Quotité assurance de prêt 2026 : 50/50 ou 100/100 ?

Guide 2026Mis à jour : août 2026·Lecture : 6 min

Passer d'une quotité 50/50 à 100/100 fait passer la couverture totale d'un couple de 100 % à 200 % du capital emprunté, et peut doubler la cotisation : environ 9 400 € de plus sur un prêt de 250 000 € sur 25 ans. La quotité, c'est le pourcentage du capital que l'assureur rembourse pour chaque emprunteur ; la seule règle imposée par les banques est un total d'au moins 100 % par prêt. Bien la choisir revient à arbitrer entre ce que vous payez chaque mois et ce qu'il resterait à payer au survivant.

Couple souriant tenant les clés de sa maison après la signature de son prêt immobilier
✓ À retenir
  • La quotité totale doit atteindre au minimum 100 % par prêt. Au-delà, la répartition entre co-emprunteurs est libre : 50/50, 70/30, 100/50 ou 100/100.
  • À taux identiques, une 70/30 coûte exactement le même prix qu'une 50/50 : c'est le total assuré qui fait le prix, pas la répartition.
  • Une 100/100 assure 200 % au total et coûte donc jusqu'à deux fois plus cher qu'une 50/50, mais elle solde intégralement le crédit au décès de l'un des deux.
  • La quotité se renégocie : la loi n° 2022-270 du 28 février 2022 (loi Lemoine) permet de changer d'assurance à tout moment, sans frais, à garanties au moins équivalentes.
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Quotité : la seule règle, 100 % minimum par prêt

La quotité est le pourcentage du capital emprunté couvert par l'assurance pour chaque emprunteur, et la seule contrainte est que le total atteigne au moins 100 % du prêt. Un emprunteur seul est donc obligatoirement assuré à 100 % : il n'a aucun choix à faire. En couple, en revanche, la somme des deux quotités peut aller de 100 % (50/50, 70/30, 90/10…) à 200 % (100/100), et chaque point de pourcentage supplémentaire se paie. Les établissements prêteurs ajoutent souvent un plancher par tête, généralement 25 ou 30 %, pour éviter qu'un co-emprunteur soit quasiment nu.

  • Quotité 50/50 : au décès d'un des deux, l'assureur rembourse la moitié du capital restant dû. Le survivant continue à payer l'autre moitié.
  • Quotité 100/100 : au décès d'un des deux, l'assureur solde la totalité du capital restant dû. Le survivant ne paie plus rien.
  • Quotité asymétrique (70/30, 80/20…) : chacun est couvert à hauteur de sa part, généralement calée sur sa contribution aux revenus du foyer.
  • Quotité mixte (100/50, 100/30…) : total compris entre 100 % et 200 %, pour protéger davantage celui dont le revenu porte le crédit.

Cet arbitrage n'est pas anodin, car l'assurance représente 25 à 35 % du coût total d'un crédit immobilier : c'est souvent le deuxième poste après les intérêts. La Banque de France recensait plus de 22 millions de contrats d'assurance emprunteur en cours pour près de 7 milliards d'euros de primes annuelles. Notre page assurance emprunteur détaille le fonctionnement complet du contrat, garanties comprises.

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50/50 ou 100/100 : combien ça change en euros

Sur un prêt de 250 000 € sur 25 ans souscrit par un couple de 35 ans, une quotité 50/50 coûte environ 9 375 € d'assurance au total contre 18 750 € en 100/100, soit 9 375 € d'écart. La mécanique est simple : la cotisation se calcule en appliquant le taux de l'assuré au capital, multiplié par sa quotité. Une 100/100 assure 200 % du prêt au lieu de 100 %, donc, dans une tarification strictement proportionnelle, elle coûte deux fois plus. Certains contrats appliquent une dégressivité sur la seconde tête et l'écart réel tombe alors plutôt vers +50 à +70 %.

RépartitionTotal assuréCotisation annuelleCoût sur 25 ansRemboursé au décès de l'un
50 % / 50 %100 %375 €9 375 €50 % du capital restant dû
70 % / 30 %100 %375 €9 375 €70 % ou 30 % selon l'assuré
100 % / 50 %150 %563 €14 063 €100 % ou 50 % selon l'assuré
100 % / 100 %200 %750 €18 750 €La totalité du capital restant dû

Calculs Je Simule — prêt de 250 000 € sur 25 ans, deux co-emprunteurs de 35 ans, TAEA de 0,15 % chacun à quotité pleine, cotisation assise sur le capital initial. Ces TAEA se situent dans les fourchettes de marché 2026 en délégation pour un profil jeune non-fumeur. Votre taux réel dépend de votre âge, de votre profession, de votre état de santé et des garanties souscrites : seul le TAEA figurant sur votre propre offre fait foi.

Le tableau révèle l'enseignement le plus utile de tout le sujet : une 70/30 coûte rigoureusement le même prix qu'une 50/50 lorsque les deux emprunteurs ont le même tarif, puisque le total assuré reste de 100 %. Déplacer la protection vers celui dont le revenu porte le crédit est donc gratuit. À l'inverse, seule l'augmentation du total assuré — 150 %, 200 % — fait monter la facture.

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Ce que le survivant paie encore avec une 50/50

Avec une quotité 50/50, la moitié du capital restant dû reste à la charge du conjoint survivant — sur un crédit de 180 000 € encore dû, cela représente 90 000 € à rembourser seul. C'est le point aveugle du choix « au moins cher » : l'économie de cotisation est immédiate et visible, le reste à charge est lointain et invisible. La question à se poser n'est pas « combien j'économise ? » mais « avec un seul salaire, la mensualité restante est-elle tenable ? ».

Couple assuré en 50/50, capital restant dû de 180 000 € et 15 ans d'échéances devant lui à 3,5 %. Au décès de l'un des deux, l'assureur verse 90 000 € et le survivant conserve 90 000 € à rembourser, soit environ 643 € par mois pendant 15 ans — près de 115 700 € au total, sur un seul revenu. En 100/100, le crédit est soldé et cette charge disparaît, pour un surcoût de cotisation d'environ 375 € par an dans notre exemple de référence. Le bon réflexe : simuler la mensualité restante avec un seul salaire avant d'arbitrer sur la quotité.

Trois situations justifient presque toujours une couverture élevée : un écart de revenus important entre les deux emprunteurs, la présence d'enfants à charge, et un prêt long dont les premières années concentrent les intérêts. À l'inverse, deux emprunteurs aux revenus équivalents, chacun capable d'absorber seul la mensualité, peuvent raisonnablement rester à 100 % de total assuré.

70/30 : l'arbitrage qui ne coûte rien de plus

Quand les deux emprunteurs n'ont pas le même tarif, orienter la quotité vers le moins cher fait baisser la facture à couverture totale identique : jusqu'à 3 750 € d'écart sur 25 ans dans notre simulation. C'est le cas dès qu'il existe une différence d'âge, un statut fumeur d'un seul côté, une profession jugée à risque ou un antécédent médical. Le total assuré reste à 100 %, la banque n'a rien à redire, mais le prix change.

RépartitionCotisation annuelleCoût sur 25 ansEffet
30 % (35 ans) / 70 % (48 ans)638 €15 938 €Le plus cher, à couverture égale
50 % / 50 %563 €14 063 €Répartition par défaut
70 % (35 ans) / 30 % (48 ans)488 €12 188 €1 875 € économisés vs 50/50

Calculs Je Simule — prêt de 250 000 € sur 25 ans, un emprunteur de 35 ans à 0,15 % et un de 48 ans à 0,30 % (taux à quotité pleine), cotisation assise sur le capital initial. Ordres de grandeur illustratifs : seuls les TAEA de vos propres offres font foi.

Attention à ne pas optimiser à l'aveugle : déplacer la quotité vers le plus jeune revient à moins bien couvrir le plus âgé, dont le décès est statistiquement plus probable. L'arbitrage se fait donc à deux critères — le prix et la part du revenu du foyer que chacun apporte. Notez enfin que la banque doit motiver tout refus de délégation par une insuffisance de garanties, appréciée au regard des 18 critères d'équivalence du Comité consultatif du secteur financier (CCSF), parmi lesquels elle en retient au maximum 11. Un refus fondé sur la seule quotité que vous avez choisie, si le total atteint 100 %, n'est pas recevable.

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Changer de quotité ou d'assurance en cours de prêt

Vous pouvez changer d'assurance de prêt — et donc de quotité — à tout moment, sans frais ni pénalité, grâce à la loi n° 2022-270 du 28 février 2022 dite loi Lemoine. La seule condition opposable est l'équivalence des garanties ; la banque dispose de 10 jours ouvrés pour répondre et doit motiver tout refus par écrit. Une modification de quotité au sein du contrat existant, elle, n'est pas un droit : elle relève de l'accord de l'assureur et du prêteur, ce qui rend souvent la substitution complète plus simple qu'un avenant.

  1. Relevez sur votre offre de prêt le TAEA, le coût total en euros et la quotité de chaque emprunteur — l'article L. 313-8 du Code de la consommation impose ces informations.
  2. Simulez la mensualité restante pour le survivant dans chaque scénario : c'est ce chiffre, pas la cotisation, qui doit décider de la répartition.
  3. Demandez des devis en délégation en testant plusieurs quotités : la même couverture totale peut se payer 20 à 30 % moins cher selon la répartition.
  4. Comparez les exclusions, franchises et la définition de l'incapacité (« votre profession » ou « toute activité ») avant de regarder le prix.
  5. Envoyez la demande de substitution avec le nouveau contrat, puis conservez l'avenant signé : c'est lui qui acte la nouvelle quotité et le nouveau TAEA.

Le potentiel reste largement inexploité : l'UFC-Que Choisir estime que la mise en concurrence des contrats d'assurance emprunteur représenterait environ 550 millions d'euros d'économies par an pour l'ensemble des emprunteurs français, avec des écarts de 30 à 60 % entre un contrat groupe bancaire et une délégation. Par ailleurs, l'avis du CCSF du 26 mai 2026, publié par la Banque de France, introduit progressivement à partir du 1er septembre 2026 une continuité de couverture en cas de changement d'assureur : l'assureur d'origine reste tenu pour un sinistre déclaré avant la substitution et ses suites immédiates. Retrouvez nos autres analyses dans la rubrique guides et le détail des garanties sur notre page assurance emprunteur.

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Questions fréquentes

Quelle quotité choisir pour un couple ?

Il n'existe pas de réponse unique, mais une règle de décision simple : si le conjoint survivant ne peut pas absorber seul la mensualité restante, visez une couverture élevée, jusqu'à 100/100. Si les deux revenus sont équivalents et que chacun peut porter le crédit seul, un total de 100 % réparti selon la part de revenus de chacun (50/50, 60/40, 70/30) suffit généralement. Simulez la mensualité restante après le décès de l'un des deux avant de trancher : c'est ce chiffre, et non la cotisation, qui doit guider le choix.

Une quotité 100/100 coûte-t-elle deux fois plus cher qu'une 50/50 ?

Dans une tarification strictement proportionnelle, oui : la 100/100 assure 200 % du prêt contre 100 % pour la 50/50, donc la cotisation double. Sur un prêt de 250 000 € sur 25 ans avec un TAEA de 0,15 % par tête, cela représente environ 9 375 € contre 18 750 €. Certains assureurs appliquent toutefois une dégressivité sur la seconde tête, et l'écart réel se situe alors plutôt entre +50 et +70 %. Seule la comparaison de plusieurs devis permet de connaître l'écart applicable à votre profil.

La banque peut-elle imposer une quotité de 100 % à chaque emprunteur ?

La banque peut exiger que le total assuré atteigne au moins 100 % du prêt, et fixer un plancher par emprunteur, souvent de 25 ou 30 %. Elle ne peut pas, en revanche, refuser une délégation d'assurance au seul motif de la répartition choisie dès lors que le total atteint 100 % et que les garanties sont au moins équivalentes à celles de son contrat groupe. Tout refus doit être motivé par écrit dans un délai de 10 jours ouvrés, au regard des critères d'équivalence définis par le CCSF.

Peut-on modifier sa quotité après la signature du prêt ?

Oui, principalement en changeant d'assurance. La loi n° 2022-270 du 28 février 2022, dite loi Lemoine, autorise la substitution à tout moment, sans frais ni pénalité, sous réserve d'une équivalence de garanties. Vous souscrivez alors un nouveau contrat avec la quotité souhaitée. Une simple modification de quotité au sein du contrat existant reste possible mais n'est pas un droit : elle suppose l'accord de l'assureur et de la banque, ce qui rend souvent la substitution complète plus rapide.

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