre département.

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Questions fréquentes

La mutuelle à prix plafonné, c'est pour quand ?

Pas pour 2027. La piste figure dans l'annexe 9 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027, déposé à l'Assemblée nationale le 1er octobre 2026 sous le numéro 3211, et le gouvernement y écrit que « cette nouvelle offre ne pouvait pas être déployée dès 2027 ». Elle n'est portée par aucun article du projet : l'annexe 9 est le volume des fiches d'évaluation préalable, et elle emploie le conditionnel, en indiquant que le barème de la taxe de solidarité additionnelle « pourrait être travaillé ». Les travaux sont renvoyés à l'issue de la prolongation de la contribution exceptionnelle de 2,05 %, prévue par l'article 12 du même texte. Entre une fiche d'évaluation et un arrêté fixant des tarifs maximaux, il faut une disposition législative, une négociation et un décret d'application : aucune date n'a été annoncée.

Combien coûterait une complémentaire plafonnée après 70 ans ?

Le projet ne fixe aucun montant. Le seul chiffre du dossier est un repère : celui du contrat de sortie de la complémentaire santé solidaire, plafonné par l'arrêté du 27 décembre 2019, pris sur le fondement de l'article L. 861-12 du code de la sécurité sociale et publié au Journal officiel n° 0303 du 31 décembre 2019. Sa grille est de 16 € par mois jusqu'à 29 ans, 28 € de 30 à 49 ans, 42 € de 50 à 59 ans, 50 € de 60 à 69 ans et 60 € à partir de 70 ans. Dans les régimes locaux d'Alsace-Moselle, les mêmes tranches sont fixées à 5,60 €, 9,80 €, 14,60 €, 17,40 € et 21 €. À titre de comparaison, le rapport d'information n° 770 du Sénat, déposé le 24 septembre 2024, relevait un prix moyen de 127 € par mois à 75 ans et de 146 € à 85 ans pour un contrat individuel en 2021. L'écart avec le repère de 60 € atteint donc 804 € à 1 032 € par an (calculs je-simule).

Ma cotisation va-t-elle augmenter au 1er janvier 2027 ?

Rien dans le budget 2027 ne l'empêche, et plusieurs mesures y poussent. L'article 12 du projet de loi n° 3211 prolonge d'un an la contribution exceptionnelle de 2,05 % due par les organismes complémentaires, pour 1 117 millions d'euros de recettes attendues en 2027 selon l'annexe 9 — une taxe assise sur les cotisations. Devant le conseil de la CNAM, le 8 octobre 2026, la ministre de la Santé Stéphanie Rist a chiffré à 700 millions d'euros les dépenses transférées vers les complémentaires, dont 500 millions sur l'hôpital et 200 millions sur les cures thermales. La Mutuelle Familiale, dans son communiqué du 27 octobre 2026, porte le total à 2,2 milliards d'euros en y ajoutant 1,5 milliard d'économies issues des décrets de l'été 2026, et rappelle que la fiscalité appliquée aux mutuelles atteint 14,07 %, majorés de la surtaxe de 2,05 %. Le rejet du texte par l'Assemblée nationale le 23 octobre 2026 ne supprime pas ces mesures : le Sénat les examine à partir du 9 novembre 2026, sur le texte initial du gouvernement.

Existe-t-il déjà une complémentaire à prix plafonné pour un retraité ?

Oui, deux dispositifs, sous conditions. La complémentaire santé solidaire avec participation financière coûte 30 € par mois après 70 ans et 25 € entre 60 et 69 ans, selon la grille de la direction de la sécurité sociale au 1er avril 2026 ; elle est accessible à une personne seule en métropole jusqu'à 14 069 € de ressources annuelles, soit 1 172 € par mois, le seuil de la gratuité étant fixé à 10 421 € par an, soit 868 € par mois. Le contrat de sortie, lui, est proposé aux personnes dont le droit à la C2S arrive à expiration : son tarif est plafonné à 60 € par mois à partir de 70 ans par l'arrêté du 27 décembre 2019. S'y ajoute, pour les nouveaux retraités venant d'un contrat collectif, le plafonnement d'augmentation prévu par la loi Évin. En dehors de ces trois cas, aucun plafond tarifaire ne s'impose aujourd'hui à un assureur sur le marché individuel : seule la mise en concurrence joue.

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