Tarif réglementé 2026 : 19,2 M de foyers, 5 % payés en trop
Au 30 juin 2026, 19,2 millions de foyers payaient encore leur électricité au tarif réglementé, soit 54,8 % des logements — alors que 52 % des offres de marché ouvertes à la souscription étaient moins chères. Les deux chiffres viennent du même document : l'observatoire des marchés de détail de la Commission de régulation de l'énergie (CRE), publié le 30 septembre 2026. Pour le foyer de référence de la CRE, l'écart vaut 80 à 92 € par an en électricité, et 221 à 257 € en gaz.

- 19,2 millions de sites résidentiels étaient au tarif réglementé d'électricité au 30 juin 2026, contre 15,84 millions en offre de marché (CRE, 30 septembre 2026).
- 52 % des offres d'électricité étaient moins chères que ce tarif ; les dix moins chères se situaient 5 % en dessous, hors option Tempo.
- En gaz l'écart double : les cinq offres les moins chères étaient 10 % sous le prix repère de la CRE, soit 221 à 257 € par an pour un foyer chauffé au gaz.
- Le prochain mouvement du tarif réglementé est fixé au 1er février 2027, proposition de la CRE attendue à la mi-janvier : l'arbitrage se fait avant.
- 19,2 millions de foyers au tarif réglementé, 52 % d'offres moins chères
- Ce que l'écart de 5 % représente en euros
- En gaz, l'écart est deux fois plus large
- Le 1er février 2027 est la prochaine échéance
- Pourquoi 19 millions de foyers ne bougent pas
- Ce que le tarif réglementé protège encore
- Questions fréquentes
19,2 millions de foyers au tarif réglementé, 52 % d'offres moins chères
Au 30 juin 2026, 19,2 millions de sites résidentiels étaient fournis au tarif réglementé de vente d'électricité, soit 54,8 % des 35,04 millions de logements raccordés — et, au même moment, 52 % des offres de marché ouvertes à la souscription affichaient un prix inférieur à ce tarif. Les deux mesures figurent dans l'observatoire des marchés de détail du 2e trimestre 2026 publié par la CRE le 30 septembre 2026.
Le tarif réglementé de vente, commercialisé par EDF sous le nom de Tarif Bleu, est le seul prix de l'électricité que l'État fixe : la CRE en calcule le niveau et le propose au gouvernement deux fois par an, au 1er février et au 1er août. Il n'est ouvert qu'aux particuliers et très petits professionnels souscrivant moins de 36 kVA. Tout le reste relève du prix libre, que chaque fournisseur fixe et fait évoluer selon les règles inscrites au contrat.
| Au 30 juin 2026, clients résidentiels | Nombre de sites | Part du marché |
|---|---|---|
| Électricité au tarif réglementé | 19 200 000 | 54,8 % |
| Électricité en offre de marché | 15 835 000 | 45,2 % |
| dont fournisseurs alternatifs | — | 32,3 % du marché |
| Mouvement du trimestre vers le marché | + 121 000 sites | dont 49 000 vers un alternatif |
| Gaz, clients résidentiels | 10 230 000 | alternatifs : 47,5 % |
CRE, observatoire des marchés de détail du 2e trimestre 2026, publié le 30 septembre 2026. Volumes arrondis par la CRE. Le tarif réglementé de vente du gaz a été supprimé le 30 juin 2023 : il ne subsiste qu'un prix repère indicatif, publié chaque mois.
Le paradoxe tient en une phrase : la majorité des foyers reste sur le seul tarif qu'elle ne peut pas négocier, pendant qu'une offre sur deux fait moins cher. Ce n'est pas une anomalie de marché, c'est une anomalie d'information — et c'est ce qu'un comparateur d'offres d'électricité et de gaz corrige : situer son contrat dans la fourchette réelle des prix, à son adresse et à sa consommation.
Ce que l'écart de 5 % représente en euros
Pour le foyer de référence de la CRE — logement parisien en Heures Pleines / Heures Creuses, 9 kVA, 8 500 kWh par an répartis 54 % en heures pleines et 46 % en heures creuses — la facture au tarif réglementé atteint 1 843 € par an, et l'écart de 5 % relevé sur les dix offres les moins chères vaut 80 à 92 €. La fourchette est prudente à dessein : la CRE compare des niveaux de prix, pas des factures complètes, et l'abonnement varie d'un fournisseur à l'autre.
| Profil annuel | Facture au tarif de référence | Écart potentiel |
|---|---|---|
| 2 400 kWh, Base 6 kVA (petit logement) | 671 € | 24 à 34 € |
| 4 500 kWh, Base 6 kVA (foyer moyen CRE) | 1 091 € | 45 à 55 € |
| 8 500 kWh, HP/HC 9 kVA (référence CRE) | 1 843 € | 80 à 92 € |
| 14 000 kWh de gaz, classe chauffage | 2 567 € | 221 à 257 € |
Calculs Je Simule sur la grille du Tarif Bleu d'EDF en vigueur depuis le 1er août 2026 (délibération CRE n° 2026-147 du 15 juillet 2026) : 0,2001 €/kWh TTC et 190,32 €/an d'abonnement en Base 6 kVA ; 0,2142 € en heures pleines, 0,1589 € en heures creuses, 238,56 €/an en 9 kVA. Gaz : prix repère CRE de novembre 2026, classe chauffage, 0,15761 €/kWh TTC et 360,79 €/an. Les écarts appliquent les 5 % (électricité) et 10 % (gaz) mesurés par la CRE au 30 juin 2026, selon qu'ils portent sur la part énergie ou sur la facture complète.
L'écart grandit avec la consommation, et l'abonnement explique les renversements. À 2 400 kWh par an, les 190,32 € d'abonnement pèsent 28 % de la facture : une offre au kilowattheure agressive mais à l'abonnement gonflé ressort plus chère que le Tarif Bleu. À 8 500 kWh, c'est le prix du kWh qui commande. D'où une règle unique : comparer des budgets annuels complets, jamais des prix unitaires.
Reprenez la consommation annuelle en kWh de votre dernière facture de régularisation et classez les offres disponibles à votre adresse, abonnement compris.
En gaz, l'écart est deux fois plus large
Fin juin 2026, 27 % seulement des 37 offres de gaz commercialisées se situaient sous le prix repère de la CRE — mais les cinq moins chères se trouvaient 10 % en dessous, soit 221 à 257 € par an pour un foyer parisien chauffé au gaz consommant 14 000 kWh. La proportion d'offres compétitives a reculé (39 % fin mars 2026) pendant que l'écart offert par les meilleures se creusait : il n'était que de 3 % trois mois plus tôt.
Le repère a changé de nature depuis la suppression du tarif réglementé du gaz, le 30 juin 2023 : il ne reste qu'un prix repère de vente, publié chaque mois par la CRE à titre indicatif, qu'aucun fournisseur n'est tenu d'appliquer. En novembre 2026, il s'établit à 194,90 €/MWh en moyenne, en hausse de 6,6 % sur un mois, avec un kilowattheure à 0,15761 € TTC en classe chauffage et un abonnement de 360,79 € par an.
Le 1er février 2027 est la prochaine échéance
Le tarif réglementé ne bougera pas avant le 1er février 2027, et la CRE publiera sa proposition de niveau à la mi-janvier : la décision se prend donc sur les prix connus, pas après l'annonce. Depuis le 1er août 2026, le Tarif Bleu est à 0,2001 € le kilowattheure en Base 6 kVA, après une hausse de 2,5 % en moyenne TTC fixée par la délibération CRE n° 2026-147 du 15 juillet 2026. Trois éléments connus pèsent sur le mouvement de février, dans des sens opposés.
- À la hausse, le coût de l'énergie. Depuis la fin de l'ARENH, la CRE construit la part énergie à partir des prix de gros lissés sur 24 mois (délibération n° 2026-06 du 14 janvier 2026). Or le prix spot moyen a atteint 130,62 €/MWh en août 2026 contre 60,18 €/MWh en août 2025, selon les données M0 de la CRE mises à jour le 28 septembre 2026. Le lissage amortit le choc, il ne l'annule pas.
- À la hausse, des rattrapages reportés. Dans sa proposition du 16 juillet 2026, la CRE a renvoyé à février 2027 un reliquat de l'ancien mécanisme de capacité et d'autres régularisations au titre de 2026, dont les montants ne sont pas publiés.
- À la baisse, l'accise. La loi de finances pour 2026 programme une réduction supplémentaire de 0,4 €/MWh au 1er février 2027, après 0,5 €/MWh au 1er août 2026 : environ 2 € par an pour un foyer moyen.
- Ce qui ne bouge pas en février : le TURPE. Le tarif d'acheminement, environ un tiers de la facture, est indexé chaque 1er août.
Une offre à prix fixe gèle la part hors taxes pour 12, 24 ou 36 mois et ne suit pas ce mouvement ; une offre indexée sur le tarif réglementé le répercute intégralement. Le choix relève de la tolérance au risque, comme le détaille notre comparatif prix fixe ou prix indexé.
Budget annuel abonnement compris, offres réellement disponibles à votre adresse, écart chiffré avec le tarif réglementé en vigueur.
Pourquoi 19 millions de foyers ne bougent pas
Le marché bouge lentement : 2,3 % des ménages seulement ont changé de fournisseur d'électricité ou ouvert un compteur chez un alternatif au 2e trimestre 2026, et le flux net vers les offres de marché est tombé à 121 000 sites contre 232 000 au trimestre précédent (CRE, 30 septembre 2026). Le baromètre énergie-info 2025 du médiateur national de l'énergie, publié en novembre 2025, relève de son côté que 36 % des foyers déclarent des difficultés à payer leurs factures d'énergie, contre 28 % un an plus tôt. Trois craintes reviennent, et le droit en vigueur les dément.
- « Je risque une coupure. » Non. Le nouveau fournisseur résilie l'ancien contrat à votre place et la fourniture n'est jamais interrompue. Le compteur ne change pas, le gestionnaire du réseau reste Enedis : aucun technicien n'intervient.
- « Ça va me coûter des frais. » Non. Les articles L224-14 et L224-15 du code de la consommation interdisent tout frais de résiliation à un particulier et bornent l'opération à 21 jours. La procédure est détaillée dans notre guide sur les délais d'un changement de fournisseur.
- « Je ne pourrai plus revenir en arrière. » Non, en électricité. Un particulier dont la puissance souscrite ne dépasse pas 36 kVA peut demander à tout moment son retour au tarif réglementé auprès du fournisseur historique, selon la fiche pratique du service public d'information énergie-info. En gaz, cette porte s'est refermée le 30 juin 2023.
Reste un obstacle réel : la lisibilité. Entre un prix au kilowattheure hors taxes, un abonnement annuel, une remise la première année et une clause d'indexation, deux offres ne se comparent pas de tête. C'est une tâche de calcul, pas de jugement.
Ce que le tarif réglementé protège encore
Le tarif réglementé garde trois avantages que peu d'offres égalent : il ne peut évoluer qu'aux deux dates fixées par l'État, son niveau est calculé par un régulateur et publié au Journal officiel, et il n'impose aucune durée d'engagement. Trois situations où y rester, ou y revenir, se défend sans hésiter.
- Face à une offre indexée sur les prix de gros. Certaines offres répercutent le marché mois par mois. Quand le spot passe de 60 à 130 €/MWh en douze mois, comme entre août 2025 et août 2026, la facture suit sans filet.
- Face à une offre à paliers horaires. La CRE exclut volontairement l'option Tempo de ses comparaisons : elle n'est avantageuse que si l'on peut réellement effacer sa consommation les jours rouges. Sinon le kilowattheure de pointe coûte plusieurs fois le tarif de base.
- Face à un faible prix du kWh mais un fort abonnement. Sur une petite consommation, c'est l'abonnement qui décide, et une remise affichée sur le kilowattheure ne compense rien.
La bonne question n'est donc pas « faut-il quitter le tarif réglementé ? » mais « mon contrat se situe-t-il dans le bas ou dans le haut de la fourchette, à ma consommation ? ». Les 19,2 millions de foyers encore au Tarif Bleu n'ont pas tous intérêt à bouger ; sur un marché où une offre sur deux est moins chère, aucun n'a intérêt à ne pas regarder. La page électricité et gaz fait ce calcul sur un budget annuel complet.
Gratuit, sans coupure, 21 jours au maximum, et réversible en électricité. Classement sur le budget annuel réel, abonnement compris.
Questions fréquentes
Le tarif réglementé de l'électricité est-il le moins cher en 2026 ?
Non, pas pour la majorité des foyers. Selon l'observatoire des marchés de détail de la CRE publié le 30 septembre 2026, 52 % des offres d'électricité ouvertes à la souscription étaient moins chères que le tarif réglementé au 30 juin 2026, et les dix moins chères se situaient en moyenne 5 % en dessous, hors option Tempo. Pour le foyer de référence de la CRE (8 500 kWh par an, 9 kVA, Paris), l'écart représente 80 à 92 € par an. Il grandit avec la consommation.
Combien de foyers sont encore au tarif réglementé d'électricité ?
19,2 millions de sites résidentiels au 30 juin 2026, soit 54,8 % des 35,04 millions de logements raccordés, contre 15,84 millions en offre de marché (CRE, observatoire du 2e trimestre 2026). Le nombre recule lentement : 168 000 sites de moins sur le trimestre. Les fournisseurs alternatifs détiennent 32,3 % du marché résidentiel de l'électricité et 47,5 % de celui du gaz.
Changer de fournisseur d'énergie provoque-t-il une coupure ?
Non, jamais. Le nouveau fournisseur résilie l'ancien contrat et la fourniture n'est pas interrompue. Le compteur reste en place et le gestionnaire de réseau demeure Enedis en électricité, GRDF en gaz : aucune intervention technique n'est nécessaire. Les articles L224-14 et L224-15 du code de la consommation interdisent tout frais de résiliation pour un particulier et fixent un délai maximal de 21 jours.
Peut-on revenir au tarif réglementé après une offre de marché ?
En électricité, oui. Un particulier dont la puissance souscrite ne dépasse pas 36 kVA peut demander à tout moment son retour au tarif réglementé auprès du fournisseur historique, généralement EDF, ou de l'entreprise locale de distribution là où il en existe une. Cette réversibilité est sans frais, d'après la fiche pratique du service public d'information énergie-info. En gaz elle n'existe plus : le tarif réglementé de vente du gaz a été supprimé le 30 juin 2023, remplacé par un prix repère mensuel purement indicatif.
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