Invalidité 40 % en 2026 : 424 € ou 1 212 € de rente

Guide 2026Mis à jour : octobre 2026·Lecture : 6 min

Deux indépendants, le même taux d'invalidité de 40 %, la même rente souscrite de 24 000 € par an : le premier touche 1 212 € par mois, le second 424 €. L'écart — 9 454 € par an — ne vient ni de leur état de santé, ni de leur assureur, mais d'une ligne de leur notice : la formule qui convertit un taux médical en euros. Trois formules coexistent sur le marché français, et presque personne ne sait laquelle figure dans son contrat.

Artisane céramiste indépendante assise dans son atelier, en pause, lumière naturelle
✓ À retenir
  • Trois formules de conversion circulent : T/66, T/100 et (T−33)/33. Pour un taux retenu de 40 % et une rente souscrite de 24 000 € par an, elles versent 1 212 €, 800 € ou 424 € par mois.
  • Sous le seuil de déclenchement — 33 % dans la majorité des contrats, 16 % ou 20 % en option — aucune rente n'est versée, quel que soit le taux constaté.
  • À 66 %, l'invalidité est traitée comme totale et la plupart des contrats versent 100 % de la rente souscrite. La formule T/100 est la seule à plafonner à 66 % du montant, soit 15 840 € au lieu de 24 000 €.
  • La Sécurité sociale ne comble pas l'écart : la pension d'invalidité de 1re catégorie est plafonnée à 1 201,50 € par mois et son minimum est de 338,31 €, d'après service-public.gouv.fr, version vérifiée le 1er avril 2026.

Même taux de 40 %, trois rentes : 424 €, 800 € ou 1 212 €

Pour un taux d'invalidité retenu de 40 % et une rente souscrite de 24 000 € par an, un contrat de prévoyance verse 1 212 €, 800 € ou 424 € par mois selon la formule de conversion qu'il applique — un rapport de 1 à 2,9 pour un dossier médical identique. La rente d'invalidité d'un contrat de prévoyance est un revenu de remplacement mensuel, versé quand une maladie ou un accident réduit durablement votre capacité de travail. Elle se calcule en deux temps que l'on confond souvent : un médecin fixe d'abord un taux d'invalidité, puis une formule contractuelle transforme ce taux en pourcentage de la rente souscrite. C'est cette seconde étape, absente des devis, qui fait l'essentiel de l'écart.

Trois formules circulent en prévoyance individuelle : T/66 (le taux divisé par 66), T/100 (le taux appliqué tel quel) et (T−33)/33. Les courtiers spécialisés Gus Assurance et Philtr décrivent ces mêmes mécanismes dans leurs guides de calcul consultés le 29 octobre 2026, et leurs simulateurs proposent les trois formules côte à côte — preuve qu'aucune n'est standard.

Taux retenuT/66T/100(T−33)/33
33 % (seuil)1 200 €660 €0 €
35 %1 061 €700 €121 €
40 %1 212 €800 €424 €
50 %1 515 €1 000 €1 030 €
60 %1 818 €1 200 €1 636 €
66 % et plus2 000 €1 320 €2 000 €

Calculs Je Simule, hypothèse d'une rente d'invalidité souscrite de 24 000 € par an (2 000 € par mois), montants mensuels bruts arrondis à l'euro. Formules de conversion telles que décrites dans les guides de calcul de rente d'invalidité publiés par les courtiers Gus Assurance et Philtr, consultés le 29 octobre 2026. Ces modalités sont contractuelles et non légales : seules les conditions générales et la notice d'information de votre propre contrat font foi.

Trois enseignements se lisent dans cette grille. T/66 verse toujours au moins autant que les deux autres sur toute la plage 33-66 % : c'est arithmétiquement vrai, et c'est la formule à rechercher. T/100 est la plus pénalisante en haut de plage : à 66 %, elle plafonne à 1 320 € là où les deux autres atteignent les 2 000 € souscrits, soit 8 160 € perdus chaque année. (T−33)/33 est la plus brutale en bas de plage et ne dépasse T/100 qu'au-delà de 49,3 %, point exact où les deux courbes se croisent. La « bonne » formule dépend donc du taux que vous subirez — et vous ne le choisirez pas.

Votre contrat applique laquelle de ces trois formules ?

Mettez votre rente d'invalidité actuelle en face des garanties du marché, à âge et revenu identiques, et comparez les formules de conversion ligne par ligne.

Comparer les offres

Sous le seuil de 33 %, la rente est de zéro

La majorité des contrats de prévoyance individuelle ne déclenchent aucune rente en dessous de 33 % : à 30 % de taux retenu, le versement est de 0 €, pas de 300 €. Le seuil se négocie pourtant à la souscription : des options l'abaissent à 16 % ou 20 %, et les professions médicales se les voient fréquemment proposer d'office, selon le guide d'Alptis sur le barème croisé professionnel consulté le 29 octobre 2026.

Le taux lui-même n'est pas un pourcentage médical unique. Les contrats destinés aux travailleurs non salariés croisent deux évaluations : le taux fonctionnel, qui mesure l'atteinte dans la vie courante, et le taux professionnel, qui mesure l'impact sur le métier exercé. Le même guide donne un cas d'école : 80 % de taux fonctionnel croisé avec 70 % de taux professionnel aboutit à 75 % retenu, donc à une invalidité totale. Le taux professionnel pèse le plus lourd : un kinésithérapeute et un comptable atteints de la même pathologie du poignet ne sortiront pas au même taux.

Le scénario qui coûte 9 454 € par an. Une artisane céramiste déclare 36 000 € de revenu annuel moyen et a souscrit une rente d'invalidité de 24 000 € par an. Après un accident, son taux contractuel est arrêté à 40 %. Contrat en T/66 : la prévoyance verse 1 212 € par mois, auxquels s'ajoute une pension d'invalidité partielle de la Sécurité sociale des indépendants de 900 € (30 % de 36 000 €), soit 2 112 € par mois, 70 % de son revenu d'avant. Contrat en (T−33)/33 : la prévoyance verse 424 €, le total tombe à 1 324 €, 44 % de son revenu. Deux contrats, deux cotisations comparables, 788 € d'écart par mois — et une rente d'invalidité se verse jusqu'à l'âge de la retraite, pas pendant six mois.

Ce que la Sécurité sociale ajoute : 1 201,50 € au maximum

La pension d'invalidité de 1re catégorie représente 30 % du salaire annuel moyen, plafonnée à 1 201,50 € par mois, et celle de 2e catégorie 50 %, plafonnée à 2 002,50 € ; le minimum est de 338,31 € dans les deux cas. Ces montants figurent sur la fiche de service-public.gouv.fr consacrée à la pension d'invalidité, version vérifiée le 1er avril 2026. Les plafonds découlent du plafond annuel de la Sécurité sociale, porté à 48 060 € au 1er janvier 2026 : 30 % et 50 % de ce plafond, divisés par douze.

CatégoriePart du revenuMinimumMaximum
1re catégorie30 % du salaire moyen338,31 €1 201,50 €
2e catégorie50 % du salaire moyen338,31 €2 002,50 €
3e catégorie50 % majoré de 40 %1 636,76 €3 300,95 €

Montants mensuels de la pension d'invalidité du régime général relevés sur la fiche « Pension d'invalidité » de service-public.gouv.fr, version vérifiée le 1er avril 2026. La 1re catégorie correspond à une activité professionnelle encore possible, la 2e à une activité devenue impossible, la 3e à la nécessité d'être assisté par une tierce personne. Pour les artisans et commerçants, la pension d'invalidité partielle (PIPM) et la pension d'invalidité totale et définitive (PITD) de la Sécurité sociale des indépendants reprennent les mêmes taux de 30 % et 50 % et les mêmes plafonds mensuels, mais sur la moyenne des dix meilleures années de revenu.

Deux pièges se cachent ici. Le premier : les catégories de la CPAM et le taux de votre contrat sont deux systèmes distincts. Être classé en 1re catégorie par le médecin-conseil n'impose rien à votre assureur, qui applique son propre barème — et l'inverse est vrai aussi. Le second : atteindre ces plafonds suppose un revenu de référence au niveau du plafond de la Sécurité sociale, soit 4 005 € par mois. Un indépendant à 36 000 € de revenu annuel moyen touche 900 € en invalidité partielle, pas 1 201,50 €. Notre page assurance prévoyance détaille ce qui se superpose à ce socle, et notre guide prévoyance TNS 2026 chiffre le reste à charge selon le statut.

Chiffrez l'écart entre votre socle public et votre revenu

Indiquez votre statut, votre revenu et votre âge : le comparateur estime la rente d'invalidité à garantir et le prix des contrats qui la couvrent.

Voir combien j'économise

Trouver sa formule : quatre vérifications dans la notice

La formule de conversion ne figure jamais sur le devis commercial : elle se trouve dans la notice d'information ou les conditions générales, au chapitre « garantie invalidité ». Vous pouvez en demander une copie à tout moment à votre assureur ou à votre courtier. Voici ce qu'il faut y chercher, dans cet ordre.

  1. Le seuil de déclenchement. Cherchez le nombre qui suit « à partir d'un taux de ». S'il est à 33 %, demandez le tarif de l'option à 20 % ou 16 %.
  2. La formule entre 33 % et 66 %. Repérez une division par 66, par 100, ou une soustraction de 33. Sans formule explicite, cherchez le mot « forfaitaire » : la rente sera alors de 50 % quel que soit le taux dans la plage.
  3. Le barème utilisé. Vérifiez la présence des mots « taux professionnel » ou « barème croisé ». Un contrat qui ne retient que le taux fonctionnel ignore votre métier : c'est défavorable pour un artisan, un dentiste ou un chauffeur.
  4. La définition de l'invalidité totale. Confirmez que 66 % déclenche 100 % de la rente souscrite, et non 66 % de celle-ci : c'est là que la formule T/100 coûte 8 160 € par an sur une rente de 24 000 €.

Un cinquième point ne figure pas dans la notice mais dans votre tableau de garanties : le montant souscrit. À 40 % de taux, une rente de 24 000 € en T/66 protège mieux qu'une rente de 36 000 € en (T−33)/33 — 1 212 € contre 636 € par mois. La formule se compare avant le montant, parce qu'elle s'applique au montant.

Pourquoi l'arbitrage se pose maintenant

Le socle public se resserre : le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027, déposé à l'Assemblée nationale le 1er octobre 2026 sous le numéro 3211, vise 1 milliard d'euros de baisse des dépenses d'indemnités journalières. Le dossier de presse du gouvernement situe ces dépenses autour de 18 milliards d'euros en 2025. Deux dispositions sont chiffrées : l'abaissement à 1,8 SMIC du plafond de revenus pris en compte pour les indemnités journalières d'accident du travail, et un alignement des taux de CSG applicables aux indemnités journalières sur ceux du complément employeur. Le texte reste un projet, modifiable par le Parlement — mais la direction est lisible.

L'ordre de grandeur du risque, lui, est documenté : au 31 décembre 2022, 843 000 personnes percevaient une pension d'invalidité de droit direct en France, pour une pension moyenne de 842,70 €, selon la fiche « Les pensions d'invalidité » publiée par la DREES en août 2025. France Assureurs, dans son étude « L'assurance prévoyance en 2024 » parue en juillet 2025, compte 1,3 million de personnes couvertes par un contrat Madelin de prévoyance fin 2024 : autant de notices où une formule de conversion est écrite quelque part. Notre page assurance prévoyance permet de confronter ces garanties à budget constant.

  • Changer de contrat se prépare à l'automne : la résiliation à l'échéance annuelle exige deux mois de préavis, comme le détaille notre guide changer de prévoyance en 2026.
  • Un nouveau contrat implique un nouveau questionnaire médical et, le plus souvent, de nouveaux délais d'attente : ne résiliez jamais avant l'acceptation écrite du nouvel assureur.
  • Les cotisations Madelin restent déductibles dans la limite de l'article 154 bis du Code général des impôts, détaillée dans notre guide prévoyance Madelin 2026 — et les rentes versées sont alors imposables.
Une formule de conversion se change, pas un accident

Comparez les contrats de prévoyance disponibles pour votre profession, votre âge et votre revenu, formule de rente et seuil de déclenchement compris.

Comparer les offres

Questions fréquentes

Comment est calculée la rente d'invalidité d'un contrat de prévoyance ?

En deux étapes. Un médecin fixe d'abord un taux d'invalidité, souvent en croisant un taux fonctionnel (atteinte dans la vie courante) et un taux professionnel (impact sur le métier exercé). Une formule contractuelle convertit ensuite ce taux en pourcentage de la rente souscrite : T/66, T/100 ou (T−33)/33 selon les contrats. Pour un taux de 40 % et une rente de 24 000 € par an, elles versent respectivement 1 212 €, 800 € et 424 € par mois. Cette formule figure dans la notice d'information, pas sur le devis.

À partir de quel taux d'invalidité une prévoyance verse-t-elle une rente ?

Le seuil le plus répandu est 33 % : en dessous, aucune rente n'est due, même à 30 %. Des options l'abaissent à 20 % ou 16 %, souvent proposées d'office aux professions médicales. À partir de 66 %, l'invalidité est traitée comme totale et la plupart des contrats versent 100 % de la rente souscrite. Ces seuils sont contractuels et non légaux : vérifiez les vôtres dans vos conditions générales.

Peut-on cumuler une rente de prévoyance et la pension d'invalidité de la Sécurité sociale ?

Oui, c'est le principe même d'un contrat de prévoyance : la rente complète le socle public. La pension d'invalidité de 1re catégorie est plafonnée à 1 201,50 € par mois et celle de 2e catégorie à 2 002,50 €, avec un minimum de 338,31 €, d'après service-public.gouv.fr, version vérifiée le 1er avril 2026. Attention à la clause de limitation que prévoient la plupart des contrats : le cumul ne peut généralement pas dépasser le revenu net d'avant le sinistre.

Le taux d'invalidité fixé par la CPAM s'applique-t-il à mon contrat de prévoyance ?

Non, sauf si votre contrat le prévoit expressément. La CPAM classe en 1re, 2e ou 3e catégorie selon la capacité de travail restante ; l'assureur applique son propre barème, évalué par un médecin qu'il mandate. Les deux décisions peuvent donc diverger. Si l'expertise vous paraît contestable, la notice prévoit presque toujours une contre-expertise, puis un arbitrage par un troisième médecin.

Comparer prévoyance près de chez vous

Comparez prévoyance et économisez, département par département :

Tous les départements

Et pour vous ?

Comparez vos contrats et abonnements en quelques minutes — gratuit et sans engagement.

Comparer maintenant

À lire aussi

Capital décès 2026 : 0 €, 20 % ou 60 % selon la clauseLecture : 7 min
Changer de prévoyance 2026 : le 31 octobre, pas le 31 décembreLecture : 7 min
Prévoyance cadre 2026 : 721 € cotisés, 144 180 € en jeuLecture : 6