Séparation 2026 : l'assurance de prêt qui double de prix
Celui qui garde la maison après une séparation voit sa cotisation d'assurance de prêt doubler : la quotité passe de 50 % à 100 %, et avec elle le prix. Sur un prêt de 250 000 € souscrit en 2021 et assuré au taux courant d'un contrat bancaire, cela représente 6 750 € de plus sur les quinze années restantes. Et c'est précisément le moment où la loi Lemoine vous autorise à tout renégocier.

- La désolidarisation ne supprime pas l'assurance : celui qui part reste adhérent, et prélevé, jusqu'à une demande de résiliation écrite.
- Celui qui garde le prêt doit être couvert à 100 % : sa cotisation double, puisqu'elle est proportionnelle à la quotité assurée.
- La banque n'est jamais obligée d'accepter : l'article 1216 du Code civil subordonne la sortie d'un co-emprunteur à son accord, et le juge du divorce ne peut pas la lui imposer.
- C'est le meilleur moment pour changer d'assureur : la loi Lemoine autorise la substitution à tout moment, et la banque doit répondre sous dix jours ouvrés par une décision motivée.
- La cotisation double : 13 500 € au lieu de 6 750 € sur quinze ans
- Étape 1 : la banque décide, et elle peut dire non
- Étape 2 : l'avenant ne résilie pas l'assurance de celui qui part
- Étape 3 : le seul moment où vous choisissez vraiment votre assureur
- Trois cas où vendre coûte moins cher que se désolidariser
- Questions fréquentes
La cotisation double : 13 500 € au lieu de 6 750 € sur quinze ans
Celui qui conserve le logement et le prêt paiera deux fois sa cotisation d'hier : 13 500 € sur quinze ans au lieu de 6 750 € dans notre cas de référence. La raison est arithmétique, pas commerciale. La cotisation d'une assurance de prêt est le produit de trois éléments : un taux, un capital de référence et la quotité, c'est-à-dire la part du prêt couverte sur votre tête. Tant que vous étiez deux à 50 % chacun, vous payiez la moitié de la prime. Seul, vous devez couvrir 100 % du capital — sans quoi la banque n'accepterait pas de laisser partir l'autre emprunteur.
| Situation | Base de calcul de la cotisation | Coût annuel | Coût sur les 15 ans restants |
|---|---|---|---|
| À deux, quotité 50 % chacun, contrat groupe de la banque | 250 000 € × 0,36 % × 50 % | 450 € pour vous (900 € pour le couple) | 6 750 € |
| Seul après désolidarisation, quotité 100 %, même contrat groupe | 250 000 € × 0,36 % × 100 % | 900 € | 13 500 € |
| Seul, quotité 100 %, contrat individuel sur capital restant dû | Capital restant dû × 0,20 % | 211 € en moyenne | 3 160 € |
Calcul Je Simule sur un prêt amortissable de 250 000 € sur 20 ans souscrit en 2021 à 1,10 %, soit une mensualité de 1 161 € et un capital restant dû de 192 556 € au bout de cinq ans. Hypothèse de tarif du contrat groupe : 0,36 % du capital initial par an, ordre de grandeur courant entre 35 et 45 ans — le rapport « Bilan de l'assurance emprunteur » réalisé par Actélior pour le Comité consultatif du secteur financier (CCSF), publié en novembre 2020, relevait des primes de 49 € à plus de 1 250 € par an pour 100 000 € empruntés selon l'âge, le tabagisme et la profession. Contrat individuel : 0,20 % du capital restant dû, appliqué au capital dégressif année par année. Les taux réels dépendent de votre âge et de votre état de santé : ces chiffres illustrent le mécanisme, pas un devis.
La facture du ménage, elle, ne change pas : elle change d'épaule. 900 € par an restent 900 € par an, mais ils pèsent désormais sur une seule personne, souvent au moment où ses revenus viennent d'être divisés par deux. Reste que l'écart entre un contrat groupe assis sur le capital initial et un contrat individuel assis sur le capital restant dû atteint 10 340 € sur la période : c'est ce second levier qui absorbe le choc du premier.
Indiquez le capital restant dû, la durée qui reste et votre âge : le comparateur affiche le coût d'une couverture à 100 % chez les assureurs du marché, à garanties équivalentes.
Étape 1 : la banque décide, et elle peut dire non
Aucun texte n'oblige votre banque à accepter la désolidarisation, et aucun juge ne peut l'y contraindre. L'article 1216 du Code civil pose que la cession d'un contrat requiert l'accord du cocontractant : ici, le prêteur. Tant qu'il ne l'a pas donné par écrit, l'article 1313 du même code continue de s'appliquer — la solidarité permet à la banque de réclamer la totalité des échéances à l'un comme à l'autre, quel que soit le partage décidé entre les ex-conjoints.
La convention de divorce ne lie pas la banque
La banque examine donc un dossier d'emprunteur unique, comme pour une nouvelle demande : revenus, endettement, reste à vivre. Avec, en 2026, un paramètre qui a changé de décor — racheter la part de l'ex se finance au taux du marché, soit 3,32 % en moyenne sur les nouveaux crédits à l'habitat en août 2026 contre 3,30 % en juillet, selon les statistiques « Crédits aux particuliers » de la Banque de France. Celui qui avait obtenu 1,10 % en 2021 rachète cette part trois fois plus cher.
- Obtenez l'accord par écrit avant tout le reste. Un accord oral de conseiller n'a aucune valeur : seul l'avenant signé libère l'autre emprunteur.
- Vérifiez les frais d'avenant dans la plaquette tarifaire de votre banque. Ils ne sont pas encadrés par la loi et varient fortement d'un établissement à l'autre ; le document est public.
- En cas de refus, trois issues : vendre le bien et solder le prêt, présenter une caution ou un nouveau co-emprunteur, ou faire racheter le crédit ailleurs — aux taux de 2026.
Étape 2 : l'avenant ne résilie pas l'assurance de celui qui part
L'assurance continue d'être prélevée jusqu'à une demande de résiliation écrite, même une fois la désolidarisation obtenue. C'est le piège le plus silencieux du dossier, et il tient à une distinction simple : le prêt et l'assurance sont deux contrats distincts. L'avenant qui libère un co-emprunteur du prêt ne met pas fin à son adhésion au contrat d'assurance.
450 € par an pour une garantie devenue inutile
- Envoyez une demande de résiliation écrite à l'assureur, par recommandé ou par le canal prévu au contrat, avec la copie de l'avenant signé par la banque.
- Faites-la porter par les deux parties : celui qui part résilie son adhésion, celui qui reste demande la quotité à 100 %. Jamais l'une sans l'autre, sous peine de trou de couverture.
- N'anticipez jamais. Résilier avant la signature de l'avenant laisse un prêt en cours sans garantie, ce qui autorise la banque à exiger le remboursement immédiat.
- Exigez l'attestation de nouvelle couverture mentionnant la quotité et la date d'effet, puis vérifiez sur votre relevé que l'ancien prélèvement a cessé.
La quotité est le paramètre qui décide de tout ce calcul : nous en avons détaillé le fonctionnement dans notre guide sur la quotité 50/50 ou 100/100 en couple, et l'ensemble des garanties sur notre page assurance emprunteur.
Étape 3 : le seul moment où vous choisissez vraiment votre assureur
Vous pouvez changer d'assurance à tout moment, sans frais et sans attendre de date anniversaire : c'est le droit ouvert par la loi Lemoine du 28 février 2022, qui a remplacé la fenêtre de douze mois par une résiliation « à tout moment ». La banque a dix jours ouvrés à compter de la réception de la demande de substitution pour répondre, et tout refus doit être « explicite et comporter l'intégralité des motifs de refus ». Négociation de la quotité et choix de l'assureur peuvent donc tenir dans le même dossier.
Les grouper a un intérêt pratique : vous reconstituez de toute façon un dossier complet, et l'assureur alternatif demandera les mêmes pièces. Le marché, lui, reste très concentré — d'après le rapport Actélior pour le CCSF, banques et bancassureurs captaient 87,6 % de la distribution en 2019, pour 9,8 milliards d'euros de cotisations dont près de 7 milliards sur les seuls prêts immobiliers. La plupart des emprunteurs n'ont donc jamais mis leur assurance en concurrence, et une séparation est l'une des rares occasions où l'on relit son contrat de prêt ligne à ligne.
| Ce que vous demandez | À qui | Délai de réponse | Coût |
|---|---|---|---|
| Sortie d'un co-emprunteur (désolidarisation) | La banque | Aucun délai légal : à négocier | Frais d'avenant libres, selon la plaquette tarifaire |
| Passage de la quotité à 100 % | L'assureur, avec l'accord de la banque | Variable selon le contrat | Cotisation doublée, à périmètre de contrat identique |
| Substitution d'assurance (loi Lemoine) | La banque | 10 jours ouvrés, refus intégralement motivé | Gratuit : l'avenant de prêt ne peut pas être facturé |
| Résiliation de l'adhésion de celui qui part | L'assureur | À la date de réception de la demande | Gratuit, mais non rétroactif |
Délais et obligations issus de la loi n° 2022-270 du 28 février 2022 dite loi Lemoine (articles L. 313-30 et L. 313-31 du Code de la consommation, article L. 113-12-2 du Code des assurances). Les frais d'avenant de prêt liés à une désolidarisation ne sont pas encadrés par la loi, contrairement à l'avenant de substitution d'assurance, qui doit être gratuit.
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Trois cas où vendre coûte moins cher que se désolidariser
La désolidarisation n'est pas toujours la meilleure option, et trois configurations la rendent même franchement défavorable. Les reconnaître avant d'engager des frais évite de payer un avenant pour un montage que la banque refusera ou que votre budget ne tiendra pas.
- Le taux d'endettement dépasse 35 % sur une seule tête. C'est la limite retenue par le Haut Conseil de stabilité financière, assurance comprise dans le calcul. Une mensualité de 1 161 € assurée 900 € par an suppose environ 3 400 € de revenus nets pour rester sous le seuil.
- Un rachat de soulte doit être financé. Emprunter la part de son ex se fait à 3,32 % en moyenne (Banque de France, août 2026) là où l'ancien prêt tourne autour de 1 % : le nouveau crédit peut coûter plus cher que le bien ne rapporte.
- L'état de santé a changé depuis la souscription. Passer à 100 % double la part assurée sur votre tête, et la suppression du questionnaire médical ne vaut que sous 200 000 € assurés par personne avec un remboursement avant le soixantième anniversaire — les deux conditions posées par la loi Lemoine. Au-delà, le questionnaire revient.
Dans ces trois cas, la vente solde le prêt, éteint la solidarité et met fin aux deux adhésions le même jour : c'est la seule issue qui ne laisse aucun engagement derrière elle. Si le dossier passe, en revanche, l'opération peut être financièrement neutre — le surcoût de quotité de 6 750 € est plus que compensé par les 10 340 € d'écart entre contrat groupe et contrat individuel, à condition de comparer au lieu de signer l'avenant proposé au guichet.
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Questions fréquentes
La banque peut-elle refuser de me désolidariser du prêt ?
Oui, et sans avoir à se justifier. L'article 1216 du Code civil subordonne la sortie d'un co-emprunteur à l'accord du prêteur, qui apprécie librement la solvabilité de celui qui reste. Ni une convention de divorce ni un jugement ne peuvent le lui imposer, la banque étant tiers à la procédure. En cas de refus, il reste trois options : vendre le bien pour solder le prêt, présenter une caution ou un nouveau co-emprunteur, ou faire racheter le crédit par un autre établissement.
Mon assurance de prêt s'arrête-t-elle automatiquement après la désolidarisation ?
Non. Le prêt et l'assurance sont deux contrats distincts : l'avenant qui libère un co-emprunteur du prêt ne met pas fin à son adhésion au contrat d'assurance. Les prélèvements continuent, pour une garantie sans objet, jusqu'à l'envoi d'une demande de résiliation écrite accompagnée de l'avenant signé. La résiliation prend effet à la réception de la demande et n'est pas rétroactive : les cotisations déjà versées ne sont pas récupérables de plein droit.
Puis-je changer d'assurance de prêt au moment de la désolidarisation ?
Oui, et c'est le moment le plus favorable. La loi Lemoine du 28 février 2022 autorise la substitution à tout moment, sans frais et sans date anniversaire. La banque dispose de dix jours ouvrés à compter de la réception de la demande pour répondre, et doit motiver intégralement tout refus ; la seule condition est de présenter des garanties équivalentes. Comme vous reconstituez de toute façon un dossier complet, grouper les deux demandes ne coûte aucun délai supplémentaire.
Le questionnaire médical revient-il quand je passe à 100 % de quotité ?
Cela dépend de deux seuils. La loi Lemoine interdit toute question de santé et tout examen médical si la part assurée sur l'encours cumulé de vos crédits immobiliers n'excède pas 200 000 € par assuré et si l'échéance de remboursement intervient avant votre soixantième anniversaire. Passer de 50 % à 100 % double précisément la part assurée sur votre tête : un emprunteur couvert à 50 % sur 300 000 € était sous le seuil à 150 000 €, il le dépasse à 300 000 €. Le questionnaire redevient alors exigible.
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