Complémentaire santé solidaire 2026 : 0 € ou 30 €/mois
Pour une personne seule en métropole, la Complémentaire santé solidaire est gratuite jusqu'à 868 € de ressources mensuelles et coûte de 8 à 30 € par mois jusqu'à 1 172 € — c'est le barème fixé par la Direction de la sécurité sociale au 1er avril 2026. La C2S est la couverture complémentaire santé attribuée sous condition de ressources par l'Assurance maladie : elle remplace depuis le 1er novembre 2019 la CMU-C et l'aide au paiement d'une complémentaire santé (ACS), et elle offre le même contrat à tous, que vous la payiez ou non. Le contraste avec le marché privé est brutal : la DREES a mesuré un reste à charge annuel moyen de 26 € pour les bénéficiaires de la C2S (Études et Résultats n° 1362, 15 janvier 2026), quand la prime moyenne d'un contrat individuel atteint 127 € par mois à 75 ans (Panorama de la DREES sur la complémentaire santé, édition 2024). Et pourtant, deux personnes éligibles sur trois à la version payante n'en font pas la demande.

- Le barème 2026 est public et daté : pour une personne seule en France métropolitaine, la C2S est gratuite jusqu'à 10 421 € de ressources annuelles (868 € par mois) et accessible avec participation jusqu'à 14 069 € par an (1 172 € par mois). Ces montants sont ceux de l'arrêté applicable au 1er avril 2026 publié par la Direction de la sécurité sociale.
- La participation ne dépend que de l'âge, jamais de l'état de santé : 8 € par mois jusqu'à 29 ans, 14 € de 30 à 49 ans, 21 € de 50 à 59 ans, 25 € de 60 à 69 ans et 30 € à partir de 70 ans (Direction de la sécurité sociale, barème du 1er avril 2026). En Alsace-Moselle, ces montants tombent à 2,80 € et 10,50 € aux deux extrémités.
- La couverture est plus protectrice que la plupart des contrats du marché. La DREES établit un reste à charge moyen de 26 € sur l'année, neuf bénéficiaires sur dix en dessous de 30 € et huit sur dix à zéro ou moins d'un euro (Études et Résultats n° 1362, 15 janvier 2026). Les professionnels de santé ne peuvent pas facturer de dépassement d'honoraires à un bénéficiaire de la C2S.
- Le non-recours reste le principal angle mort du dispositif : 44 % des personnes éligibles n'y recourent pas, un taux qui monte à 66 % pour la C2S avec participation financière (DREES, Minima sociaux et prestations de solidarité, édition 2025, fiche 35, données 2021). Or 33 % des bénéficiaires de cette version payante ont 60 ans ou plus.
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868 € par mois : le seuil qui décide de tout
Une personne seule en métropole obtient la C2S gratuitement si ses ressources des douze derniers mois ne dépassent pas 10 421 € par an, soit 868 € par mois, et avec une participation financière jusqu'à 14 069 € par an, soit 1 172 € par mois. Ces deux chiffres sont les seules portes d'entrée du dispositif, et ils figurent noir sur blanc dans le tableau des plafonds d'attribution publié par la Direction de la sécurité sociale, applicable au 1er avril 2026. Le second plafond n'est pas arbitraire : l'article L. 863-1 du code de la sécurité sociale fixe la zone de la C2S payante entre le plafond de la version gratuite et ce même plafond majoré de 35 %.
| Composition du foyer | C2S gratuite (annuel) | C2S gratuite (mensuel) | C2S payante (annuel) | C2S payante (mensuel) |
|---|---|---|---|---|
| 1 personne | 10 421 € | 868 € | 14 069 € | 1 172 € |
| 2 personnes | 15 632 € | 1 303 € | 21 103 € | 1 759 € |
| 3 personnes | 18 758 € | 1 563 € | 25 324 € | 2 110 € |
| 4 personnes | 21 885 € | 1 823 € | 29 544 € | 2 462 € |
| Par personne en plus | + 4 169 € | + 347 € | + 5 628 € | + 469 € |
Source : Direction de la sécurité sociale, « Plafonds d'attribution de la Complémentaire santé solidaire et de l'aide médicale de l'État », barème applicable au 1er avril 2026. Les moyennes mensuelles sont fournies par l'administration à titre indicatif : c'est le total des ressources des douze mois précédant la demande qui est examiné, et non le revenu d'un mois isolé.
Deux précisions changent souvent le résultat d'un calcul fait de tête. D'abord, les plafonds sont plus élevés dans les départements d'outre-mer : 11 599 € par an pour une personne seule en C2S gratuite et 15 659 € en C2S payante, toujours au 1er avril 2026. Ensuite, si vous êtes propriétaire de votre logement, logé gratuitement ou allocataire d'une aide au logement, l'administration ajoute à vos ressources un « forfait logement » calculé en pourcentage du montant forfaitaire du RSA — 78,20 € par mois pour une personne seule hors Mayotte. C'est précisément ce forfait qui fait basculer certains dossiers d'une case à l'autre, et c'est la raison pour laquelle l'estimation à la main est risquée. L'Assurance maladie renvoie vers le simulateur public de mesdroitssociaux.gouv.fr, qui intègre ces règles.
Si vos ressources dépassent 1 172 € par mois, la C2S vous est fermée et le prix se joue sur le marché privé. Comparez avant de renouveler.
De 0 à 30 € par mois : l'âge, et rien d'autre
La participation financière de la C2S est de 8 € par mois jusqu'à 29 ans, 14 € de 30 à 49 ans, 21 € de 50 à 59 ans, 25 € de 60 à 69 ans et 30 € à partir de 70 ans — soit 360 € par an au maximum, quel que soit votre état de santé. C'est le seul barème qui s'applique, fixé par arrêté au titre de l'article L. 861-11 du code de la sécurité sociale et publié par la Direction de la sécurité sociale au 1er avril 2026. Il se lit par personne couverte : un foyer de deux retraités de 67 et 72 ans paie 55 € par mois au total, pas 30 €.
| Âge au 1er janvier de l'année d'attribution | Métropole et DOM (mensuel) | Métropole et DOM (annuel) | Alsace-Moselle (mensuel) |
|---|---|---|---|
| 29 ans et moins | 8 € | 96 € | 2,80 € |
| 30 à 49 ans | 14 € | 168 € | 4,90 € |
| 50 à 59 ans | 21 € | 252 € | 7,30 € |
| 60 à 69 ans | 25 € | 300 € | 8,70 € |
| 70 ans et plus | 30 € | 360 € | 10,50 € |
Source : Direction de la sécurité sociale, « Montants de cotisation de la Complémentaire santé solidaire avec participation financière », barème applicable au 1er avril 2026. Les montants réduits d'Alsace-Moselle s'expliquent par l'existence du régime local d'assurance maladie, qui prend déjà en charge une part supplémentaire des dépenses et laisse donc moins à couvrir à la C2S.
Mettez maintenant ce barème en face du marché privé, et l'écart saute aux yeux. Le Panorama de la DREES sur la complémentaire santé, édition 2024, mesure la prime moyenne d'un contrat individuel à 104 € par mois à 65 ans, 127 € à 75 ans et 146 € à 85 ans pour un assuré de référence. La dernière enquête de la DREES auprès des organismes complémentaires, publiée le 23 septembre 2025 et portant sur 2023, confirme la trajectoire : 142 € par mois à 85 ans, contre 36 € à 20 ans, et 96 % des bénéficiaires d'un contrat individuel sont couverts par un contrat dont la prime varie avec l'âge. Autrement dit, un assuré de 75 ans éligible à la C2S payante paie 30 € là où la moyenne du marché lui demande 127 € : environ 1 160 € d'écart sur une année, avec une couverture plus large.
Vérifiez d'abord votre éligibilité à la C2S ; si vous êtes au-dessus des plafonds, comparez les contrats du marché poste par poste.
26 € de reste à charge par an : ce que la C2S couvre vraiment
Le reste à charge moyen d'un bénéficiaire de la C2S est de 26 € sur une année entière, soit un peu plus de 2 € par mois : c'est le chiffre central de l'étude de la DREES publiée le 15 janvier 2026 (Études et Résultats n° 1362, Odran Bonnet et Aurore Desjonquères), à partir des données du Système national des données de santé. Dans le détail, neuf bénéficiaires sur dix s'acquittent de moins de 30 € de reste à charge sur l'année et huit sur dix ont un reste à charge nul ou inférieur à un euro. Aucun contrat de complémentaire santé vendu sur le marché n'affiche ce niveau de protection, et pour une raison simple : la C2S ne se contente pas de compléter l'Assurance maladie, elle supprime aussi une série de participations que les contrats privés ne peuvent légalement pas rembourser.
La liste de ces exonérations est établie par la DREES dans sa fiche 35 sur la C2S (Minima sociaux et prestations de solidarité, édition 2025) et recoupée par ameli.fr, page mise à jour le 13 mars 2026. Un bénéficiaire de la C2S est dispensé :
- du ticket modérateur sur les soins de ville comme à l'hôpital, et du forfait journalier hospitalier — celui-là même qu'une mutuelle classique rembourse seulement si le contrat le prévoit ;
- de la participation forfaitaire de 2 € sur les consultations médicales et de la franchise médicale de 1 € par boîte de médicament, deux prélèvements qu'un contrat responsable a l'interdiction de prendre en charge ;
- de la participation forfaitaire de 24 € appliquée aux actes lourds en ville ou à l'hôpital, ainsi que des participations sur les transports sanitaires et les analyses de laboratoire ;
- des majorations pour non-respect du parcours de soins, qui pénalisent habituellement une consultation prise sans passer par le médecin traitant ;
- des dépassements d'honoraires : les tarifs sont opposables, un professionnel de santé ne peut pas en facturer à un bénéficiaire de la C2S, sauf exigence particulière du patient ;
- de l'avance de frais, grâce au tiers payant intégral sur toutes les dépenses couvertes par l'Assurance maladie.
Deux éligibles sur trois passent à côté de la version payante
44 % des personnes éligibles à la C2S n'y recourent pas, et ce taux atteint 66 % pour la seule C2S avec participation financière : deux éligibles sur trois laissent donc de côté une couverture à 30 € par mois maximum. Ces chiffres viennent de la fiche 35 de l'ouvrage Minima sociaux et prestations de solidarité de la DREES, édition 2025, qui les établit pour 2021 à partir du modèle de microsimulation Ines. La DREES précise n'avoir pas pu calculer ce taux pour 2022 et 2023, ce qui fait de 2021 la dernière mesure disponible. Le non-recours à la version gratuite est bien plus faible, à 31 %, notamment parce que l'attribution est désormais automatique pour les allocataires du RSA.
Le profil des bénéficiaires de la version payante explique pourquoi ce non-recours est un sujet de retraités. Toujours selon la même fiche 35, 33 % des bénéficiaires de la C2S payante ont 60 ans ou plus — contre seulement 9 % pour la version gratuite — et 35 % d'entre eux souffrent d'au moins une affection de longue durée, contre 19 % de l'ensemble de la population ayant consommé des soins. La DREES donne aussi la raison mécanique de cette répartition : le minimum vieillesse, fixé à 1 012,02 € par mois au 1er janvier 2024, « place l'essentiel de ses bénéficiaires au-dessus du plafond de ressources de la C2SG ». Autrement dit, une grande partie des retraités modestes se situent exactement dans la zone de la C2S payante, celle où les deux tiers des ayants droit ne demandent rien.
Trois raisons reviennent dans les travaux de la DREES : la méconnaissance du dispositif, le découragement face à la complexité des démarches, et le fait que la participation, « même modérée, peut représenter un coût important pour des ménages modestes ou peut être jugée peu justifiée par des personnes qui se sentent en bonne santé ». À cela s'ajoute un effet de bascule : une partie des éligibles sont déjà couverts par un contrat d'entreprise, comme salarié ou comme conjoint. La DREES chiffre l'ensemble : en 2021, 87 % des personnes éligibles à la C2S gratuite et 61 % des éligibles à la version payante étaient couvertes soit par la C2S, soit par une complémentaire d'entreprise. Reste que pour un retraité sans contrat collectif, il n'existe aucune alternative moins chère — ce que notre page mutuelle senior met en perspective avec les tarifs du marché.
Le législateur a donc multiplié les présomptions de droit, qui permettent une demande simplifiée sans reconstituer tout son dossier de ressources. La fiche 35 de la DREES en dresse le calendrier : depuis le 1er avril 2022 pour les bénéficiaires de l'allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa) n'ayant pas travaillé au cours des trois derniers mois, étendu fin 2022 à leur conjoint, concubin ou partenaire de Pacs ; depuis le 1er juillet 2024 pour une partie des allocataires de l'allocation supplémentaire d'invalidité (ASI) ; depuis le 1er juillet 2025 pour une partie des allocataires de l'allocation aux adultes handicapés (AAH) ; et à compter du 1er juillet 2026 pour l'allocation du contrat d'engagement jeune. Si vous percevez l'une de ces allocations, la question n'est plus de savoir si vous êtes éligible, mais de déposer la demande.
La C2S ne concerne qu'une partie des assurés. Pour les autres, l'écart entre deux contrats équivalents se compte en centaines d'euros par an.
La demande pas à pas, et les trois dates à ne pas manquer
Comptez deux mois d'instruction après réception d'un dossier complet, un droit valable un an, et un renouvellement à demander chaque année : ce sont les trois délais que l'Assurance maladie annonce sur ameli.fr, page mise à jour le 13 mars 2026. La démarche elle-même est plus courte que sa réputation, à condition de la faire dans le bon ordre.
- Testez votre éligibilité avant de monter un dossier. L'Assurance maladie renvoie vers le simulateur de mesdroitssociaux.gouv.fr, et précise que la simulation est simplifiée en passant par FranceConnect, qui préremplit revenus et composition du foyer. C'est aussi la seule façon fiable d'intégrer le forfait logement au calcul.
- Déposez la demande depuis votre compte ameli, rubrique Démarches puis Frais de santé, ou depuis l'application mobile. La voie postale reste ouverte : le formulaire « Demande de Complémentaire santé solidaire » se télécharge sur ameli.fr et s'envoie ou se dépose à votre caisse avec les justificatifs.
- Choisissez l'organisme gestionnaire, une seule fois. Lors de la première demande, vous désignez qui gérera votre C2S : votre caisse d'assurance maladie, ou un organisme complémentaire inscrit sur la liste publiée sur complementaire-sante-solidaire.gouv.fr. Le contrat et les garanties sont identiques dans les deux cas — seuls l'interlocuteur et la gestion des remboursements changent.
- Attendez la notification, puis récupérez votre attestation de droits. La caisse instruit le dossier dans un délai de deux mois et vous informe de sa décision ; l'attestation est ensuite disponible dans votre compte ameli, ou envoyée par courrier si vous n'en avez pas. Vérifiez sur ce document la tranche d'âge retenue et la composition du foyer.
- Notez la date d'échéance le jour même. Le droit est accordé pour un an et le renouvellement doit être demandé, sauf exceptions — dont l'automaticité dont bénéficient les allocataires du RSA. C'est l'oubli du renouvellement, et non le refus, qui fait perdre la C2S au plus grand nombre.
Deux souplesses méritent d'être connues, car elles lèvent la crainte de se retrouver piégé. La première : depuis le 1er avril 2022, la C2S se résilie à tout moment et non plus seulement à la date anniversaire, l'interruption prenant effet à la fin du mois de réception de la demande par l'organisme gestionnaire. La DREES cite explicitement les deux cas d'usage : une personne qui retrouve un emploi et veut basculer sur le contrat collectif de son employeur, et une personne dont les ressources baissent et qui passe de la version payante à la version gratuite. La seconde : depuis le 1er janvier 2022, tout enfant à charge de moins de 25 ans qui intègre un foyer déjà bénéficiaire est couvert immédiatement, sans attendre la fin du droit en cours.
Un dernier point si vous détenez aujourd'hui un contrat payant. L'obtention de la C2S ne dispense pas de résilier votre mutuelle santé actuelle : conserver les deux revient à payer une cotisation pour une garantie qui ne se cumule pas. Les conditions et les délais de cette résiliation sont détaillés dans notre guide sur la résiliation d'une mutuelle santé en 2026. Et si votre demande est refusée pour dépassement de plafond, l'exonération de la participation forfaitaire et des franchises tombe avec elle : ces sommes redeviennent intégralement à votre charge, comme l'explique notre article sur les franchises médicales en 2026.
Un dossier au-dessus du plafond signifie retour au marché privé. Autant y revenir avec les prix sous les yeux.
Questions fréquentes
Quel revenu ne faut-il pas dépasser pour avoir la C2S en 2026 ?
Pour une personne seule en France métropolitaine, le plafond est de 10 421 € de ressources annuelles, soit environ 868 € par mois, pour la Complémentaire santé solidaire gratuite, et de 14 069 € par an, soit environ 1 172 € par mois, pour la version avec participation financière. Ce sont les montants du barème de la Direction de la sécurité sociale applicable au 1er avril 2026. Les plafonds augmentent avec la taille du foyer : 15 632 € et 21 103 € par an pour deux personnes, puis 4 169 € et 5 628 € supplémentaires par personne en plus. Dans les départements d'outre-mer, ils sont plus élevés : 11 599 € et 15 659 € par an pour une personne seule. Attention à deux règles qui faussent les calculs rapides : ce sont les ressources des douze mois précédant la demande qui comptent, et non le revenu du dernier mois ; et si vous êtes propriétaire, logé gratuitement ou allocataire d'une aide au logement, un forfait logement est ajouté à vos ressources — 78,20 € par mois pour une personne seule hors Mayotte. Le simulateur public de mesdroitssociaux.gouv.fr intègre ces règles, ce qu'un calcul mental ne fait pas.
Combien coûte la Complémentaire santé solidaire pour un retraité ?
Entre 0 et 30 € par mois et par personne, selon les ressources et l'âge. Si vos ressources sont sous le plafond de la C2S gratuite, elle ne coûte rien. Au-dessus, et jusqu'au plafond majoré de 35 %, la participation financière dépend uniquement de l'âge atteint au 1er janvier de l'année d'attribution : 25 € par mois de 60 à 69 ans et 30 € par mois à partir de 70 ans, soit 300 € et 360 € par an (Direction de la sécurité sociale, barème du 1er avril 2026). En Alsace-Moselle, ces montants tombent respectivement à 8,70 € et 10,50 € par mois, parce que le régime local d'assurance maladie couvre déjà une part supplémentaire des dépenses. La participation s'applique par assuré couvert : un couple de 67 et 72 ans paie donc 55 € par mois. À titre de comparaison, le Panorama de la DREES sur la complémentaire santé, édition 2024, mesure la prime moyenne d'un contrat individuel à 104 € par mois à 65 ans et 127 € à 75 ans pour un assuré de référence. L'état de santé n'entre jamais dans le calcul de la C2S, et aucun questionnaire médical n'est demandé.
La C2S couvre-t-elle mieux qu'une mutuelle payante ?
Sur les soins courants, oui, et l'écart est mesuré. La DREES établit un reste à charge annuel moyen de 26 € pour les bénéficiaires de la C2S, avec neuf bénéficiaires sur dix sous 30 € et huit sur dix à zéro ou moins d'un euro (Études et Résultats n° 1362, 15 janvier 2026). La C2S supprime des participations qu'aucun contrat responsable n'a le droit de rembourser : la participation forfaitaire de 2 € par consultation, la franchise médicale de 1 € par boîte de médicament, la participation de 24 € sur les actes lourds, les majorations pour non-respect du parcours de soins et le forfait journalier hospitalier. Elle rend aussi les tarifs opposables, ce qui interdit tout dépassement d'honoraires, et donne droit au tiers payant intégral. Une réserve toutefois : un bénéficiaire sur dix conserve un reste à charge de 250 € en moyenne, essentiellement en optique, en dentaire et en audioprothèse, et il touche surtout les plus âgés et les personnes en affection de longue durée. La DREES l'attribue à la liberté tarifaire sur ces équipements, non aux honoraires médicaux. Rester dans le « panier C2S » sans reste à charge est donc la seule vraie précaution à prendre.
Que faire si ma demande de C2S est refusée ?
Un refus signifie en général un dépassement du plafond de ressources, et il a des conséquences immédiates qu'il vaut mieux anticiper : vous restez soumis à la participation forfaitaire de 2 €, aux franchises médicales, aux dépassements d'honoraires et à l'avance de frais. Trois actions sont utiles. D'abord, vérifiez le calcul : les ressources retenues sont celles des douze derniers mois, et le forfait logement a pu vous faire basculer de quelques euros. Une baisse de revenus, un départ à la retraite, une séparation ou un changement de composition du foyer ouvrent la possibilité de déposer une nouvelle demande, sans attendre — l'Assurance maladie rappelle sur ameli.fr, page mise à jour le 13 mars 2026, que les droits évoluent avec la situation familiale et professionnelle. Ensuite, si vous percevez l'Aspa, l'ASI ou l'AAH, vérifiez si vous relevez d'une présomption de droit à la C2S avec participation, qui simplifie la demande. Enfin, si vous restez au-dessus des plafonds, comparez les contrats du marché : la DREES relève une dispersion considérable des primes avec l'âge, de 53 € à 200 € par mois à 75 ans entre les contrats les moins chers et les plus chers d'un même échantillon (Panorama de la complémentaire santé, édition 2024).
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