Assurance de prêt 2026 : le métier et le sport se déclarent

Guide 2026Mis à jour : octobre 2026·Lecture : 6 min

La loi Lemoine a supprimé le questionnaire de santé pour les prêts immobiliers assurés jusqu'à 200 000 € par personne et remboursés avant 60 ans, mais elle n'a touché ni les questions sur votre métier ni celles sur vos loisirs sportifs. Un couvreur paie 4 800 à 9 500 € de plus qu'un cadre sur vingt ans pour la même assurance de prêt, et un décès en ski hors-piste non couvert laisse 191 900 € de capital restant dû à la charge du conjoint (calculs Je Simule, prêt de 250 000 € au taux moyen de 3,40 % relevé en septembre 2026 par l'Observatoire Crédit Logement/CSA). Ces deux lignes du dossier se négocient, et c'est précisément là que la délégation d'assurance se gagne ou se perd.

Remise des clés d'une maison à un jeune couple devant la façade en pierre d'un pavillon
✓ À retenir
  • L'article L. 113-2-1 du code des assurances, créé par la loi Lemoine du 28 février 2022, interdit uniquement les questions de santé et les examens médicaux : profession et sports restent déclarables, sans seuil ni limite d'âge.
  • Une profession manuelle lourde entraîne +40 à +80 % de surprime sur les garanties incapacité et invalidité, soit 4 800 à 9 500 € sur vingt ans pour un prêt de 250 000 € (benchmark Kidonk du 28 mai 2026, calcul Je Simule).
  • Le ski hors-piste, le parapente et le parachutisme sont le plus souvent exclus. Aucune liste légale des sports à risque n'existe : chaque assureur établit la sienne (guide Alptis, 23 février 2026).
  • Les demandes de changement d'assurance de prêt sont passées de 198 530 en 2021 à 496 654 en 2024, acceptées à près de 94 % (avis du Comité consultatif du secteur financier du 24 juin 2026).

Lemoine supprime la santé, pas le métier ni le sport

Le texte ne laisse pas de place au doute. L'article L. 113-2-1 du code des assurances, créé par la loi n° 2022-270 du 28 février 2022 et applicable depuis le 1er juin 2022, interdit à l'assureur de solliciter « aucune information relative à l'état de santé » et « aucun examen médical » dès lors que la part assurée sur l'encours cumulé des crédits ne dépasse pas 200 000 € par assuré et que le remboursement intervient avant le soixantième anniversaire. L'interdiction s'arrête là : ni la profession, ni les activités sportives n'entrent dans la notion d'état de santé.

Conséquence pratique : un emprunteur dispensé de questionnaire médical remplit malgré tout un formulaire de déclaration d'activités, où il indique son métier, ses conditions d'exercice (travail en hauteur, port de charges, conduite professionnelle) et les sports qu'il pratique régulièrement. Ces réponses relèvent de l'article L. 113-2 du même code, qui impose de « répondre exactement aux questions posées par l'assureur ». C'est sur ce formulaire, et non sur le questionnaire de santé, que se joue désormais la tarification de la plupart des dossiers de moins de 200 000 €. Notre page assurance emprunteur détaille les garanties à vérifier contrat par contrat, et notre guide sur le nouveau calcul du seuil de 200 000 € en donne les cas chiffrés.

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Métier : de 0 à 11 900 € d'écart sur vingt ans

À capital, âge et garanties identiques, la profession déclarée fait varier le coût total de l'assurance de 0 à près de 11 900 € sur un prêt de 250 000 € sur vingt ans. La surprime porte sur les garanties incapacité temporaire (ITT) et invalidité permanente (IPT, IPP), pas sur le décès : un couvreur a statistiquement plus de risques d'arrêter de travailler qu'un enseignant, pas davantage de risques de mourir.

Profil professionnelSurprime annoncée sur ITT/IPTCoût de l'assurance sur 20 ansSurcoût
Sédentaire : cadre, enseignant, employé0 %17 000 €—
Manuelle légère : artisan, technicien d'atelier+20 à +40 %19 400 à 21 800 €+2 400 à +4 800 €
Manuelle lourde : BTP, couvreur, charpentier+40 à +80 %21 800 à 26 500 €+4 800 à +9 500 €
Risque élevé : policier, pompier, militaire+50 à +100 % ou exclusion23 000 à 28 900 €+6 000 à +11 900 €
Très exposée : marin, plongeur professionnel+100 % ou exclusion partielle28 900 € ou garantie amputée+11 900 €

Fourchettes de surprime par catégorie professionnelle d'après le benchmark publié par Kidonk le 28 mai 2026 ; ces fourchettes sont indicatives et non réglementées, chaque assureur appliquant sa propre grille. Calcul Je Simule : prêt de 250 000 € sur 240 mois, quotité de 100 %, cotisation de base de 0,34 % du capital initial par an (soit 850 € par an, milieu de la fourchette 0,30-0,42 % relevée pour un contrat de groupe bancaire entre 35 et 45 ans), garanties incapacité et invalidité représentant 70 % de la cotisation. Montants arrondis à la centaine d'euros.

Les métiers de la sécurité publique méritent une attention particulière. La fiche conseil de Société Générale publiée le 4 août 2025 cite les militaires, gendarmes, policiers, pompiers et démineurs, le travail en hauteur dans le bâtiment et le transport routier ou maritime, parmi les professions pour lesquelles quatre issues sont possibles : couverture sans surprime, cotisation majorée, exclusion de la garantie sur le risque professionnel, ou refus — ce dernier restant rare. Entre une surprime de 50 % et une exclusion des accidents survenus en service, l'écart n'est pas tarifaire : il est total.

Sports : surprime, exclusion rachetable, ou refus sec

Trois issues seulement existent pour une activité sportive déclarée : couverte sans supplément, couverte contre une surprime ou un rachat d'exclusion, ou exclue définitivement. Point décisif pour la saison qui s'ouvre : le ski alpin occasionnel sur pistes balisées passe en général sans formalité, alors que le hors-piste, le ski de randonnée et le freeride figurent parmi les exclusions les plus répandues.

Activité pratiquée régulièrementIssue la plus fréquenteSurprime observée
Course à pied, natation, football, vélo de routeCouverte sans formalité0 %
Ski alpin occasionnel sur pistes baliséesCouverte, à déclarer si pratique régulière ou en club0 %
Ski hors-piste, ski de randonnée, freeride, héliskiExclusion fréquente, parfois rachetable+25 à +50 %
Alpinisme, escaladeSurprime ou exclusion+50 à +100 %
Plongée sous-marine au-delà de 20 mètresSurprime ou exclusion+50 à +80 %
Arts martiaux en compétition, MMA, boxeSurprime+30 à +60 %
Parapente, ULM, parachutisme, base jumpExclusion quasi systématique+100 % ou garantie refusée
Chasse, spéléologie, sports mécaniquesDéclaration exigée, issue variableSelon l'assureur

Classement des activités d'après le guide Alptis mis à jour le 23 février 2026 et la fiche conseil de Société Générale du 4 août 2025 ; fourchettes de surprime d'après le benchmark Kidonk du 28 mai 2026. Aucune liste légale des sports à risque n'existe en droit français : chaque assureur fixe ses propres critères, ce qui explique qu'une même activité soit exclue chez l'un et tarifée chez l'autre. Les assureurs peuvent aussi substituer à la surprime un délai de carence allongé, jusqu'à 6 ou 12 mois selon le guide Alptis.

La distinction entre exclusion rachetable et exclusion non rachetable est la seule qui compte à la lecture des conditions générales. Dans le premier cas, l'assureur couvre l'activité contre un supplément : l'exemple de rachat d'exclusion pour le parachutisme publié par Kidonk le 28 mai 2026 est chiffré à une dizaine d'euros par mois, soit environ 2 400 € sur vingt ans. Dans le second, aucun montant ne débloque la garantie et il faut changer de contrat.

2 400 € de rachat contre 191 900 € de capital restant dû

Prenons un emprunteur de 40 ans, 250 000 € sur vingt ans au taux moyen de 3,40 % relevé en septembre 2026 par l'Observatoire Crédit Logement/CSA (chiffres publiés le 15 octobre 2026), soit une mensualité de 1 437 € hors assurance. Au bout de six ans, le capital restant dû atteint 191 900 € (calcul Je Simule). S'il décède en ski hors-piste alors que cette activité figure en exclusion non rachetée, l'assureur ne verse rien : les 191 900 € restent dus par le co-emprunteur ou la succession. Le rachat de l'exclusion, lorsqu'il est proposé, aurait coûté de l'ordre de 2 400 € sur toute la durée du prêt. Le rapport est de 1 à 80. Et si l'activité n'a pas été déclarée du tout, l'assureur peut invoquer l'article L. 113-8 du code des assurances : voir notre guide sur l'oubli qui annule tout le contrat.
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Nouveau métier, nouveau sport : quinze jours pour le dire

Une activité qui démarre après la signature se déclare dans un délai de quinze jours : c'est ce que fixe l'article L. 113-2, 3° du code des assurances pour les circonstances nouvelles qui aggravent le risque, à compter du moment où l'assuré en a connaissance, et la plupart des contrats emprunteur reprennent cette obligation. Les quatre étapes ci-dessous valent pour une reconversion vers un métier manuel comme pour une première licence de club.

  1. Relisez la rubrique « exclusions » de vos conditions générales, pas la plaquette commerciale. Cherchez les mots « hors-piste », « compétition », « en qualité de professionnel » et « travail en hauteur » : ce sont eux qui délimitent la garantie.
  2. Déclarez par écrit, avec preuve d'envoi. Lettre recommandée ou courriel avec accusé de réception daté : c'est la trace qui vous protégera si un sinistre survient plus tard.
  3. Exigez la décision par écrit : couverture inchangée, surprime chiffrée, exclusion rachetable ou exclusion sèche. Une réponse orale n'engage pas l'assureur.
  4. Si la réponse ne convient pas, changez de contrat. La loi Lemoine autorise la substitution à tout moment, sans frais, à garanties équivalentes : la banque a 10 jours ouvrés pour répondre et doit éditer l'avenant gratuitement (article L. 313-31 du code de la consommation). Nos recours en cas de refus détaillent la suite.

496 654 changements par an, et un délai en discussion

Changer d'assurance de prêt fonctionne, et à grande échelle : les demandes de substitution sont passées de 198 530 en 2021 à 496 654 en 2024, avec un taux d'acceptation proche de 94 %, selon l'avis du Comité consultatif du secteur financier du 24 juin 2026 relayé par la Banque de France. La part de marché des assureurs alternatifs externes progresse plus lentement, de 16 % en 2021 à 17,48 % en 2024, sur un marché de plus de 22 millions de contrats et près de 7 milliards d'euros de cotisations annuelles.

Le même avis durcit la lecture des garanties incapacité, ce qui concerne directement les professions exposées : l'incapacité professionnelle doit s'apprécier au regard de l'activité réellement exercée au moment du sinistre, et non de toute activité professionnelle, avec des seuils d'invalidité harmonisés à 66 % pour l'IPT et 33 % pour l'IPP. Notre guide sur la définition de l'ITT selon les contrats explique pourquoi cette nuance change tout pour un couvreur ou un chauffeur routier.

Dernier point d'actualité : un projet d'avis du CCSF publié le 12 octobre 2026 propose d'introduire un délai de deux mois pour fixer la date de prise d'effet d'une substitution, selon News Assurances Pro. Le texte est encore en discussion et fait débat. S'il était retenu, une demande déposée en décembre ne prendrait effet qu'en février : une raison de plus d'engager la comparaison sans attendre.

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Ce que la délégation change sur ces deux lignes précises

Sur la profession et le sport, la délégation d'assurance n'offre pas seulement un prix inférieur : elle offre le choix de la grille de risque. Un contrat de groupe bancaire applique une grille unique ; un contrat individuel se sélectionne, et certains assureurs ont bâti leur positionnement sur les profils que les autres majorent.

  • La base de calcul diffère. Le contrat de groupe applique son taux au capital initial, la délégation au capital restant dû : à taux affiché identique, le coût total n'est pas le même. Seul le TAEA permet la comparaison, comme l'explique notre guide sur le TAEA.
  • La liste des sports exclus varie d'un assureur à l'autre, puisqu'aucune liste légale n'existe. Un hors-piste exclu chez l'un peut être couvert, parfois sans surprime, chez un autre.
  • Les grilles professionnelles sont inégalement sévères. Certains contrats sont conçus pour les agents publics et les métiers de la sécurité, d'autres excluent le risque en service.
  • Le rachat d'exclusion n'est pas proposé partout. Vérifier son existence et son tarif avant de signer évite de découvrir une exclusion non négociable après le sinistre.
  • Une surprime ITT peut se compenser ailleurs. Lorsque l'assurance de prêt plafonne la couverture d'un métier exposé, un contrat de prévoyance distinct prend parfois le relais à moindre coût.

L'arbitrage tient à une question, posée avant la signature plutôt qu'après : votre contrat couvre-t-il le métier que vous exercez réellement et le sport que vous pratiquez vraiment ? Si la réponse n'est pas écrite noir sur blanc dans les conditions générales, elle est négative.

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Questions fréquentes

Dois-je déclarer mes sports si je n'ai pas de questionnaire de santé ?

Oui. L'article L. 113-2-1 du code des assurances, issu de la loi Lemoine du 28 février 2022, interdit seulement de solliciter des informations relatives à l'état de santé et des examens médicaux, pour les parts assurées d'au plus 200 000 € remboursées avant le 60e anniversaire. Les activités sportives et la profession ne relèvent pas de l'état de santé : l'assureur peut les demander, et l'article L. 113-2 vous oblige à répondre exactement aux questions posées. Une dispense de questionnaire médical n'est donc jamais une dispense de déclaration d'activités.

Le ski est-il couvert par l'assurance de prêt immobilier ?

Le ski alpin pratiqué occasionnellement sur pistes balisées est en général couvert sans surprime ni déclaration particulière. Le hors-piste, le ski de randonnée, le freeride et l'héliski figurent en revanche parmi les exclusions les plus courantes des contrats, et la pratique régulière en club ou en compétition doit être déclarée. Comme aucune liste légale des sports à risque n'existe en droit français, la seule référence fiable est la rubrique « exclusions » de vos conditions générales : cherchez-y la mention des pistes balisées.

Quelle surprime pour un pompier, un policier ou un militaire ?

Les fourchettes de marché publiées par Kidonk le 28 mai 2026 situent la majoration entre +50 et +100 % sur les garanties incapacité et invalidité pour ces professions, l'alternative étant une exclusion des accidents survenus en service. Sur un prêt de 250 000 € sur vingt ans, cela représente un surcoût de 6 000 à 11 900 € (calcul Je Simule). Les grilles varient fortement selon les assureurs : certains contrats individuels sont spécifiquement conçus pour les agents de la fonction publique et les métiers de la sécurité, d'où l'intérêt de comparer plutôt que d'accepter la majoration proposée par la banque.

Que se passe-t-il si je commence un sport à risque après la signature ?

L'article L. 113-2, 3° du code des assurances impose de déclarer les circonstances nouvelles aggravant le risque dans un délai de quinze jours à compter du moment où vous en avez connaissance, et la plupart des contrats emprunteur reprennent cette obligation. L'assureur peut alors maintenir la garantie, appliquer une surprime que vous êtes libre de refuser, ou exclure l'activité. En cas de silence suivi d'un sinistre lié à cette activité, il peut opposer la nullité du contrat si la réticence est jugée intentionnelle (article L. 113-8), ou une réduction proportionnelle de l'indemnité si votre bonne foi est retenue (article L. 113-9).

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